mardi 30 novembre 2010


Un Village Français, Saison 3
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Que faut-il faire pour vous convaincre de regarder la meilleure série française du moment ? Il faut avouer qu’elle a peu d’atouts dans sa manche (pas de Président des Etats-Unis à sauver d’un complot islamique, pas de violence, pas d’hélico, pas de mafia, pas de sexe…)

Elle passe sur France3 (la hooooonte !), n’a pas d’acteur bankable ou de chaudasses à mettre dans Télé7jours. Même les habituels fans WW2 boudent leur plaisir : pas assez de porte-avions japonais, de Panzer IV, ou d’infirmière SS)

Non, Un Village Français, c’est juste la chronique la plus réaliste qui soit d’un village à l’heure allemande, ses petites compromissions (travailler, discuter, sympathiser, coucher avec des allemands) Des compromis qui, on le sait, deviendront de grandes fautes en 1944, quand le pays balaiera ses millions de lâchetés en tondant quelques femmes et et en épurant – quel joli mot – quelques milliers de collabos.

Comme le dit si bien François Delpla à propos de Marlene Dietrich dans son excellent Petit Dictionnaire Enervé de la Seconde Guerre Mondiale : on ne naît pas antinazi, pas plus qu’on ne naît nazi.

Un Village français parle très exactement de ça : la zone grise où tout le monde, oui, tout le monde, peut basculer, du communisme à la résistance, du commissariat de police à la collaboration, de la collaboration économique à la résistance.

Une leçon d’humilité à l’intention de ceux, à l’indignation souvent automatique, qui savent déjà ce qu’ils auraient fait dans de semblables circonstances.




lundi 29 novembre 2010


Police Python 357
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Direct 8, la chaîne de télé qui émet en direct des années 70, diffusait hier un des films cultes du Professore : Police Python 357. Pour être franc, je n’ai pas eu le courage de le regarder en entier, à cause d’actualités cinéphilique très chargée (2 épisodes de The West Wing, et OL-PSG qui passait sur Comédie!* Mais bon, je zappais, arrêtant régulièrement le DVD pour voir le score, en réalité pour ne pas rater les moments cultes de Police Python 357 : le meurtre de Stefania Sandrelli, Signoret en larmes dans sa Mercedes, l’acide sur le visage de Montand.

Ah Montand, le roi sauvage des années 70… Il est difficile d’imaginer aujourd’hui l’emprise qu’avait Montand sur le public de l’époque. Une emprise morale, de par son passage au PC, puis sa rupture avec icelui, une emprise comique, en signant les grands succès de la décennie (La Folie des Grandeurs, le Sauvage, Le Grand Escogriffe), une emprise scénique par la chanson, et une emprise sexuelle, parce que, même vieillissant, il continuait d’affoler les gonzesses.

Dans ce film-là, il est impérial, sous la coupe d’une inexplicable solitude (si ce n’est celle des véritables loners américains), et sous le poids des non-dits bourgeois qui ont tué l’autre couple (François Perrier- Simone Signoret). Dans ce polar à la fois traditionnel (dans le fond) et moderne (dans la forme), Corneau tire le meilleur des deux mondes : histoire tirée au cordeau de Daniel Boulanger et modernité narrative de Corneau (c’est son deuxième film). En cela, il est proche d’un Melville, cieux sous les lesquels Montand passa aussi de bons moments…

Un jour je vous parlerai du Juge Fayard, dit Le Shérif

*(1-2 à la 83eme, 2-2 trois minutes plus tard).




vendredi 26 novembre 2010


A la Maison Blanche, saison 6
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Quel talent ! Après avoir perdu « Magic » Sorkin*, on aurait pu croire A la Maison Blanche partie en déshérence, et pourquoi pas, partie « sauter le requin ». Il n’en est rien, mieux, la série réussit là où la plupart des shows échouent : elle mue.

Une série qui marche est toujours basée sur des concepts très forts, rédigés en dur dans une « Bible » qui n’a pas vocation à changer : Seinfeld déteste Newman, et ça durera neuf saisons. Mulder et Scully sont attirés l’un par l’autre, mais il ne se passe rien…

Sauf quand… les scénaristes en décident autrement. Et quand ils le font, c’est souvent parce que la série est en baisse… Or les téléspectateurs, s’ils aiment Seinfeld, c’est parce qu’ils trouvent que cette haine de Newman est géniale, et qu’ils sont titillées par la TSI (Tension Sexuelle Irrésolue) entre nos Agents du FBI. Si ça change, ça pose problème. Ce qui peut être très excitant (le baiser entre Mulder et Scully, (en fait un clone), peut aussi démolir une série (la fin gnangnan de Friends).

