[ Les films ]



mardi 26 juillet 2005


L’interprète
posté par Professor Ludovico

Voilà donc le dernier Sidney Pollack, en petite forme ces jours-ci, et dont on sait qu’il a eu beaucoup de mal à monter ce projet. Nicole Kidman est interprète à l’ONU. Elle a entendu quelque chose qu’elle n’aurait pas du entendre au sujet de l’assassinat programmé d’un chef d’état africain, et un flic (Sean Penn) ne sait pas s’il doit la croire ou la soupçonner .

Au rayon des bonnes nouvelles, l’intrigue est plutôt bien menée, rebondissante à souhait et filmée à l’ancienne : on aime. Le background politique, assez réaliste et plutôt intéressant, est d’un niveau au-dessus de la production standard US.

Au rayon des moins : le mélo adjacent passe mal, avec les deux tragédies concomitantes des héros : clairement, c’est too much ! Les acteurs en font des tonnes, et on regarde sa montre…

Mais ça reste visible…




dimanche 24 juillet 2005


La moustache
posté par Professor Ludovico

N’est pas David Lynch ou Stanley Kubrick qui veut. Emmanuel Carrère en fait la preuve avec l’adaptation de son roman au grand écran ; passionné par les histoires schizophrène (L’adversaire, sur l’affaire Roman, ou Je Suis Vivant Et Vous Etes Tous Morts, la formidable biographie de Philippe K. Dick) cela n’en fait pas forcément un grand cinéaste.

Un homme s’est rasé sa moustache (Vincent Lindon). Sa compagne, Emmanuelle Devos, ne semble pas s’en apercevoir. Et laisse même entendre qu’il n’a jamais eu de moustache … qui dit vrai ? Errant entre fantasme et réalité, ce genre d’histoire ouvre bien des abîmes, d’Eyes wide Shut à Mulholland Drive.

Mais là, point de Tom Cruise, et pas de Naomi Watts. Il y a là erreur de casting : Emmanuelle Devos, qui peut être excellente chez Desplechins (sauf le dernier, Rois Et Reines), est ici à contre emploi. Idem pour Lindon. Il faut des comédiens d’une autre trempe, au bord de la folie, des Nicholson, des Cruise, il faut un roc de pierre ; on a droit qu’à des gens comme vous et moi, et ca ne peut pas passer…

La mise en scène, de même, est faible , et trop proche d’une dramatique de France 2 pour soutenir le rythme.

Au rayon des bonnes nouvelles, on notera enfin une fin ambitieuse, et une excellente musique, et pour cause, c’est le concerto pour violon de Philip Glass…

Bref, à voir, s’il n’y rien d’autre.




dimanche 24 juillet 2005


Halloween, ou l’art du cadre
posté par Professor Ludovico

La vision –récente- de « Halloween, la nuit des masques », m’amène, ponctuellement, à prendre la place du Snake pour commenter l’œuvre du Maître : John Carpenter himself.

Je n’avais jusque là que peu d’admiration pour Carpenter (Christine, Les aventures de Jack Burton et les mémoires de l’homme invisible, une filmographie, j’en conviens, un peu décalé pour l’homme d’Halloween et de New York 1997).

Mais j’avoue avoir été bluffé par Halloween, et surtout son art consommé du cadre. En permanence, le spectateur cherche dans les angles une ombre, un souffle de vent qui pourrait trahir la présence de Michael Myers, le tueur fou de la série.

Pendant une heure et demie, alors que l’intrigue est extrêmement mince (deux baby sitters ne pensent qu’à baiser et regarder The Thing* à la télé pendant que le tueur rode dans l’ombre), John Carpenter laisse traîner sa caméra, et terrorise la spectateur qui cherche partout où est ce %¨+°’/*-+ !!! de tueur.

Tantôt présent tantôt absent, tantôt apparaissant en bord cadre, tantôt sortant par une zone d’ombre avec l’ironie dramatique si spécifique aux films d’horreur (nous savons, alors que l’héroïne ne sait pas) Carpenter va jouer au chat et à la souris avec nos frayeurs.

Réaliser cela avec simplement le cadre de sa caméra et de la musique du film, relève du chef d’œuvre…

* version Nyby/Hawks bien sûr …




samedi 23 juillet 2005


Vous n’avez plus d’excuses ! « Sur Ecoute » (The Wire) sort en DVD !!
posté par Professor Ludovico

la suite démain…




jeudi 14 juillet 2005


Easy Riders, Raging Bulls pour les Nuls
posté par Professor Ludovico


Un livre de Peter Biskind (en français Le Nouvel Hollywood)
Un documentaire existe aussi en DVD

Considérant que cet ouvrage étant une œuvre majeure pour comprendre le cinéma et les cinéastes que nous aimons à Cinefast, je me propose d’en faire une synthèse rapide, qui vous permettra à la fois de ne pas le lire en français, où, pour des raisons juridiques, vous raterez les meilleures pages*, et quand même de briller en ville. Il est comme ça, le Professor Ludovico.


