lundi 31 décembre 2007


20 000 Lieues sous les Mers / Le Seigneur des Anneaux
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD ]

Hasard de la programmation, j’ai voulu montrer à mon fils 20 000 Lieues sous les Mers (que je n’avais pas vu moi-même), hier soir sur Arte. A la fin, j’ai zappé sur la fin du Seigneur des Anneaux (TF1). Je renâclais jusque là à lui montrer, car c’est assez violent (il n’a que 6 ans). Mais bon, c’est les vacances, et il a eu l’air d’apprécier les deux.

Ce qui m’a frappé, à cinquante ans de distance, c’est le destin probable de ces deux films. Deux superproductions (5M$ pour l’une, 94M$ pour l’autre), bourrés d’effets spéciaux oscarisés, des films à la fois fantastiques et grand public.

Dans tous les cas, le temps fera son œuvre sur les nazguls comme sur le calamar géant. La mise en scène anabolisée de Peter Jackson, les interminables scènes de combat, qui bluffent aujourd’hui le pékin moyen, seront sujet de moqueries en 2057, date de la réédition en X-Ray Collector, avec Odeurs 3D en Bonus. Car ce qui reste au final, ce sont les personnages, l’histoire, les sentiments, éléments intemporels par essence.

Gageons que ce qui surnage aujourd’hui dans 20 000 Lieues sous les Mers – le pessimisme nietzschéen du Capitaine Nemo – trouvera son équivalent dans le désespoir tranquille de Frodon et ses amis, dans leur auberge hobbite, à la fin du Retour du Roi.




dimanche 30 décembre 2007


This is the end…
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Séries TV ]

Voilà c’est fini, la dernière saison des Sopranos est terminée. L’occasion pour CineFast de revenir sur ce débat brûlant : qu’est ce qui distingue une bonne série d’une autre, sinon la fin ?

Précisons d’ores et déjà que c’est une simple vue de l’esprit : les séries ne sont pas conçues comme ça, (c’est-à-dire comme un film), avec un début et une fin. Les séries sont faites pour être extensibles à l’infini, et leur argument de départ doit être suffisamment souple pour permettre une adaptation semaine après semaine, en fonction des études d’audience que les télés réalisent après chaque épisode. Charge aux auteurs de suivre alors les goûts du public : étoffer tel personnage apprécié par le public féminin, rajouter de l’action pour le public masculin, etc.

Ainsi, Twin Peaks a commencé sur un coin de table : Mark Frost et David Lynch ont dessiné un plan de la petite ville du Northwest sur la nappe du restaurant, placé le collège, la station service, le bureau de shérif, puis ils se sont demandé qui faisait quoi ! Le tournage a même débuté sans savoir qui avait tué Laura Palmer !

Tout cela pour une bonne raison : les chaînes achètent en général le pilote, et, si ça marche, 12 épisodes, voire, en cas de confiance absolue, l’intégralité d’une saison, soit 24 épisodes. Pour 24, les producteurs avaient prévu 3 fins différentes en fonctions des réactions de la Fox. Si ça n’avait pas été un succès, ils auraient probablement tué Jack Bauer au dernier épisode.

Donc, auteur ou commerçant, le scénariste-créateur de série ne sait jamais bien où il va, et sûrement pas comment ça va finir. D’où le sentiment d’intense frustration à la fin d’Alias, des X-Files, bref de toutes ces séries qui avaient fait de leur intrigue addictive un fond de commerce… Une fois la décision prise de ne plus réaliser de saison supplémentaire pour X-Files, Chris Carter a relié comme il le pouvait tous les éléments de la série pour apporter un semblant de solution, avec le résultat ridicule que l’on sait. De même pour la dernière saison d’Alias : personne ne comprenant plus rien à la série, on a fini par demander au créateur quelques explications. Réponse, sans rire, de JJ Abrams « Je n’en sais foutre rien, je suis en train de préparer Lost à Hawaï », ce qui, entre parenthèses, promet tous les affres du désespoir aux fans du Projet Dharma…

Mais c’est là la dure réalité, le cercle vicieux : les téléspectateurs se lassent, l’audience chute, la chaîne décide d’arrêter et l’artiste passe à autre chose : il y a en quelque sorte une conspiration collective contre la série.

