[ Le Professor a toujours quelque chose à dire… ]

Le Professor vous apprend des choses utiles que vous ne connaissez pas sur le cinéma



vendredi 2 octobre 2026


IA et création
posté par Professor Ludovico

L’affaire Thélyson Orélien, qui secoue actuellement le monde littéraire, est passionnante à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elle révèle notre refus systématique du progrès. Quoi qu’on en dise, le progrès est neutre, il amène toujours des avancées positives et une flopée d’inconvénients. Comme la libération de l’atome qui a produit à la fois l’énergie nucléaire et la bombe atomique, Internet a permis IMDb, mais aussi, malheureusement, la réservation obligatoire des places chez Pathé.

Si on écoutait les anxieux, on faucherait toujours le blé à la main, on ne lirait pas et on écouterait la messe en latin. Le livre de poche, les vaccins ou la moissonneuse batteuse, tout cela ne va que dans un sens (en avant toute) et ne s’arrête jamais. Il en sera de même pour l’IA, qui ne pourra être limité, malgré ce que font semblant de penser Anthropic ou Open AI, les pompiers pyromanes justement en train de s’introduire en bourse. A l’évidence, ils ne veulent pas de concurrents, vu l’avance qu’ils ont pris…

L’IA va se développer dans tous les domaines. Elle va détruire des métiers, et en créer d’autres, comme la fin des charrues a signé le début des fabricants de tracteur. Mais ici on parle d’Art. Thélyson Orélien aurait donc écrit son roman avec l’aide de l’intelligence artificielle. Comme le fait remarquer l’inspiratrice de cette chronique, Notre-Dame de Nazareth, c’est un coup terrible portée à la cause de la défense des Haïtiens, des migrants, des victimes de dictature…

Voilà donc un sujet, a priori artistique, qui devient idéologique. Si on pense que c’est écrit avec l’IA, c’est qu’on est d’extrême droite. Si on le défend, on est woke.  On ne parle plus d’art, sauf Amélie Nothomb qui a très bien défendu son métier « Comment peut-on se priver du plaisir d’écrire ? Je ne sais pas danser mais quand je danse, je suis contente ! Et je ne laisserai jamais un robot « danser pour moi »… »

Si c’est avéré, on ne sait pas ce qui a pris à Thélyson Orélien de demander à ChatGPT d’écrire à sa place. Fainéantise ? Simplicité documentaire ? Recherche d’alternatives littéraires ? C’est quand même une drôle vision de l’auteur.

Pour sa part le Professore Ludovico pense qu’Orélien est surtout tombé dans le piège de l’autofiction, cette escroquerie qui permet à tous les Yann Moix de la terre* de se raconter (se la raconter) en brodant des épisodes fictifs sur une vie bien ordinaire. Et tant pis si des gens tombent dans le panneau Moixien, comme Le Masque et La Plume en son temps…

De toute éternité, il y a eu des scandales littéraires : Alexandre Dumas n’a pas écrit ses livres tout seul : c’est quoi la différence avec ChatGPT, à part une armée de ghostwriters qui fait la documentation et la pré-écriture, au lieu d’une machine ? La plupart des écrivains américains travaillent en atelier. La Dame de Nazareth s’est fait piquer son travail par son maître de thèse. Hergé lui-même ne dessinait pas les décors, il laissait ça à Edgar P. Jacobs. Quel est le vrai auteur de l’œuvre ?

Quant à l’Intelligence Artificielle, elle n’a pas le même sens partout. Dans un art réputé solitaire comme la littérature, c’est un tabou majeur. Mais dans le cinéma, qu’est-ce que cela va donner ? On voit aujourd’hui fleurir sur Instagram des démos stupéfiantes de beauté, des images que jamais Hollywood ne nous a proposé. Des monstres festonnés de diamant et des Henri IV de l’espace, des films revisités au kitsch 50s et des pirates Steampunk… Toutes choses impossibles à faire à Hollywood parce que trop risquées et trop chères. Ces costumes, ces décors, coûteraient des millions de dollars à faire en vrai. Mais là, un prompt créatif (encore une fois, ces machines ne créent rien elles-mêmes), quelques minutes de temps machine, et voilà le résultat…  

Pour l’anecdote, le Professore Ludovico s’en sert pour ses jeux de rôle. Moi qui ne sait pas dessiner, je créé en quelques secondes la vison exacte de ce que je veux, ce dragon bleu au-dessus d’une ville en flammes, arrosée par exactement deux éclairs. Si je demandais ça à quelqu’un, cela prendrait des jours, et me coûterait de l’argent que je n’ai pas.

