vendredi 30 septembre 2011


Le Trône de Fer, part 2
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Avec Le Trône de Fer, on n’est pas au bout de nos surprises. Même si l’on a bien compris le cocktail (sexe + combats à l’épée), on tombe sur un joyau à chaque épisode. Ainsi, hier, épisode 5 : une longue scène entre M. et Mme Baratheon, Roi et Reine des 7 Couronnes. Ils se haïssent, et leur mariage fut arrangé, il y a dix sept ans de cela, pour garantir la paix du royaume.

Eh bien David Benioff et Daniel B. Weiss, les concepteurs de la série, nous ont offert une scène de vieux couple d’anthologie : un mari et une femme qui se détestent, qui rêvent de s’assassiner mutuellement, mais qui se respectent. Portée par deux excellents acteurs (Mark Addy et Lena Headey), cette longue scène, digne des Sopranos, a fini par nous faire oublier les châteaux, les dragons, et les barbares en slip.

Chapeau bas messieurs.




mercredi 28 septembre 2011


The Social Network, part 2
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

En re-regardant la semaine dernière The Social Network sur Canal+, on ne pouvait qu’être ébahis par le travail à quatre mains de Messieurs Sorkin et Fincher, mais aussi devant tant de modestie. Le chef d’œuvre invisible, comme nous l’avions baptisé à l’époque, est bien là : dialogues impeccables, acteurs géniaux, et mise en scène discrète se pliant au service de ces deux précédentes composantes.

Une autre constatation s’est faite jour ; c’est la multiplicité des niveaux de lecture de The Social Network. Il y a évidemment l’histoire elle-même, comment Marc Zuckerberg devint Maître du Monde, mais il y a aussi d’autres films dans le film.

Même si Fincher, provocateur, a déclaré vouloir faire de cette histoire une comédie à la John Hughes*, The Social Network est avant tout un film étonnamment angoissant, noir, limite American Gothic à la Tim Burton, quand il dépeint le monde de l’université. La soirée Phoenix, où s’éclatent les harvardiens friqués pendant que le besogneux Zuckerberg programme sa première version de Facebook est filmée comme Seven, dans ce noir si familier chez Fincher. Drôle et lugubre soirée où l’on a pourtant l’air de bien s’amuser (strip-poker, bière, et filles qui s’embrassent). Pourquoi la filmer comme un Harry Potter (Ordre du Phoenix ?) On sait que les Sociétés Secrètes pullulent à Harvard, il y a même une scène d’initiation dans le film… Au bout d’une heure, on sortira de ce cauchemar avec Sean Parker, Mr Napster himself. Eclairé au doux soleil de Californie, le torse glabre de Justin Timberlake, et les fesses rebondies de Dakota Johnson apporteront un rafraîchissant contrepoint solaire à l’ambiance gloomy de la Nouvelle Angleterre. D’un côté, l’Est, la rigueur puritaine, le pouvoir. De l’autre, l’Ouest, ses pionniers, voleurs, et bandits rayonnants.

Il y a aussi, et c’est extrêmement rare dans le cinéma américain, un film sur la lutte des classes. Un film qui démonte le mensonge égalitaire US qui voudrait faire croire au PDG qu’il partage la même culture que l’ouvrier : comme toi, je mange des burgers et je regarde le Superbowl. Mais Fincher, lui, en doute. Et c’est même une constante dans son œuvre : c’est évidemment le sujet de Fight Club, mais aussi, souterrain, dans Panic Room (Partageons un peu plus), Seven (extrême richesse vs extrême pauvreté, tous seront égaux devant le Christ Vengeur) ou The Game (Retourne à la poussière homme riche, si tu veux retrouver le bonheur). Dans le Harvard de The Social Network, il est plus facile de s’appeler Winklevoss que Zuckerberg, même si l’on est cent fois plus brillant, plus créatifs, plus travailleurs. Plusieurs répliques viennent asseoir cette démonstration :

« The rest of my attention is back at the offices of Facebook, where my colleagues and I are doing things that no one in this room, including and especially your clients, are intellectually or creatively capable of doing »

Ou encore :

« The « Winklevii » aren’t suing me for intellectual property theft. They’re suing me because for the first time in their lives, things didn’t go exactly the way they were supposed to for them. »

Toute la rage marxiste qui habite le fondateur de Facebook, c’est bien celle-là, formidablement rendue par Jesse Eisenberg. En contrepoint, Justin Timberlake offre la candeur – toute américaine – du self made man. Il n’a fait, comme il dit, que l’Ecole Primaire William Taft. Au final, c’est lui qui gagne : heureux, à l’aise, il se tape toutes les filles, et il emporte – presque – la mise.

