[ Pour en finir avec … ]

On peut pas aimer tous les gens…



samedi 21 avril 2018


Retour vers le futur, le livre
posté par Professor Ludovico

Dans cette collection du British Film Institute, nous avions déjà une monographie sur Alien qui était très bien, une étude sur Shining ,achetée mais non lue, mais celui-ci, signé d’Andrew Shail et Robin Soate est très mauvais, malgré sa jolie couverture DeLorean.

Mal traduit – le nom du tracteur n’apparait même pas – le livre fait trois contresens majeurs : Retour vers le Futur serait l’apologie toute reaganienne des magnifiques Fifties, le parangon de l’anti-féminisme, et la promotion (sic) du nucléaire.

CineFast vous prouvera tout le contraire prochainement. La meilleure adaptation de Sophocle par la bande à Spielberg vaut mieux que ça.




samedi 17 février 2018


La roue tourne (Wonder Wheel)
posté par Professor Ludovico

Depuis cinquante ans, la critique française est emplie d’admiration pour Woody Allen. Chaque année, on salue le dernier chef-d’œuvre du maître.

Certes, depuis quelques années, avec le renouvellement de la critique, on s’est progressivement mis à questionner la Grande Œuvre. Et on découvre que tous les Woody Allen n’étaient pas bons. Normal que le réalisateur de 54 films n’ait pas fait des grands films… Dans le même temps, des faits dans la vie privée ont commencé à écorner la statue, notamment quant fut révélé sa relation avec Soon-Yi, la fille de Mia Farrow.

Mais voilà l’affaire Weinstein et forcément, le retour des vieilles polémiques. Le gratin de Hollywood, jamais à l’abri d’une hypocrisie*, le lâchent tout aussi brutalement qu’ils se ruaient auparavant pour être dans « le dernier chef d’œuvre de Woody Allen », en renonçant à leur cachet. Babylone vit depuis toujours de ce mouvement de va-et-vient, le scandale et la pudibonderie, l’un relançant l’autre sur la balançoire du business.

Libération, pas le dernier à avoir encensé le new-yorkais, se lâche dans sa chronique de Wonder Wheel*. Mais c’est une phrase en particulier qui a attiré l’attention du CineFaster « son cinéma semble se resynchroniser à sa manière étrange avec le présent ». Etrange. CineFast a toujours considéré que c’était l’âme du réalisateur (Woody Allen ou Michael Bay) qui s’imprimait sur la pellicule. Mais c’est comme si, tout à coup, la critique qui a supporté le cinéaste new-yorkais avait décidé d’oublier son âme (et donc son œuvre) pour le lâcher en rase campagne. Soudainement, Woody Allen est devenu infréquentable.

Pourtant les rumeurs sur lui sont connues depuis longtemps. Et il suffit de voir ses films pour comprendre que c’est un obsédé sexuel, comme bien d’autres.

Mais voilà, les gens sont ce qu’ils sont, « ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, fuyards devant les périls et avides de gains. Tant que tu fais leur bien, ils sont tout à toi, ils t’offrent leur sang, leur vie, leurs enfants […,] mais dès que le besoin s’approche, ils se détournent… »

Citation de Machiavel, critique cinéma des Médicis.

* Notamment notre chouchoute décevante Greta Gerwig, affirmant : « Si j’avais su ce que je sais maintenant, je n’aurais pas joué dans le film. Je n’ai plus travaillé pour lui depuis et je ne travaillerai plus pour lui ». Ma chérie, il faut lire autre chose que Variety…
** « Il y a longtemps que le cinéma de Woody Allen assume son propre déphasage : excepté lors d’escapades en des destinations européennes de carte postale (Match Point, Vicky Cristina Barcelona ou Midnight in Paris), plus propices à la revitalisation de ses obsessions, le cinéaste n’a guère dévié, au fil des décennies, de son système ronronnant. Et peu importe que rien n’y varie ou ne s’y actualise depuis une éternité des situations qu’il dépeint, des personnages qu’il y fait s’agiter ou de la vivacité oratoire qu’il leur prête, perlée de gags mécaniques et de références aux livres de chevet de l’intello new-yorkais des Trente Glorieuses, puisque cette petite musique jouée avec l’expressivité d’un piano mécanique continue de bercer un public fervent, quand bien même plus grand-chose n’y ferait signe au monde qui la réceptionne. Etrangement, c’est alors même que le faisceau d’ambiguïtés et de controverses dont il fait l’objet depuis plus de vingt-cinq ans le rattrape que son cinéma semble se resynchroniser à sa manière étrange avec le présent. »




