lundi 31 mars 2014


Good Bye Lenin
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Brèves de bobines -Les films ]

C’est toujours amusant de voir un film longtemps après la hype. Good Bye Lenin faisait partie des films qu’on m’avait violemment conseillés à l’époque, que je n’avais pas refusé de voir, mais bref, ça n’a s’était pas fait. Il est depuis passé à la télé plusieurs fois, et je l’ai raté à chaque fois. Le signe – quand même – d’une très faible volonté de la part du Professore.

Mais voilà la Professorinette passe le bac, et considérant que le meilleur des profs d’allemand, c’est encore le cinéma, décide de bosser sa compréhension orale en visionnant quelques films. Immédiatement, le Professore suggère La Chute et Das Boot, mais bizarrement la jeune fille préfère Good Bye Lenin.

Bon, ben, c’est bien, sans plus. Après toutes ces années, il ne reste que les souvenirs de la hype : des scènes soi-disant très drôles d’une RDA reconstituée. Il ne reste qu’une forme de nostalgie de la chute du Mur, mélangée à une forme d’empathie distanciée pour ces ossies qui voyaient le rêve socialiste s’effondrer.

Tout cela semble bien loin maintenant.




vendredi 28 mars 2014


The Grand Budapest Hotel
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Au début – et pourrait-on dire – pendant une grande partie du film, on se demande ce qu’on est venu faire dans ce Grand Budapest Hotel. Trop rococo, trop chargé, trop poli pour être honnête… Mais n’est-ce pas le sort de tous les films de Wes Anderson ? Depuis que nous nous sommes rencontrés, famille Tennenbaum, Commandant Cousteau et autres Trains indiens, nous sommes dans une forme d’embarras gêné.

Car nous avons bien le sentiment d’entrer dans la tête d’un grand maniaque, collectionneur de maisons de poupées, amateur de trains électriques et expert en musique traditionnelle hongroise. D’être, à chaque film, face à un enfant dans un corps d’adulte. Le petit cousin texan, comment dire… différent.

De fait, on met un peu de temps à entrer dans le film, avec ses habituels plans perpendiculaires, et ses non moins obligatoires travellings parallèles. Ce sens incroyable de la composition de l’image. Cette minutie graphique des costumes et des décors (avec, par exemple, des chaussettes accordées aux enjoliveurs des voitures…) Ce casting all star, la famille Anderson (Adrien Brody, Harvey Keitel, Bill Murray, Edward Norton, Jason Schwartzman). Plus un jeu de cache cache à découvrir les invités de ce film-ci… Oh, mais ça ne serait pas la petite Seydoux ?

Encore un qui n’a pas lu l’Evangile selon Saint Hitchcock. Car tout ce parasitage n’aide pas à s’intéresser aux personnages.

Mais bon, petit à petit, l’univers du Grand Budapest Hotel s’installe, et on commence à s’intéresser à cette rocambolesque histoire de captation d’héritage, de fils proto nazi, et de maître d’hôtel gigolo. Et de s’enthousiasmer devant les innombrables défis que s’est fixé Wes Anderson : parodie de James Bond, parodie de La Grande Evasion, parodie de Scarface : tout y passe.

Mais là, n’est pas le génie de Wes Anderson. Si c’est un grand formaliste, un obsédé du détail graphique, comme Tati, le texan parisien est aussi un amoureux de l’humanité. Qu’il dénonce les troubles familiaux, qu’il moque gentiment des institutions (le Scoutisme ou le Commandant Cousteau), il y a toujours un cœur qui bat dans les films de Wes Anderson.

Comme il avait su nous prendre avec Bill Murray dans La Vie Aquatique, marchant avec un enfant sur les épaules, tandis que retentissait un tonitruant Life on Mars, c’est à la toute fin que The Grand Budapest Hotel nous assène son coup de grâce. Après avoir aimablement moqué une avant-guerre d’opérette, avec ses royaumes Mitteleuropa de pacotille, et ses nazis en toc, Anderson nous ramène soudain à la réalité avec un hommage à Stefan Zweig, rappelant au passage que ces événements s’étaient vraiment déroulés, quelque part au cœur de l’Europe, il y a soixante-dix ans.

