[ A votre VOD ]

Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



jeudi 10 septembre 2026


La Chute du Faucon Noir
posté par Professor Ludovico

Ça commence très bien, image léchée, réalisme, sobriété. On avait vendu au Professore la qualité de ce Faucon Noir, parait-il un des grands films de Ridley Scott. Après une exposition minimale de vingt minutes (grosso modo les Delta Force viennent enlever de grands méchants somaliens), un hélico s’écrase et ça se gâte pour les soldats piégés dans Mogadiscio. Effet de transfert, ça se gâte aussi pour le spectateur, encerclé par Ridley Scott. Deux bonnes heures de Pan-Pan et de Comeonletsgo, c’est assez pénible. Et surtout, totalement irréaliste.

Les scènes, toutes semblables, s’enchaînent :  on gueule des ordres (même quand il faut être discret), et tout le monde vide son chargeur. Et on recommence. On comprend mieux la défaite U.S. : la première chose qu’on apprend à l’armée, c’est d’économiser ses munitions.

Cette répétition d’idioties finit par suspendre l’incrédulité et le spectateur se met à réfléchir. Certes, tout est très beau, magnifiquement éclairé (S?awomir Idziak, qui a commencé chez Wajda et Kie?lowski mais a fini sur Harry Potter), musique orientale à tout va (Hans Zimmer, déjà), mais voilà c’est tout. Et malgré un cast impressionnant (Josh Hartnett, Sam Shepard, Eric Bana, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Jason Isaacs, Orlando Bloom, Tom Hardy, William Fichtner, Nikolaj Coster-Waldau) pas de personnage, pas de back story… et l’impression tenace que Ridley Scott veut faire son Steven Spielberg ou son Michael Bay.

Ce n’est pas la première fois que l’on met en évidence ces deux réalisateurs, deux pôles d’un même axe, gentil démocrate ou gros con républicain, qui avaient mis en commun leur talent pour Transformers. On en pense ce qu’on veut, mais, dans leurs films, ces gens-là proposent une vision. S’il avait réalisé La Chute du Faucon Noir, Spielberg aurait magnifié les souffrances de soldats, Bay, la grandeur de l’Amérique. Ici ça penche plutôt du côté du réalisateur d’USS Alabama (c’est co-produit par son mentor Jerry Bruckheimer), mais Ridley Scott est trop anglais, trop cynique pour faire avec cœur ce que Bay sait sincèrement faire : un film patriotique avec des punchlines, de l’humour, des personnages.

Ici, Scott ne fait qu’enfiler les clichés comme des perles : un général qui s’essuie le front quand il est angoissé, des sergents qui gueulent « Comeonletsgo » et autres « Eveythingsgonnabeallright » et des commandants qui « ne laisseront personne derrière ». Ben si, 19 rangers.

Sans parler des Somaliens, réduits à l’état d’une horde de zombies décérébrés qui tirent dans le tas… Une vision plutôt gênante et raciste, au vu de la branlée infligée au Greatest Country in the Entire World. Sauf que, comme dans tout bon film américain qui se respecte, le méchant la vérité. En l’occurrence, que la guerre se gagne en tuant l’adversaire*. Vingt ans plus tard, on ne peut s’empêcher de penser que le film est involontairement juste dans sa description de la réalité (le bombardement lourd comme théorie de la guerre, une constante US depuis 1941). Qu’il suffit d’avoir de gros hélicoptères et plein de munitions pour ramasser à la petite cuiller une dizaine de sauvages somaliens. Il est prophétique, surtout, dans l’idée erronée que se fait l’Amérique d’elle-même. Vietnam, Irak, Iran : visiblement la leçon ne rentre pas.

Bref, La Chute du Faucon Noir, c’est plutôt Le Jour le Plus Long.

* « You have the power to kill but not negotiate. In Somalia, Killing is Negotiation. »




mardi 1 septembre 2026


Boogie Nights
posté par Professor Ludovico

Revoir Boogie Nights, c’est replonger aux racines du talent d’un très grand auteur, Paul Thomas Anderson, aujourd’hui unanimement respecté, trop peut-être. Depuis longtemps, le Ludovico trouve le réalisateur d’Une Bataille après l’Autre un peu trop sûr de lui, un peu trop dominateur.   

Ses films sont brillants, et ignorent la longueur. Ivre de son art, PT enchaine les scènes virtuoses en oubliant un peu le spectateur, comme cette scène de camion dans Licorice Pizza, spectaculaire mais absurde.