C’est pourquoi les fins réussies, réalistes, « dans l’esprit », sont rarissimes. Dans mon panthéon personnel, il y en a deux, aux deux extrêmes de la production : Le Prisonnier, qui finit dans l’absurde métaphysique qui procède dans toute la série, et Seinfeld. La plus grande sitcom US de tous les temps (et aussi la plus profitable : Jerry Seinfeld rapportait tellement d’argent à NBC qu’il obtint 5% de la chaîne pour une neuvième saison !) finit elle aussi en apothéose : un double épisode en forme de procès condamnant les héros à la prison, où Jerry se retrouve – ô symbole – obligé de continuer à faire son show pour distraire les taulards.

Dans la catégorie « chef d’œuvre, bien fini », on mettra évidemment Les Sopranos. Par une pirouette scénaristique la série termine là où elle avait commencé, c’est-à-dire nulle part. Pour cette série ultra-réaliste, qui n’avait d’autre ambition que de filmer la vie quotidienne d’une famille américaine des années 2000, (certes au travers du prisme de la mafia), il était hors de question de finir avec Tony Parrain des Parrains ou Tony en prison. Les Sopranos finiront donc dans une sorte « coïtus interruptus », mais je vous laisse le découvrir vous-même.

Dans la catégorie « pas loin du chef d’œuvre, et bien fini », on peut mettre Six Feet Under : après un horrible passage à vide (saison 3&4), la série nécrophage a su s’achever de manière exceptionnelle, dans un ultime épisode où évidemment… tout le monde mourrait. On peut mettre aussi NYPD dans cette catégorie.

Pour les autres, on l’aura compris, il faudra faire le deuil d’une fin correcte et accepter tel quel le plaisir que le show a bien voulu nous donner, pendant une, deux, trois, cinq années…

NB on consultera avec profit le site Jump the shark, qui recense, par vote des internautes, la saison exacte où votre série a « sauté sur le requin », ou, en bon français, est devenue irregardable…




dimanche 30 décembre 2007


La Nuit Nous Appartient
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Au risque de me fâcher avec toute la critique post-moderne qui rôde aux alentours, sur le net ou dans la presse, La Nuit Nous Appartient est un film raté. Et la déception est d’autant plus grande qu’avec un type comme James Gray, on est dans la Premiere League, et pas chez un obscur tâcheron sorti des griffes de Miramax. James Gray, c’est Monsieur Little Odessa, Monsieur The Yards (déjà un peu en dessous). Mais là, pscchhttt !, comme on disait avant la sarkosie.

Précisons tout de suite que c’est superbement filmé et photographié, on se croirait chez William Eggleston, la musique est superbe, les acteurs géniaux. Y’a juste deux problèmes, le scénario et les dialogues.

L’argument n’est pas ridicule : Bobby (Joaquin Phoenix) est propriétaire d’une boîte branchée à la fin des années 80. Il se défonce et s’éclate avec sa girlfriend portoricaine (Eva Mendes). Mais il est vite sommé de prendre parti : soit rester avec les malfrats et plonger dans le trafic de drogue, soit rejoindre sa famille (son père et son frère sont policiers) et devenir un indic. Il optera finalement pour la seconde solution et finira même par… vouloir s’engager dans la police (Sic) qui… l’accepte (re-sic !) On file un badge à l’ex-drogué, au bad boy, et il se met quasiment à diriger l’enquête ! Déjà, quand le père – parti à la retraite – avait repris l’enquête, on avait froncé les sourcils, mais là ça commence à piquer les yeux… Sérieusement, on ne peut plus faire des films comme ça ! Le Justicier dans la Ville, les premiers Eastwood, passe encore. Mais aujourd’hui, ce n’est plus acceptable, c’est du cinéma de papa !!! Il n’a pas la télé, James Gray ? Il n’a jamais vu un épisode des Sur Ecoute? De NYPD ? Des Experts ? Il ne sait pas qu’on ne devient pas flic en 48h ? Que tous les truands russes ne sont pas obligés d’être tous habillés avec des cuirs noirs et de queues de cheval ? Qu’on n’invite pas un type qu’on ne connaît pas dans son labo où il y a toute la réserve de coke ?