Mais là, dans A la Maison Blanche, les scénaristes négocient à la perfection des virages pourtant très serrés.

D’abord, il y a des changements hiérarchiques ; un chef s’en va, qui le remplace ? Le nommé ne fait évidemment pas l’unanimité, mais surtout, il fait partie des personnages principaux. Ça pose donc un problème à la Maison Blanche (la vraie), mais surtout un problème, ça pose un problème dans la série : nous étions habitués à une bande d’amis idéalistes, au service de l’Amérique, de la démocratie, du président Bartlet, et les voilà jaloux, divisés, carriéristes, alors que la reforme de la santé patine, et toujours pas de paix au Moyen-Orient ! De même, la fin du deuxième mandat Bartlet approche, et les persos doivent placer leurs pions, penser à leur avenir : soutiendront-ils l’aile droite du parti, chez ce cowboy de Vice-Président ? Où succomberont-ils aux sirènes d’un autre candidat ? Toutes ces questions, qui rendent soudain la série plus noire, plus grave, auraient eu raison de n’importe quel drama de seconde zone. Mais l’Air Force One d’Aaron Sorkin est si bien conçu qu’il continue de voler parfaitement sans pilote, et même en zone de turbulences…


*Aaron Sorkin, créateur et – fait incroyable – unique scénariste de la série, showrunner surbooké et cocaïné, a été mis d’autorité en cure de désintoxication à la fin de la saison 4. C’est John Wells qui s’est occupé (scénario compris) des saisons 5, 6 et 7… Aaron Sorkin est aussi le scénariste de petits films méconnus : Des hommes d’honneur, Le Président et Miss Wade, La Guerre selon Charlie Wilson et The Social Network




vendredi 26 novembre 2010


Goncourt-Oscars, même combat
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... ]

Pour la première fois de ma vie, je lis un Prix Goncourt. Peut-être parce que c’est Michel Houellebecq, et que j’ai tous ses livres sauf un. J’ai adoré Houellebecq, quand je l’ai découvert à ses débuts, avec Extension du Domaine de la Lutte et Les Particules Élémentaires. J’ai été déçu, puis énervé, par le systématisme porno de Plateforme… et je n’ai pas lu (ni vu) La Possibilité d’une Ile.

La Carte et le Territoire, pour sa part, est un livre distrayant, bien écrit, mais pas un chef d’œuvre. Pourtant, c’est lui qui a le Goncourt cette année. Ce qui me ramène à CineFast et qui valide ma théorie sur les prix – quels qu’ils soient -, ces autocélébrations professionnelles à qui l’on donne l’apparence de compétitions définitives.

On peut avoir son panthéon personnel (mon film préféré c’est Apocalypse Now…), un panthéon Critique (les films de l’année pour les Inrocks…) ou populaire (nos lecteurs ont voté, c’est Mes Amis, Mes Amours, Mes Emmerdes…) Mais l’idée qu’une bande de vieux croûtons (l’académie Goncourt), de starlettes (le « Jury » de Cannes) ou de techniciens et d’acteurs yankees (les Oscars) me disent qui est le meilleur livre, film, acteur, ou costumière de l’année me consterne.




mardi 23 novembre 2010


Whiteout
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

C’est l’étrange alliance du polar à l’ancienne (des meurtres sont commis sur la base US en antarctique, une US Marshall déjà traumatisée s’y attelle), d’un producteur habitué aux grosses machines, Joel Silver, Mr MatrixDie Hard, et d’un réalisateur survitaminé – pour ne pas dire plus – Dominic Sena, qui a déjà un beau parcours de GCA (Opération Espadon, 60 secondes Chrono)…

Tout cela, on le découvre un peu stupéfait au générique de fin, parce que pour tout dire, Whiteout est un peu mou de la fesse. Combat, angoisse, scène gore, révélation finale : tous ces éléments manquent de muscle. Ce qui fait qu’on a vraiment l’impression d’être dans un polar fifties, avec Lana Turner et Robert Taylor : pas trop de violence, pas trop d’angoisse, et pas de sexe.