En revanche, le Professore a une passion secrète pour ses trois premiers films, quand le jeune Anderson se cherchait, faisait son Sidney Lumet (Hard Eight (Double Mise)), son Robert Altman (Magnolia), ou son Scorsese (Boogie Nights). Depuis, PTA a certes trouvé sa voie, mais il plait moins. Dans ces films-cerveaux (There Will Be Blood, The Master), son humanité s’est évaporée…

Boogie Nights, c’est le contraire. Une bande de bras cassés, brisés par la vie (divorce, infidélité, racisme…) qui ont échoué dans le Porno. Echoués ? Pas vraiment, c’est le coup de génie de PTA de montrer ce groupe comme une vraie famille unie, avec un papa (Burt Reynolds) et une maman (Julianne Moore, impériale). Chaque personnage a ses failles, ses défauts, mais reste indubitablement positif. En faisant le pari audacieux de situer son action dans cette industrie scandaleuse, tout en décidant de n’en rien montrer, mais de tout en dire (drogue, prostitution), le film semble d’abord éreintant de gentillesse et de bêtise. Ces personnages un peu neuneu, qu’est-ce que ça cache ? Rien en réalité, sinon créer l’affection du spectateur.

Situé au tournant des années 80, au moment où le Porno, qui espérait atteindre le niveau d’un cinéma respectable (intrigue solide et beaux décors) mais retombe avec la VHS de location dans sa vocation purement masturbatoire, le film ne cache rien de cela. Il bascule dans The Rise and Fall of Dirk Digger, héros TTBM de cette saga qui voit ses rêves de grandeur sombrer dans la cocaïne… La comédie neuneu laisse alors la place à un drame virtuose. En réalité, Petit Poucet Anderson avait semé tous ses petits cailloux dans la première partie.

Le film peut paraître un peu long, il n’a en tout cas pas vieilli. La maestria Anderson est toujours à l’œuvre (plan séquence, champ contre/champ), sertie de performances d’acteurs à tous les étages : un cast de luxe qui débute ou va confirmer (Mark Wahlberg, Heather Graham, Julianne Moore, John C. Reilly, Philip Seymour Hoffman, William H. Macy, Don Cheadle, Alfred Molina…)

Hypocrites comme toujours, la plupart des acteurs désavouèrent le film par peur du scandale. Un film qui leur apporta pourtant reconnaissance (première nomination aux Oscar pour Burt Reynolds) ou fulgurante ascension pour Mark Wahlberg….

C’est l’écume Hollywoodienne des choses. Trente ans après Boogie Nights est toujours là, et bien parti pour rester.




vendredi 7 août 2026


La Gifle
posté par Professor Ludovico

Drôle de film.

À l’époque, ça devait être une comédie. Aujourd’hui, c’est plutôt une comédie dramatique, sur le zeitgeist des années 70. Ou une représentation du Teen Spirit de cette génération post soixante-huitarde qui éclot. Libération de la femme, divorce, révolte estudiantine, le vieux monde de l’après-guerre contre la jeunesse dans la rue.

C’est incarné par les aventures rocambolesques des différents personnages : Lino Ventura est prof de fac. Il se fait virer en s’interposant dans une bagarre d’étudiants. Adjani, sa fille, ne sait pas trop ce qu’elle veut. Faire médecine ou ne pas faire médecine ? Emménager chez Francis Perrin ou faire un tour de moto avec Jacques Spiesser ?*

Et la mère qui a disparu depuis une dizaine d’années réapparaît soudainement, c’est Annie Girardot. Hop ! Un petit tour d’hovercraft, et tout ce petit monde la rejoint en Angleterre.

Le film n’est pas très clair, parce que les personnages changent d’avis à chaque scène. Mais on comprend que c’est cela que veut illustrer Pinoteau. Une sorte d’intranquillité. L’époque ne sait plus où elle habite, en plein pompidolisme réformateur. On sort du Gaullisme, mais la Gauche est loin d’être au pouvoir. On ne sait pas si on doit être autoritaire ou libertaire. On regarde par exemple avec empathie les atermoiements d’Adjani. Aujourd’hui, elle énerverait. Justement, Ventura lui met une gifle.  

Au-delà du Paris 1970, le film vaut pour cela, l’évocation d’une époque perdue.

