[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



dimanche 16 août 2026


« We dug coal together »
posté par Professor Ludovico

On a déjà dit tout le bien qu’on pense de Justified, la série Southern Ghotic de Graham Yost, tiré des livres d’Elmore Leonard. 6 saisons au fin fond du Kentucky (+1 à Detroit, City Primeval) et on se dit toujours qu’on se les reregarderait bien, ces 80 heures de Timothy Olyphant, mais on manque de temps. Heureusement, il y a Youtube, Instagram, qui passe des best of, comme Justified: All Raylan’s pistol duels ou Justified: The Coldest Lines and Deadliest Comebacks.

Ça fait notre bonheur…

Mais ce qu’on regarde en boucle, c’est le final, peut-être le plus beau final de toutes les séries. Un dialogue ciselé, porté par deux très grands comédiens. Les frères ennemis se retrouvent enfin face à face, et le Marshall Raylan Givens est venu apporter une mauvaise nouvelle à Boyd Crowder (Walton Goggins dans son plus grand rôle), en prison…

– Can I ask you one question? Before you go?
– As long as you understand if it annoys me, I’m just gonna hang up.
– Scouts honor! Tramble Penitentiary is a long way from Miami, Raylan. Now you could’ve call to warden, could’ve sent word through my lawyer…
– Asking why I came ? Thought it was news that should be delivered in person.
– That the only reason? After all these long years Raylan Givens, that’s the only reason?
– Well, I suppose if I allow myself to be sentimental, despite all that has occurred, there is one thing I wander back to.
– We dug coal together…
– That’s right.




mardi 4 août 2026


Sharp Objects, deuxième
posté par Professor Ludovico

CineFast avait oublié de chroniquer Sharp Objects, ou plutôt n’avait fait que s’extasier devant le pilote, avec la crainte que ses magnifiques promesses ne soient pas tenues.

Depuis, on a oublié de dire à quel point c’était un chef-d’œuvre télévisuel, bien plus fort que le coup d’essai Big Little Lies du même Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Dallas Buyers Club)

La série a tout d’une grande ; formidablement écrit d’après le livre éponyme de Gillian Flynn (Gone Girl), mis en lumière contrastée et filmé de toute beauté, et casté d’un trio familial, mère et filles, incarnées par d’extraordinaires comédiennes (Amy Adams, Patricia Clarkson, Eliza Scanlen)

Avec – pour une fois le cliché n’est pas usurpé – une lead actress qui se met en danger. Amy Adams monte sa carrière à petites marches depuis trente ans, entre cinéma intelligent (The Master, Her, American Bluff et Premier Contact) et Loislaneries dans le DC Universe de Zack Snyder. Elle accepte ici d’abandonner sa beauté (souvent le principal capital des stars) à Camille Preaker, un personnage cassé par l’alcool, l’automutilation, et une parenté plus que douteuse.

Le spectateur qui revient voir Sharp Objects a beau savoir la fin de ce polar southern gothic, il ne peut que constater que tous les indices avaient été déposés devant lui. Et il ne les a pas vus.

C’est  comme si, à l’instar de Camille, il évoluait dans un brouillard alcoolisé où chaque mot est un présage.

Sharp Objects est sûrement la série la plus sous-estimée de HBO. Mais ne le dites pas à maman…




lundi 27 juillet 2026


King and Conqueror
posté par Professor Ludovico

Une série sur Guillaume le Conquérant en huit épisodes, avec deux acteurs de Game of Thrones, le Kingslayer lui-même en Guillaume (Nikolaj Coster-Waldau), Ormund Hightower en Harold (James Norton) et Clémence Poésy (Tenet, Tunnel) en Reine Mathilde : qui peut dire non ?

Au final King and Conqueror c’est pas mal… Un mélange bizarre de très bon et de très mauvais. Du côté du très bon, la performance des acteurs, la déco réaliste et surtout, le fond politique de la série. Depuis Le Seigneur des Anneaux, et Le Trône de Fer, notre vision – du moins celle d’Hollywood – a changé sur le Moyen Âge. Les personnages ne sont pas des idiots congénitaux, ils ne partent pas à l’assaut comme des bourrins, ils ne croient pas que la Terre est plate et ils ne sont pas tous gouvernés par la parole de Dieu. Certains le croient, d’autres s’en servent.