jeudi 7 décembre 2017


Johnny Halliday, toute la musique que je n’aime pas…
posté par Professor Ludovico

On l’a déjà dit ici : il n’y a que deux sortes de légitimité artistique : la vôtre, et celle de la masse.

En gros, ce petit film islandais que vous avez tant aimé (mais que personne ne connait), et Bienvenue chez les Ch’tis. Votre panthéon personnel ou le box office + les rediffusions télé. Le reste ne vaut rien. Ni les récompenses de festival, ni les 1001 films qu’il faut avoir vu dans sa vie, ni les Topten, pourtant amusants, de l’ami Philippe of Avalon.

Je n’aimais pas Johnny Hallyday. Je pourrai passer ici quelques heures à vous démontrer qu’il n’a rien apporté à la musique française, écrit aucun texte qui se tienne, composé aucune musique au-delà du blues en 12 mesures. Il n’a fait que chanter, et la plupart du temps, des textes ridicules. Pour dire les choses, ce n’est pas Brel et ce n’est même pas Montand, qui, simple interprète, a su donner du sens à son œuvre. Ce ne sera jamais Lavilliers, Higelin, ou Téléphone.

Mais peu importe. Johnny Hallyday représentait indubitablement quelque chose pour une grande majorité de Français. Et ça, ça veut dire beaucoup. Il fait partie, qu’on le veuille ou non, de l’âme de la nation.

Le Professore n’y peut rien. Et vous non plus.




mardi 5 juillet 2016


Michael Cimino vs Abbas Kiarostami
posté par Professor Ludovico

Les deux viennent de mourir, mais tout les oppose dans le cœur du CineFaster. On a vu (presque*) tous les films du premier, certains plusieurs fois. On n’a vu qu’un seul du deuxième, Au Travers des Oliviers**, et ça nous a largement suffi.

L’un était un rebelle de la génération Nouvel Hollywood, un chien fou dans un jeu de quilles, mais qui faisait des films d’architecte d’abbayes romanes (pas un gemme de graisse, tout dans les fondations) ; l’autre travaillait à plein temps comme metteur en scène de festival (75 récompenses sur Wikipédia, soit bien plus de statuettes à poser sur la cheminée que de passages télé). On ne s’attardera donc pas sur Kiarostami, qui nous a dégoûté du cinéma iranien pendant vingt ans, avant qu’Asghar Farhadi nous y ramène avec des films de plus belle facture.

On pleurera Cimino, pas l’artiste maudit qui a tué United Artists***, ni le cinéaste moyen de la fin (1987-1996 : Le Sicilien, La Maison des Otages, The Sunchaser). Non, on pleurera le génie de deux films, Voyage au bout de l’Enfer, trois heures de perfection absolue, et L’Année du Dragon, l’apex de Mickey Rourke, tous les problèmes de l’Amérique concentrés en deux heures.

Ces films-là, on les chérit tendrement, parce que Cimino prenait le temps de bâtir des personnages complexes qu’on ne pourrait oublier**** : Linda et Steve, le couple maudit par une goutte de vin au mariage ukrainien du Voyage au bout de l’enfer, la folie de Nick et l’humanité de Mike, le chasseur de cerfs qui ne voulait plus tuer. Et dans L’Année du Dragon, un flic odieux, Stanley White, capable de fêlures, opposé à un séduisant gangster, implacable mais trop rigide pour gagner (John Lone).

