[ Pour en finir avec … ]

On peut pas aimer tous les gens…



vendredi 3 janvier 2020


Star Wars 9 – L’ascension de Skywalker
posté par Professor Ludovico

Je suis un rebelle. Pas un rebelle de la rébellion, mais un rebelle à Star Wars. Je crache dessus depuis 1977, mais pour des raisons diverses, notamment celle d’être emmené contre mon gré (mon gré ne se battait pas beaucoup), j’ai vu les 8 premiers épisodes de la saga. Pour être franc, il y en un a que j’ai aimé ; comme tout le monde : l’Empire Contre-attaque.

Mais depuis 1977, j’ai dit que cette science-fiction en pyjama avait été une connerie, from day one. Un hommage second degré au space opera des serials des années 30 (Flash Gordon, par exemple), devenu une saga qui se prend au sérieux, au premier degré

Mais je les ai tous vus, le Retour de la Revanche des Jedi Perdus de l’Empire Républicain. Et j’ai vu mes amis mourir d’ennui devant le Seul-et-Unique-Scénario: un jeune homme (ou une jeune fille) de la campagne, qui rêvé de Chevalier Jedi, combat une-terrible-arme-qui-peut-détruire-une-planète-entière.

Mais aujourd’hui, 3 janvier 2020, pour la première fois, j’ai résisté à la Force. Merci Frank Herbert, je suis sauvé. Je n’aurais plus peur, car la peur tue l’esprit.




mardi 31 décembre 2019


Bilan 2010-2019
posté par Professor Ludovico

C’est heure des bilans, des Topten, et surtout du Topten des Topten !! Quels ont été les meilleurs films de la décennie ? On a regardé les Topten  2010-2019 sans filtre, pour faire le point :

2010 – The Social Network
2011 – Une Séparation
2012 – Les Enfants de Belle Ville
2013 – Ma Meilleure Amie, Sa Sœur Et Moi
2014 – Mommy 
2015 – Pulp – a Film about Life, Death & Supermarkets
2016 – Midnight Special
2017 – Certaines Femmes
2018 – El Presidente

Et scoop, le Topten 2019 : Roubaix Une Lumière

Evidemment, ce Topten des années 10 est réducteur, car il manque pléthore de très grands films, notamment du début de la décennie : Margin Call, Cogan : Killing Them Softly, John Carter, Inside Llewyn Lewis, Prisoners, Zero Dark Thirty, 12 Years a Slave, Gone Girl, Dunkerque, La La Land…

Quant aux Bottom, pas de scoop :

2010 Skyline
2011 Les Tuche
2012 Prometheus
2013 Man Of Steel
2014 Le Hobbit – La Bataille Des 5 Armées
2015 Il Est Difficile D’être Un Dieu
2016 Suicide Squad
2017 Nocturnal Animals
2018 Ready Player One 
2019 Once Upon A Time In Hollywood

Les Bottom ne font que révéler l’intrusion progressive des films peplum (le hobbit, les super héros) et la disparition d’un certain cinéma du milieu qui faisait la richesse du cinéma US, de The Faculty à Rencontres à Elisabethtown…

Il va être dur de faire le Topten 2019…




jeudi 6 juin 2019


N’allez pas voir Shining !
posté par Professor Ludovico

Oui vous avez bien lu, le Professore Ludovico, Commandeur des Croyants, vous déconseille d’aller voir un Kubrick. Mais c’est simple, la version présentée à Cannes, la version longue, 4K, remasterisée, n’est pas la bonne ! C’est la version US, coupée par Kubrick lui-même pour l’Europe, car jugée trop longue.

Une version, qui, de plus, affaiblit le chef d’œuvre – coup de poing qu’est Shining.

Une scène chez le psy, qui amollit l’explication œdipienne en la signalant trop tôt, et des squelettes poussiéreux à la fin, qui ne dépareraient pas dans le train fantôme de la Foire du Trône. Enfin, vous l’avez peut-être déjà vue… sur TCM.

On comprend qu’il faille faire vivre la famille Kubrick, mais le bon Stanley n’aurait jamais voulu de ce pseudo final cut…




dimanche 26 mai 2019


N’allez pas voir Shining !
posté par Professor Ludovico

Oui vous avez bien lu, le Professore, Commandeur des Croyants, vous déconseille un Kubrick. Mais c’est simple, la version présentée à Cannes, la version longue, 4K, remasterisée, n’est pas la bonne ! C’est la version US, trop longue, coupée par Kubrick pour l’Europe et qui affaiblit évidemment le chef d’œuvre qu’est Shining.