Mais dans le même temps, le Ludovico demandé à ChatGPT de proposer une conclusion originale à sa campagne Warhammer. Malgré un résumé détaillé (800 pages), l’IA a été absolument incapable de produire autre chose que les clichés de la Fantasy : le Mal terrassé, la Princesse qui épouse le héros, les personnages retournant en triomphe dans leur village. L’IA a toute la mémoire humaine, mais elle n’est pas Tolkien.

L’esprit humain n’est pas mort.

* mais aussi, avec des talents variés, Christine Angot, Delphine de Vigan, Emmanuel Carrère, Fréderic Beigbeder…




mardi 29 septembre 2026


Alien, mise en place express
posté par Professor Ludovico

On a revu les premières minutes d’Alien : c’est une perfection d’introduction.

Immédiatement, dès le générique sur le vide angoissant de l’espace, la musique déploie un fatum qui donne immédiatement le ton. La menace est là… Ridley Scott enchaine alors des travellings fluides à l’intérieur du vaisseau encore dans la pénombre, et il y surimprime un léger sound design saturé de grondements, de sifflements, de bips qui fera sa signature.

Et déjà, du mouvement… un coup de vent sur une liasse de papier, comme si quelque chose d’invisible se promenait dans le vaisseau…

Puis il contrapose le contraire. Une succession de plans fixes : un casque dans le noir, comme un crâne, violemment éclairé par le reflet d’un ordinateur qui démarre : des jump scare basés uniquement sur le son, très agressif, et à contretemps.

Le ton est donné. Nous ne sommes pas seuls. Des machines se mettent en route toutes seules (bientôt, un androïde). Le Nostromo est un labyrinthe mortel.

Bravo l’artiste.  




lundi 28 septembre 2026


The Pacific, troisième
posté par Professor Ludovico

Comme disait Lino Ventura, Patricia, la vérité m’oblige à te dire que… The Pacific, c’est pas si mal que ça… Revu une troisième fois, on finit par l’admettre et contredire un peu les chroniques précédentes du Ludovico.

Même sur iPad (pour cause de panne télé), la description de l’enfer du Pacifique reste terrifiante. On apprécie mieux deux performances d’acteur hors norme : Joseph Mazzello en Eugene B. Sledge, tout en retenue. Déjà vu enfant dans Jurassic Park et adulte dans The Social Network, Mazzello trouve ici la performance d’une vie. A l’opposé, le PFC Snafu au bord d’une folie omniprésente, est incarné – avec finalement beaucoup de subtilité – par un Rami Malek débutant, avant Bohemian Rhapsody et Mr Robot.

Mais surtout, avec le recul, la série s’intègre dans une vue d’ensemble : la tétralogie Spielberg sur la Seconde Guerre Mondiale (Il Faut Sauver le Soldat Ryan, Band of Brothers, The Pacific, Masters of the Air). Des œuvres de qualité inégale, mais portant le même message patriotique : le courage des hommes américains dans cette guerre.  

Certes, on peut préférer à ce genre bancal de film guerre feelgood, la vision moralo-religieuse de La Ligne Rouge, la froideur clinique de Full Metal Jacket, ou le war-opera Apocalypse Now.

Mais Spielberg ne renie pas ses convictions, et c’est bien comme ça.  




lundi 14 septembre 2026


Céline Dion et les frères Gallagher
posté par Professor Ludovico

On ne croit plus à rien aujourd’hui. Ni à Dieu ni au communisme. Pourtant, au moment où l’on célèbre la « réconciliation » des frères Gallagher et la « guérison* » de Céline Dion, il reste néanmoins un mystère : la croyance dans le baratin du star system. Le spectateur de foot qui se gausse du discours d’après-match (« Il va encore falloir travailler ») acquiesce gentiment à la star américaine qui assure que « travailler avec James Cameron était un enchantement ».

Dès que l’on s’intéresse un tant soit peu à Hollywood / Tin Pan Alley (ou leurs équivalents français), on sait que l’Industrie est comme toutes les autres : des patrons et des ouvriers, des salaires et des contrats, des galères et des contraintes. Non, ce rôle n’a pas été écrit pour toi, il a été proposé à trois acteurs avant…  Oui, c’était l’enfer sur le tournage de Titanic… Non, les fameuses cascades de Tom Cruise ne sont pas totalement « réalisées sans trucage » et sont même améliorées bien d’images de synthèse… Oui, Keith Richards méprise Jagger, et oui, il le lui rend bien…

En 1980, Malcom McLaren avait pourtant tout révélé dans La Grande Escroquerie du Rock’n’Roll, grand film situationniste démontant la fabrique artificielle du scandale, les enchères entre maisons de disque, l’assemblage hétéroclite des Sex Pistols, prêt à virer un bassiste correct (Glen Matlock) pour le remplacer par Sid Vicious, ue gueule de star inepte musicalement, mais bien plus bankable.