*Si on me demande, c’est assez rapide. Je prends l’ange blond des années 70, qui a ici un petit air de Jean-Louis Aubert. C’est plutôt Téléphone qui a tout piqué à Spiesser mais bon…




jeudi 6 août 2026


Le Client
posté par Professor Ludovico

La quête des trésors perdus des années 80/90 se poursuit ; mission éternelle de CineFast comme chacun sait.

Ici, malgré une intrigue abracadabrantesque* et des invraisemblances tout au long du chemin, c’est une perle. Une pure perle cinéphilique puisqu’elle permet de revoir une flopée d’acteurs adorés. Le principal intérêt du film est de deviner qui a joué dans quoi. La fille de Weeds (Mary-Louise Parker), le gars de FBI : Portés disparus (Anthony LaPaglia), l’ami des réplicants de Blade Runner (William Sanderson), Goose sorti de Top Gun (Anthony Edwards), l’officier honnête des Hommes d’Honneur (J. T. Walsh), le divorcé d’Armageddon (Will Patton), notre chouchou Josh Lyman d’A la Maison Blanche (Bradley Whitford), le mari paumé de Fargo (William H. Macy), le dernier repas d’Hannibal Lecter (Anthony Heald) et même Jacques Renault égaré de Twin Peaks (Walter Olkewicz).

Ce jeu de piste est très amusant et nostalgique, car c’était la belle époque : les femmes se font remettre à leur place, les gamins fument des cigarettes, et le juge, évidemment noir, évidemment sympa, bricole ses hameçons.

Pour le reste c’est joué comme des pieds par l’ensemble du cast, même les vedettes (Susan Sarandon/Tommy Lee Jones). Les mafieux sont interprétés par n’importe qui, du moment qu’ils ne sont pas italo-américains.

Joël Schumacher adapte John Grisham à la tronçonneuse, mais 1/ le bouquin ne devait pas être du Verlaine, et 2/ Schumacher n’a jamais fait dans la finesse (Chute Libre, Batman Forever, Le Droit de Tuer). Seul easter egg inexpliqué, des bondieuseries partout : crucifix, statuette de la Vierge Marie, graffiti biblique, chapelets…

A l’époque, le film fit un carton et permit de décrocher 4 nominations aux Oscars, dont deux pour les interprètes féminines, totalement injustifiés.

Mais bon, on est sur CineFast et on sait que ce n’est pas ça qui compte.

Trente ans après, il ne reste pas grand-chose du Client.

* Deux gamins white trash surprennent un avocat de la mafia qui va se suicider car il sait où est enterré un sénateur récemment assassiné. Inexplicablement, les gamins refusent de révéler où est le corps (?). Quand débarque la grosse artillerie, à savoir un procureur ambitieux qui rêve de poste de Gouverneur (Tommy Lee Jones), une avocate (Susan Sarandon) s’interpose et défend les droits du jeune garçon (??). Son client invoque le 5ème amendement (???). Voilà le gamin très justement coincé entre son avocate, la mafia et un procureur qui semble encore plus terrifiant (????)… Tout finira pour le mieux, néanmoins.




vendredi 24 juillet 2026


Sang pour Sang
posté par Professor Ludovico

A l’époque, on était passé à côté de Sang pour Sang, le premier film des frères Coen. La faute, probablement, à une VHS trop sombre et une cinéphilie tout juste naissante…

Après 40 ans de geste coenienne, tout est là. Blood Simple, c’est la racine de l’œuvre des frères Coen : la bêtise crasse de l’humanité, encore et toujours… Ici, un patron de bar cocu (Dan Hedaya) veut faire tuer sa femme (Frances McDormand) et son amant par un privé encore plus corrompu que lui, le parfait M. Emmet Walsh . Chaque personnage étant plus bête que son voisin, cela finira en drame général.

Mais Sang pour Sang, c’est aussi l’esquisse stylistique du Coen Brothers Style. La petite ville silencieuse et nocturne dans la scène finale ressemble beaucoup à celle de No Country for Old Men. L’appartement angoissant (Barton Fink), l’incompréhension dans le couple (Intolérable Cruauté, A Serious Man, Burn After Reading), qui peut finir en assassinat (Fargo), les conversations philosophiques au bar, le narrateur omniscient (The Big Lebowski)…

Et bien sûr, la musique américaine comme décor, ici les Four Tops, Patsy Cline et la musique mexicaine, en plus la musique originale de Carter Burwell, qui suivra les Coen sur presque tous leurs films…




mercredi 22 juillet 2026


Garde à Vue
posté par Professor Ludovico

Garde à Vue, c’est le chef-d’œuvre imputrescible pour le Ludovico et Notre Dame de Nazareth. Depuis 1981, le Professore a usé sa VHS jusqu’à la corde. Mais en conséquence, ne l’avait pas revu, puisque VHS, y’a pus… Dans son étable de de Nazareth, Notre Dame avait miraculeusement une copie DVD, donc on regarde à la Noël, et voilà que ça repasse enfin sur Arte. L’occasion de le voir deux fois en quelques mois : la bête n’a pas vieilli. 