Tout ça ne serait pas un problème si on était dans Batman : Robin a vu la scène du crime, le Commisioner Gordon lui fait jurer sur la Bible serment d’allégeance à la Police de Gotham City et hop, dans la Batmobile ! Mais là, on est loin de « l’opéra crépusculaire », le « drame shakespearien » que nous promet la hype parisienne depuis deux mois :

« Ce drame cornélien emprunte à nouveau le langage du polar mais aussi ceux du western et peut-être du film de samouraï, (…). Il constitue une éclatante leçon de mise en scène, mêlant réalisme et exacerbation formelle » POSITIF

« De la tragédie grecque aux récits bibliques, les paraboles du bon et du mauvais fils sont ici traduites en vertiges, ponctuant son affaire de scènes d’anthologie » L’HUMANITE

« les tourments psychologiques (…) sont exprimés par des acteurs parfaits (…) la mise en scène de James Gray (…) transcende ce polar aux relents de tragédie grecque. » LE MONDE

« Le brio du film est surtout d’avoir parfaitement transposé l’aspect shakespearien de cette histoire de rivalité et de loyauté dans un contexte précis » TELERAMA




mercredi 26 décembre 2007


Je Suis Une Légende
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Je ne vais pas vous faire perdre du temps, Je Suis Une Légende est un nanard, un vrai, comme on n’ose plus en faire depuis L’aventure du Poséidon. Donc, et comme il n’y pas de temps à perdre, entre La Boum 2 sur TF1 et Un Noël de Chien sur M6 (dans 20 mn !!) , je vous la fais courte. N’y allez pas !

Pourtant, c’est dans la GCA que le Professore fait son miel, et évidemment, plus c’est con, plus c’est bon ! Parce qu’il y a de quoi dire quand même, surtout quand on est dans de la GCA-QPPHQSC (la Grosse Connerie Américaine Qui Pête Plus Haut Que Son Cul). A opposer, bien sûr, à la GCA-QA (la GCA Qui Assume). On aura, espérons-le, l’occasion de vérifier cette intéressante théorie, pas plus tard que le 2 janvier prochain, quand sortira Alien vs Predator II – Requiem, qui fait évidement partie de la deuxième catégorie.

Mais revenons à nos moutons, en l’occurrence Will Smith – Robert Neville. Disons-le tout net, Robert, c’est le gendre idéal : riche (appart’ sur Washington Square), beau (Robert continue la muscu même après l’apocalypse), père aimant (même si il abandonné sa famille pour sauver l’humanité « This is Ground Zero, this is my site !! »), chrétien fervent (un p’tit Amen , et hop, dans l’hélico !), militaire, patriote et même… chercheur !

Ca a beau faire trois ans que New York est transformé en zoo géant le jour, et en Nuit des morts Vivants la nuit tombée, mais notre Robert continue ses recherches dans sa cave pour trouver le vaccin qui sauvera l’humanité.

Comme il a du temps libre, il s’est concocté un planning au petits oignons, qu’il respecte méticuleusement (on se rend compte rapidement que le gendre idéal pourrait vite se transformer en vieux garçon casse-couilles.)

Donc, au programme : shopping, petit tour au video-store (je rends Les Affranchis (bon choix, mon Bob !) et je discute avec les mannequins que j’ai installé là pour me tenir compagnie, parce que je vais pas bien dans ma tête, quand même ! Le soir, je cuisine pour ma chienne, et je fais le ménage, parce qu’apocalypse ou pas, l’appart’ de Robert est nickel. (On se demande s’il n’a pas payé une zombie au black pour venir faire du repassage… )

L’intrigue avance ainsi, au rythme mollasson d’un escargot mort-vivant, malgré quelques bonnes idées (le piège, le golf), mais contrebalancé par des scènes de baston peu crédibles, vu la gueule des zombies, tellement 3D qu’on se croirait dans Shrek. On n’a pas peur une seconde…

A la fin, Robert rencontre une nana, immunisée comme lui, ethniquement correcte comme lui (il est black, elle est latino), mais attention, pas de crac-crac en vue. Quand notre Bob est vraiment désespéré, il se tape pas la première survivante venue, non ! Il préfère parler au mannequin en plastique du videostore, au rayon… des films pornos (authentique !).

Au final, on découvrira une petite colonie de survivants qui vit dans le Vermont, eden originel US (les Pères fondateurs, le Mayflower, l’endroit où tout peut (re)commencer, au cœur de l’été indien qui fait un joli effet de couleurs et de lumières). La colonie ressemble furieusement à ces gated communities qu’on érige un peu partout en Floride pour les seniors qui ne veulent pas s’encombrer avec des noirs ou des jeunes, ou les deux. Donc, suivez mon regard, on recommence les Etats Unis d’Amérique comme au début, mais avec les Nouveaux Américains. Mais bon, c’est l’apocalypse, on va pas chipoter.

