[ Les films ]



mardi 23 mai 2006


Transamerica
posté par Professor Ludovico

Un road movie sympathique, sur une transsexuelle qui découvre quelques jours avant son opération qu’il (elle) est papa (maman) d’un ado prostitué à problèmes. Ils vont traverser ensembles les USA et bien sûr en apprendre plus sur eux-mêmes. Un peu classique mais agréable, avec quelque perles dans le dialogue. Par ex :

Le fils :
– La maison de tes parents était mieux !
La mère :
– Oui, mais la maison de mes parents est livrée avec mes parents.




mardi 23 mai 2006


Le pacte des loups
posté par Professor Ludovico

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. J’ai donc vu en DVD le dernier gros Opus du cinéma Français (30M€, tout de même).

Soyons clair : que Christophe Gans soit un cinéphile acharné, nous n’en doutons pas. Nous fûmes un jour adorateurs de Starfix, qui on peut le dire partageât peu ou prou les mêmes valeurs que Cinefast.

Néanmoins, est-ce que cela fait un bon cinéaste ? On est tenté de dire non. Les exemples de grands théoriciens du cinéma devenus exécrables derrière la caméra pullulent (Woody Allen, Jean-Luc Godard sont ceux qui me viennent immediatement à l’esprit).

Skorecki dit aussi dans Libé qu’il ferait un piètre cinéaste, car il est un grand cinéphile. Je crois qu’il y a du vrai là-dedans. Le Pacte des Loups confirme, en créant l’épigone français des films survitaminés qui font – malheureusement – le cinéma d’aujourd’hui.

En quoi consiste ce cinéma ? Il part du principe que les « djeunz » s’ennuient dès qu’un plan dépasse deux secondes. Aussi quand le héros ouvre une porte, on sort la Louma. On simplifie au maximum les personnages (le méchant est en rouge, vous me suivez ?) Ce qui laisse peu de place à la progression dramatique, vous en conviendrez…

Ajoutez à cela un casting fabuleux (les Cassel-Bellucci, Jean Yanne, Jean Francois Stevenin…) qui malheureusement, joue comme dans un court métrage réalisé par la Terminale S de Coulommiers : Bellucci roucoule à outrance, Cassel est un méchant très méchant etc. On a en outre confié le premier rôle à Samuel Le Bihan qui joue, comme d’hab’, comme une olive morte. On a beau être dans le film de genre, ça pourrait être plus subtil.

Pourtant le scénario recèle de nombreuses idées qui aurait pu mener loin, si elles n’avaeint pas été noyées sous le rouleau compresseur de C. Gans : la mort de Mani, le complot politique, la société secrète. Mais cela n’est pas amené, on découvre tout ça dans le désordre, on a peine le temps de se découvrir un élément de l’intrigue que gans est déjà passé à autre chose. Un ratage selon mes critères, qui ne sont visiblement pas ceux du public.




lundi 22 mai 2006


La Plus Grande Histoire Jamais Contée
posté par Professor Ludovico

Sous le titre « Could the co-creator of The Matrix real life truly be stranger than fiction? » le site web Rolling Stone raconte sûrement le plus incroyable défraiement de chronique jamais arrivé à Hollywood, pourtant peu avare en la matière. Le pitch : Larry Wachowski, bon gars appréciée de tous, réealisateur-star de la série Matrix découvre un jour le monde du SM dans un club de Los Angeles. Il tombe raide amoureux de Mistress Strix, patronne du lieu. Fan de Matrix, la dominatrice lâche tout pour vivre avec Larry, qui se met progressivement à s’habiller en fille, se maquiller, se faire lifter et raser. A tel point que de s’habiller en homme pour diriger Matrix Revolutions lui brise le moral. Depuis, les frères Wachowski évitent comme la peste toute apparition publique. Pendant ce temps, Miss Strix divorce de son mari, Buck Angel, ex-pornstar, transexuelle, une femme… devenue homme … tout en gardant un sexe de femme !

