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Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



vendredi 6 février 2009


The Wire, saison 4
posté par Professor Ludovico

Si on ne m’entend peu sur la 4ème saison de la meilleure série du moment, c’est d’abord parce que je la regarde à haute dose (un épisode par soir*). Ensuite, parce que c’est un peu plus faible (surtout un peu plus gentil) que d’habitude. Thème de cette saison : l’éducation. On suit les enfants, à Ecole municipale, et à l’école du deal. « Qu’apprennent-ils à l’école ? Mais à mieux dealer ! » s’exclame Colvin, un des personnages apparus Saison 3.

Le génie de Sur Écoute, maintenant qu’on en est à 46 épisodes (plus que 14 en stock), c’est son coté roman russe. Foisonnement de personnages, tout aussi riches les uns que les autres : pas de profondeur de champ dans The Wire. Ainsi, McNulty, la « star » des deux premières saisons, s’est effacé au profit des autres, sans complètement disparaître. Mieux encore, sa mutation inespérée est rendue crédible par son éloignement de l’intrigue principale. Peu de séries (sauf Oz, peut-être) ont aussi bien joué cette notion de troupe, au service de l’histoire.

Seul personnage récurrent : Baltimore, de son City Hall aux terribles corners de Calhoun st. Comme le dit Omar : « Quitter Baltimore ? tu n’y penses pas ! When you got a home, you got a home »

*Honte à ceux qui regardent plusieurs épisode de série d’affilée ! Un épisode par semaine, comme c’est diffusé là-bas !




jeudi 15 janvier 2009


Blade Runner
posté par Professor Ludovico

I’ve seen things you people wouldn’t believe.
Attack ships on fire off the shoulder of Orion.
I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser gate.
All those moments will be lost in time, like tears in rain.

Ah, magie de Blade Runner ! Magie toujours à l’œuvre, malgré les ans, malgré les effets spéciaux numériques, malgré Matrix. Magie qui, d’ailleurs, masque une histoire assez faible (le chasseur tombe amoureux de la proie, le chasseur est une proie), bref, une histoire aussi vieille que le monde lui-même.

Non, ce qui reste de Blade Runner, ce sont les acteurs, et la déco. Blade Runner est un film de révélations : Harrison Ford dans un vrai personnage (c’était un scoop, à l’époque) ; il fera beaucoup mieux et beaucoup moins bien. Mais il y a aussi l’immense Rutger Hauer, qui ne fera malheureusement rien de mieux, il y a Daryl Hannah, et l’incroyable beauté de Sean Young. Génie de Ridley Scott, qui transformera une très mauvaise actrice (Hollywood le pensait avant, et le pensera après, quand elle harcelera sexuellement le gratin local pour dégoter le rôle de Catwoman) en icône sexuelle, beauté bondage forties dans le bureau de la Tyrell Corporation, ou Ophelia pre-raphaélite endormie dans le lit de Deckard.

C’est un chef d’œuvre typiquement scottien, que de replâtrer tout ça pour laisser une vision emblématique, avec 20 ans d’avance, de notre monde d’aujourd’hui. C’est l’apogée du système Scott (mettre tout l’argent et toute l’énergie dans la déco et d’innombrables prises). Après 3 films sublimes (Duellistes, Alien, Blade Runner), Scott passera à « autre chose » (Traquée, Black Rain…)

Mais là, tout est dans la déco, et c’est ce qui reste : une préfiguration géniale du futur : la génétique partout, la mondialisation, l’éclosion chinoise, la pollution, les grandes corporations, la surpopulation… Tout est dans Blade Runner, qui inspire aujourd’hui jusqu’aux urbanistes*. Tout ça est l’œuvre de Scott, ancien chef déco dans la pub, sous influence Métal Hurlant (Moebius, Bilal), que Scott a déjà amené sur Alien, et qu’il imposera à la prod’ de Blade Runner. C’est aussi l’œuvre de Syd Mead, dessinateur industriel, venu pour dessiner 4 voitures, et qui en dessinera 27, et toute la ville qui git derrière.

