[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



mardi 7 août 2018


Sharp Objects
posté par Professor Ludovico

Bon. On est peut-être un peu amoureux d’Amy Adams, mais s’il y a un pilote qui déchire en ce moment, c’est bien celui de Sharp Objects. Cet Episode One est si formidable qu’il vous hante immédiatement, et on pense aussitôt à True Detective, dont la phrase finale “Start asking the right fucking question…” nous avait laissé pantelants, accros dès le premier shoot, à la drogue de monsieur Pizzolatto.

Nous ne sommes pas dupes pour autant : dans six ou sept épisodes, nous serons peut-être en train de nous lamenter sur les ambitions perdues de Sharp Objects. Mais là, tout y est : ambiance poisseuse du Sud, meurtre atroce, journaliste alcoolo… Et les souvenirs qui remontent comme des vieilles godasses à la surface d’une mare croupie. Tout cela est formidablement incarné par une mise en scène nerveuse de Jean-Marc Vallée, déjà le magnifique co-créateur de Big Little lies. Faut-il désormais être québécois pour bien filmer l’Amérique ? En tout cas, Vallée semble prendre un malin plaisir à jeter des brandons ardents sur les plaies purulentes du personnage principal.

A suivre, donc.




vendredi 3 août 2018


La Servante Ecarlate
posté par Professor Ludovico

Et si La Servante Ecarlate était tombée dans la malédiction des séries ? C’est-à-dire qu’à la fin de la première saison, une fois qu’on a adapté le livre de Margaret Atwood, on se posait la question de comment continuer ?

Parce que cette première saison, évidemment, c’est un succès. Donc il faut continuer sur les bases de ce succès ; utiliser les recettes de CE succès. A la fin de cette deuxième saison, le show semble tirer sur les ficelles, jusqu’à les allonger le plus possible, au risque de les casser. Quelles ficelles ? Le martyre de l’actrice principale, toujours au bord de l’extase christique, les scènes de torture, qui virent à la complaisance toute américaine pour la pornographie de la violence, et l’esthétique rouge-vert qui tourne au too much (la valise de la Servante est assortie à ce rouge-bordeaux très seyant)…

Par ailleurs, la série est devenu un tel phénomène de société qu’elle se croit dans l’obligation devenir le porte étendard de plusieurs mouvements à la fois : #metoo, GPA, lutte LGBT, excision, etc. Mais une œuvre, si elle est là pour porter un message, une philosophie, ne peut se contenter de simplement le faire : elle doit l’incarner par la fiction. En faisant des femmes les seules héroïnes possibles, elle finit par se parodier elle-même.

Tout n’est pas perdu néanmoins ; le chapitre final de la saison 2 promet d’ouvrir une nouvelle ère qui pourrait sortir nos personnages de la torpeur gileadienne. La qualité de la réalisation, le génie des acteurs, en particulier de son duo antagoniste Elisabeth Moss-Yvonne Strahovski fait des merveilles.

A suivre, donc. Attentivement.




vendredi 6 juillet 2018


Retour à Baltimore
posté par Professor Ludovico

Autant il est déconseillé au touriste de revenir sur ses pas – le Professore se refuse de retourner en Égypte tellement il fut illuminé par ce premier voyage -, autant la cinéphilie vit littéralement de ces retours. Parfois ce n’est pas une bonne idée ; on découvre le chef d’œuvre de jeunesse pas si bon que ça ; parfois, il y a toujours matière à creuser dans la mine à ciel ouvert : Armageddon, 2001 L’Odyssée de l’Espace, Rio Bravo, etc.

La série se prête peu à l’exercice, car il faut se replonger dans des dizaines d’heures d’épisodes. Mais là, il s’agit du voyage initiatique à Baltimore, Sur Ecoute-The Wire, la clé de voûte de la grande cathédrale de la série américaine. Partant, de la série tout court.

On emmène le Professorino avec nous, lui qui rêve de bicraver en bas de sa cité du East Side. Et voilà qu’on aborde les rives de la terrible cinquième saison, la dernière, la plus mauvaise, le final. Et nous voilà de nouveau obligés de faire le deuil, quitter McNulty et Omar, Bunk, Marlo et Barksdale, Carcetti et Sobotka, bref les deux cent personnages de ce fabuleux roman russe qu’est The Wire.

