dimanche 5 mai 2019


The Dirt
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Les films -Les gens ]

Karl Ferenc, en plus de ses responsabilités au TAROT, cultive des goûts occidentaux bizarres qui lui ont souvent été reprochés par la Kremlin. De plus, il n’hésite pas à les recommander. Ça va quand c’est Jordy Savall et son Hesperion, moins quand il vous oblige à la lecture Jazz Magazine… Mais là, le conseil est pour le moins étonnant : The Dirt, le biopic sur… Motley Crüe ; serait-ce une tentative de déstabilisation ? L’agent prétend ne pas aimer le groupe, mais trouve le film excellent… et comme on ne veut pas se retrouver dans les caves de la Loubianka…

Bon, le film est totalement nul, mais l’histoire est intéressante. De toute façon, on n’allait pas se cogner le bouquin de Motley Crüe. Comment quelques losers se mettent ensemble et décident, en poussant les manettes à fond (Sex, drogues, et rock’n’roll, original, non ?), de foutre le feu au heavy metal des années 80.

Mais le film n’est qu’un long cliché de film de rock, avec narration ironique en voix off et adresses face caméra au spectateur : « Tout ça est VRAIMENT arrivé, mec ! »

Inévitable litanie de la vie rock : télé fracassée, hôtel fracassé, bière à gogo, et fellations de groupie. Inévitable plongée dans la drogue, et inévitable rédemption, split habituel et fin téléguidée vers l’insupportable réunion de ces gars-qui-se-détestent-mais-dans-le-fond-qui-s’aiment-quand-même… Vu et revu cent fois…

Bon, on a découvert la musique – plutôt rigolote – de Motley Crüe…




vendredi 3 mai 2019


Deadwood
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Avec beaucoup de retard, on regarde Deadwood, la série western mythique de HBO signée David Milch, Monsieur NYPD Blue. Rappelons que si nous nous sommes passionnés de séries, c’est qu’un jour Miss Dolly, prof de français de son état, a orienté notre cinéphilie sur cette série policière atypique, feuilletonnante et dramatique, ainsi que sur la petite chaîne du câble qui la diffusait : Canal Jimmy*.

Dans ce gigantesque soap-opéra flic, pour la première fois, le héros n’était pas le beau gosse latino, Bobby Simone, mais bien Andy Sipowicz, le flic gros, raciste, buté, que le talent de David Milch avait fini par nous rendre attachant.   

Deadwood, c’est la transposition un peu foutraque de ce système dans le Dakota du Sud. Une petite ville minière, Deadwood, que la fièvre de l’or va bientôt rattacher, en cette fin de XIX° siècle, aux Etats-Unis d’Amérique. Le vrai far west, avec ses putes, son saloon, ses prospecteurs, ses escrocs et ses salles de jeux, ses souteneurs et ses révérends, et bientôt, son shérif.

Certes, Deadwood a vieilli. On voit bien le projet, et malheureusement, ses coutures. A l’époque (2004), où triomphent les deux David de HBO (Chase (The Sopranos) et Simon (The Wire)), le troisième David (Milch) veut faire plus haut, plus loin, plus fort. A l’époque, HBO se vante d’être la seule chaîne de télé US où l’on a le droit de dire fuck. Dans Deadwood, on est servi ; on ne dénombre pas moins de 101 occurrences dans l’épisode 9 de la première saison (et 35 cocksucker). Tout cela est un peu ridicule aujourd’hui.

Tout comme les dialogues, censés virevolter, sans queue ni tête, qui font artiste mais rendent la compréhension malaisée, et la narration, quelque peu aléatoire…

Mais il y a déjà beaucoup de bonnes choses : on y tue déjà des personnages principaux comme dans le Trône de Fer, on n’y montre le cynisme américain comme dans House of Cards, et on suit une flopée de personnages comme dans Mad Men. Mais surtout, c’est une des rares tentatives télévisuelles d’interroger la naissance de l’Amérique, sujet toujours douloureux (Les Portes du Paradis, Gangs of New York, …) Ce bout de Dakota du Sud, sans foi ni loi, qui aspire à faire partie des états qui se sont unis, mais qui pour le moment n’est qu’un tas de boue livrée à la plus libre des entreprises. Où l’on déniaise à la dure les riches new-yorkais Où l’on envoie les filles, putes ou bourgeoises, comme les cochons à l’abattoir… The hands that built america…  

*Rappelons au passage que Canal Jimmy fit découvrir aux français rien de moins que Seinfeld, Dream On, Star Trek Next Generation, les Sopranos, et The Wire




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