Ne pas rater l’article en détail sur Rollingstone.com. Et si vous les trouvez les photos de l’ex de Mme Strix… elles valent le détour…




lundi 22 mai 2006


Le monde à l’envers
posté par Professor Ludovico

Qui l’eut cru ? Le professore disant du mal d’un film américain, et encensant un film français ? Et oui, c’est possible cette semaine, avec le retour tardif du Pr Ludovico sur vos écrans.

Eh oui, je n’ai pas aimé V for Vendetta et j’ai adoré OSS 117. Pour des raisons sûrement obscures et peu avouables d’ailleurs…

Comme toujours, et comme pour un voyage, peu importe le trajet. Ce qui compte, c’est de trouver ce qu’on est venu chercher… C’est le cas de V. J’y venais rettrouver le génie d’Alan Moore, prodige scénaristique (From Hell, les Watchmen). Erreur ! D’abord, je n’avais pas lu la BD, pas très bonne. Ensuite, je pensais que les frères Wachowski* (producteurs) allaient nous concocter un brûlot anarchiste à la Matrix, et des scènes de baston à couper le souffle… Eh bien paradoxalement, c’est le grand respect de la BD qui tue ce film pour tout dire assez long et peu excitant. Ca ressemble globalement à une dramatique de la BBC, et l’intrigue est assez faiblarde.

En face, c’est l’inverse. Peu intéressé du premier abord : OSS 117 a tout du carton préprogrammé : Dujardin, les producteurs de Brice de Nice derrière, ça sent le lapin faisandé à la « Brigades du Tigre ». Mais devant l’amicale pression de mes amis, j’y vais. Passé la première demi-heure ou j’avais du mal à comprendre pourquoi mes voisins rigolaient, quand soudain, avec l’arrivée fracassante de la reprise de Bambino, j’ai craqué.

Tout le génie du film est, je pense, son absolue sincérité. Dans sa volonté de reconstituer au millimètre près l’univers des films des années 50, qui – admettons-le, ont bercé notre enfance devant la télé noir et blanc -, Michel Hazanavicius joue à la fois la carte de l’humour et celle de la Madeleine de Proust. Jusque dans le casting, où l’on se prend à retrouver les faciès des seconds rôles des « Tontons Flingueurs ». Jusque dans les bagarres, où l’on pourrait presque prendre Dujardin pour une réplique de Ventura jeune. Une réussite donc, et une pierre dans le jardin du cinéma français qui montre qu’on peut faire efficace sans faire dans la rouerie…

* à ce sujet, voir plus loin la controverse sur la transsexualité de Larry/Lana Wachowski, qui vaut tous les scénars du monde.




samedi 20 mai 2006


Star Wars vintage
posté par Professor Ludovico

Non, nous ne savons toujours pas who the fuck is The Corbeau, mais nous apprenons* que le dénommé George Lucas a décidé, devant la pression des fans, de ressortir en DVD un coffret de Star Wars Vintage !!! C’est-à-dire sans les effets spéciaux corrigés (re-!!!)

Ils seront mis en vente à partir du 13 septembre jusqu’au… 31 décembre ! Et dans un coffret avec les versions remastérisées (too bad pour ceux qui les ont déjà et les prêtent à leur filleul depuis 6 mois… gnark gnark…)

* information disponible dans le dernier supplément Ecrans de Libé, très bon magazine sur la TV, internet, DVD, jeux videos, etc.




dimanche 2 avril 2006


Une Imposture Française
posté par Professor Ludovico

Cinefasteurs, cinefasteuses, ne ratez pas « Une Imposture Française », l’excellent pamphlet sur BHL. Outre qu’il vous apprend quelques anecdotes savoureuses sur notre philosophe national (qui appelle Voici pour qu’on ne cite pas l’âge de sa femme, ou qui se fait fabriquer des chemises spéciales à 350€ chez Charvet, afin que le fameux col BHL ne tombe pas), ce livre illustre surtout avec talent le fonctionnement du cinéma à la française que le monde nous envie… ou comment BHL arrive à squatter le CNC, puis le conseil éditorial d’Arte pour arriver à faire produire « Le Jour et la Nuit » en 1997, pour la modique somme de 53 MF.