L’histoire

Peter Biskind, rédac’ chef du Premiere US, s’attache à retracer le cinéma hollywoodien des 70’s, d’Easy Rider à Raging Bull. Pour cela, il analyse la genèse des principaux films de cette période, tout en présentant leurs concepteurs : Easy Rider (Dennis Hooper ), Le Parrain (Coppola), Star Wars (Lucas), Les Dents de la Mer (Spielberg), Bonnie and Clyde (Arthur Penn) et bien d’autres acteurs de cette grand tragédie : Nicholson, Hal Asby, Robert Altman, Warren Betty, Peter Bogdanovitch, Brian de Palma, Martin Scorcese, Roman Polanski, Robert Evans, etc.


La thèse

A la fin des années 60, le cinéma hollywoodien est malade. Dirigé par des vieux en bout de course (Jack Warner, par exemple), il ne produit plus de film en adéquation avec son public. D’autant qu’à l’extérieur, la révolte gronde : émeutes raciales à Watts en 65, Mai 68, etc. Les jeunes réalisateurs, étouffés par les studios, n’en pincent que pour la Nouvelle Vague : Truffaut, Godard, qui réalisent des films géniaux avec trois francs six sous en utilisant caméras et matériels légers, en dehors de la structure des studios. Ils décident de faire de même, et Bonnie and Clyde est l’un de ces premiers projets. Les patrons des studios n’y comprennent rien, mais le film fait un carton. Les studios signent alors tout jeune réalisateur qui se présente : Dennis Hopper par exemple a beau être sous acide, se balader avec des flingues et avoir les chevaux longs, son film est produit et fait aussi un carton.

La jeune garde prend donc le contrôle de Hollywood et bouscule même la hierarchie inamovible des studios : la producteur n’est plus au centre, les pleins pouvoirs sont confié au réalisateur, seul maître à bord après dieu.

Deuxième révolution : les sujets. Elevés à l’école Corman, qui produisait des séries B à petit budget sur des araignées géantes ou des films de Hell’s Angels, la jeune garde fait du film d’exploitation destinées aux ados. Mais il le font maintenant avec budget et avec talent : American Graffiti, Les Dents De La Mer, Star Wars. Et ça marche : ces séries B deviennent les records d’entrées de tous les temps pour hollywood. Les Dents De La Mer, avec ces 100M$ de recettes sera désormais le standard de l’industrie.

Et puis vint la chute…

Car en faisant cela, les réalisateurs scellent leur propre perte. En 10 ans les studios apprennent, comprennent que leur public a changé, et se calent sur ces nouveaux standards. Avec les années 80, la jeune garde sera lessivé par les échecs (New York New York pour Scorcese, One From The Heart pour Coppola, Heaven’s Gate pour Cimino), par la drogue (Hashby, Scorcese), les femmes (Bogdanovitch, Polanski). Elle sera remplacée par des producteurs, signifiant ainsi symboliqument la défaite absolue de cette décennie. Les Bruckheimer, les Simpson, qui commenceront leur carrière au milieu des années 70, prendront le pouvoir dans les années 80 en appliquant les recettes mises en place par leurs aînés : public ado ciblé en priorité, gros moyens, scénario simplifiés et stéréotypés… mais c’est une autre histoire…

*en France si l’on écrit que Jack Nicholson se shootait toute la journée, on peut être attaqué pour diffamation, même si c’est vrai. Aux USA, on a droit de l’écrire au nom de la liberté d’expression, même si c’est faux.




mardi 12 juillet 2005


Actu au 12 juillet
posté par FrameKeeper

La guerre des Mondes: sur le papier, Cruise, Spielberg et Wells, désolé mais ça ne me faisait pas rêver.. certes le « Dernier Samouraï » était très respectable, « Soldat Ryan » est un chef-d’oeuvre et « the time machine » a marqué mon enfance cinématographique mais dans l’ensemble ces trois-là me font rarement décoller et la première version ciné de ce livre ne m’avait guère emballé… Et bien le Cinéma n’est décidemment pas une science exacte car au final, je suis sorti de la salle:
– totalement stressé et lessivé par une maîtrise de la tension dramatique absolument remarquable
– passablement intrigé par deux ou trois scènes improbables a priori riches de sens … qui reste cependant à reformater..
La suite au prochaine épisode mais en attendant, allez-y.

Le courage d’aimer: le couple c’est l’art du compromis durable et ça passe donc par un Lelouch tous les deux ans. Celui là est dépouillé, maîtrisé, peu urticant, mais dépourvu de ce qui fait normalement le succès de son cinéma.. à savoir l’histoire (la belle histoirrrre) C’est pas grave, Michel Lebb est super et le sosie de Dany jeune aussi… Possible un dimanche après-midi vers 16h pour se rattraper avec un autre film au cas où.