Magnifique.




mercredi 26 mars 2014


Pompei
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Déjà quinze jours de passés et on réalise qu’on n’a pas eu le temps, le courage, l’énergie, de chroniquer Pompéi. Peut-être parce que c’est une bouse, peut-être qu’on y est allés à cause du Théorème de Rabillon, mais c’est une bouse quand même. Même si ça a plu au Professorino, Constante de Ludovico oblige (Chronique à venir prochainement.)

Pompéi, c’est juste Conan le Barbare + L’homme qui Murmurait à L’oreille de Chevaux + Spartacus + Titanic. Bref une GCA qui essaie d’appliquer un (des) modèle(s) illustre(s) mais qui ne sait pas y faire. Une Grosse Connerie Américaine, sans américaine dedans.

Bref si vous avez vu un peu de films dans votre vie, passez votre chemin.




mardi 25 mars 2014


Le Juge Fayard dit le Shérif
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Ça faisait des années que je voulais revoir le biopic d’Yves Boisset, Le Juge Fayard dit le Shérif. Aussi bizarre que ça puisse paraître dans une famille UDF, mes parents m’avaient laissé voir le film à la télé. Peut-être parce que, de droite mais pas gaullistes, ils n’appréciaient guère les magouilles du SAC de Charles Pasqua.

Aujourd’hui, pour la première fois à la télé, on entend le mot SAC. Car à l’époque, c’est un bip qu’on entendait : le SAC avait gagné en référé le droit de ne pas apparaître dans le film. Mais il y avait toujours un type pour le révéler aux Dossiers de l’Ecran, pour hurler que la télé de droite censurait les artistes, immédiatement démenti par un représentant du ministère le traitant de gauchiste irresponsable.

La force du film de Boisset, ce n’est pas sa forme qui, contrairement au Police Python 357 d’Alain Corneau, est très classique. C’est avant tout l’intrigue, très bien faite, pleine de suspens (l’évasion, le braquage) et son casting de révoltés fracassants (Patrick Dewaere, sa copine Aurore Clément, le flic intègre Philippe Léotard). Ils sont en très bonne compagnie, une flopée de seconds rôles incarnant cette France rancie (Michel Auclair, le gangster, Jean Bouise, le Procureur Général, Jean-Marc Bory, le type arrogant du SAC, Marcel Bozzuffi, l’ancien de l’OAS) et évidemment le magnifique Jacques Spiesser, ange blond de la vengeance.

Ensuite, si le film est un brûlot engagé, il est loin d’être gentillet. Fayard est un personnage sympathique, mais en demi-teinte. Face à sa copine prof, évidemment anti flic, Fayard est un républicain, un type qui croit lui aux institutions, et qui n’a pas, selon ses propres termes, renoncé à changer le monde.

Mais petit à petit, Fayard va se prendre au jeu de faire tomber ces notables. Obsessionnel, menacé, mais confronté à son impuissance, il devient un type odieux, capable de secouer un suspect sur son lit de mort. Sans parler du rôle trouble du Syndicat de la Magistrature, incarné par Spiesser, qui instrumentalise Fayard jusqu’à sa perte.

Le Juge Fayard, c’est aussi le sentiment d’assister à la fin d’une époque, illustré par la destruction finale de l’usine Camus (sic) : un monde qui implose sur les ruines du gaullisme, de l’Indochine, et de l’Algérie.

Bozzuffi en est le vivant emblème, soldat perdu de l’OAS mis au service d’intérêts particuliers qu’il méprise. En en prenant conscience, il préfère mourir en duel à mort face à Philippe Léotard, comme dans un western, plutôt que d’être pris. Quant à Dewaere, il meurt abattu comme un chien, pour n’avoir su lâcher du lest au bon moment.

Bozzuffi/Dewaere, deux idéaux opposés, mais qui se rencontrent dans la mort… Un final de rêve pour un film cauchemardesque.




lundi 24 mars 2014


« Il faut qu’on se fasse un résumé de la saison 2 »
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Séries TV ]

Il a bien raison le Professorino. Il est encore loin d’entrer à UCLA, mais il se rapproche de la section Super8 du collège Jean-François Oeben. Avant d’attaquer la saison 3 de Friday Night Lights, il a souhaité, comme on le fait autour de la machine à café, se remémorer les grandes lignes de la saison 2 de la série footballo-texane de Mister Berg.