Le rôle de femme est important, car elles cherchent à protéger leurs enfants et leur héritage, comme c’était le cas. On verra Mathilde faire de la politique, et sûrement pas broder la Tapisserie de Bayeux. Côté négatif, on a du mal à aimer ces personnages aux objectifs changeants, et la direction artistique est par moment catastrophique. Le château de Londres, ainsi, semble designée sur Minecraft.

Pour le reste, cela vaut le détour par Bayeux.




mardi 21 juillet 2026


We Own This City
posté par Professor Ludovico

Est-ce une bonne idée de retourner bêcher ses propres œuvres ? Une question que l’on s’est posée pendant quatre ans (en tant que spectateur) avant de retourner dans le Baltimore de M . Simon.

On a pu dire sans méchanceté que ses dernières œuvres n’étaient pas à la hauteur des sommets précédents : The Deuce, évocation en demi-teinte du milieu porno New-yorkais, ou le très raté Complot contre l’Amérique, comme le livre de Philip Roth d’ailleurs. Alors oui, allons nous ressourcer à l’angle de Calhoun & Fayette, dans l’espoir absurde de croiser Marlo, Stringer Bell ou Wee-Bey*…

Simon a choisi pour une fois une histoire vraie (même si The Wire était basé sur nombre d’histoires vraies). En 2015 Freddy Gray un afro-américain meurt en garde à vue, ce qui déclenche d’importantes émeutes à Baltimore. Et détériore, si ce n’était déjà le cas, les relations des citoyens noirs avec la police. Ils se mettent à filmer systématiquement les arrestations. Cercle vicieux qui conduit les policiers à éviter d’en faire, de peur d’annuler la procédure en cours. Seuls quelques flics courageux continuent néanmoins d’opérer et d’obtenir des résultats, dont le Sergent Wayne Jenkins.

We Own This City prend Jenkins comme personnage principal, pivot autour duquel tourne, comme à son habitude, une galaxie de personnages. Simon est à son affaire dans ce genre de roman russe qui mélange flics, narcos et politiciens, mais il y ajoute une complexité supplémentaire, raconter l’histoire sur quinze ans : un mélange de personnages, et d’époques particulièrement audacieux.  

Et c’est un Jon Bernthal hallucinant qui incarne ce gros con qui veut bien faire, sans réaliser « qu’à n’importe quel prix » n’est pas une option. Jouer la bêtise à ce niveau, c’est de l’art !** Pourquoi remonter en arrière ? C’est l’essence même du fatum de la tragédie. Jenkins est essentiellement un bon gars, qui croit en son job de flic. Mais voyant que tout le monde se sert, il se sert lui-même. On le note sur les chiffres, il agira pour les chiffres. Et entraine avec lui de vrais salauds comme Hersl (Josh Charles), ou des flics méticuleux comme Suiter (Jamie Hector). Corrompu, il se met lui-même à corrompre.

Simon revient, sous une autre forme, à son obsession : la Guerre contre la Drogue est perdue depuis le premier jour comme l’explique le professeur de la Police Academy (Treat Williams). La drogue détruit tout, les junkies et les flics, les narcos et les politiques.

Même resassé, un message utile, sous une forme artistique passionnante.  

*Marlo, on va le croiser, mais métamorphosé en flic intègre. Simpson a la malignité de recaster quelques alumni The Wire dans des rôles qui n’ont rien à voir. 

** Jon Bernthal ne cesse de nous étonner. De petits rôles de-ci de-là dans les années 2010 (World Trade Center, The Pacific, Le Loup de Wall Street…) , il explose grâce à The Walking Dead et devient un acteur A-List…




mercredi 15 juillet 2026


Disclaimer
posté par Professor Ludovico

Deux amoureux en balade à Venise, un couple de quadra londoniens en crise… Un professeur d’université, veuf et viré… Un roman à clefs… Des chats qui se promènent… Quel est le lien ? En sept épisodes, Alfonso Cuarón vous expliquera tout dans un thriller glauque et glacial.

Servi par un quatuor d’acteurs exceptionnels (Cate Blanchett, Sacha Baron Cohen (méconnaissable !), Kevin Kline et Leila George), Cuarón filme cette vengeance en beauté mais sans affèterie inutile. Jusqu’à la fin on est amusé, exaspéré, ému par les personnages, tout en ne sachant jamais vraiment où l’on va. Ou plutôt, on croit savoir où l’on va, jusqu’au moment où l’on est détrompé. Les apparences, comme toujours, sont trompeuses…

Le CineFaster pointilleux pardonnera quelques outrances ou invraisemblances, qui ne sont là que pour tromper le spectateur.