Tout est là depuis la naissance du showbiz et ne change pas. Egos surdimensionnés, guerres de pouvoir titanesques, pour gagner toujours plus de fric et avoir accès à toujours plus de sexe.

*Connaissez-vous une population aussi touchée par les maladies rares que le star system ? Nos amis du showbiz sont régulièrement atteints de maladies incroyables, au moment exact où leur carrière est à l’arrêt.
**Petit addendum musical : hier, Quotidien a proposé un joli montage des réactions des médias sur la première date de Céline : « retour triomphal » « émouvant » « formidable » « elle a réussi à atteindre sa plus haute note, un FA ! » Concert immodéré de louanges, tempéré par un seul journaliste critiquant la performance. Télérama a fait la même chose sur Instagram : « quelques fausses notes, une octave de moins, quelques arrêts. » Bref, la cruelle vérité d’un come-back à 58 ans…
D’un côté, l’enthousiasme démagogue « aimons ce qu’aiment nos téléspectateurs », de l’autre une véritable critique musicale. Pour avoir vu Dylan récemment, l’un n’empêche pas l’autre…




mardi 1 septembre 2026


Boogie Nights
posté par Professor Ludovico

Revoir Boogie Nights, c’est replonger aux racines du talent d’un très grand auteur, Paul Thomas Anderson, aujourd’hui unanimement respecté, trop peut-être. Depuis longtemps, le Ludovico trouve le réalisateur d’Une Bataille après l’Autre un peu trop sûr de lui, un peu trop dominateur.   

Ses films sont brillants, et ignorent la longueur. Ivre de son art, PT enchaine les scènes virtuoses en oubliant un peu le spectateur, comme cette scène de camion dans Licorice Pizza, spectaculaire mais absurde.

En revanche, le Professore a une passion secrète pour ses trois premiers films, quand le jeune Anderson se cherchait, faisait son Sidney Lumet (Hard Eight (Double Mise)), son Robert Altman (Magnolia), ou son Scorsese (Boogie Nights). Depuis, PTA a certes trouvé sa voie, mais il plait moins. Dans ces films-cerveaux (There Will Be Blood, The Master), son humanité s’est évaporée…

Boogie Nights, c’est le contraire. Une bande de bras cassés, brisés par la vie (divorce, infidélité, racisme…) qui ont échoué dans le Porno. Echoués ? Pas vraiment, c’est le coup de génie de PTA de montrer ce groupe comme une vraie famille unie, avec un papa (Burt Reynolds) et une maman (Julianne Moore, impériale). Chaque personnage a ses failles, ses défauts, mais reste indubitablement positif. En faisant le pari audacieux de situer son action dans cette industrie scandaleuse, tout en décidant de n’en rien montrer, mais de tout en dire (drogue, prostitution), le film semble d’abord éreintant de gentillesse et de bêtise. Ces personnages un peu neuneu, qu’est-ce que ça cache ? Rien en réalité, sinon créer l’affection du spectateur.

Situé au tournant des années 80, au moment où le Porno, qui espérait atteindre le niveau d’un cinéma respectable (intrigue solide et beaux décors) mais retombe avec la VHS de location dans sa vocation purement masturbatoire, le film ne cache rien de cela. Il bascule dans The Rise and Fall of Dirk Digger, héros TTBM de cette saga qui voit ses rêves de grandeur sombrer dans la cocaïne… La comédie neuneu laisse alors la place à un drame virtuose. En réalité, Petit Poucet Anderson avait semé tous ses petits cailloux dans la première partie.

Le film peut paraître un peu long, il n’a en tout cas pas vieilli. La maestria Anderson est toujours à l’œuvre (plan séquence, champ contre/champ), sertie de performances d’acteurs à tous les étages : un cast de luxe qui débute ou va confirmer (Mark Wahlberg, Heather Graham, Julianne Moore, John C. Reilly, Philip Seymour Hoffman, William H. Macy, Don Cheadle, Alfred Molina…)

Hypocrites comme toujours, la plupart des acteurs désavouèrent le film par peur du scandale. Un film qui leur apporta pourtant reconnaissance (première nomination aux Oscar pour Burt Reynolds) ou fulgurante ascension pour Mark Wahlberg….