Cette nouvelle visite est très étonnante, en ce qu’elle amortit les déceptions du premier visionnage. A l’opposé, elle amène à relativiser certains amours fous. On découvre ainsi que Sonja Sohn ne joue pas si bien que ça notre Kima, mais que la saison 2 (dite « du port ») est bien plus forte, bien plus solide, que dans notre souvenir. Ou que Marlo, le nouveau baron de Baltimore, est un personnage bigrement intéressant.

Cela ramène à l’idée que la première fois, on n’avait rien compris à l’intention de The Wire. Ce n’était pas le traditionnel copshow hard boiled autour de Bunk/Mc Nulty et de leurs aventures dans le inner city baltimorien. Ce n’était d’ailleurs pas une série traditionnelle non plus. Le personnage principal pouvait disparaître saison 2 puis revenir en majesté. Des gens pouvaient mourir, des gens allaient mourir. Pire, des gens allaient tout simplement s’effacer, jusqu’à disparaître…

Et il ne fallait pas, ô spectateur, en être attristé.

Car derrière ces apparentes anomalies dramaturgiques, il y avait un plan d’ensemble, qu’évidemment, nous ne pouvions saisir au premier visionnage. Il fallait avoir tout vu pour comprendre que David Simon voulait faire bien plus, tout simplement le portrait d’une ville. Avec ses flics, ses gangsters, ses dockers, ses instituteurs, ses politiciens, ses journalistes…

Une fois que tout serait dit, alors la révélation serait complète. Sur Ecoute régnerait pour toujours.




mardi 26 juin 2018


Westworld saison 2
posté par Professor Ludovico

Déconstruction, voilà le maître mot. Depuis les films de Terrence Malick, une mode bien pratique s’est installée dans le cinéma : le montage asynchrone, où le mélange des temporalités. Mais n’est pas le Dunkerque de Nolan qui veut.

La complexité, c’est souvent un cache-sexe bien pratique pour cacher l’indigence du propos. Si le spectateur trouve ça trop compliqué, il se met d’office dans une posture anti-intellectuelle. Et le Professorino a beau jeu de chanter, en chœur avec la meute, l’antienne « c’est que tu n’as rien compris ! ». Si au contraire tu trouves ça brillant, intriqué, post-moderne, tu fais partie des génies à qui s’adresse le film/show. C’était le cas de certains Nolan, des derniers Malick (Le Nouveau Monde, Tree of life), et c’est totalement le cas de cette saison deux de Westworld où la cathédrale gothique de la saison une accouche d’un unique thème : l’immortalité. Comme c’est la période du bac, élève Nolan (Jonathan), vous avez dix heures, coeff. 4.

Mais on peine à comprendre où on veut en venir. Pas loin, une fois le dernier (et poussif) épisode… L’immortalité, oui, mais encore ? Deux ou trois rebondissements scolaires « X n’est pas ce que l’on croit », « nous ne sommes pas à l’époque que vous croyez » et « nous ne sommes pas vraiment où vous croyez être »… Des artifices déjà – trop – largement utilisé par l’un des producteurs exécutifs de Westworld, un certain JJ « Lost » Abrams.

Par ailleurs, la saison aura un peu trop abusé des gunfights ; beaucoup de robot sont morts (concept qui ne veut pas dire grand-chose, vous en conviendrez) pour arriver à ce dénouement minuscule. D’ici à penser que hémoglobine + montage déconstruit servent à cacher la misère, il n’y a qu’un pas…




samedi 23 juin 2018


Unsolved : The Murders of Tupac and the Notorious B.I.G.
posté par Professor Ludovico

C’est mal fait, mais c’est tellement intéressant. Cette série USA Network est l’adaptation du livre* de Greg Kading, le flic de Los Angeles qui piloté le cold case des célèbres meurtres, en 1996-97, de Notorious B.I.G.et Tupac Shakur. Pour sa part, le Professore Ludovico avait lu – et adoré – L.A.byrinthe** sur le même sujet.

Unsolved mélange plusieurs époques, l’ascension des deux rappeurs dans les années 90, l’enquête de Russell Poole en 1997 et celle de Greg Kading en 2006. Mais tout cela ressemble plus à un docudrama très cher qu’à une véritable série. Les personnages sont inconsistants, bâtis sur les pires clichés de cop shows depuis Starsky&Hutch. Les grands comédiens du cast, issus de Westworld (Jimmi Simpson) ou The Wire (Wendell Pierce), ne suffisent pas à maintenir le bouzin à flot. Les dialogues ne servent qu’à « transmettre » les évolutions de l’enquête et faire passer le spectateur aux checkpoints de l’intrigue.