Au final un bide retentissant (avec Alain Delon et Lauren Bacall, tout de même). Il n’y a même pas de donnée Box Office dans ImdB, c’est dire…




lundi 20 mars 2006


Renaissance
posté par Professor Ludovico

La bonne surprise du mois. Un film français, hi-tech, pas chiant et visuellement bluffant…

Bien sur, il y a quelques bémols : c’est très BD, et la machine à photocopier est passé par là. Surtout, cela aurait mérité d’être plus court ou mieux, moins prévisible.

Mais la description d’un Paris futuriste à la Blade runner, sur fond de mégacorporations de biotechnologies, de flic désabusé et de brune fatale, voilà qui renvoie au fond du court pas mal de tentatives du même genre. Enfin de la SF française crédible

PS à noter l’excellente musique de Nicholas Dodd.




lundi 13 mars 2006


Sans Capote
posté par Professor Ludovico

Bon, elle est facile, mais , en tout cas, ce n’est pas une apologie du bareback… quoique ?

Encore +1 au palmarès des films sans scénario, le tout caché sous d’obscures prétentions artistiques. Tout est réuni pourtant pour un bon film (un sujet sulfureux : Truman Capote a-t-il utilisé les tueurs pour faire son beurre « de sang froid »), des sous, des acteurs formidables qu’on aime depuis toujours (Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener*, Chris Cooper), une belle image, une musique minimaliste…

…et au final, Rien. Nada. Zéro. Queud’.

Pas d’histoire. Pas de personnage. On ne saura jamais où on veut en venir. Capote, victime ou salaud ? Les tueurs, victimes ou salauds ? Où est l’enjeu ? Que se passe-t-il durant deux heures ? On reconstitutionne… On imitationne… on déroule son joli petit film sans faire avancer l’histoire d’un iota. A tel point qu’on croit qu’on va apprendre un truc incroyable à un moment ou à un autre (complot gouvernemental ? ou pédophilie inavouée ?) Mais non, rien. Et puis, pof, les condamnés à mort sont condamnés à mort, c’est fini, c’est bien triste, Capote il est tout triste.

Ca donne au moins envie de lire « De Sang Froid », et c’est déjà ça.


*Ah, Catherine Keener !




lundi 13 mars 2006


Le Nouveau Monde : Absence de Malick
posté par Professor Ludovico

Le style ne fait pas tout ; je viens de l’apprendre à mes dépens. Fan absolu de La Ligne Rouge, et même de Badlands, j’attendais comme le messie le nouveau Terence Malick. Pourtant, ce film prouve que le cinéma pas une science, ni un art, mais fait bien partie des pratiques magiques. Avec les mêmes ingrédients (narration déstructurée, montage « musical », film choral avec multitude de personnages, beauté de la musique et de l’image), on obtient des résultats absolument inverses.

Pourtant c’est le même homme aux commandes, la technologie n’a pas changé, les thématiques Malickiennes sont toujours là, mais Le Nouveau Monde est un échec pour les mêmes raisons qui font de La Ligne Rouge un chef d’œuvre.

L’histoire, donc. Le capitaine John Smith découvre l’Amérique et Pocahontas, elle le sauve et tombe amoureuse de lui. Il l’en dissuade. Elle rencontre un autre, qu’elle n’est pas sure d’aimer. Y’avait il matière à faire un film ? Sûrement, Disney l’a fait avec les dégâts que l’on sait* mais ici, Terrence Malick ne va quand même pas s’abaisser à raconter une histoire… Non, il a des thèmes à évoquer, le panthéisme, la place de l’homme dans la nature, tout ça. Donc on ne saura rien des motivations des personnages, des débats qui agitent les indiens qui seront survolés par de belles images planantes et une voix off pénible « où suis-je ? » « que penses tu mon amour ? », le tout en filmant des arbres vus d’en dessous, de l’eau sur les pierres, des poissons. Bien sûr les indiens sont beaux et gentils, et Pocahontas a dégoté une très joli minijupe qui lui va fort bien. Par contre, les anglais sont sales, cannibales, et leurs femmes sont moches. Heureusement ces clichés vont disparaître à la moitié du film, quand arrive Christian Bale, le nouveau M. Pocahontas. Là, le film reprend un peu corps, une tension dramatique s’installe. Pourquoi ne l’aime-t-elle pas ? Retrouvera-t-elle John Smith ? Il faudra patienter jusqu’à un final splendide qui, malheureusement, ne sauve pas nos deux heures d’ennui…