Pour, au final, son plus grand plaisir.




vendredi 5 juin 2026


The Boys, finalement
posté par Professor Ludovico

The Boys, c’est fini. Et il était temps, car la série tournait en rond. Elle finit, oserait-on dire, à la française : propos fort, dramaturgie bof.

Son intention politique est toujours aussi forte (avec cette fois-ci une parodie de Trump tout à fait exemplaire). Mais The Boys oublie le principal : incarner des personnages et une histoire intéressante.

Car cette fois-ci, tout part dans le décor. Derrière les obsessions scatologiques de la série et des « Fuck » en guise qui virgulent les dialogues, l’histoire rebondit dans toutes les sens, en perdant justement tout sens.

Ça ne suffit pas à faire un film.




vendredi 15 mai 2026


Los Años Nuevos
posté par Professor Ludovico

Un chef-d’œuvre, ça n’arrive pas tous les jours. Un chef-d’œuvre discret qui se cache derrière un pitch unique, c’est Los Años Nuevos

On suit en effet un couple (et quelques amis) pendant dix ans, mais seulement les 31 décembre et 1er janvier. Entre-temps, c’est hors-champ, et rien que ça, c’est déjà passionnant : que s’est-il passé cette année ? C’est ce qu’on va apprendre, évidemment, dans l’épisode qui suit.

Rodrigo Sorogoyen, déjà auteur de très bons films (Que Dios nos Perdone, El Reino, As Bestas…) réalise cela sans aucune afféterie stylistique*. Tout a l’air très simple, jusqu’au moment où l’on comprend qu’on est sur un plan séquence depuis une demi-heure…

Car évolue, devant nos yeux ébahis, un couple d’acteurs extraordinaires (Iria del Río et Francesco Carril**) qui portent ce couple de cinéma pendant dix heures, et c’est beau comme la vie. Comment on se rencontre, comment on tombe amoureux, comment on se déchire ou comment on se retrouve…

On osera dire qu’on n’a jamais vu ça. Tomber amoureux, par exemple. Là où n’importe qui ferait des raccourcis cut (un petit sourire, des mains qui se frôlent, un baiser, et puis on couche ensemble), Sorogoyen décide de la jouer live, temps réel. Pendant que les dialogues de la soirée sont volontairement small talk (t’as des clopes ? tu reprends une bière ?) la caméra s’attarde sur les corps, sur les visages, en bref l’essence du cinéma. Car ce sont eux que Sorogoyen charge de dire les vraies choses : la solitude, l’envie, le désir… La magie pure de l’acteur fait le reste ; un regard en coin, de lèvres qui se plissent, et on comprend ce qui se passe vraiment, à savoir qu’un couple se forme. On ne vous en dira pas plus, car c’est le grand plaisir, évidemment, de Los Años Nuevos.

* Mais aussi Sara Cano et Paula Fabra…
** Mais aussi Pablo Gómez-Pando, Ana Telenti, Lucía Martín Abello, Vladimir Perrin, Ana Labordeta…




vendredi 20 mars 2026


The Beauty
posté par Professor Ludovico

Où s’arrêtera Ryan Murphy ? Le Aaron Spelling* de notre génération, l’homme aux 25 séries** nous sort encore un truc pas piqué des hannetons de son chapeau magique.

Le concept ? Un The Substance réussi, tout aussi gore (mais pas ridicule), beaucoup plus érotique et surtout, cent fois plus fun. Le pitch ? Un Elon Musk de pacotille (Ashton Kutcher) a inventé un vaccin contre la mocheté ; il compte en vendre des hectolitres. Malheureusement ce vaccin se transmet… gratuitement par les rapports sexuels !

Le cul comme fin du capital, c’est l’un des innombrables sous-textes de The Beauty, qui questionne notre obsession de la beauté, de la jeunesse, des monstres et des psychopathes, tout en les filmant comme d’habitude avec fascination.

C’est la forme qui passionne : aventures internationales à la James Bond (Paris, Venise, New York), X-Files et son couple d’agents très séduisants (le toujours génial Evan Peters et la trop rare Rebecca Hall), Pulp Fiction et son duo de tueurs comiques (Jeremy Pope, Anthony Ramos)… Ryan Murphy ose tout, dans son génial mashup d’Alerte + Men in Black + Succession.