Mais c’est le sujet qui peut – éventuellement – intéresser le CineFaster. En deux mots, suite à un accrochage à un carrefour en mars 1997, une course poursuite s’engage dans le centre de Los Angeles. Au pays des armes à feu, ça se termine par une fusillade. Un conducteur noir est tué. Par un flic. Blanc. Dans le contexte explosif des années 90 (affaires Rodney King, OJ Simpson…), l’affaire est embarrassante pour le LAPD. D’autant plus que la victime est aussi un policier, plutôt louche. Il travaille au black comme garde du corps pour Death Row, le label de rap du sulfureux Suge Knight, dont les méthodes commerciales sont pour le moins violentes. En tirant les fils, les inspecteurs découvrent un vaste réseau de flics corrompus, (notamment le commissariat de Rampart). Et établissent des liens avec les meurtres de Tupac et Notorious B.I.G. survenus quelques mois auparavant, attribués à la guerre du rap est-ouest, et non résolus…

Si on aime L.A., James Ellroy, et la corruption babylonienne de « Cali », on fera l’effort de supporter les grosses lacunes d’Unsolved. Si on aime que le cinéma, il y a mieux à la télé en ce moment …

* Murder Rap: The Untold Story of the Biggie Smalls & Tupac Shakur Murder Investigations
** L.A.byrinthe, Enquête sur les meurtres de Tupac Shakur, Notorius BIG et sur la police de Los Angeles de Randall Sullivan




samedi 16 juin 2018


Le Bureau des Légendes
posté par Professor Ludovico

On a craqué. Sous la pression de l’agent Fulci, de l’Agenzia Informazioni e Sicurezza Esterna, on a fini par jeter un œil à la suite télévisuelle de l’un de ses meilleurs films, Les patriotes. Et on doit dire que c’est plutôt pas mal fait. En tout cas c’est l’espionnage que l’on aime, c’est-à-dire essentiellement psychologique, sans gagdgets ni coups de feu, et très peu de violence physique. La taupe plutôt que James Bond, donc.

Le Bureau des Légendes a en fait les mêmes défauts que l’on trouve dans certaines séries américaines, type Homeland : si le postulat de départ est extrêmement réaliste, la volonté de rajouter des péripéties égratigne progressivement sa crédibilité. On verra ainsi un agent cacher à ses supérieurs ses déplacements alors que nous a consciencieusement expliqué (épisode 1) que c’était formellement interdit. Il n’est pas sanctionné… Si on était dans James Bond, on rirait des facéties de l’agent 007. Ici, ce n’est tout simplement pas possible. Par ailleurs Kassovitz, qui est censé porter toute la série sur ses épaules, n’est pas vraiment taillé pour le rôle. Mais les autres (Jean-Pierre Darroussin, Léa Drucker, Sara Giraudeau, Gilles Cohen, Jonathan Zaccaï) sont très bons.

On sent un peu les coutures, l’arc principal et les mini-intrigues annexes, ça sent un peu le manuel de scénario… Mais en tout cas, ça te donne envie de regarder la suite.




mercredi 30 mai 2018


Girls
posté par Professor Ludovico

Alors que Girls entame sa sixième et dernière saison (devant nos yeux, du moins), la mélancolie est de rigueur. Comme si Lena Dunham, désormais trentenaire, passait aux choses sérieuses. Si la série n’est plus comique, elle fait d’autant plus la preuve de l’immense talent d’une gamine de 25 ans à qui on avait confié en 2012 les clefs du camion, de la voiture de service et de la dépanneuse. Actrice, scénariste et productrice, elle a su mener le barnum pendant six ans, jusqu’à cet épilogue.

On le sait, seules les grandes séries savent mourir. C’est le moment pour Girls de donner sa Grande Scène à l’ensemble du cast, les quatre filles bien sûr, mais aussi à toute la galerie de personnages. Adam, Elijah, Ray, et tant d’autres : chacun peut partir et le show entamer sa tournée d’adieu, tout en restant dans une finesse d’esquisse des personnages. Car chacun trouvera un destin conforme à sa personnalité, mais en évitant pour autant les clichés.

