jeudi 27 août 2020


Tenet
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Avec le Professore, c’est toujours un peu le monde à l’envers*. Ses ennemis disent d’ailleurs qu’il adore adorer ce que tout le monde déteste, et vice versa. Force est de constater que cet axiome se vérifie aujourd’hui avec Tenet. Alors que la critique voue le film aux gémonies (Le Nouvel Obs, Le Monde, Libération**…), Ludovico s’est bien marré au nouveau Nolan.

C’est probablement que le Professore n’arrive pas à se faire comprendre sur ce qu’il théorise sous le nom de la « physique » au cinéma, reprenant par-là un terme de jeu vidéo. Dans Mario, les lois physiques ne sont pas les mêmes que dans Call of Duty. Quand on tombe de la tour de Princess Peach, on rebondit dans le premier, mais on meurt dans le second. Il en va de même au cinéma ; les lois qui gouvernent le monde physique des Avengers ne sont pas celles de Die Hard, même s’il s’agit de deux films d’action. Et il ne s’agit pas forcément d’un travail très conscient de la part du réalisateur ; les premières minutes du film suffisent en général à installer cette physique…  

Au début de Tenet, on comprend vite qu’on n’est pas dans le film d’action nolanien type, c’est-à-dire enrobé d’une couche de sérieux assez pontifiant, à la Dark Knight ou Interstellar… Certes, on parle de la fin du monde, mais plutôt sur le mode fun, jamesbondien. L’action, les rebondissements, le bigger than life seront les ressorts principaux de Tenet, et pas l’introspection des relations parentale ou la critique du capitalisme boursier.

Au contraire, on explique que le meilleur moyen de s’introduire dans une tour de dix étages, c’est le saut à l’élastique, on a compris qu’on n’était pas chez Philippe Garrel. La physique « film d’action Michael Bay » a été installée, même si le film porte les couleurs (ternes, évidemment) du style réaliste nolanien. Vous pouvez sortir le coca et le pop-corn et vous laisser entraîner dans les aventures temporelles de nos protagonistes(John David Washington, Robert Pattinson, très sobres et très bien)… Comme d’habitude chez Nolan, c’est pas très clair dans le détail, mais on s’en fiche.

On comprend donc que le film, contrairement à Interstellar, contrairement à Dark Knight, n’est pas über-ambitieux, et ne ment pas sur ce qu’il va proposer. Tenet apporte la distraction qu’il a promis, ni plus ni moins. Et on peut dire qu’il y a longtemps qu’on ne s’était pas autant amusé au cinéma.

* Titre, par ailleurs, d’un excellent court métrage de AG Beresford…
** A l’exception notable des Echos, merci Karl Ferenc.




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