dimanche 21 octobre 2018


The Blind Side
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Il y a des films qui vous tombent dessu comme ça, on ne sait pas trop pourquoi. Des films que l’on voit uniquement pour le sujet – ici le foot américain – sans connaitre un iota de l’intrigue, des acteurs ou du réalisateur. The Blind Side est de ceux-là. Et justement, le film ne devrait pas tenir la route. Un réalisateur inconnu, John Lee Hancock. Une déco à chier. Pas de mise en scène. Seul l’acteur principal, Quinton Aaron, Kathy Bates et Sandra Bullock semblent avoir déjà joué dans un film.

Sandra Bullock, parlons-en. Julia Roberts ayant refusé le rôle, Bullock l’a accepté du bout des lèvres, trouvant son rôle « trop républicain » pour elle. Elle a bien fait, elle a eu l’Oscar, et c’est peut-être le rôle de sa vie.

Mais le pitch ne tient pas debout non plus : une décoratrice d’intérieur, Leigh Ann Tuohy (Sandra Bullock), blonde, vulgaire, hyperfriquée, de Memphis, Tennessee, recueille Big Mike (Quinton Aaron), un gros garçon noir SDF, limite autiste, en provenance des mauvais quartiers de Memphis. La famille Tuohy, invraisemblable assemblage de do-gooders (le fiston à taches de rousseurs, la fille pom-pom girl mais gentille au fond, le mari aimant), va accepter la situation sans moufter.

Comment se fait-il, alors, qu’on ait pleuré pendant tout le film ? Parce que voilà, ça a beau être invraisemblable, c’est la réalité. Comme on dit dans tous les mauvais BOATS, The Blind Side est la véritable histoire de Michael Oher, Offensive Tackle des Carolina Panthers, recueilli par les Tuohy. The Blind Side n’est pas Sur Ecoute, et ce n’est même pas Friday Night Lights, mais le film a la force de ses convictions : l’élémentaire charité chrétienne, le sens inné du bien, de ce que le mot famille veut vraiment dire (et de ce qu’elle n’est pas, la plupart du temps), et aussi le sens d’un certain rêve américain, perdu dans les limbes des banlieues pourries des grandes cités américaines. Le blind side de l’Amérique.

De sorte qu’au bout de vingt minutes, sur le simple regard embué de la Bullock, et de la grande décision qu’elle prend à ce carrefour, vous savez que The Blind Side va vous emmener jusqu’au bout de la terre.

Pur mélo à l’américaine, The Blind Side ne plaira pas à tout le monde. Au contraire, il ne plaira qu’à une minorité. A Miss Mamina, qui partage cette passion irraisonnée pour Julia Roberts (et tout ce qui y ressemble), ou le Prince d’Avalon qui, comme le Professore, sait ce que bon mélo veut dire.




lundi 8 octobre 2018


Bloodline
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Il y a dans Bloodline toute l’excellence de la série américaine. Scénario en béton, mise en scène millimétrée, narration intriquée et acteurs évidemment au top. Autour des patriarches Rayburn (Sissy Spacek et dernier grand rôle de Sam Shepard), qui tiennent un magnifique hôtel dans les Keys, évolue la famille nucléaire type : John (Kyle Chandler), le puîné responsable, Danny (Ben Mendelsohn), l’ainé, et brebis galeuse par qui le malheur arrive, Meg, la séduisante cadette qui trompe son futur mari (Linda Cardellini) et Kevin, le petit dernier, réparateur de bateau à la ramasse. Le retour de Danny pour la célébration des patriarches va évidemment ouvrir les portes de l’enfer.

Sur cette feuille de route connue, les auteurs de Damages, ici aux commandes de ce Roi Lear tropical vont dérouler l’essence du thriller familial made in USA : un contexte ethnographique fort ; la Floride des Keys, entre paradis terrestre et enfer sur terre. Les multiples maux de la société américaine ; le mensonge, l’hypocrisie de la sacro-sainte structure familiale. La drogue, les painkillers à haute dose, la bière et les shots obligatoires. Les immigrants illégaux. Et bien sûr le sexe, qui rode comme un gator sous la mangrove d’un puritanisme de façade.

Tout cela est très bien fait, diablement addictif, et joué par des vieux routards (Friday Night Lights, Cogan Killing them Softly, Urgences, The Place beyon the Pines) ; on va donc se jeter sur la saison 2.




mardi 2 octobre 2018


Les Frères Sister
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Ce n’est peut-être pas le meilleur film de Jacques Audiard, mais Les Frères Sister restent très bons quand même. Une sorte de bulle d’air dans la filmographie de réalisateur de Regarde les Hommes Tomber, Un héros très discret, De battre mon cœur s’est arrêté, et du Prophète. Film de genre, film picaresque, western, comédie, Les Frères Sister est un OVNI ; il semble de prime abord ne correspondre en rien avec le reste de la filmographie de Jacques Audiard.

L’histoire de ces frères tueurs à gage qui poursuivent leur cible au fin fond de l’Oregon, au mitan du XIX° siècle, semble très éloigné des prétentions naturalistes d’Audiard dont le cinéma n’avait visé jusque-là qu’à restituer, avec un regard acéré, la réalité de notre monde contemporain.

Pour autant, on va retrouver dans Les Frères Sister les mêmes obsessions Audiardiennes ; le père absent (et cette phrase – autobiographique ? – du fils de Michel Audiard : « sommes-nous condamné par le sang pourri qui coule dans nos veines ? », la fratrie, la violence, l’innocence perdue…

Mais cette fois-ci, c’est drôle, bien vu, extrêmement bien joué (en particulier Jake Gyllenhaal), et peut-être un peu bavard, et peut-être un peu trop long…

Mais comme d’habitude, le talent d’Audiard réside dans sa capacité à filmer des choses habituelles de façon inhabituelle. Montrer le quotidien comme on ne l’a jamais vues. Le handicap dans Sur Mes Lèvres, la Côte d’Azur dans De Rouille et d’Os. La vie dans les cités dans Dheepan, ou une fusillade dans la nuit dans Les Frères Sister… A la fois auteur et esthète, Audiard reste pourtant un conteur de talent ; malgré les défauts, malgré les « message », malgré la volonté de réalisme, on s’ennuie rarement dans son cinéma. C’est encore vrai ici.




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