Il y a aussi dans The Social Network un film sur Facebook, et sur ce que Facebook a changé dans nos vies. Pour cela, Aaron Sorkin utilise une ficelle classique : les principaux protagonistes sont les propres victimes de leur création : Zuckerberg se fait prendre parce qu’il fait la bêtise de tout raconter sur son blog (une mésaventure qui va arriver à ensuite beaucoup de gens sur Facebook ), et sa girlfriend accuse Internet d’être devenu le repaire de ces gens aigris, qui ne pensent qu’à cracher leur haine (« You write your snide bullshit from a dark room because that’s what the angry do nowadays »). Severin se fait agonir par sa copine, parce qu’il est toujours Célibataire sur son Profil, etc.

Enfin, il y a un dernier film, celui du pacte avec le démon, symbolisé par la scène de la discothèque. Satan (Timberlake) proposant le pacte à Zuckerberg, via la géniale (et authentique) métaphore Victoria’s Secret !) Mais pour cela, il faut se débarrasser des amis, de tous les liens humains, ce qui va parfaitement à l’autiste.

Le génie de The Social Network est là : dans l’intrication de multiples niveaux de lecture, tous lisibles par le spectateur, mais qui y pioche ce qu’il veut, s’il le veut. Tout le contraire d’un film à thèse, même s’il en est un… Caché dans une forme élégante, dont le spectateur ne sent aucune couture, The Social Network ne cesse d’émerveiller…

* ce qu’il est parfois : la scène dans les toilettes avec les groupies asiatiques est le parfait décalque de Une créature de rêve, Zuckerberg et Severin remplaçant avantageusement Gary et Wyatt




lundi 26 septembre 2011


Game of Thrones (Le Trône de Fer)
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

J’entretiens une relation bizarre avec l’Heroic Fantasy. Ado, je ne lisais que de la SF, et n’étais que plein de mépris pour ce sous-genre : Conan le barbare, non merci ! Puis des copains de lycée, en 1981, revinrent de Paris avec des dés multicolores à huit, douze, vingt faces. Ils les lancèrent sur le trottoir, avec d’étranges imprécations : « 17 ? Tu rates mon mago, il réplique avec une fireball : 3d6 de dommages ! »

Complètement fasciné, je tentais une percée :
C’est quoi, ça ?
– C’est Donjons et Dragons et c’est interdit aux mecs qui ont pas lu Tolkien…

Sur cette sèche admonestation, je me procurais Le Seigneur des Anneaux, et surtout aussi l’anthologie « La Citadelle Ecarlate » ; Fritz Leiber, Robert E Howard, Clark Ashton Smith.

Ce fut une révélation : il existait donc une littérature qui tenait la route sur les dragons, les elfes, et autres barbares cimmériens en short.

Mais bon.

Côté cinéma, ce n’était pas le même sourire, comme dirait le Professorino. D’abord, il y avait peu de films, et ensuite, ils étaient mauvais. Conan sortait du lot, mais ce n’était pas un chef d’œuvre, loin de là. Le Seigneur des Anneaux, version dessin animé par Ralph Bashki, était pour sa part le chef d’œuvre maudit. Interdit par la famille Tolkien, pour irrespect de l’œuvre, il n’existait qu’à moitié.

De plus en plus rôliste, je devins paradoxalement de moins en moins lecteur du genre. Comme si le jeu de rôle absorbait toutes les ressources possibles de mon imagination en la matière. Le jeu de rôle, comme chacun sait, c’est l’héroïne du monde des loisirs, la lecture n’étant à côté qu’un amusant passe-temps pour fumeur de cannabis. Quand on joue dans ces univers d’Heroic Fantasy, pourquoi perdre son temps à en lire ? Surtout que c’est souvent bourré de clichés : princesses elfes diaphanes, épée perdue+brisée+ reforgée, et orcs en maraude dans les Montagnes Grises. Bref, du sous-Tolkien, de surcroît, très mal écrit.