Rappelons l’argument : Maître Martinaud, notable à Cherbourg, est convoqué le soir de la Saint-Sylvestre par l’inspecteur Gallien. Il veut quelques précisions. Quelques semaines plus tôt, le notaire a découvert le cadavre d’une petite fille… Martinaud passe rapidement de témoin à suspect numéro un : le voilà désormais en garde à vue.

Commence alors un jeu de chat et de souris entre le flic et son suspect, un affrontement littéraire signé par un Michel Audiard sobre mais ultra-efficace. Le flic est carré, c’est Lino Ventura. Le notaire est tortueux, c’est Michel Serrault, qui n’arrange pas son cas en jouant au plus malin, sans avoir d’alibi clair.

C’est aussi l’affrontement de deux gigastars, l’acteur Ventura qui ne joue que lui-même, flic conservateur, désabusé et accroché à ses valeurs. En face, un comédien ultra doué, Michel Serrault, capable de tout jouer, Zaza Napoli ou Maître Martinaud.

Les deux acteurs ne s’aimaient pas trop et ça se sent, mais cela sert le film, rendant l’affrontement incroyablement tendu jusqu’au bout. A cela vient s’ajouter un Guy Marchand impeccable en grand con et flic à la ramasse.

Le film se déroule dans un seul décor, un modeste bureau de Police Judiciaire. Des chaises, un portemanteau, des paquets de cigarettes… Claude Miller, qui ne fera jamais mieux, sort sa caméra à l’extérieur en de rares occasions : un corps sans vie, un phare, la devanture du bistrot-alibi du notaire…

De cette simple architecture, Miller obtient le maximum. En jouant sur les basiques du cinéma : plan large, champ/contrechamp, léger zoom, fondu au noir. Avec en contrepoint, la musique foraine douce-amère de Georges Delerue. Tout est misé, à raison, sur les acteurs et ces fabuleux dialogues.

Et sur leur qualité toute littéraire : nous renseigner sur les tréfonds de l’âme humaine…




vendredi 17 juillet 2026


Noblesse Oblige
posté par Professor Ludovico

C’est le genre de film dont tout cinéphile à entendu parler, Noblesse Oblige : « Mais oui, c’est quoi ce truc ? Eh ben c’est le film avec Alec Guiness qui joue 8 rôles ». Alors évidemment le Cinefaster se sent obligé de cocher la case ; on regarde quand ça passe sur Arte.

Bon c’est pas terrible, Noblesse Oblige. Guiness n’est pas le rôle principal, mais incarne – ce qui devait faire beaucoup rire à l’époque (1949) – les huit victimes : un amiral, un révérend, une lady, etc.

Le tueur, bâtard parvenu qui veut venger sa mère et récupérer le titre de Lord d’Ascoyne, est joué par le ni drôle ni charismatique Dennis Price.*

Sinon le film est plutôt mauvais esprit ; l’ascension amorale d’un petit via l’élimination de toute une grappe de la Haute, tous insupportables. Pas un pour rattraper l’autre, ni le tueur, ni sa chérie, ni l’époux de celle-ci… ni, encore moins, les victimes. Le final est assez plaisant, mais, sous la main d’un Mankiewicz ou d’un Preminger, cela aurait fait des étincelles.

Là, c’est quand même très vieillot…

*Il a d’ailleurs fini dans des nanars, genre La Griffe de Frankenstein




mardi 9 juin 2026


La Taupe, retour au Cirque
posté par Professor Ludovico

On avait pris un peu de haut La Taupe à l’époque. Ça arrive, que le Professore prenne les films de haut… C’est devenu depuis un film chéri. On ne se lasse pas de le revoir, soit par bouts (chacune des scènes est culte), soit intégralement, comme hier.

