[ A votre VOD ]

Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



mercredi 7 janvier 2009


Breakfast at Tiffany’s
posté par Professor Ludovico

Dans l’industrie de prototypes qu’est le show business, Diamants sur Canapé, c’est plutôt le modèle de série, le moule originel de la comédie romantique, tendance acidulée : Pretty Woman et tous les autres.

Même si le ton de ce Breakfast a vieilli, même si le doublage en français nasillard est insupportable, le fond reste là, et le charme incroyable, insolent, ensoleillant, de Mademoiselle Hepburn nous éclaire pour toujours. Le starpower à l’état pur.

Ils sont très peu, sur l’Olympe hollywoodienne, à avoir un ainsi une influence si durable sur nos vies. Cinquante ans après, les jeunes bourgeoises veulent toujours, sans le savoir, capturer un peu de l’essence d’Audrey H.

Le cinéma a toujours eu cette vocation de modèle social, de guide fashion : dans l’exposition « Des Parisiens sous l’occupation », on faisait le parallèle entre un quidam à la Foire du Trône, clonant l’acteur à la mode du moment.

Aujourd’hui, pareil : toutes les filles veulent ressembler à Audrey Tautou, et tous les garçons à George Clooney.

Le cinéma, c’est notre miroir.




lundi 5 janvier 2009


Hollywoodland
posté par Professor Ludovico

Ça, c’est le menu-type du CineFaster : petit film US sans promo, bref, un bon truc à mâcher pour le snobinard que je suis.

A l’intérieur, deux cacahuètes « spécial Professore » : la première, c’est Adrien Brody, peut être le meilleur acteur de sa génération (La Ligne Rouge, Le Pianiste, Darjeeling Limited). Ici, il campe un privé à la Chandler, dans l’Hollywoodland corrompu des années 50. L’autre cacahuète, c’est ça, bien sûr, le sujet en or : Hollywood, grandeur et décadence de l’Usine à Rêves.

Based On A True Story, pourtant : celle de George Reeves (Ben Affleck, parfait), qui incarna Superman à la télé et finit par se tirer une balle dans la tête. Mais Allen Coulter (réalisateur TV dans le gratin des séries US) ne tombe pas dans le piège ; il ne raconte pas l’histoire de George Reeves, mais bien celle du privé, personnage auquel on peut s’identifier. Et il prend un malin plaisir à enchaîner les versions (suicide, accident ou complot ?), pour démontrer au final que cela a bien peu d’importance.

Si vous tombez dessus, vous savez ce qui vous reste à faire.




samedi 3 janvier 2009


La Vengeance dans la Peau
posté par Professor Ludovico

L’opus final de la trilogie Jason Bourne est excellent, mais il faiblit sur la fin, ne fournissant qu’une conclusion rapide et baclée sur les motifs et modi operandi de l’organisation Treadstone.

Mais surtout, c’est un saut qualitatif que fait effectuer Paul Greengrass à la franchise et à tout le cinéma d’action en général. Après avoir vu La Vengeance dans la Peau, difficile de voir les autres films d’actions du même œil.

Greengrass, connu pour ses excellents films à la limite du documentaire (Bloody Sunday, United 93) apporte ce regard « réaliste » à un scénario qui, dans le fond, l’est très peu. Greengrass n’est pas le premier à se la jouer « camera portée », mais dans La Vengeance dans la Peau, il porte cet effet de style à son paroxysme. On est juste derrière Jason Bourne, on est Jason Bourne à Madrid, à Paris, à Tanger. Tout le dispositif est cohérent : tourné en décors naturels, cascades réalistes, le film d’action est passé dans une nouvelle ère.

A voir, rien que pour ça.




jeudi 1 janvier 2009


Shaolin Soccer
posté par Professor Ludovico

La nuit du 31, je fais tout pour ne rien faire. C’est dès 20h30 que je me suis glissé sous la couette pour regarder Shaolin Soccer. J’ai donc raté le Gui, « la Bonne Année tout le monde ! », mais aussi Sebastien, qui apporte la Culture aux Masses Populaires sur France Télévisions.