C’est enfin la volonté maniaque, kubrickienne, de surcharger l’image de détails, d’accessoires, de lumières, de figurants, qui permettra à Scott d’aboutir au chef d’œuvre. Il suffit de regarder chaque plan pour comprendre ce souci du détail : les tasses à café, le pistolet, les Kanji (idéogrammes japonais), l’appartement Frank Lloyd Wright de Deckard, la foule cosmopolite aux parapluies de néon, le Bradbury Hotel de JF Sebastian, les parcmètres électrifiés, le feu rouge qui parle (« Walk… Walk »)… idem pour l’image : reflets aquatiques chez Tyrell, spots aériens chez Sebastian, stores vénitiens partout, néons, neige, pluie, soleil. Et idem pour le son : crissements, chuintements, vibrations, bruits d’ascenseurs et d’hélicoptères, bips électroniques.

Tout cela ne serait rien s’il n’y avait une histoire solide (un polar un peu trop classique, mais solide), et surtout un fond philosophique. C’est ici que surgit Philip K. Dick, plus mauvais écrivain que la planète SF ait porté**, mais le plus profond aussi, le plus génial inventeur de concepts et d’interrogations métaphysiques. Blade Runner pose en fait l’éternelle question dickienne : sommes-nous sûrs d’être nous mêmes ?

Question qui hanta Dick, qui regretta toute sa vie de n’être pas mort à la place de sa sœur jumelle, décédée trois mois après leur naissance.

Qu’est ce qu’être humain ? Ne sommes nous pas des marionnettes manipulées par Deus supérieur ? Avons-nous vraiment vécu ces souvenirs qui nous hantent ? Transposé dans l’univers futuriste de Blade Runner, Dick fait poser sa question pascalienne par des androïdes : qu’est-ce qu’être un androïde, si ce n’est un plus qu’humain ou un moins qu’humain, un esclave ? Peut-on réduire à l’esclavage, à la prostitution, à la guerre, ces créatures ?

Fantaisistes il y a 30 ans, ces questions ne sont plus ridicules aujourd’hui, et se posent déjà, par exemple pour les embryons.

Ridley Scott réussit à adapter ces interrogations à un divertissement grand public, ce qui n’est pas une mince affaire. Rutger Hauer, son chantre sur ces thèmes, compose un personnage d’une ambiguïté incroyable et vole littéralement la vedette à Harrison Ford, dans un final Wagnérien, splendide évocation de la futilité de la vie, « comme des larmes dans la pluie ».

Reste la fin, ou plutôt les fins, car il existe deux Blade Runner : la version originale, qui comprenait une voix off, et un final bucolique (travelling avant speedé sur – enfin !- une prairie d’un vert immaculé. Le Blade Runner sauve la réplicante. Happy end écologique.

La dernière version en date a ôté la voix off et a ajouté un plan de licorne gambadant dans la forêt. Bien maigre Director’s cut en vérité, mais pourtant cliffhanger existentiel. Car cette licorne, elle existe sous la forme d’un origami déposée par l’autre Blade Runner, Gaff, dans l’appartement de Deckard. Deckard serait-il lui aussi un androïde ? Et toi spectateur ? Es-tu sûr d’être humain ?

*Mike Davis : Au-delà de Blade Runner, Los Angeles et l’imagination du désastre

**L’histoire gagesque de Blade Runner résume sa vie. Écrivain paumé, vivant au crochet de ses femmes successives, surveillé par le FBI pour communisme, drogué, chrétien… En 1980, Hampton Fancher achète pour 5000$ une option sur « Les Androïdes Rêvent-Ils de Moutons Électriques ? », loin d’être le meilleur livre du schizo californien. Réécrit en Blade Runner, le film devient petit à petit un projet plus important (Harrison Ford, Ridley Scott). Dick assiste à la projection, et …meurt ! Il ne connaîtra jamais le succès de Blade Runner, ni la vague d’adaptations dickiennes qui s’est abattue depuis (Minority Report, Next, Confession d’un Barjo, Totall Recall), et qui ont rendu ses ayants droits immensément riches.




mercredi 14 janvier 2009


Papy Fait de la Résistance
posté par Professor Ludovico

Excellent contrepoint à Verdun, dans le genre déboulonnage des mythes éternels de la France combattante, Papy Fait de la Résistance reste le chef d’œuvre comique cinématographique du Splendid, avec Le Père Noël est une Ordure. S’il a moins marqué l’inconscient collectif de ses phrases cultes (« C’est cela, oui ! »), Papy Fait de la Résistance fait un sort à tous les films de guerre des années 60-70, et règle ses comptes au mythe gaullien de la France « libérée par elle-même ».