On le comprend, on est loin de Seul au Monde, avec Tom Hanks (film jusqu’au boutiste dans le trip Je Suis Tout Seul, Le Spectateur Aussi), loin de La Guerre des Mondes où Spielberg, avec les mêmes scènes, fait naître l’horreur absolue de l’extermination, et même très loin du bon film de zombie, qui cherche d’abord à distraire. Plantage donc sur toute la ligne, hormis les images, toujours troublantes, de New York détruit.

PS : et pour corroborer ma théorie antibritannique, le méchant virus est inventé (par erreur, certes, mais tout de même) par une scientifique… britannique ! (Emma Thompson) Donc, si on résume : tout commence à cause des rosbifs, et finit là où nous nous sommes affranchis d’Eux…




samedi 15 décembre 2007


Dans l’espace, personne ne vous entend pleurer…
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Intéressante anecdote racontée l’autre soir sur Arte, dans un très éclairant documentaire sur notre Jean Giraud – Gir – Moebius national. Réuni autour du premier projet d’adaptation de Dune, on trouvait en 1975 quelques pointures : Jodorowski à la réalisation, Dan O’Bannon au scénario, Moebius, Chris Foss et Giger à la direction artistique.

Après des mois de travail, les financiers abandonnent le projet avant qu’une seule scène ne soit tournée. Chacun réagit à sa façon : O’Bannon pleure toute la journée, quand Jodorowski décide de ne verser « aucoune larme pour ces imbécillles qui n’ont pas vôu laa chef d’œuvre que nous allions réaliser ! ».

Mais O’Bannon se console d’une étrange façon : il écrit immédiatement un autre script, une histoire d’ouvriers de l’espace, des rêveurs (c’est ainsi qu’ils sont décrits dans la novellisation tirée du film), qui se font dévorer, un par un, par une bête immonde qui pousse à l’intérieur de leur estomac. Ce film s’appellera bientôt Alien, designé par Moebius, Chris Foss et Giger.

Ensuite, à Métal Hurlant, Moebius s’emparera d’un vieux scénario de Dan O’Bannon (The Long Tomorrow), qui deviendra L’Incal, LA BD de référence de Moebius/ Jodorowski, mais qui sera aussi l’inspiration du prochain film d’O’Bannon, un certain… Blade Runner.

Il est des refus qui sont féconds, non ?




samedi 15 décembre 2007


Dans la Vallée d’Elah
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Je sais, je suis un peu en retard sur celui-là, mais les films de Paul Haggis (Collision) mettent toujours un peu de temps à me séduire. Celui-là en fait partie. C’est un mélo remarquable, car discret, lent prudent. Pas d’effusion, à l’image du père (formidable, comme toujours, Tommy Lee Jones), quand on comprend que le fils est mort. Paul Haggis prend son temps pour faire pleurer, évite les moyens les plus vulgaires, et pose tranquillement ses personnages : le père, la mère, la flic.

Seul reproche : on en attend un peu plus, sans trop savoir quoi : une révélation ? un complot ? Ce petit plus ne viendra pas. Mais vaut quand même le déplacement.




samedi 15 décembre 2007


I’m Not There
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Il est des films que l’on attendit comme le messie : Dune, Le Seigneur des Anneaux, Full Metal JacketI’m Not There fait partie de ceux là : un film sur le grand Bob, et un film de Todd « Velvet Goldmine » Haynes. Au programme, un film expérimental et alléchant : raconter la vie multiple de Dylan au travers de six acteurs, dont un enfant noir et une femme… Bonne idée sur le papier, qui malheureusement peine à se concrétiser sur l’écran. Si ce parti pris est totalement adapté à l’œuvre et à la geste dylanesque, il se prête mal à une narration soutenue. On nous propose donc un sublime kaléidoscope de 2h15, avec des performances d’acteurs (Richard Gere, Cate Blanchett, Christian Bale, Heath Ledger, etc.), mais à la fin, que reste-t-il ?

J’étais avec un ami, peu familier de la vie de Robert Zimmerman. Résultat : il n’a rien compris et s’est bien ennuyé ! Pour ma part, hormis le petit jeu des devinettes comme autant d’événement bibliques dans la vie de St Robert (ah oui, Julianne Moore, c’est Joan Baez !? et là c’est l’Accident de Moto ?! Et La Rencontre Avec les Beatles !!), je suis sorti déçu. La technique du cut-up (je prends le journal, je le coupe en quatre, j’accole les morceaux aléatoirement et je regarde ce que ca donne) peut permettre d’écrire le Festin Nu, ou « Shakespeare, he’s in the alley, with pointy shoes and his bells », mais au cinéma, bizarrement ça ne passe pas. On s’ennuie. Trop de texte, trop de musique. Images sublimes, mais trop de respect, finalement, pour Dylan.