Bon ben Shaolin Soccer, c’est pas terrible, ça donne même envie de dormir. Intrigue minable, personnage grimaçant à tout bout de champ, happy end attendue, il faut être très fan de cinéma asiatique pour trouver ça intéressant. A réserver uniquement le 31.




mardi 30 décembre 2008


Kubrick, l’intégrale
posté par Professor Ludovico

Qui est vraiment Stanley Kubrick ? Y’a-t-il auteur plus mystérieux aujourd’hui ? Adulé par les cinéphiles, films connus du grand public (« Ah bon ? C’est aussi lui qui a fait Barry Lyndon ? »), jamais vraiment détesté mais le plus souvent incompris…

A leur sortie, la presse trouve toujours ses films moyens, puis elle les comprend, et dix ans après, elle les trouve géniaux. Le contraire de Woody Allen, en somme. Quelques exemples : Full Metal Jacket, considéré comme très en dessous de Platoon, réévalué depuis ; Shining, un Kubrick « trop commercial », 2001 « incompréhensible », mais considéré aujourd’hui comme chef d’œuvre du cinéma, Barry Lyndon, « joli » mais « inintéressant »… jetez un coup d’œil à votre programme télé : tous ces films sont désormais encensés.

Côté récompenses, c’est pareil. Pas un Oscar, pas un César, pas une Palme des Alpes-Maritimes !

Mais qu’a fait SK pour mériter un tel traitement ? Que lui reproche-t-on, au juste ? Sa carrière, peut être… parce que finalement, c’est sa plus grande œuvre : tous ses films ont été des succès financiers, qui peut en dire autant ? Pas un film n’est sorti hors délais ou hors budget (quoi de plus important, selon les critères hollywoodiens ?)

Osons le dire : si Kubrick est nul, c’est dans le people. Sa vie n’est pas intéressante : deux femmes seulement, pas de cul à la Polanski, pas de destin tragique à la Kazan, pas de corps à corps titanesques contre les studios à la Orson Welles.

Kubrick a souvent dit que les histoires qu’on racontait sur lui (peur des voitures, « réclusion » en Angleterre, répétitions interminables) étaient une façon pour la presse de combler le vide. Un vide créé par sa propre volonté de ne pas communiquer avec la presse. Rappelons qu’il ne s’agissait pas là d’une coquetterie Garboesque, mais bien d’une volonté artistique « Un film se vit en salle, entre le spectateur et l’œuvre : l’expliquer ne sert à rien ; pire cela le dessert. »

Non, Kubrick n’est qu’un artisan, maniaque et travailleur, à l’abri dans son atelier au fin fond de la campagne anglaise, peaufinant ad vitam æternam ses films. Mais aussi, s’assurant, une fois sortis, de leur diffusion en salles, et à la télévision.

La réhabilitation du Grand Homme sera donc la grande cause CineFastienne de 2009. Puisqu’on ne peut parler de lui, nous ne parlerons que de l’œuvre, film par film.

Autant commencer par le plus dur : le dernier. Les 10 ans de latence kubrickienne sont passés, le film peut désormais être abordé sans complexe et sans passion. Car Eyes Wide Shut traîne les habituels boulets kubrickiens : incompris à sa sortie (en 1999), malgré un buzz assourdissant (les Cruise-Kidman « emprisonnés » à Shepperton, les scènes de partouze, la mort de Kubrick et les questionnements légitimes sur la définitivité du montage), Eyes Wide Shut reste encore un mystère.

C’est à ce mystère que nous allons nous attaquer.

Toutes les chroniques :

Eyes Wide Shut
Full Metal Jacket 
Shining
Barry Lyndon (à venir)
Orange Mécanique 
2001, L’Odyssée de l’Espace
Dr Folamour
Lolita (à venir)
Spartacus (à venir)
Les Sentiers de la Gloire
L’Ultime Razzia 
Le Baiser du Tueur 
Peur et Désir




dimanche 7 décembre 2008


Alias
posté par Professor Ludovico

C’est pas pour moi, Alias. Je voulais voir ce que JJ Abrams, créateur de Lost, futur réalisateur de Star Trek, avait dans le ventre. Mais Alias (en tout cas le pilote) est trop popcorn pour moi. Karaté, filles au cheveux rouges type 5ème élément, conspirationnisme, le tout dans des décors peu crédibles (usine abandonnée, palais coréen avec chambre de torture au sous-sol, tout ca est très James Bond Old school.