C’est aussi par-là que ça pêche, notamment parce que soudain, surgit le rebondissement de trop, très mal interprétée par Ari Graynor (l’avocate de The Menendez Story). Murphy semble alors perdre la main, rajouter deux épisodes de trop, et finit par un cliffhanger facile alors qu’aucune saison 2 n’est signée, comme s’il avait voulu forcer la main de son diffuseur (FX, c’est à dire Disney+)…

Pourtant The Beauty a tout pour plaire : drôle et sexy (voire cochonne), capable de poser côte à côte une scène de cul, le gore le plus absolu, et un drame familial autour du handicap…

A un tel talent, on demande forcément beaucoup.

* Starsky & Hutch, Drôles de dames, La Croisière s’Amuse, L’Île Fantastique, Pour l’Amour du Risque, Sept à la Maison, Charmed, Dynasty, Beverly Hills 90210, Melrose Place…

** Nip/Tuck, Glee, American Horror Story, American Crime Story, American Sports Story, Scream Queens, Feud, The Politician, Hollywood, Ratched, Monster…




jeudi 19 février 2026


Le paradoxe Black Mirror
posté par Professor Ludovico

L’ami Belphegues, célèbre explorateur et égyptologue – et statisticien par passion – tanne le Professore à la machine à café sur Black Mirror. Il a tout vu, ou presque. Le midi, il lui pitche les épisodes autour d’un pad thaï. Mais voilà, Black Mirror a un problème : c’est une anthologie d’épisodes, pas une série. Une série, on veut voir la suite et quand on a fini, on a déjà un plan de travail pour les dix prochaines années… Les séries, c’est de la cocaïne. Black Mirror, c’est du bœuf bourguignon, un truc très bon qu’on n’a pas envie de manger tous les jours.

Mais voilà, par un mystérieux trou noir (le PSG qui tente de remonter la pente face à Monaco, le Tournoi des Cinq nations et demie, la fin de la première saison reregardage de Twin Peaks… Soudain, un morceau d’espace-temps disponible. Pour que Belphegues foute la paix, on va regarder un épisode, en l’occurrence rattraper la saison 4.

Et là, la magie opère, toujours avec la même mécanique. On prend une innovation ou une crise actuelle, et on pousse le volume un peu fort : les abeilles vont disparaître, si on les remplaçait par des nanodrones ? On continue à pousser le potard, qu’est-ce qui se passe s’il y a plein de nanoabeilles un peu vénères ? Et quand on croit tout résolu, on pousse le truc à fond dans les dernières minutes pour stupéfier le spectateur.

Et évidemment, ça marche, nait immédiatement l’envie d’en voir un autre. Manie du collectionneur, maladie du complétiste, besoin absolu de cocher les petites cases d’ImdB ou de Betaseries

Black Mirror n’est pas addictive. Mais les séries le sont.




vendredi 23 janvier 2026


Mitterrand Confidentiel
posté par Professor Ludovico

Le cinéma, c’est des maths, c’est de la physique. Il y a des axiomes et des théorèmes. Par exemple, Biopic = attitude révérencieuse vis-à-vis du personnage principal, ou Reconstitution Historique = dialogues irréalistes portés des personnages ni convaincus (ni convaincants) dans leur rôle pédagogique.

Bon bah, voilà les maths, ça marche toujours. Mitterrand Confidentiel = biopic pas clair sur Tonton + acting qualité français.  Pas de point de vue : Mitterrand est-il un gars bien, un socialiste de pacotille, un amant merveilleux, un détourneur de teenager ? On ne sait pas ce qu’en pense Antoine Garceau, le « showrunner », terme autour duquel on met de gros guillemets, vu qu’il n’y a pas de show que le Antoine, il na pas l’air de runner grand-chose.

La série de quatre épisodes survit pour deux raisons ; la nostalgie des Années Tonton et d’avoir à sa tête un très grand acteur (Podalydès) époustouflant dans sa métamorphose : il imite mais ne singe jamais le grand homme… Aidé, il est vrai, par le meilleur dialoguiste de la série, Mitterrand François : « Je veux la rupture, la rupture avec le monopole », « Le nationalisme, c’est la guerre », « Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas »…

La colonne vertébrale de Mitterrand Confidentiel serait donc Tonton et ses femmes (Danielle, Anne). Mais voilà, le jeune Mitterrand (Baptiste Carrion-Weiss) est aussi séduisant et charismatique qu’un parpaing. Et ça pique un peu les yeux de voir Judith Chemla (Anne Pingeot) embrasser goulûment Podalydès en septuagénaire.  

Ultime équation, à apprendre par cœur : Docudrama + Soap Opera = patatras…




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