Une scène chez le psy, qui amollit l’explication œdipienne en la signalant trop tôt, et surtout des squelettes poussiéreux à la fin, qui ne dépareraient pas dans le train fantôme de la Foire du Trône.

Pire, vous l’avez peut-être déjà vue… sur TCM.

On comprend qu’il faille faire vivre la famille Kubrick, mais le bon Stanley n’aurait jamais voulu de ce pseudo final cut…




samedi 21 avril 2018


Retour vers le futur, le livre
posté par Professor Ludovico

Dans cette collection du British Film Institute, nous avions déjà une monographie sur Alien qui était très bien, une étude sur Shining ,achetée mais non lue, mais celui-ci, signé d’Andrew Shail et Robin Soate est très mauvais, malgré sa jolie couverture DeLorean.

Mal traduit – le nom du tracteur n’apparait même pas – le livre fait trois contresens majeurs : Retour vers le Futur serait l’apologie toute reaganienne des magnifiques Fifties, le parangon de l’anti-féminisme, et la promotion (sic) du nucléaire.

CineFast vous prouvera tout le contraire prochainement. La meilleure adaptation de Sophocle par la bande à Spielberg vaut mieux que ça.




samedi 17 février 2018


La roue tourne (Wonder Wheel)
posté par Professor Ludovico

Depuis cinquante ans, la critique française est emplie d’admiration pour Woody Allen. Chaque année, on salue le dernier chef-d’œuvre du maître.

Certes, depuis quelques années, avec le renouvellement de la critique, on s’est progressivement mis à questionner la Grande Œuvre. Et on découvre que tous les Woody Allen n’étaient pas bons. Normal que le réalisateur de 54 films n’ait pas fait des grands films… Dans le même temps, des faits dans la vie privée ont commencé à écorner la statue, notamment quant fut révélé sa relation avec Soon-Yi, la fille de Mia Farrow.

Mais voilà l’affaire Weinstein et forcément, le retour des vieilles polémiques. Le gratin de Hollywood, jamais à l’abri d’une hypocrisie*, le lâchent tout aussi brutalement qu’ils se ruaient auparavant pour être dans « le dernier chef d’œuvre de Woody Allen », en renonçant à leur cachet. Babylone vit depuis toujours de ce mouvement de va-et-vient, le scandale et la pudibonderie, l’un relançant l’autre sur la balançoire du business.

Libération, pas le dernier à avoir encensé le new-yorkais, se lâche dans sa chronique de Wonder Wheel*. Mais c’est une phrase en particulier qui a attiré l’attention du CineFaster « son cinéma semble se resynchroniser à sa manière étrange avec le présent ». Etrange. CineFast a toujours considéré que c’était l’âme du réalisateur (Woody Allen ou Michael Bay) qui s’imprimait sur la pellicule. Mais c’est comme si, tout à coup, la critique qui a supporté le cinéaste new-yorkais avait décidé d’oublier son âme (et donc son œuvre) pour le lâcher en rase campagne. Soudainement, Woody Allen est devenu infréquentable.

Pourtant les rumeurs sur lui sont connues depuis longtemps. Et il suffit de voir ses films pour comprendre que c’est un obsédé sexuel, comme bien d’autres.

Mais voilà, les gens sont ce qu’ils sont, « ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, fuyards devant les périls et avides de gains. Tant que tu fais leur bien, ils sont tout à toi, ils t’offrent leur sang, leur vie, leurs enfants […,] mais dès que le besoin s’approche, ils se détournent… »

Citation de Machiavel, critique cinéma des Médicis.

* Notamment notre chouchoute décevante Greta Gerwig, affirmant : « Si j’avais su ce que je sais maintenant, je n’aurais pas joué dans le film. Je n’ai plus travaillé pour lui depuis et je ne travaillerai plus pour lui ». Ma chérie, il faut lire autre chose que Variety…
** « Il y a longtemps que le cinéma de Woody Allen assume son propre déphasage : excepté lors d’escapades en des destinations européennes de carte postale (Match Point, Vicky Cristina Barcelona ou Midnight in Paris), plus propices à la revitalisation de ses obsessions, le cinéaste n’a guère dévié, au fil des décennies, de son système ronronnant. Et peu importe que rien n’y varie ou ne s’y actualise depuis une éternité des situations qu’il dépeint, des personnages qu’il y fait s’agiter ou de la vivacité oratoire qu’il leur prête, perlée de gags mécaniques et de références aux livres de chevet de l’intello new-yorkais des Trente Glorieuses, puisque cette petite musique jouée avec l’expressivité d’un piano mécanique continue de bercer un public fervent, quand bien même plus grand-chose n’y ferait signe au monde qui la réceptionne. Etrangement, c’est alors même que le faisceau d’ambiguïtés et de controverses dont il fait l’objet depuis plus de vingt-cinq ans le rattrape que son cinéma semble se resynchroniser à sa manière étrange avec le présent. »