Puis vint Le Trône de Fer. J’offris le livre à mon ami Philippe , car dès les premières pages, il était patent que Game of Thrones, c’était le dessus du panier ; bien écrit, formidablement traduit, ambitieux dans les thèmes, les situations. On était dans de la low fantasy, c’est à dire un monde où la magie est peu présente, où il n’y a pas des magiciens et des dragons à chaque coin de rue.

Ce fut une révélation pour lui ; il le lut, le relut, et le fit lire à toute notre Ligue de Donjonneurs Extraordinaires. Je le lus aussi et reconnu bien volontiers les qualités du livre, mais ça me m’incita pas pour autant à lire les 12 autres volumes (série en cours).

C’était fini. Je ne lirais plus d’Heroic Fantasy.

Mais quand vint le projet de série, via l’extraordinaire HBO, mon sang ne fit qu’un tour. Perdre des journées à lire l’interminable saga de George R Martin, non, mais perdre quelque soirées pour la regarder à la télé, oui.

C’est chose faite. Le Trône de Fer passe sur Orange Cinéchoc, et j’ai commencé à regarder, et je ne suis pas déçu. La série fait preuve de tant de qualités, scénaristiques, décoratives, et de mise en scène, que c’en est un miracle en soi. Certes, le Seigneur des Anneaux a permis ce miracle, en démontrant que la Nation Geek, désormais quadragénaire, détenait les cordons de la bourse, et était donc arrivée au pouvoir, mais là, le Trône de Fer est carrément au dessus. Les Rois Maudits + Le Seigneur Des Anneaux, en 10 épisodes, ça ne se rate pas !

De quoi parle donc le Trône de Fer ? Sur une Angleterre médiévale de fantasy, des familles se battent pour le pouvoir suprême : le trône de fer. Les Lannister, les Greyjoy, les Stark, s’assassinent à tout va pour s’emparer du trône. Pour le moment, c’est Robert Baratheon qui règne, mais les dagues s’affûtent dans la nuit. Et un danger guette : l’hiver arrive. Car dans ce monde, les saisons peuvent durer des années, et menacer de famine des territoires entiers. Pire, les sauvageons, et les Marcheurs Blancs, créatures terrifiantes qui vivent au-delà du Mur, gigantesque forteresse de glace façon Mur d’Hadrien, menacent d’envahir le sud.

Pour tout dire, on pense à Dune : intrigues de hauts niveaux, princes fins politiques, enjeux de pouvoir, menaces dans la nuit, etc.

La gageure réussie par HBO, c’est de respecter cette ambition alors que d’autres se seraient contentés de combats de chevaliers, de dragons en images de synthèse, et de jeunes filles en short rouge.

Vous qui n’êtes pas client, jetez au moins un regard sur le pilote du Trône. Peut être que l’Heroic Fantasy, finalement, c’est fait pour vous ?




dimanche 25 septembre 2011


La Playlist de Septembre
posté par Professor Ludovico dans [ Playlist ]

Musique : The Social Network Original Soundtrack by Trent Reznor and Atticus Ross
Série : Mad men, Game of Thrones, the Event
Livre : Freedom, de Jonathan Franzen




dimanche 25 septembre 2011


Mad Men, saison 4
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Quelle série est capable aujourd’hui de vous mettre une claque à la fin de chaque épisode ? Quelle série peut, sur un seul plan, sur une seule musique, vous mettre à plat, sans esbroufe, sans effet de manche ?

Il n’y en a qu’une.

Cette série, c’est Mad Men, qui continue son parcours impeccable. Une série tellement géniale qu’elle n’a même pas besoin de se renouveler. Qu’elle peut broder ses saisons, les unes après les autres, comme une Tapisserie de Bayeux sixties, sur le même contexte, sur les mêmes intrigues, sur les mêmes personnages, sans jamais lasser…

Mad Men, sûre d’elle-même et dominatrice…




lundi 19 septembre 2011


Buried
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Buried, c’est un film formule, une idée, et une seule, poussée jusqu’au bout. Souvent de belles intentions, mais guetté par le crash final (Blair Witch par exemple).