Le style, qui enluminait la structure classique du film de guerre (avant la bataille, la bataille, après la bataille) ici plombent le film, parce qu’il n’y a pas cette structure « classique » qui sous-tend tout le reste. Quelques exemples : les faux raccords sont ici insupportables, la musique mange toute l’image, et particulièrement l’utilisation du concerto n°23 de Mozart, complètement anachronique. Les acteurs sont absents, et le manque d’histoire est flagrant.

La Ligne Rouge , ou Badlands, proposait avec le même style les qualités inverses. Il y a avait la même thématique, certes, les mêmes effets, mais l’histoire était suffisamment forte pour porter ces thèmes, nous amener à y réfléchir. Chaque personnage avait son histoire à raconter, son drame personnel, et la bataille y était un aboutissement, tandis que la scène finale avec Clooney, montrait qu’il n’y avait pas de happy end final mais que la guerre ne serait qu’un incessant recommencement…

Cela fait de la peine à voir chez quelqu’un comme Malick, mais ici, nulle histoire, que du thème, que du style. Malheureusement, c’est loin de faire un film ; nous ne sommes pas à la Géode ; des belles images peuvent amener la rêverie, mais guère plus…

* une enfant interrogée sur Europe 1 à la sortie du film avait adoré Pocahontas, parce que (sic), il montrait que les indiens et les êtres humains pouvaient s’aimer




dimanche 12 mars 2006


Bubba Ho-Tep
posté par Professor Ludovico

C’était tout d’abord le retour de deux anciens Don Coscarelli (Dar l’Invincible) et Bruce Campbell (L’armée des ténèbres.) Je sais, ça ne sonne pas comme le nouveau Terence Malick ou le retour de Greta Garbo, mais pour le cinefaster moyen, ça le fait…

L’histoire en deux mots : dans une maison de retraite texane, vit le vrai Elvis … car, le saviez vous, il a échangé sa vie dans les années 70 contre celle d’un de ses innombrables imitateurs qui sillonnent l’amérique. Et c’est cet imitateur qui bien sûr est mort à sa place. Il vit avec un vieux noir qui prétend être JFK… ces deux-là, presque impotents, vont devoir sauver leur collègues retraités d’une terrible menace, le retour de Ho-tep, une momie égyptienne qui aspire les âmes. Comme vous pouvez le voir, le pitch le fait grave !

Mais ça s’arrête là, car nous pouvions avoir- au choix – une joyeuse parodie, un film d’horreur nanar tout à fait acceptable à la Arac Attack, mais il n’en est rien : le film est poussif, pas drôle, et ne fait évidemment pas peur…

Au final, un échec…

A moins que… dans mon sommeil m’est venu une autre analyse, plus personnelle celle-là : je pense que ce film ne marche pas, ne nous distrait pas, car il est aussi horrible que la Vérité. Aussi horrible que le vie elle-même…

Ne sommes nous pas condamnés, en effet, comme Elvis et JFK, à finir dans de sordides maisons de retraites, à se faire astiquer le pénis par des infirmières acariâtres au ton condescendant, pour de malheureuses raisons médicales ? N’avons-nous pas raté nos vies artistiques, et laissé en chemin nos idéaux ? N’avons nous pas raté, comme ces deux là, nos vies familiales ? Avons-nous aimé assez nos femmes et nos enfants ? Leur avons-nous dit ?

Au-delà, aucune happy end n’est possible : on ne triomphe pas de la mort, on peut juste espérer sauver son âme …




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