jeudi 7 décembre 2017


Johnny Halliday, toute la musique que je n’aime pas…
posté par Professor Ludovico

On l’a déjà dit ici : il n’y a que deux sortes de légitimité artistique : la vôtre, et celle de la masse.

En gros, ce petit film islandais que vous avez tant aimé (mais que personne ne connait), et Bienvenue chez les Ch’tis. Votre panthéon personnel ou le box office + les rediffusions télé. Le reste ne vaut rien. Ni les récompenses de festival, ni les 1001 films qu’il faut avoir vu dans sa vie, ni les Topten, pourtant amusants, de l’ami Philippe of Avalon.

Je n’aimais pas Johnny Hallyday. Je pourrai passer ici quelques heures à vous démontrer qu’il n’a rien apporté à la musique française, écrit aucun texte qui se tienne, composé aucune musique au-delà du blues en 12 mesures. Il n’a fait que chanter, et la plupart du temps, des textes ridicules. Pour dire les choses, ce n’est pas Brel et ce n’est même pas Montand, qui, simple interprète, a su donner du sens à son œuvre. Ce ne sera jamais Lavilliers, Higelin, ou Téléphone.

Mais peu importe. Johnny Hallyday représentait indubitablement quelque chose pour une grande majorité de Français. Et ça, ça veut dire beaucoup. Il fait partie, qu’on le veuille ou non, de l’âme de la nation.

Le Professore n’y peut rien. Et vous non plus.




mardi 5 juillet 2016


Michael Cimino vs Abbas Kiarostami
posté par Professor Ludovico

Les deux viennent de mourir, mais tout les oppose dans le cœur du CineFaster. On a vu (presque*) tous les films du premier, certains plusieurs fois. On n’a vu qu’un seul du deuxième, Au Travers des Oliviers**, et ça nous a largement suffi.

L’un était un rebelle de la génération Nouvel Hollywood, un chien fou dans un jeu de quilles, mais qui faisait des films d’architecte d’abbayes romanes (pas un gemme de graisse, tout dans les fondations) ; l’autre travaillait à plein temps comme metteur en scène de festival (75 récompenses sur Wikipédia, soit bien plus de statuettes à poser sur la cheminée que de passages télé). On ne s’attardera donc pas sur Kiarostami, qui nous a dégoûté du cinéma iranien pendant vingt ans, avant qu’Asghar Farhadi nous y ramène avec des films de plus belle facture.

On pleurera Cimino, pas l’artiste maudit qui a tué United Artists***, ni le cinéaste moyen de la fin (1987-1996 : Le Sicilien, La Maison des Otages, The Sunchaser). Non, on pleurera le génie de deux films, Voyage au bout de l’Enfer, trois heures de perfection absolue, et L’Année du Dragon, l’apex de Mickey Rourke, tous les problèmes de l’Amérique concentrés en deux heures.

Ces films-là, on les chérit tendrement, parce que Cimino prenait le temps de bâtir des personnages complexes qu’on ne pourrait oublier**** : Linda et Steve, le couple maudit par une goutte de vin au mariage ukrainien du Voyage au bout de l’enfer, la folie de Nick et l’humanité de Mike, le chasseur de cerfs qui ne voulait plus tuer. Et dans L’Année du Dragon, un flic odieux, Stanley White, capable de fêlures, opposé à un séduisant gangster, implacable mais trop rigide pour gagner (John Lone).