Mais ici, Rodrigo Cortés tient son projet de bout en bout. Le concept : un type se réveille dans un cercueil : il a été enterré vivant. Vous avez 90 mn (avec lui) pour découvrir ce qui lui est arrivé. De cette amorce, Rodrigo Cortés ne changera rien : unité de temps, unité de lieu. Pas de flashbacks intempestifs. Pas de sauveteurs extérieurs. Pour tenir la distance, il faut évidemment un peu de maestria technique : comment filmer (et éclairer !) un coffre en bois de 2m sur 1 avec un gusse à l’intérieur ? Il faut un propos : sans trop en révéler, on dira que Buried propose une intéressante métaphore de la situation géopolitique et morale des USA aujourd’hui.

Dernière qualité : Buried s’arrête quand le procédé devient lassant, et frôle l’irréaliste. A voir.




mardi 13 septembre 2011


Mad Men, Saison 4
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Mad Men, c’est reparti. Nos « hommes fous » sont de retour, ou plutôt, nos hommes de Madison Avenue. Nouveau décor, mais intrigues habituelles : tout change et rien ne change dans le New York 1964 de nos héros.

Ni la qualité intrinsèque de la série, toujours au top (so far). A l’instar de l’épisode 1, qui commence in media res, au milieu de l’action pour ceux qui ne parlent pas italien, et compte sur l’intelligence du spectateur pour combler les trous.

Tout le contraire de la publicité, finalement.




dimanche 11 septembre 2011


Jayne Mansfield 1967
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

C’est d’un livre dont il s’agit aujourd’hui, qui m’a fait de l’œil dans ma librairie favorite, et que j’ai dévoré : Jayne Mansfield 1967, de Simon Liberati. Sarcastiquement sous titré Roman, il s’inscrit dans la lignée des François Bon (Rolling Stones, une biographie, Dylan, une biographie et Rock’n roll, un portrait de Led Zeppelin), c’est-à-dire une biographie de fan, ultra-documentée, mais qui en même temps, ne prétend pas à la rigueur et à l’exhaustivité historique d’un travail universitaire ou journalistique. Au contraire, c’est un portrait, un triptyque médiéval, centré autour de 1967 : l’accident fatal à Biloxi, l’incident six mois plus tôt à San Francisco, qui éjecta Jayne du star system, en passant par un petit détour satanique, et la dernière soirée en Louisiane, les dernières heures de la star.

Jayne Mansfield 1967 est court (200 pages), mais puissant et détaillé. Il n’est pas exhaustif, mais il sonne juste (la description de l’accident, au milieu du bayou louisianais est un petit chef d’œuvre). Une lecture qui s’impose, même si on n’est pas cinéphile, tendance Kenneth Anger.

Car Simon Liberati s’inscrit dans la veine Hollywood Babylon, il s’en vante, même. Cette cinéphile toute particulière, collectionneuse de ragot, qui aime se rouler dans la fange de l’envers glauque de l’industrie du rêve : meurtres, suicides, violences familiales, satanisme, tout est bon dans le chaudron Angerien.

Jayne Mansfield est un morceau de choix dans cette veine. Sa carrière cinématographique est minuscule (à part l’excellent La Blonde et Moi, qui doit plus à Gene Vincent et à Little Richard), qui pourrait citer une autre œuvre Mansfieldienne, si ce n’est sa mort ?
Son accident de voiture, sa quasi décapitation, voilà la grande œuvre, la porte de sortie grandiose vers le firmament Hollywoodien. Quand on n’a pas de carrière, il faut une vie tragique (Paris Hilton, Britney Spears, Diana).

Sous-Marilyn, malgré son QI de 163, Jayne n’a fait que poursuivre le rêve Hollywoodien. Et inspirer, comme l’a si bien fait remarquer JG Ballard dans Crash**, notre passion quasi-érotique pour les stars, les accidents de voitures, et les accidents de voiture de stars.