Symptomatiquement, ces deux acteurs n’ont jamais retrouvé aucun rôle à leur démesure…

* Sauf Le Canardeur
** A cause d’Olivier, d’ailleurs…
*** Tout simplement parce qu’on s’est bien ennuyé pendant Les Portes du Paradis.
**** « Ce ne sont pas tellement les événements qui importent, mais les personnages »




jeudi 17 mars 2016


Bonnes résolutions
posté par Professor Ludovico

On a décidé, parce que ça suffit, de ne plus s’ennuyer à regarder ce qui ne nous plaisait pas. Suivant en cela les conseils de Nanni Moretti : « Aujourd’hui, si je vois un film qui ne me plaît pas, je ne me mens plus sur mes goûts». J’ai donc décidé de laisser tomber Breaking Bad, qui pourrit sous ma télé en attendant que j’ouvre le coffret de la saison 2 prêté depuis des années par Notre Dame l’Ardéchoise. Je ne vais pas lui rendre pour autant, puisque la Professorinette veut se plonger dans le meth dès qu’elle aura une seconde entre The Originals, Hart of Dixie et Parks & Recreation.

Mais moi, c’est fini. L’idée de me forcer à regarder cette saison 2, tout en sachant que la 3 et la 4 ne sont pas bien (parait-il) pour finir en beauté saison 5 ne tient pas le bout.

J’ai autre chose à faire de ma vie de cinéphile.

Voir :
Treme
• Show me a Hero
• The Knick

Tenter le coup avec :
Black Sails
• Vinyl
• Deadwood
• The leftovers

Finir :
Louis CK
• Boardwalk empire
• Girls
• Game of Thrones

Revoir
• le pilote de Cosmos 1999
• et mon intégrale San Ku Kai




samedi 9 janvier 2016


8 Salopards : la pornographie de la violence
posté par Professor Ludovico

Ce mercredi sur Europe 1, Bruno Cras chroniquait le dernier de Tarantino, 8 Salopards. « Au contraire de ses films passés, » disait-il en substance, « ces 8 Salopards-là sonnent totalement creux : c’est la pornographie de la violence. De la violence, sans aucun sens. Rien que de la violence »

Violence sans conscience n’est que ruine de l’âme, comme dirait l’autre…

C’est bien, on progresse.

Depuis longtemps, nous avons critiqué ce vide intersidéral qui habite les films du génie cinématographique de Knoxville, Tennessee. Depuis Kill Bill, en fait, mais ça s’applique à tous ses films*. Dans Kill Bill, la séquence de combat dans la neige était à couper le souffle, mais quel message véhiculait-elle ?

A l’époque (et toujours aujourd’hui), dès que nous prononçons le mot message, ou morale, les interlocuteurs sortent le revolver. Les sourcils se dressent, et les regards grimpent au plafond.

Pourtant l’art, c’est ça. Pire, ça a toujours été ça. La recherche du beau n’est pas une fin en soi, même si c’est ce qui guide l’artiste au moment de son geste. Non, l’artiste a toujours quelque chose à dire, une idée à faire passer. La grotte de Lascaux, ce n’est pas le papier peint de M. et Mme Cro Magnon, c’est la transmission d’une idée, d’une histoire. Le Sacre de Napoléon, de David, c’est la démonstration du pouvoir impérial. Et c’est également un client à honorer. Laurent de Medicis ou Napoléon Bonaparte. Ou tout simplement Mme Michu qui vient voir Bienvenue chez les Chtis. Car même dans ce film – où l’on peut difficilement prêter à Danny Boon des intentions intellectualisantes – il y a un message : faisons fi de nos préjugés et de nos différences : marseillais ou lensois, nous sommes tous humains. Et ces gens du nord, ils ont dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor…

Mais il n’y a jamais eu un atome de cela chez Tarantino. Dans son âme de cinéphile enfant, il n’a jamais grandi. Il est d’ailleurs notable qu’à son âge (53 ans), il n’ait ni femme ni enfants**. Même à Hollywood, c’est une singularité. Mais un enfant ne peut pas avoir pas d’enfant. Certains trouvent ça touchant ; on peut trouver ça terrifiant.