Profession Profiler: les dix petits nègres version FBI .. pas vraiment flippant, pas vraiment attachant, pas vraiment désagréable… Possible après le Lelouch mais bon.. pas le film de l’année.. ni du mois.. « SAW » était quand même beaucoup plus chiadé mais il est vrai assez insoutenable par moment…




mardi 12 juillet 2005


Ghost in the shell 2
posté par FrameKeeper

A Cinefast, nous ne sommes pas de ceux qui pensent qu’une suite est nécessairement moins bien que la première partie d’une oeuvre. Par exemple, la suite de Star Wars, soient les épisodes 4 à 6 donc, sont même très supérieurs à la première partie… Et confiant dans notre postulant iconoclaste, nous avons programmé un visionnage de groupe (avis à l’ADAMI, nous étions 3 et tous amis) de Shell in the Ghost part 2, l’un d’entre nous ayant même classé la part one dans ses 10 best films de l’année à l’époque… Bon, le Cinéma n’est bien sur pas une science exacte… mais dans l’ensemble, si Ghost part 1 était beau et un peu bavard, Ghost part 2 est très beau, avec 20 mn super beau, mais très très bavard. D’un autre côté, me direz-vous, ça permet de réviser le programme de philo de 1ère … certes … mais quand on a déjà son bac … en plus y’a plus de personnage féminin… et très peu d’action… En revanche, une palme des Alpes Maritimes pour le making off qui nous a fait mourir de rire (il était tard) et qui à mon avis fera date dans l’histoire de la coiffe masculine… Sans rancune Oshii-San, il y a tout de même des moments magiques mais mon coeur appartient à Princesse Mononoke…
Moralité : quelque soit la distance parcourue, l’âne ne devient pas un étalon.. (ça pourrait être la devise de Clint Eastwood ça… faut que je fasse gaffe)




dimanche 10 juillet 2005


The Kid Stays in the Picture
posté par Professor Ludovico

Oyez oyez, brave gens la formidable histoire de l’éminent Robert Evans !

Playboy, acteur raté, l’Homme qui vouait être Producteur le devint, et avec quel palmarès:Love story, Le parrain, Chinatown, Rosemary’s baby, Cotton Club, Marathon man

Un documentaire pour une fois réalisé de manière innovante (il se base seulement sur le livre audio réalisé par Evans lui-même, suite à l’autobiographie au titre éponyme) et qui « anime » des photos d’époque de manière à réellement illustrer l’histoire, The Kid Stays in the Picture vient apporter sa nouvelle pierre à la Formidable Histoire d’Hollywood.

On y retrouve tous les composants essentiels à ce genre à part entière qu’est le Film-sur-Hollywood : du cinéma, des patrons excentriques (Charlie Bludhorn, de la Gulf + Western restera dans les mémoires) ; des amitiés viriles (Polanski, Nicholson) ; la love story qui ne dure pas (Ali Mcgraw), de la drogue, et au final, des palaces abandonnés recouverts de feuilles mortes au cœur de Beverly Hills.

A ne pas manquer, si vous avez aimé Easy Riders, Raging Bulls ou Sunset Boulevard




mardi 5 juillet 2005


Actu au 5 juillet 2005
posté par FrameKeeper

Des nouvelles du Front ?

Crazy Kung Fu: vous êtes, comme moi, tombé du fauteuil de rire en regardant un peu avant 3 h du matin, sur Canal improbable, Shaolin Socker ? Alors vous pouvez allez sans crainte voir Crazy Kung Fu, c’est aussi délirant et même, à mon sens, plus réussi. En vrac, quelques acteurs qui valent leur pesant de nunchakus, des effets spéciaux sans retenue, une scène de pur burlesque irrésistible (ceux qui ont vu bad boy 2 et repéré la scène délirante insérée dans ce BB par ailleurs sans surprise me comprendront)… bref à voir juste après BatMan et bien avant l’interprète ou Sahara.

Cursed: règle n°1: toujours aller voir les films de Wes CRAVEN. Par devoir de mémoire bien sur et puis, parce qu’à la différence d’autres grands noms, il ne laisse jamais les clefs à son décorateur ou son chef opérateur et veille toujours à secouer un peu ses scénaristes.. Bon, on n’a pas tous les jours le bonheur de réécrire LA CONFIDENTIAL mais tout de même ça fait mieux que tenir la route… Et puis comme toujours, le jeu des plans « citations références » mais sans prétention, et comme toujours encore les acteurs américains se ramassent à la pelle et cette fournée là n’est pas mal du tout . Bon loup-garou.




mardi 5 juillet 2005


Deep Impact
posté par Professor Ludovico

Certains m’écrivent en ce moment pour s’étonner que la mission en direction de l’astéroïde se nomme Deep Impact, comme l’excellent film de Mimi Leder, qui concurrença un temps Armageddon.

Je rappelle que ce phénomène n’est pas nouveau : la première navette ne fut elle pas baptisée Entreprise, comme le célèbre vaisseau de Star Trek ?




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