C’est l’écume Hollywoodienne des choses. Trente ans après Boogie Nights est toujours là, et bien parti pour rester.




jeudi 27 août 2026


Tim Curry, une élégie
posté par Professor Ludovico

Le bétail meurt et les parents meurent,
Et pareillement, on meurt soi-même.
Mais je connais une chose qui ne périt jamais :
Le prestige des exploits d’un homme mort.

Comme le dit le poème norrois, Tim Curry n’était pas immortel, le professeur Frank’n’Furter, si.

On l’a déjà dit, le Rocky Horror Picture Show c’est quelque chose de plus qu’un simple film, plus qu’un fétiche 80’s de nos années de jeunesse, c’est une initiation consubstantielle, un rite de passage à l’âge adulte, quelque chose de bien plus important que le cinéma.

Cela devait arriver. On savait Tim Curry malade. On avait vu sur les Internets le flamboyant travesti de la planète Transylvania cloué sur un fauteuil suite à son AVC.

Tim Curry a eu plusieurs vies, cependant.

L’essentiel de sa carrière se fit au théâtre. Dans la comédie musicale, car Curry chantait très bien (de Hair aux classiques Gilbert et Sullivan et leurs Pirates of Penzance, en passant par Spamalot, la comédie des Monty Python pré-Sacré Graal…) Dans le théâtre plus traditionnel il fut Amadeus avec succès, ou interpréta des grands noms comme Stoppard, Brecht, Genet, et même le rôle du procureur dans The Wall au concert de Berlin).

Sinon, quelques albums rock à son actif peu connus en France, et évidemment, une tripotée de films. Là aussi avec des rôles marquants (le terrifiant le Seigneur des Ténèbres dans Legend, ou le clown de Ça), et beaucoup de seconds rôles (A la Poursuite d’Octobre Rouge, Annie, Maman J’ai Encore Raté l’Avion, Les Trois Mousquetaires, Charlie et ses Drôles de Dames, et énormément de doublage, même malade…)

Mais surtout, bien sûr, son premier rôle, le Professeur Frank’n’Furter. Un personnage qui lui apporta, selon ce qu’on en pense, stardom et malédiction. Le tournage du Rocky fut plutôt un mauvais souvenir pour tout le monde, et la célébrité culte qui suivit, plutôt encombrante*.

Mais voilà, un acteur a beau prétendre comme Viola dans La Nuit des Rois qu’il n’est pas ce qu’il joue, c’est pourtant ce qu’il fait. Il monnaie son image, il nous vend son âme pour toujours… Pour nous, Tim Curry est le professeur Frank’n’Furter.

Au-delà de sa tonitruante entrée en talons aiguilles dans un ascenseur hors d’âge « I’m not much of a man by the light of day, but by night I’m one hell of a lover », Curry/Furter s’est installé dans nos cerveaux comme le dépositaire de tout le message du Rocky.

Forever, donc : Don’t dream it, be it.  

* Susan Sarandon, cinquante ans après, se fait encore traiter de slut (salope) dans la rue, comme son personnage Janet Weiss…




mercredi 26 août 2026


Don’t dream it, be it…
posté par Professor Ludovico

On the day I went away (goodbye)
Was all I had to say (now I)
I want to come again and stay (oh my, my)
Smile, and that will mean I may

‘Cause I’ve seen, oh, blue skies
Through the tears in my eyes
And I realise
I’m going home

Everywhere it’s been the same (feeling)
Like I’m outside in the rain (wheeling)
Free, to try and find a game (dealing)
Cards for sorrow, cards for pain

I’m going home…




dimanche 16 août 2026


« We dug coal together »
posté par Professor Ludovico

On a déjà dit tout le bien qu’on pense de Justified, la série Southern Ghotic de Graham Yost, tiré des livres d’Elmore Leonard. 6 saisons au fin fond du Kentucky (+1 à Detroit, City Primeval) et on se dit toujours qu’on se les reregarderait bien, ces 80 heures de Timothy Olyphant, mais on manque de temps. Heureusement, il y a Youtube, Instagram, qui passe des best of, comme Justified: All Raylan’s pistol duels ou Justified: The Coldest Lines and Deadliest Comebacks.