C’était cela Girls, une série bâtie sur des archétypes, mais qui n’avait pas renoncé à exprimer sa propre voix …




lundi 30 avril 2018


Rome
posté par Professor Ludovico

Quand on regarde une série, il ne faut jamais laisser trop de temps entre deux saisons. Normalement on patiente un an, et c’est déjà beaucoup.
J’ai vu Rome quand elle est sortie en 2005, et je regarde la deuxième et dernière saison cette année, 12 ans après.

Grave erreur !

Rome est-elle mauvaise parce que le temps a passé, et qu’on a vu beaucoup mieux depuis ? Ou était-ce mauvais tout court dès le début ? On sait que cette deuxième saison fut torpillée par la destruction totale des décors, suite à un incendie des studios de Cinecitta. La série coutait déjà fort cher, et comme il était hors de question de les reconstruire, Rome fut annulée.

La saison deux condense donc tout ce qu’il ne faut pas faire : des arcs narratifs tirés par les cheveux, et des personnages en carton qui changent d’avis comme de toge. On ne s’intéresse plus qu’à la grande Histoire, version Mankiewicz : Marc-Antoine, Octave, Cléopâtre…

Rome engendra en tout cas de beaux bébés ; HBO découvrit potentiel de la formule péplum + sexe ; elle devait faire florès quatre ans plus tard, sous une autre forme, celle du Trône de Fer.




dimanche 29 avril 2018


Godless
posté par Professor Ludovico

Le big sky. Ce n’est pas seulement le titre original de La Captive aux Yeux Clairs d’Howard Hawks, c’est la meilleure définition que l’on pourrait donner de la Terre des Fantasmes, quelques secondes après y avoir posé pour la première fois le pied. Quand on arrive aux États-Unis d’Amérique, c’est ce qui vous frappe en premier : le ciel. Un immense et bleu, devant, derrière, sur les côtés, sans limite. Un ciel de paradis, blanc comme les nuages qui y paressent… Un pays de géants, incroyablement beau.

C’est aussi ce qui frappe de prime abord dans Godless : la magnifique représentation – renouvelée – de cette immensité. Pourtant, elle n’a pas manqué de glorieux représentants dans le western classique, de la Monument Valley de John Ford, aux étendues neigeuses immaculées de Jeremiah Johnson. Mais c’est comme si Scott Frank avait su trouver pour Godless de nouveaux pinceaux, une nouvelle palette, pour filmer l’ouest, ses grandes plaines, ses déserts et ses forêts.

Pour une fois nous allons faire chronique commune avec Planet Arrakis, le blog de jeu de rôle du Professore. Car par un effet de synchronicité typiquement Jungien, ce qui se passe dans la vie se passe dans la série, et inversement. Le Professore Ludovico anime depuis quelques mois une partie de jeux de rôle western baptisé La Nuit des Chasseurs*. L’un de ses joueurs, l’auguste Beresford, nous signale Godless, « une série qui va vous plaire », tant elle ressemble aux aventures qui nous occupent autour de la table de jeu. On regarde donc. Et on est fasciné par les ressemblances : la vieille mine, la ville du Wild West, son saloon et ses putes, les indiens qui rôdent, les soldats perdus de la Guerre de Sécession… Normal, dira-t-on : dans les deux cas, on fait appel aux clichés du western, mais cela va bien au-delà. Dans le jeu, Karl Ferenc (il y a beaucoup de Cinefasters, à commencer par Le Snake, autour de la table), tire dans le genou d’un journaliste pour lui apprendre la vie. Dans le film, la peintre tire dans le genou pour apprendre la vie à un Agent Pinkerton. Il y a un cercueil, bourré de dollars, qui traîne quelque part dans La Nuit des Chasseurs. Idem dans Godless. Et une ambiance fantastico-biblique pèse sur le fatum des deux fictions.

Les clichés, malgré leur mauvaise réputation, font le genre, au cinéma, en jeu de rôle, en littérature. Ils sont les piliers sur lesquels le public s’appuie pour s’aventurer en terrain connu, et connivent, avec l’auteur. Pas de film de zombie sans blonde hurlante, pas de film de guerre sans soldat héroïque, pas d’heroic fantasy sans princesse à sauver… Sans, vraiment ? Pourtant, pas de blonde hurlante dans Walking Dead, pas de soldat héroïque dans La Ligne Rouge, et pas de princesse à sauver (c’est plutôt le contraire !) dans Game of thrones

Car pour faire œuvre, il faut transcender les limites du genre, les respecter, les violer, bref, jouer avec. C’est exactement ce que fait Scott Frank dans Godless : plutôt que d’aligner ces clichés, il les transcende**, démontrant qu’avec du travail et du talent, on peut passer du produit commun de série B au pur chef d’œuvre. Car ce n’est pas un western normal, même si sa forme et son propos restent étonnamment classiques.