*La Blonde et Moi (The Girl Can’t Help It) fait partie de ces projets foireux dont Hollywood a le secret. Le film de Frank Tashlin avait pour but de ridiculiser la scène rock’n’roll naissante (le film date de 1956), et la bêtise de ces nouvelles stars que leurs enfants s’étaient mis à aduler. Jayne Mansfield y incarnait Jerri Jordan, une bombe blonde, qui à la place de chanter, se contentait de pousser un cri à la fin de chaque refrain. Les chanteurs du moment (Eddy Cochran, Little Richard, Gene Vincent), vinrent se déhancher devant un public de jeunes écervelés. Pas de chance : le film fut un énorme succès auprès des teenagers, et permis, ô douce ironie du sort, de populariser encore plus ces musiciens.
**et le film éponyme de Cronenberg…




samedi 10 septembre 2011


Platane
posté par Professor Ludovico dans [ Les gens -Séries TV ]

J’ai beau me forcer, Eric et Ramzy ne me font pas rire. Je vois le principe dans H, mais je ne ris pas. Je comprends l’absurdité qui préside à Steak, mais je n’ai pas envie d’y aller.

L’humour, c’est vraiment une question de génération. Pierre Dac ne nous fait pas rire, et mes enfants ne comprendront pas Desproges. C’est aussi pourquoi le rire, et les comiques en général ne sont pas artistiquement reconnus comme les tragédies : ils ne sont pas éternels, ils n’auront jamais la postérité pour eux. Pourtant c’est très difficile de faire rire, beaucoup plus difficile que de faire pleurer.

J’ai donc essayé Platane, sous l’influence de la méga promo, et pour les beaux yeux cendrés de Monica Bellucci au Grand Journal.

Malgré les efforts louables (qualité technique, originalité), je n’ai pas marché… L’argument est louable : au moment où Eric et Ramzy lance une suite à H, Eric percute un platane et sombre dans le coma. Il se réveille un an après, la série a continué sans lui (et l’intérêt de Platane est bien dans la satire de Canal+ et du monde du cinéma) Le voilà obligé de se trouver un nouveau projet… Mais évidemment, ce n’est pas une sinécure, car Eric n’est pas si sympa qu’il en a l’air…

Je tenterais une deuxième incursion, mais je ne vous promets rien…




mardi 6 septembre 2011


Magie… du réel
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Coïncidence : hier je passe au métro Jourdain, quartier que je fréquente rarement, et je me dis « Tiens cette placette me dit quelque chose ! » Deux coups de pédale plus loin (Oui, Le Professore ne se déplace qu’en Velib’), la réponse est là : c’est l’adresse de Karin Viard et Danny Boon dans Le Code a Changé, que TF1 avait eu la bonne idée de diffuser la veille…

C’est la magie du réel, quand l’univers projeté dans les salles obscures se révèle exister dans la réalité. Le voyage aux Etats Unis est une obligation pour le cinéphile ; on y découvre qu’aucun film, même La Chevauchée Fantastique, n’arrivent à rendre grâce à Monument Valley, ou Grand Canyon… au Grand Canyon.

De même, la visite à Los Angeles est indispensable : l’incroyable métropole bat non seulement au rythme du cinéma, elle en est l’écrin. Ainsi, c’est avec stupéfaction que le Professore découvrit en 1990 (son premier voyages d’études) que LA et ses environs servaient de décor à 90% de ce qu’il avait vu depuis 25 ans. Horrible révélation : Starsky et Hutch se passait à LA, et pas à NY. Mais aussi les Têtes Brûlées, probablement tournée dans les collines de Mulholland.

Aller là bas, c’est se retrouver dans les films, le monde des rêves.

Le plus maniaque ira plus loin, à Snoqualmie Falls par exemple, se prosterner sur les lieux du culte Twin Peaks. Et constatera, les yeux emplis de larme, que les Twin Peaks n’ont qu’un sommet (l’autre fut ajouté par trucage), que le Twede’s Café est bien petit (et son fameux café, franchement dégueulasse), que le commissariat est le bureau de la scierie, que le wagon de Ronette Pulaski est en plein centre ville, etc.

Évidemment, Lourdes ne déçoit jamais le croyant…

Reste le trip ultime, aller spécifiquement en voyage sur les traces de l’oeuvre ; Portmeiron, par exemple, sur la côte du Pays de Galles, dans l’espoir (un de ces jours, Eric ?) d’y croiser le fantôme du N°6…