Tarantino, lui, a eu pour son noël 1992 le plus beau cadeau qui soit : le cinéma. Et depuis, il joue avec : « aujourd’hui, on dirait qu’on ferait un film de guerre, et la jolie projectionniste, elle se battrait contre les nazis. Ou alors on ferait un western, et il y aurait un super sudiste méchant mais Django, il est fort, et vengerait tout le monde. Ou alors, on prendrait des filles canons, et elles se vengeraient avec des voitures … »

On s’amuse, bien sûr, pendant les films de Tarantino. Mais que nous disent ces films ? Rien. Ils ne nous touchent pas. Depuis toujours. Et il est temps que la critique s’en rende compte.

*À l’exception notable de Jackie Brown
** « Je n’ai ni femme ni enfants, mais je ne regrette rien, le cinéma en vaut la peine. » Interview très instructif à Paris Match




jeudi 15 octobre 2015


3D, la lente chute
posté par Professor Ludovico

Vous le savez, CineFast ne cesse de se réjouir des déboires de la 3D. Non pas parce que CineFast est méchant, mais parce qu’il dénonce depuis le début cette plaie cinématographique. Une plaie qui affecte à la fois la forme du septième art, détruisant les couleurs, la netteté, le confort du spectateur et son porte-monnaie, mais aussi le fond, car la frénésie 3D qui s’est emparée d’Hollywood a modifié son business model, transformant les blockbusters chers en blockbusters ultra chers.

Certes, les profits s’envolent aussi, mais la 3D oblige à concentrer l’énergie des studios sur 2 ou 3 tentpoles, ces « piquets de tente » qui font tenir debout le cirque du studio pendant toute l’année. En obligeant à produire des films extrêmement onéreux qu’il faut absolument rentabiliser, la 3D castre toute l’industrie ; aucun sujet un tant soit peu clivant ne peut alors éclore ; les histoires, les héros doivent rassembler non pas seulement l’Amérique, mais le monde entier. C’est donc la mort à petit feu d’un cinéma spécifiquement américain et la naissance d’un cinéma mondialisé sans saveur. Des blockbusters au bon goût de burger comme USS Alabama (qui passe en ce moment sur TCM, à ne pas rater !) sont impensables aujourd’hui. Nous voilà condamnés à Divergente, Hunger Games et aux sempiternelles aventures manichéennes de superhéros en short moulant bleu et rouge.

Mais pour combien de temps encore ? Voilà que la 3D est en soldes. Au Gaumont Aquaboulevard, une pub offre la 3D gratuite à la séance du dimanche. La fameuse innovation qui devait tout révolutionner dans le cinéma (dixit Jeffrey Katzenberg) ne se vend pas si bien que ça, comme le témoigne les mentions « disponible en 2D également ».

Rappelons que le western, genre obligé des années soixante comme le sont les superhéros d’aujourd’hui, devint soudain obsolète sous les coups de boutoir des ragings bulls des seventies, Coppola, Scorcese et autres Denis Hopper.

Patience, donc.




mercredi 17 décembre 2014


The Affair s01e08
posté par Professor Ludovico

Pourquoi s’embêter à aller au cinéma ? Pourquoi s’embêter, en effet, quand vous avez, dans votre canapé, un film par semaine de la qualité de The Affair ? Car c’est bien de cela dont il s’agit : un drame d’une heure, intelligent – européen, oserait-on dire – filmé avec goût, esthétique et formidablement joué.

Un film chaque semaine qui traite des errements de l’amour, de la difficulté de vivre, de la vie et de la mort, des parents et des enfants, et qui rappelle les meilleures heures de Téchiné, Sautet, ou tout simplement de Six Feet Under ?

Pendant ce temps, que nous propose-t-on pour dix euros ? Les mêmes comédies rances du cinéma français, ses drames bourgeois, ses polars irréalistes, ou le recyclage infernal du patrimoine (Petit Nicolas et autres Benoit Brisefer).