Ça fait notre bonheur…

Mais ce qu’on regarde en boucle, c’est le final, peut-être le plus beau final de toutes les séries. Un dialogue ciselé, porté par deux très grands comédiens. Les frères ennemis se retrouvent enfin face à face, et le Marshall Raylan Givens est venu apporter une mauvaise nouvelle à Boyd Crowder (Walton Goggins dans son plus grand rôle), en prison…

– Can I ask you one question? Before you go?
– As long as you understand if it annoys me, I’m just gonna hang up.
– Scouts honor! Tramble Penitentiary is a long way from Miami, Raylan. Now you could’ve call to warden, could’ve sent word through my lawyer…
– Asking why I came ? Thought it was news that should be delivered in person.
– That the only reason? After all these long years Raylan Givens, that’s the only reason?
– Well, I suppose if I allow myself to be sentimental, despite all that has occurred, there is one thing I wander back to.
– We dug coal together…
– That’s right.




lundi 20 juillet 2026


Viva España !
posté par Professor Ludovico

Ce qui est bien avec la Coupe du Monde c’est qu’on peut retourner sa veste, ou plutôt son maillot. En dehors de l’équipe nationale, on peut choisir de soutenir l’Angleterre, le Brésil, ou le Costa Rica… Tout le contraire du Club, où selon l’adage, on peut changer de job, on peut changer de femme, mais on ne peut pas changer de club…

Il y a deux jours, le Professore Ludovico vous expliquait qu’il fallait soutenir cette courageuse équipe d’Argentine qui avait retourné la table contre l’ennemi héréditaire anglais, et donner une dernière danse à Lionel Messi. Son cœur serait argentin contre ces espagnols qui avait humilié notre Equipe de France. Mais Footix varie, bien fol qui s’y fie.

Au bout d’une demi-heure, les Argentins avaient perdu tout soutien. Les mauvais gestes, le non-jeu avaient eu raison de notre récente tocade…

On a beau apprécier le jeu sale, les provocations de voyou, le catenaccio sordide, ou même le défi physique qui font partie de l’Art de la Guerre footballistique, au bout d’un moment, ça suffit… On ne peut pas faire autant de fautes (sans se faire siffler par l’arbitre, très coupable dans le pourrissement du match). On ne peut pas ne rien proposer, à commencer par la Pulga. Triste record : zéro tir au but en 90 min (ce qui n’est arrivé que trois fois en finale de Coupe du Monde).


Ludovico s’est alors plu à souhaiter la victoire de l’Espagne, une équipe sereine, oublieuse des provocations car sûre de son jeu. Comme contre la France, la défense allait finir par payer. Ferran Torres, sur une tête miraculeuse de Nico Williams, crucifia les Argentins dans les dernières minutes de la prolongation. Mauvais joueurs, les albicélestes poursuivirent le combat après le coup de sifflet final, forçant – enfin ! – l’arbitre à mettre un carton rouge à Paredes.  

Au milieu de cette scandaleuse Coupe du Monde, la justice avait prévalu.

Une fois de plus.




vendredi 17 juillet 2026


Une dernière danse de Messi
posté par Professor Ludovico

On aimait plus trop le joueur, depuis qu’il était passé au distributeur automatique de billets Qatari et n’avait pas démontré grand-chose, sinon ramasser sa paye. On se réjouissait à l’avance d’une revanche France-Argentine où Emiliano Martínez et ses petits copains rendraient gorge.

Entre temps, la France a pris une leçon de FIFA 12 dans une soirée à oublier… La pause estivale footballistique était donc décrétée, jusqu’à PSG-Rennes.  

Et puis voilà Angleterre-Argentine à la télé. On arrive au bord de la deuxième mi-temps, 0-0, les commentateurs dans les bras de Morphée. Sauf que c’est là que le match commence, les joueurs attendant, en toute modestie, l’arrivée du Professore. But de Gordon à la 55ème, et padlock de Tuchel (le nom anglais du catenaccio.)

Mais serrer les boulons, ça ne marche pas de contre une équipe aussi folle, aussi courageuse, aussi déterminée, aussi déchainée que l’Argentine de Messi. La Pulga régale une fois de plus de ses entrechats et de ses centres millimétrés. Et le miracle se produit, on se plait à changer d’avis, à vouloir voir gagner ces courageux sud-américains.

Magie du football, magie du spectacle … Si le prestidigitateur est bon, il retourne le public. Et on est saisi par l’émotion. Les dernières minutes de ce magicien de génie qu’a été Lionel Andrés Messi pendant vingt ans, ça ne peut pas finir comme ça. 1-0, en demi-finale, même si elle a été obtenue ric-rac.

Et les dieux du foot exaucent le spectateur… Boum ! Boum ! Le HMS Sheffield est touché par deux exocets. Deux buts dans les dernières minutes, totalement mérités, le beau football qui punit le cynisme stratégique…

Parfois, le foot est un sport juste.   




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