Las ! Une fois cet exercice terminé, nous avons inséré le DVD dans le lecteur, et c’était parti pour « Chacun sa Chance* », l’épisode S03e01 de Friday Night Lights.

Dans cet épisode, on déroule en effet tout ce qu’il ne faut pas faire. C’est-à-dire, oublier de repartir là où la série avait laissé ses spectateurs.

Un personnage devait partir à la fac ? Il se casse une jambe et veut quitter le foot (on l’apprend dans un flashback de trois secondes). Machine aimait Bidule et détestait Truc ? Elle est maintenant avec Truc, et Bidule a disparu**. Un autre personnage a soudain obtenu une promotion. Comment ? pourquoi ? On ne sait. Un couple s’est séparé. Sans parler des playoffs de l’an dernier, dont on ne sait s’ils ont été gagnés ou perdus.

Quelques jours plus tard, par la grâce du Chevalier Bayard, on eut un début d’explication. La saison 2 s’était terminé dans le sang, c’est à dire dans la fameuse grève des scénaristes en 2007-2008, qui nous priva également d’une saison de Battlestar Galactica.

La preuve en creux qu’un scénariste, ça sert à quelque chose …

*Oui, ils sont nuls les titres français (ou québécois ?) des Nuits du Vendredi Soir
** Au 5ème épisode toujours pas de nouvelle de Bidule…




samedi 22 mars 2014


300 – la Naissance d’un Empire
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Plus con. Encore plus mal joué. Mal écrit. Parfois ridicule. Toujours plus à droite. Voilà comment on pourrait résumer ce nouveau 300, sans Zack Snyder aux commandes, mais produit (heureusement) et écrit (malheureusement) par notre cinéaste républicain préféré.

Mais on pourrait dire aussi : historiquement correct (même si mythifié larger than life), formidablement filmé, usant merveilleusement de l’ignoble 3D pour produire des images magnifiques et particulièrement, d’incroyables scènes de combat.

Car on ne peut regarder 300 à l’aune critique habituelle. 300 – La Naissance d’un Empire est un divertissement décérébrant, parfaitement bushiste, dont on pourrait résumer l’argument ainsi : pendant que les 300 Spartiates (les hommes, les vrais, même outrageusement huilés) se couvrent de gloire aux Thermopyles, les pédés d’Athènes discutent et ergotent, comme ces salopards de démocrates à la Chambre des Représentants. Ils finissent quand même, devant le danger irakien… euh, perse, par confier au meilleur d’entre eux, Thémistocle, la marine grecque (tous des pédés) pour aller casser du Perse, tout aussi inverti. Après quelques batailles homériques en Mer Egée, qui feraient passer Transformers pour un film d’Alain Resnais, Thémistocle affronte enfin son véritable ennemi, l’Amiral de la flotte perse : une FEMME.

Selon le bon vieux paradigme US, si Artemisia, cette traîtresse, est grecque, c’est qu’elle a gagné le combo Loi du Talion dès la naissance (famille massacrée + ado violée). Assoiffée donc très logiquement de revanche, elle s’est mise au service du Perse Xerxès*.

Eva Green est pas mal en Artemisia, princess warrior visiblement très frustrée sexuellement : son grand chef est une drag queen, et ses officiers, elle les balance à la flotte avec une belle constance. A la moindre défaite, ils vont découvrir le fond de la Méditerrané lestés de quinze bons kilos de plomb.

Difficile de bâtir un foyer chrétien dans de telles circonstances. Notre guerrière gothique, réalisant l’impasse dans laquelle elle se trouve, finit par inviter l’amiral adverse, Thémistocle, pour une partie de jambes en l’air, dans le but de le retourner, et pas que sur la table.

De là, deux hypothèses : soit Eva Green n’a pas bien lu le scénario, parce que depuis le début notre pâtre grec ne jure que dans la Grèce Eternelle. A côté, John Rambo est un marxiste internationaliste.

Soit elle n’a pas inventé le feu grégeois, ce qui est également plausible.

Cela finit par donner une scène assez étonnante de sexe sur la table des cartes, la seule minute olé olé de la franchise.