Symptomatiquement, ces deux acteurs n’ont jamais retrouvé aucun rôle à leur démesure…

* Sauf Le Canardeur
** A cause d’Olivier, d’ailleurs…
*** Tout simplement parce qu’on s’est bien ennuyé pendant Les Portes du Paradis.
**** « Ce ne sont pas tellement les événements qui importent, mais les personnages »




jeudi 17 mars 2016


Bonnes résolutions
posté par Professor Ludovico

On a décidé, parce que ça suffit, de ne plus s’ennuyer à regarder ce qui ne nous plaisait pas. Suivant en cela les conseils de Nanni Moretti : « Aujourd’hui, si je vois un film qui ne me plaît pas, je ne me mens plus sur mes goûts». J’ai donc décidé de laisser tomber Breaking Bad, qui pourrit sous ma télé en attendant que j’ouvre le coffret de la saison 2 prêté depuis des années par Notre Dame l’Ardéchoise. Je ne vais pas lui rendre pour autant, puisque la Professorinette veut se plonger dans le meth dès qu’elle aura une seconde entre The Originals, Hart of Dixie et Parks & Recreation.

Mais moi, c’est fini. L’idée de me forcer à regarder cette saison 2, tout en sachant que la 3 et la 4 ne sont pas bien (parait-il) pour finir en beauté saison 5 ne tient pas le bout.

J’ai autre chose à faire de ma vie de cinéphile.

Voir :
Treme
• Show me a Hero
• The Knick

Tenter le coup avec :
Black Sails
• Vinyl
• Deadwood
• The leftovers

Finir :
Louis CK
• Boardwalk empire
• Girls
• Game of Thrones

Revoir
• le pilote de Cosmos 1999
• et mon intégrale San Ku Kai




samedi 9 janvier 2016


8 Salopards : la pornographie de la violence
posté par Professor Ludovico

Ce mercredi sur Europe 1, Bruno Cras chroniquait le dernier de Tarantino, 8 Salopards. « Au contraire de ses films passés, » disait-il en substance, « ces 8 Salopards-là sonnent totalement creux : c’est la pornographie de la violence. De la violence, sans aucun sens. Rien que de la violence »

Violence sans conscience n’est que ruine de l’âme, comme dirait l’autre…

C’est bien, on progresse.

Depuis longtemps, nous avons critiqué ce vide intersidéral qui habite les films du génie cinématographique de Knoxville, Tennessee. Depuis Kill Bill, en fait, mais ça s’applique à tous ses films*. Dans Kill Bill, la séquence de combat dans la neige était à couper le souffle, mais quel message véhiculait-elle ?

A l’époque (et toujours aujourd’hui), dès que nous prononçons le mot message, ou morale, les interlocuteurs sortent le revolver. Les sourcils se dressent, et les regards grimpent au plafond.

Pourtant l’art, c’est ça. Pire, ça a toujours été ça. La recherche du beau n’est pas une fin en soi, même si c’est ce qui guide l’artiste au moment de son geste. Non, l’artiste a toujours quelque chose à dire, une idée à faire passer. La grotte de Lascaux, ce n’est pas le papier peint de M. et Mme Cro Magnon, c’est la transmission d’une idée, d’une histoire. Le Sacre de Napoléon, de David, c’est la démonstration du pouvoir impérial. Et c’est également un client à honorer. Laurent de Medicis ou Napoléon Bonaparte. Ou tout simplement Mme Michu qui vient voir Bienvenue chez les Chtis. Car même dans ce film – où l’on peut difficilement prêter à Danny Boon des intentions intellectualisantes – il y a un message : faisons fi de nos préjugés et de nos différences : marseillais ou lensois, nous sommes tous humains. Et ces gens du nord, ils ont dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor…

Mais il n’y a jamais eu un atome de cela chez Tarantino. Dans son âme de cinéphile enfant, il n’a jamais grandi. Il est d’ailleurs notable qu’à son âge (53 ans), il n’ait ni femme ni enfants**. Même à Hollywood, c’est une singularité. Mais un enfant ne peut pas avoir pas d’enfant. Certains trouvent ça touchant ; on peut trouver ça terrifiant.

Tarantino, lui, a eu pour son noël 1992 le plus beau cadeau qui soit : le cinéma. Et depuis, il joue avec : « aujourd’hui, on dirait qu’on ferait un film de guerre, et la jolie projectionniste, elle se battrait contre les nazis. Ou alors on ferait un western, et il y aurait un super sudiste méchant mais Django, il est fort, et vengerait tout le monde. Ou alors, on prendrait des filles canons, et elles se vengeraient avec des voitures … »

On s’amuse, bien sûr, pendant les films de Tarantino. Mais que nous disent ces films ? Rien. Ils ne nous touchent pas. Depuis toujours. Et il est temps que la critique s’en rende compte.

*À l’exception notable de Jackie Brown
** « Je n’ai ni femme ni enfants, mais je ne regrette rien, le cinéma en vaut la peine. » Interview très instructif à Paris Match




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