« Hot chick kicks ass« , un petit canon pour botter les méchants, telle est la promesse d’Alias.

Promesse tenue.




mercredi 3 décembre 2008


Othello
posté par Professor Ludovico

Depuis quelques années, je vais de plus en plus au théâtre. Quand je dis de plus en plus, attention, ça veut dire deux fois par an. Vieux réflexe d’étudiant, j’ai toujours trouvé le théâtre trop cher, trop chiant, trop inconfortable. Plutôt le Publicis Elysée et ses fauteuils de ministre que le Théâtre du Vieux Colombier et ses fauteuils de nains.

Seul le grand Will me donne systématiquement envie d’aller au théâtre. D’abord qu’il est souvent incompréhensible à lire, alors que sa poésie devient limpide sur scène. Mais surtout parce que c’est un immense dialoguiste, et un super scénariste. Encore deux-trois pièces comme ça, et je le vois bien partir à Hollywood, le british ! Même si, il faut bien l’avouer, il a tout piqué à Hitchcock. Regardez Iago, le grand méchant de ce drame obamesque qu’est Othello : petit blanc jaloux (de sa femme, de son maître, des amis de son maître), voilà qu’il révèle son plan machiavélique des l’acte I. Et le spectateur de trembler, pourtant tout à sa connaissance de l’intrigue : Othello va tomber dans le piège, Desdemone va y passer, etc. Mais ca, c’est l’ironie dramatique : le spectateur a une longueur d’avance sur les personnages, et pourtant il tremble pour eux. Et s’il tremble pour eux, c’est qu’il est en totale empathie, qu’il les aime pour de bon, qu’il voudrait les toucher, leur parler : Desdemone, rebelle toi ! Othello, n’as tu pas mal placé ta confiance en Iago ? Ne devrais-tu pas, un instant, ecouter ton amour ? Iago, toi qui vois si clair dans le coeur des hommes, pourquoi fais tu tout cela ?

Que ces cordes, 400 ans plus tard, vibrent toujours, tient du miracle…

Comme beaucoup d’oeuvres de ce jeune dramaturge, Othello est déjà disponible en DVD (réalisé par un certain Orson Welles), mais la pièce se joue toujours au Théâtre de l’Odéon, avec un Michel Fau exceptionnel en Iago.




mercredi 19 novembre 2008


The West Wing, Saison 5
posté par Professor Ludovico

On a déjà dit, dans ces colonnes, tout le bien qu’on pense de la série feelgood sur les arcanes de la Maison Blanche. Humour, pédagogie, mélo, tout y est, avec en plus des acteurs formidables (Martin Sheen, Rob Lowe, entre autres). Et rappelons-le, un coffret de la saison 5 de A la Maison Blanche ne vaut pas plus cher que Loulou la Brocante ou Mafiosa, la nouvelle série mal jouée que nous inflige Canal+.

Le seul reproche qu’on peut faire à The West Wing, c’est qu’ils sont trop gentils. Même les méchants républicains ne veulent, finalement, que le bien de l’Amérique (et donc du monde, évidemment !)

La saison 5 corrige ce défaut en amenant un peu plus d’intensité. On avait cru, un moment, que la saison 4 pouvait être les prémices d’un déclin annoncé, mais il n’en est rien.

Cette nouvelle saison démarre sur les chapeaux de roues, mais surtout, elle invite un poison inconnu dans l’Aile Ouest : les conflits de personnes.

C.J., la fidèle porte-parole, a désormais du mal à suivre le propos présidentiel, Josh fait une grosse bourde et est puni, et la nouvelle recrue (Will Bailey) va vendre son CV ailleurs, etc.