Car si Velvet Goldmine est aussi réussi, c’est d’abord parce que Haynes écrit contre Bowie, qu’il défend une thèse, celle d’un Bowie traître, passé de la gauche décadente homo à la droite la plus extrême, adepte du gay-bashing. C’est aussi parce qu’il décentre son sujet, faisant semblant de centrer son film sur le fan (Christian Bale), plutôt que sur Bowie (Jonathan Rhys Meyers). Au final, Bowie interdit très logiquement Haynes d’utiliser une quelconque musique, obligeant par là même Haynes à faire composer de la musique « à la manière de ».

Ici, il a eu l’accord de Dylan, et finalement, ça se voit. Comme disait Machiavel : « Comme pour peindre une montagne, il faut être dans la plaine, pour juger un prince, il faut être peuple ». C‘est à dire, loin.




lundi 10 décembre 2007


Playlist du Professor Ludovico
posté par Professor Ludovico dans [ Playlist ]

MP3: April march (Chick Habit), Arcade Fire (No Cars Go); Livre : François Bon (Bob Dylan), René Girard (Achever Clausewitz, mais je rame!), Série : Les Sopranos, bien sûr!!!




samedi 8 décembre 2007


American Gangster
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Qu’y a-t-il de plus terrible que de s’ennuyer au cinéma ? Rester coincé deux heures dans le noir ce n’est pas une vie ! On n’est pas devant un DVD, ou devant une série, on ne peut pas déclencher une mutinerie et abandonner le navire !! Ici, on reste à bord avec le capitaine Scott !

Je partais avec un fort a priori négatif, ce qui est finalement, le meilleur état d’esprit pour aller voir un film, non ? On ne peut qu’être agréablement surpris, non ? Surpris, je le fus, car Captain Scott ne sombre pas ici dans ses habituels défauts (mise en scène gonflée à la coke et direction artistique de nouveau riche). Non, ici, c’est plutôt soft, effacé, mais qu’est-ce qu’on s‘emmerde ! Ce n’est pas à proprement parler un mauvais film : très bien filmé, des acteurs épatants, un scénario intéressant… Mais c’est juste qu’American Gangster ne décolle jamais, et qu’on a déjà vu ça 100 fois, 100 fois mieux ailleurs : le petit gars qui reprend le business (Le Parrain I, II & III), l’affrontement viril mais correct entre flic et gangster (Heat, Sur Ecoute), l’héro qu’on va chercher en Thaïlande (L’Année du Dragon), le flic qui détruit sa vie (les mêmes)… Bref rien de nouveau sous le soleil. A voir un jour de pluie sur RTL9.




dimanche 2 décembre 2007


Le paradoxe de l’argent
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Suite à une remarque sur le cinéma français, j’ai soudain eu la révélation du paradoxe suivant : l’Amérique n’a pas de complexe avec l’argent, mais renâcle à le montrer au cinéma, tandis que notre cinéma hexagonal propose à l’écran des héros bourgeois, dans un pays où, pourtant, il est tabou de dire combien l’on gagne.

Je n’ai pas d’explication particulière à ce phénomène, il s’agit surtout d’une constatation. Chez nous, il n’y pas de honte d’être médecin, avocat, prof… On se moque parfois des riches, comme dans Le Dîner de Cons, mais ça reste anecdotique.

Dans le cinéma américain, le méchant est souvent très riche ; le héros systématiquement middle class. Un bon exemple, c’est Colombo, le brave type qui propose son bon sens et sa bagnole pourrie (et française) face aux riches de Beverly Hills qui opposent eux, crimes, mensonges et trahisons…

Dans les GCA, le méchant est toujours très riche et fomente un complot visant à l’être plus encore… Les profs, et en général ceux qui représentent l’autorité, font souvent problème : ridiculisés (comme dans Ferris Bueller), les patrons sont souvent imbus d’eux-mêmes et chantres du mauvais goût (Heroes, Les Sopranos. Un autre exemple, c’est Batman : très riche, (mais philanthrope !), il apparaît coincé quand il est en costume de riche, mais à l’aise en super héros : l’habit ferait il le moine ?




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