Hollywood, en vérité, ne propose pas mieux. L’usine à rêves a renoncé aux adultes ; elle ne présente que la version aseptisée, infantilisée, des thèmes de The Affair. Rapport père/fille traité en mode balourd dans Interstellar, dilemmes psychologiques abracadabrantesques dans les films de superhéros. Le grand écart post moderne entre une prétendue modernisation de ces sous-genres et le vide criant de l’ambition affichée. Nous voilà revenus aux mauvaises séries B des fifties, mais maintenant, les séries B coûtent 200M$.

Quoi d’autre ? Le recyclage tout aussi infernal de l’animation 3D à base de pingouins, de zèbres, d’avions et de voitures anthropologiques, répétant à l’infini le scénario insupportable du roman d’apprentissage et de la rédemption. Sans parler, last but not least, de la sortie cette semaine du massacre, numérisé à la truelle, du plus grand conte de fées de tous les temps.

Je préfère passer l’hiver à Montauk.




mardi 6 mai 2014


James Bond 007 contre Dr No
posté par Professor Ludovico

Pour une fois, le Professore Ludovico ne voulait pas faire son coinçouille : profitant d’une diffusion TNT, il s’est mis à regarder James Bond 007 contre Dr No.

A mater, pourrait-on dire, car l’espoir de voir Ursula Andress en petit bikini blanc n’était pas étranger à l’affaire. Il fallut être patient, car la belle mit une heure à jaillir du lagon jamaïcain du bon docteur. Elle était – accrochez-vous – partie pêcher des coquillages à l’endroit même où son père, le professeur Ryder, avait disparu quelques années auparavant. Le paternel était marine biologist, ce qui ne manquera pas de déclencher des rires discrets chez les fans de Seinfeld.

Bref, à part le chemisier blanc, (champion du monde de T-Shirt mouillé), et la séance de douche anti-radioactive (on veut tous bosser au CEA), il n’y a rien à sauver de James Bond contre Dr No. L’histoire est pathétique (le Dr No cache sur son île jamaïcaine une mine d’uranium qui lui permet d’alimenter sa centrale nucléaire afin de dérégler les fusées américaines qui partent pour la Lune de Cap Canaveral, dans un but probablement criminel, il fait partie du SPECTRE, après tout !), la mise en scène indigente, les gadgets ridicules (la Voiture Dragon ! Le compteur geiger !) et tout ce petit monde joue comme un pied, comme toujours, et pour toujours, dans les James Bond.

Pas étonnant que ce soit les mêmes qui s’extasient sur James Bond et sur 24. Mauvaise nouvelle, il paraît que Jacko revient. En Angleterre. S’il pouvait en profiter pour buter l’agent 007, ça m’irait bien.




samedi 9 novembre 2013


« J’ai de la peine pour mes personnages »
posté par Professor Ludovico

Picoré ce matin dans le podcast conseillé par le Professor Mortimer de Mantes-La-Ville « Pendant les travaux le cinéma reste ouvert », sur France Inter, cette petite citation de Martin Scorsese.

L’auteur des Affranchis vient de voir Reservoir Dogs et on lui demande son avis.

– « Moi, J’ai de la peine pour mes personnages, et je crois que Quentin n’a pas de peine… »

Quelle meilleure définition du cinéma vide de QT ? A part l’excellent Jackie Brown (qui démontre en creux cette théorie), Tarantino n’a pas de personnages, il a des jouets et il les filme. Gangsters, grosses voitures, esclaves noirs ou soldats US, Barbie Mariée et Barbie Karateka : ses personnages ne sont pas de personnages, mais des poupées GI Joe qu’il met en scène avec un talent certain.

Mais sans âme.

A contrario, le cinéma de Scorsese, tout aussi violent, propose systématiquement un point de vue. A l’époque de Casino, le réalisateur expliquait que les scènes de violence inouïes du film étaient nécessaires parce qu’elles correspondaient à la réalité de la mafia, mais qu’elles devaient aussi provoquer le dégoût du spectateur, sans quoi son film serait raté.

Tout le contraire d’un film de Tarantino, en somme.




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