Données classique de la série feuilletonnante, mais inédites dans l’univers ouaté de The West Wing. Faut-il mettre ce changement de pied au crédit de John Wells et Kristin Harms, les producteur s remplaçants ? Rappelons en effet que The West Wing a dû se séparer (ou du moins éloigner) son créateur Aaron Sorkin, pour cause de dépression et surmenage. Le pauvre démiurge – fait unique dans l’usine hollywoodienne – prétendait tout faire lui-même : écrire tout seul, produire tout seul. C’est pas à JJ « je délègue » Abrams que ça arriverait !

Bref, ce changement de direction ne fait pas de mal, puisque l’inspiration est toujours là.

A la Maison Blanche passe aussi anarchiquement sur France 2 et Série Club, donc faites-moi plaisir, jetez-y un coup d’oeil.

* Aaron Sorkin est d’abord un grand scénariste : Des Hommes d’Honneur (pièce puis film), Le Président et Miss Wade, et deux autres séries : Sportsnight, et Studio 60.




vendredi 7 novembre 2008


Quantum of Solace
posté par Professor Ludovico

« James Bond will return » nous informe le dernier plan du générique de fin ; comme si nous étions inquiets ! Comme si, après 22 films de la franchise, la famille Broccoli s’était lassée de se faire des Goldenballs !

Mais pour le Professore, James Bond vient de naître ! Depuis Dr No, le Professore a vu 4 films brocolis*; depuis Casino Royale, il les a tous vu !

Cet article pourrait d’une certaine manière se retrouver dans la rubrique « Pour en Finir Avec », qui, je le rappelle, est l’appareil critique sophistiqué où CineFast démonte les boursouflures cinématographiques. Mais comme il n’y a pas consensus au sein du conseil d’administration de CineFast, et notamment à cause de la motion A (dite « Framekeeper ») fait ressembler cette noble institution à un avatar du Parti Socialiste. Donc je ne m’exprime ici qu’en mon nom, bien sûr.

Je n’aime pas James Bond parce que j’adore les vraies histoires d’espionnage : La Maison Russie, Scorpio (un film des années 70 avec Delon et Burt Lancaster), Spy Game, Raisons d’Etat. Bref peu d’action, mais des coups tordus, de la manipulation, du cynisme. Pas de gadget, pas d’Aston Martin, et pas de roucoulade au champagne comme générique de fin.

Mais force est de constater, depuis le virage Casino Royale, que la franchise a pris un énorme coup de jeune. Moins de gadget, un contexte géopolitique crédible, des scènes d’action qui font physiquement peur, et le tout – miracle ! – sans perdre son âme. Mais surtout, c’est le personnage qui y a énormément gagné : un très bon comédien, Daniel Craig, qui incarne parfaitement l’ambiguïté de la virilité et de la fracture interne…

Ce Quantum of Solace (moment de répit) n’en est pas vraiment un, puisque ça bastonne de bout en bout. Il y a bien sûr quelques invraisemblances, mais globalement on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Alors, quand est ce qu’il return, ce Bond 23 ?

*James Bond contre Dr NO, Dangereusement Vôtre, L’Espion Qui M’aimait, Rien Que Pour Vos Yeux




dimanche 2 novembre 2008


Demonlover
posté par Professor Ludovico

Assayas, c’est une sorte de caricature Inrocks : musique de Sonic Youth, narration cyberpunk, mise en scène lysergique, et casting beautiful people (Connie Nielsen, Chloe Sevigny, Gina Gershon).

Eh bien bizarrement, la premier moitié du film est séduisante, dans sa description glacée du capitalisme moderne : business class, Evian, et amphétamines. On finit par trouver crédible (et terrifiant) le golden boy Charles Berling, et ces histoires de rachat de sites pornos japonais.

Mais la deuxième partie enfonce inexorablement le film : rebondissements incompréhensibles, violence injustifiée, et conclusion moralisatrice à deux balles (qui vit de l’épée périt par l’épée). Pire, on découvre l’incroyable naïveté d’Assayas sur son sujet (le porno SM, c’est pas bien !)

Ce film n’a que 6 ans, et il est déjà vieux…




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