Bref, vous l’aurez compris, 300 – La Naissance d’un Empire… ne plaira qu’à ceux qui croient dans le plaisir régressif du cinéma, comme ceux qui avaient jubilé à la sortie de son modèle : 300. Si vous voulez enfin voir des vrais combats, qui relèguent les récentes et pathétiques tentatives hobbitiennes au rang d’aimables courts métrages amateurs, si vous voulez entendre le son des épées vibrer dans l’éther de Salamine, si vous voulez voir 80% d’Eva Green, si vous voulez retrouvez les sensations jubilatoires de l’esprit peplum facon Dernière Séance, courrez voir 300 – La Naissance d’un Empire

Sinon, passez votre chemin…

* Ce qui est drôle, dans ce film rarement touché par la grâce du second degré, c’est que dans la réalité c’est Thémistocle qui a trahi les grecs, quelques années plus tard, en se mettant au service du fils de Xerxès.




vendredi 21 mars 2014


Pourquoi je ne veux pas regarder Apocalypse
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Séries TV ]

On fait souvent aux cinéphiles un procès que l’on ne ferait pas aux amateurs de bon vin.
« Comment peux-tu dire du mal d’un livre ou d’un film que tu n’as pas lu ? » Il ne viendrait pourtant à personne l’idée de vous reprocher de préférer un Montrachet ou un Mouton Rothschild à un Cubi de Rouge.*

C’est la même chose – exactement la même chose – pour le cinéphile : un simple coup d’œil à l’étiquette suffit à distinguer le grand cru de la piquette.

Certes, tout le monde peut se tromper. Mais on peut – sans trop de risques – affirmer que Supercondriaque ne viendra pas révolutionner la comédie à la française tandis que The Grand Budapest Hotel a de grandes chances d’être un peu plus plus long en bouche.

Ça, ce n’est pas de l’intellectualisme mal placé, c’est juste l’expérience qui parle.

Voilà pourquoi je ne veux pas regarder Apocalypse. Je sais déjà ce que je vais voir, et je sais aussi que ça ne va pas me plaire : des images d’époques sorties de leur contexte (pour la plupart, des films de propagande), des commentaires actuels plaqués artificiellement sur des mentalités passées, sur le patriotisme par exemple**. Des officiers bouchers de leurs troupes***. Des généraux incompétents. Des peuples entraînés, contre leur volonté, dans la guerre****.

Etc. Etc. Etc.

Ces inepties en fait ne résistent pas un minimum de lecture sur le sujet. Toutes ces historiettes font partie de notre mythologie nationale, au même titre que « nos ancêtres les gaulois« , et ne sont que l’expression de nos mentalités actuelles.

PS : Tout arrive : Le Figaro pense comme moi.


* Le Professore n’a jamais bu une goutte de vin de sa vie. Ça se voit ? Il serait bien incapable de faire la différence. Mais vous, si.
** Lire les lettres de Céline à son père au mois d’août 14 et les comparer au Voyage au Bout de la Nuit. Lire Jünger, lire Genevoix.
*** 22% des officiers français sont morts au combat, pour 18% des soldats
**** Le 2 août 1914, une gigantesque manifestation pacifiste est organisée à Londres. Mais le 4 août, l’Angleterre entre en guerre et les manifestations s’arrêtent. D’août à décembre, 1 million de volontaires s’engagent dans l’armée (Il n’y a pas de conscription en Angleterre). Mieux, c’est au au moment où les batailles sont les plus sanglantes, qu’il y a de le plus volontaires.




mercredi 19 mars 2014


House of Cards, saison 2
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

On le sait désormais, House of Cards ne sera jamais une grande série, même si elle a tout d’une grande : casting irréprochable, réalisation millimétrée, dialogues saignants.

Non, House of Cards souffre de son défaut originel, l’irréalisme. Pour accrocher son public et probablement satisfaire des pulsions anti-fédérales foncièrement américaines, la série de Fincher s’est prostituée. Certes Washnington est corrompu, certes, les politiciens sont des êtres retors et sans scrupule, et prêts à tout pour gagner le pouvoir et le conserver. Mais le défaut de Fincher est d’avoir pris cette phrase (« prêts à tout ») au premier degré. Et d’avoir transformé Frank en criminel.