Ce qu’on prenait pour de la complexité était de l’art. Oui, l’art de l’artisan qui polit avec amour le merisier dont il fera une belle table. L’histoire de La Taupe n’est pas simple ? Mais Ludovico, on est chez John le Carré, pas chez Ian Fleming ! Ce n’est pas clairement raconté ? Mais il a rien compris le Ludovico, ou quoi ? C’est justement ce que veut Tomas Alfredson : une ambiance paranoïaque, comme celle des sixties Cold War.

Les personnages et leurs acteurs sont tous fantastiques, émouvants de bout en bout. On frissonne au début de chaque scène – c’est le plaisir de la revoyure que d’anticiper les émotions à venir ! Le Jour de Noël, où le MI-6 entonnent l’hymne soviétique, la cuisine où Guillam révèle à la fois sa vie intime et comment s’en débarrasser, cet aérodrome où un avion menaçant fait craquer Esterhase. La Taupe fait partie de ces films impossibles à lâcher… Tout est parfait, l’image (signé par Hoyte van Hoytema*), le son, la déco, la musique (Julio Iglesias !)

Frissonner à chaque fois qu’on s’approche de l’être aimé, n’est-ce pas la définition même de l’amour?

* révélé par Tomas Alfredson dans Morse mais qui a enchainé les master class de chef’op chez Christopher Nolan, James Gray, Jordan Peele : Interstellar, Spectre, Dunkerque, Ad Astra, Tenet, Nope, Oppenheimer et bientôt L’Odyssée !




vendredi 22 mai 2026


Soleil Levant
posté par Professor Ludovico

C’était une époque de panique. En 1990, Sony avait racheté la Columbia, et c’était une tragédie. La revanche des Japs, Pearl Harbor : Renaissance, les faces de citron allaient manger tout cru l’Amérique post-reaganienne à coup de jeux vidéo, de téléphones portables, et de CD-Rom.

Evidemment ça n’est pas arrivé, car Hollywood, telle la Baleine, avale ses acheteurs et les recrache sans changer d’un iota, comme ce fut le cas plus tard avec Vivendi et Pierre Lescure.     

C’est tout l’intérêt de Soleil Levant, adaptation du livre parano de Michael Crichton par Philip Kaufman, surtout connu pour L’Etoffe des Héros.

Depuis 1993, ce film traîne dans la tête du Ludovico depuis que le Prince d’Avalon, en pleine nippophobie, avait adoré le film en salle. Aujourd’hui, c’est avec le plaisir du 14ème degré qu’on regarde Soleil Levant.

Le film est extraordinaire, aussi bien dans sa forme eighties, sa scénarisation bancale, que dans son propos ouvertement raciste. Ce qui réévalue évidemment à la hausse – le dira-t-on jamais assez – les films Michael Bay de la même époque avec les mêmes acteurs (The Rock et Armageddon), qui eux, n’ont pas pris une ride, sont autrement plus beaux, et autrement plus intéressants…

Donc si vous voulez une bonne dose de clichés racistes et sexistes sur les Japonais, des Américains bienveillants qui cherchent à comprendre la culture nippone tandis que des conglomérats sournois veulent mettre la mains sur les semiconducteurs made in america*, des ascenseurs qui parlent et des yakuzas rigolos, si vous voulez voir un noir (Wesley Snipes) sidekick comique d’un blanc qui sait tout (Sean Connery), si vous voulez voir 90% de Tatjana Patitz, ou retrouver Ray Wise sans Laura Palmer, courez acheter des popcorns…

Et lancez le laserdisc !

*Les très justement nommés MicroCon…




vendredi 22 mai 2026


Herbes Flottantes
posté par Professor Ludovico

Après avoir été converti au cinéma carré et immobile du grand Yasujir? Ozu (par le Framekeeper lui-même en personne !), puis l’avoir apprécié seul (Gosses de Tokyo, Le Goût du Saké, Fleurs d’Equinoxe (ah ! L’enthousiasme du jeune converti !), voilà qu’Herbes Flottantes nous est proposé par Lady Turenne. Herbes Flottantes, comme chacun sait, est le remake couleur de son film de 1934.

Bon.

Avouons que, même pour un Ozu, c’est diablement lent.

Une troupe de théâtre à la ramasse débarque sur une île, et on découvre que Komajuro, le maître kabuki, n’est pas l’oncle du jeune Kiyoshi, mais bien son père. Jalouse, la maîtresse actuelle de Komajuro envoie une jeune actrice le séduire. Deux intrigues, quelques blagues, voilà l’essentiel, et ça ne tient pas bien 119 minutes…

Personne n’est parfait.   




septembre 2026
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930