Godless est d’abord extraordinairement esthétique (ne ratez pas les vingt premières minutes, jamais on a filmé comme cela les grandes plaines sous l’orage). Mais ses histoires sont toutes simples, pour ne pas dire éternelles. Un outlaw sur la voie de la rédemption, un shérif veuf, inconsolable, et à la ramasse, une fermière mère courage, et un vieux gangster revenu de tout, godless, qui veut récupérer un magot et se venger.

Mais dans cette soupe de légumes classique, Scott Frank, scénariste averti d’Hollywood pour pointures 90’s (Branagh, Spielberg, Sonnenfeld, Soderbergh***) ajoute des épices tout à fait étonnantes. La ville est spéciale, peuplée quasi uniquement de femmes depuis l’effondrement de la mine qui a tué leurs maris. De cet événement quasi biblique, Scott Frank tire parti pour lancer l’idée d’une utopie féministe anachronique, à l’aube du XX° siècle. Et fait de ces femmes des personnages qui ont les clefs en mains : au-delà de la tragédie, voilà une incroyable opportunité de devenir maîtresse de son propre destin. On verra ainsi s’esquisser un personnage lesbien absolument pas ridicule (ce qu’il craignait fort d’être), des femmes fortes et de faibles femmes, des hommes forts qui se révèle faibles et vice versa…

De Titanic, on disait ici que c’était un film con, car les films cons osent tout, et c’est à ça qu’on les reconnaît. On pourrait dire la même chose de Godless, une série conne qui ose tout et réussit tout. Un film féminin et féministe, un western d’action et contemplatif, une histoire de rédemption et l’impossibilité de la rédemption, des histoires d’amour (qui finissent mal en général…) Tout en maintenant une tension érotique pendant six épisodes sans jamais succomber à la tentation d’en montrer plus…

Et ce n’est rien dire des grands acteurs qui transforment ces clichés en personnages de chair de et de sang, où même les pires ordures auront leur moment de gloire. Car Godless est peuplé de ces acteurs « B » dont personne (sauf les cinefasters) connaissent le nom : Jack O’Connell (Skins, ’71, HHhH), Michelle Dockery (Downtown Abbey), Scoot McNairy (Halt&Catch Fire, Monsters, Twelve years a Slave, Fargo), Merritt Wever (The Walking Dead), Thomas Brodie-Sangster (Le Labyrinthe, Game of Thrones), Sam Waterston (La Déchirure, The Newsroom), Jeff Daniels (Speed, The Newsroom, The Looming Tower) …

Si une série est capable de vous donner envie de dresser des étalons, que vous dire de plus ?

* La Nuit des Chasseurs, par Yno, disponible ici
** La Nuit des Chasseurs, aussi, même si cette transcendance reste entièrement aux mains des joueurs et du Maitre de Jeu
*** qui coproduit Godless




samedi 21 avril 2018


Steven Bochco
posté par Professor Ludovico

Quelque part tout a commencé là. Quand Madame Dolly nous a conseillé, au mitan des années quatre-vingt dix, de regarder NYPD Blues sur Canal Jimmy. La série avait déjà sa petite réputation aux États-Unis parce qu’elle était faite par Monsieur Steven Bochco et qu’il avait déjà lui-même sa petite réputation (Capitaine Furillo, L.A. Law, des épisodes de Colombo, entre autres).

Mais en France nous étions quelques centaines de milliers à regarder les aventures de Sipowicz, Simone, et Medavoy le dimanche soir. Et tout de suite, nous avons compris que quelque chose avait changé ; les héros été méchants, tristes, racistes, malades, mais terriblement émouvants. Les bons allaient mourir. Certains méchants allaient s’en tirer. On n’était plus dans Walker Texas Ranger ou Hooker. Et surtout les cop show ne seraient plus jamais les mêmes. Toute la télé ne serait plus jamais la même…

Bochco, avec son collègue David Milch, étaient les pionniers de cette révolution. Il vient de mourir, à 74 ans.




septembre 2018
L M M J V S D
« Août    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930