Mais on ne boudera pas son plaisir pour autant : un avion russe écrasé, une mystérieuse cargaison à bord, et la nuit polaire qui va tomber… Quel CineFaster saurait résister à ça ?




lundi 22 novembre 2010


Espion(s)
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Rien de pire quand le fond ne colle pas à la forme. Ici, la forme fait croire à un film d’espionnage réaliste comme on les aime : beaucoup de psychologie, de manipulations, et pas de coups de feu ou de gadget à la 007. C’est pourquoi on a beaucoup aimé Le Tailleur de Panama, L’Espion qui venait du froid, La Mort aux Trousses, Les Patriotes

Espion(s) est donc filmé à la perfection, en décors réels (aéroport d’Orly, Londres la nuit), les acteurs sont bons (Guillaume Canet, Hippolyte Girardot, et ma chouchoute depuis Les Arcandiers, Géraldine Pailhas, (NDLR : pourquoi ne fait-elle pas plus de films ??), la musique est splendide. Bref, tout va bien.

Sauf que ce parti-pris réaliste est détruit par un scénario truffé d’invraisemblances (Canet qui sait tirer au pistolet en une semaine, les agents anglais qui sympathisent avec la source), mais aussi de répliques cultes : « Alors, la situation, en Syrie ? »

Bref, c’est énervant, une fois de plus, de voir le cinéma français pécher sur le scénario, c’est à dire là où ça coûte le moins cher.




mercredi 17 novembre 2010


GI Joe – La Revanche du Cobra
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

On avait onze ans et on jouait à GI Joe, Action Joe en français. Enfin, on rêvait d’y jouer, puisque ma mère m’interdisait de « jouer à la poupée ». Pas grave, on rêvait sur catalogue : Action Joe commando anglais, Action Joe Soldat Allemand, Action Joe parachutiste américain…

Dans les années 90, ces salauds du marketing l’ont relooké en GI Joe, super-soldat de science-fiction, avec hélico, roquettes bactériologiques, et cité sous-marines englouties.

Pire, ils ont décidé d’en faire un film, mais heureusement, c’est Stephen Sommers aux commandes, l’auteur des immortels La Momie et Le Roi Scorpion.

Donc on se passionne pas trop pour le scénario, mais plus pour la combinaison en latex de Sienna Miller, la Tour Eiffel qui se dissout (aucun symbole freudien liée à Miss Miller), et une séquence de poursuite dans Paris, Hummer contre Super-Soldier, plutôt rigolote.

A voir avec le Professorino, en mangeant des Pop Corn. On peut même aller pisser sans mettre sur Pause.




mardi 16 novembre 2010


Les Petits Mouchoirs
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Faisons court : il faut aller voir Les Petits Mouchoirs, un film sympa, drôle et émouvant. Ce qui ne l’exempt pas de toute critique.

C’est dur et peut-être méchant de le dire, mais Canet, qui s’impose déjà, en quelques films, comme un grand cinéaste français, n’a pas encore tout à fait la maturité pour tourner un grand mélo comme Les Petits Mouchoirs. Et pour être complètement franc – et brutalement honnête – les français (les européens) ne savent pas faire de mélo. Parce que pour le mélo, il faut une énorme dose de candeur, de naïveté, d’amour du prochain que le Vieux Monde a perdu.

Donc, notre ami Canet veut faire son Les Copains d’Abord à lui. Pour les âmes les plus jeunes qui fréquentent ce blog, The Big Chill est un film qui lança un grand mélodramaturge (qui s’est un perdu depuis), Lawrence Kasdan. Tant pis, les étoiles les plus brillantes sont celles qui brûlent moins longtemps : Kasdan eut quand même le temps d’écrire Les Aventuriers de l’Arche Perdue et de L’Empire Contre Attaque (le seul Star Wars potable), La Fièvre au Corps (le meilleur polar des années 80), et Grand Canyon (LE mélo sur Los Angeles)…

Et The Big Chill, donc. Argument : des copains se réunissent pour l’enterrement de leur meilleur ami, ce qui leur donnera l’occasion de vider leur sac et de se réconcilier. On le voit, quelques ressemblances avec Les Petits Mouchoirs. La différence, c’est que Kasdan assume son choix du mélo, et donc qu’il y va à fond. On est là pour sortir les mouchoirs et toutes les ficelles, (même les plus grosses) sont convoquées.