Nous sommes des adultes, cher David et donc prêt à entendre des horreurs, mais pas celles-là. L’idée d’un homme politique de premier plan qui commette lui même des crimes n’est pas de notre niveau, ni du vôtre d’ailleurs. Nous aurions préféré continuer sur un mode plus subtil. Frank Underwood écoutant ses ennemis, corrompant ses alliés, commanditaire de basses oeuvres, pouqruoi pas? Il aurait ainsi poursuivi cette trajectoire glaciale vers le pouvoir avec à ses côtés une épouse tout aussi terrifiante*. Malheureusement on ne peut que prévoir la suite funeste de ce choix : House of Cards ne pourra survivre que dans la surenchère, et finira par mourir de ridicule.

Tant pis si House of Cards n’est pas le A La Maison Blanche dark que nous espérions, mais seulement une sorte de 24 avec un cerveau. Nous continuerons – tant que c’est acceptable – à la regarder comme un simple divertissement…

*Si elle l’est, d’ailleurs, c’est bien qu’elle utilise des moyens plus subtils comme on peut le voir, dans ce premier épisode.




lundi 17 mars 2014


Si c’est une grande série, ils vont perdre…
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

La Professorinnette, qui prépare sa thèse de cinéma, comme son père, à UCLA, sait séparer le bon grain de l’ivraie. En regardant sa première saison de Friday Night Lights, elle avait identifié le critère qui pouvait établir la notation définitive de la série footballistico-familiale :

– « Si c’est une grande série, ils vont perdre… »

Évidemment – et malheureusement -, les Dillon Panthers gagnent le match et vont en finale.

Elle a raison, la Professorina : une grande série accepte de perdre. Elle accepte la négativité des choses, des événements, des êtres. Même si le spectateur veut que les Panthers gagnent, le réalisme, la vie elle-même, voudraient qu’ils perdent. Comme on souhaite toujours que le héros s’en tire, ce qui n’empêche pas le Trône de Fer de les massacrer consciencieusement. Mais voilà Game of Thrones est une série Top Ten, comme Mad Men, Sur Ecoute, Six Feet Under, etc.

Friday Night Lights n’est qu’une bonne série. Et c’est déjà pas mal…




samedi 15 mars 2014


Un Eté à Osage County
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

C’est une histoire terrible – et pourtant banale – que nous propose John Wells, l’histoire d’une famille qui se déchire.

D’un côté le père et la mère, terrible, de l’autre trois filles, trois incarnations féminines qui, de génération en génération, creusent un sillon de sang et de bile.

Meryl Streep, dans une de ses plus grandes performances, interprète Violet Weston, la souveraine d’Osage County, au fin fond de l’Oklahoma. Accro aux médicaments, atteinte d’un cancer, la Reine Mère régit son petit monde, du chantage affectif à l’autoritarisme échevelé. Chaque phrase est chargée de fiel, chaque haussement de sourcil semble supporter soixante ans de haine ou de mépris.

Et Violet, en bonne reine égotique et destructrice, a évidemment détruit ses trois Blanche Neige.

Karen (Juliette Lewis) est une bimbo sur le retour, toujours au bras du mauvais type, qui ne semble être venue sur terre que pour émettre des idées toutes faites et des lieux communs. Un beau mariage, une famille unie, des enfants heureux aimant leur mère : l’exact contraire de ce qui se trame à Osage County depuis toujours.

Ivy (Julianne Nicholson) est un petit animal craintif, la seule des filles Weston restée dans l’Oklahoma et qui supporte – dans tous les sens du terme – ses parents.

Barbara (Julia Roberts) est celle qui apparemment s’en est le mieux tiré : intelligente, équilibrée, mariée, un enfant. Mais aussi celle qui a payé le prix le plus élevé. Aigrie, au bord du divorce, et principale cible des tirs d’artillerie maternels.

John Wells, loin de sa Maison Blanche, est quand même à son affaire. De ce chaudron diabolique, il réussit à s’extraire du théâtre filmé (Osage County est une pièce de Tracy Letts) et focalise son attention sur le huis clos. Dont il tire une pièce maîtresse, la scène du dîner.

Évidemment les comédiens sont formidables (Margo Martindale, Sam Shepard, Chris Cooper, Benedict Cumberbatch, Ewan McGregor, Dermot Mulroney, Abigail Breslin, Misty Upham) : pas de rôle secondaire ici.

Pas de pathos ou de mélo non plus, car rien ne viendra sauver ces personnages, simplement unis, comme le dit un personnage, par les hasards de la génétique.




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