Ici, paradoxalement, c’est le manque de subtilité qui encombre le film. Tout est trop appuyé, tout est trop évident. On sent le scénario bien écrit sur le papier, mais mal dirigé côté comédiens. Certains acteurs sont parfaits (Benoît Magimel, Laurent Lafitte, Valérie Bonneton), d’autres pas mal (Pascale Arbillot), ou, comme Lellouche ou Cluzet, bons de temps en temps. Ce qui donne l’impression que Canet est tellement content de ses dialogues, qu’il ne voit pas la caricature ou le jeu faux.

A l’image, par exemple, de la leçon de morale ostréicole assénée à la fin, qui montre que Canet n’a pas vraiment choisi son film. L’ostréiculteur sympa (forcément) reproche à la bande d’amis de s’entredéchirer au lieu d’appeler leur ami à l’hôpital. Cette tirade flotte comme un cheveu sur la soupe, parce qu’on ne sait toujours pas dans quel film on est. Si on est dans la comédie, ou la satire sociale, le film doit être plus saignant comme chez Klapish ou Bacri-Joaui (Le Goût des Autres) ou même carrément entomologiste (Kubrick dans Eyes Wide Shut). Mais si on est dans le mélo, on doit être dans l’empathie, l’amour des gens (Le Mariage de mon meilleur Ami, Pretty Woman, les films de Kasdan ou de Capra). Cette tirade moralisatrice n’a alors pas lieu d’être, et on doit être avec eux, pas contre eux.

Visiblement, comme il est un peu tendre, Canet n’a pas su choisir. Il est meilleur dans un genre plus établi (le polar, dans Ne Le Dit à Personne). S’il veut encore grandir, il doit choisir : Capra, ou Kubrick.




mardi 9 novembre 2010


Kramer contre Kramer
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

4 oscars, un succès retentissant à l’époque (100 millions de spectateurs, et « Mooon fiiiiils, maaa baataaaiiiillle« ), Meryl Streep et Dustin Hoffman, tout m’incitait à voir enfin Kramer contre Kramer.

Bon.

Pour être gentil, et malgré l’immense talent des comédiens, dont le jeune Justin Henry, ça a quand même pris un sacré coup de vieux… Plaidoyers féministes lourdingues (Dustin ne sait pas faire le pain perdu, mais à la fin il sait : rédemption !)

Ca peut se comprendre, dans l’optique de l’époque.

Mais certains films vieillissent mieux, non ?




lundi 8 novembre 2010


L’Américain
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Quand on commence à rédiger la chronique CineFast dans sa tête pendant le film, c’est que ca sent le pâté pour L’Américain. Eh oui, il faut bien que toutes nos idoles tombent un jour, et aujourd’hui, c’est la Saint-Georges. Qu’est-il allé faire dans cette galère ? En fait, on le sait : passer trois mois au frais de la princesse (Focus Entertainement) en Italie, auprès du canon laser Elisabetta Canalis. Pour être parfaitement honnêtes, nous aussi on est allés voir L’Américain pour ça (du cul, du cul, du cul !)

Et il y en des très beaux, des culs dans L’Américain : deux que l’on voit (Irina Björklund et Violante Placido, (quel joli nom !)) et celui de la Tueuse (Thekla Reuten), que l’on devine. Mais le film est tellement mauvais, qu’on trouverait plus érotique le SAV des émissions.

Trois coupables à cela : Clooney, qui joue les faux durs facon de Niro dans Cape Fear (tatouages, pompes, et muscu), mais qui est loin – très loin ! – de Bob.

L’autre coupable, c’est évidemment Anton Corbijn, le génial photographe-cinéaste de Joy Division, qui tente ici son Cercle Rouge-Samouraï-Police Python 357. On est loin, malgré une photographie splendide, du plat pour saucer.

Et évidemment, il y a le scénario pitoyable, malgré ses louables intentions (le tueur à la croisée des chemins, le polar sombre, la pute au grand cœur, les Abruzzes, terres sauvages, etc.) Les dialogues, rares, sobres, sont tellement ridicules, les situations tellement invraisemblables, que ce ne serait même pas drôle de les raconter…

Si vous avez un vendredi à tuer, plutôt que d’aller voir L’Américain, sachez qu’un grand drame Viscontien se joue chaque semaine, et qu’il y a plus de morts que dans L’Américain : ça s’appelle « Qui veut épouser mon fils ? » et c’est sur TF1.




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