Il nous offre aussi un casting à son top, qui malheureusement, ne fera jamais mieux. Clavier, immense comique s’il n’était tombé dans sa propre caricature, fait le portrait parfait du petit français sous Vichy (courageux mais pas téméraire), qui niquerait bien la petite Pauline Lafont, mais est obligé de se rabattre sur la sœur frigide (Lavanant à son top). On pourrait disserter ainsi à l’infini (Maillan et Galabru parfaits, Lhermitte excellent, Giraud-Villeret, rois de la Grosse Komedie).

A vérifier par vous-mêmes, mais 20 ans après, Papy Fait toujours de la Résistance !




mercredi 14 janvier 2009


Le Diable S’Habille en Prada
posté par Professor Ludovico

Incarnation des ambiguïtés américaines, Le Diable S’Habille en Prada nous endort, tout en proposant des interrogations intéressantes.

Paradoxe américain, qui vénère le fric mais hait l’idée même de classe sociale. Le patron et l’ouvrier mangent des burgers en matant Jim Carey à la Télé, confortables dans leur vieux T-shirt Gap.

A part Sex and the City, qui assume une fascination fashion, (mais bon, on est à New York), la mode reste une cible de choix du cinéma américain, comme dans Prêt à Porter de Robert Altman, ou Ugly Betty. Un personnage bien fringué, à la mode, c’est souvent le méchant de l’histoire. On se rappelle cet acteur préférant les rôles de bad guys, « mieux habillés » que les autres.

Le Diable S’Habille en Prada improvise donc sur cette même gamme, opposant Andy Sachs (Anne Hathaway), decent american girl, petite brunette mal habillée, à sa nouvelle patronne, la terrifiante virago de la mode Miranda Priestly (Meryl Streep). Andy veut devenir journaliste, et elle est entourée d’un parfait casting de copains (boyfriend au look arabisant (Adrian Grenier, héros de Entourage), et aussi d’un gros et d’une copine noire). Des copains qui n’hésiteront pas à remettre notre working girl dans le droit chemin, ce qui, vous l’avez deviné, finira par arriver.

L’histoire du Diable… serait donc parfaitement ennuyeuse, calqué sur le schéma biblique corruption/rédemption chère à nos amis américains, si un peu d’acide ne venait apporter un peu d’intérêt.

Car après 60 minutes de pilonnage serré sur la vanité et la supercialité (waouh ! la révélation !), surgit un plaidoyer aussi inattendu qu’un gag drôle au milieu de Bienvenue chez les Ch’tis. Un plaidoyer pédagogique, qui part du pull informe de Mlle Hathaway, un pull bleu « céruléen », selon Miranda… Et la Streep d’expliquer, cruellement, cliniquement, d’où vient ce bleu « céruléen ». Ce pull que notre héroïne croit avoir acheté, « par hasard, un jour de soldes dans le magasin du quartier pourri où vous habitez* », vient de bien plus loin. Qu’il y a un créateur qui a décidé ce bleu, que ce bleu est devenu tendance, puis s’est retrouvé dans le prêt-à-porter, etc. Et que nous sommes tous, un jour où l’autre, créatures de mode.

A partir de ce moment là, le film prend une autre tournure, rend le personnage de Miranda plus attachant, (et révèle concomitamment de sombres aspects de certains personnages apparemment sympathiques). Voilà Le Diable… brusquement plus intéressant. On n’échappera pas à la happy end de rigueur, mais avec une petite touche de nostalgie qui donne un joli bonus final au film.

« This… ‘stuff’? Oh… ok. I see, you think this has nothing to do with you. You go to your closet and you select out, oh I don’t know, that lumpy blue sweater, for instance, because you’re trying to tell the world that you take yourself too seriously to care about what you put on your back. But what you don’t know is that that sweater is not just blue, it’s not turquoise, it’s not lapis, it’s actually cerulean. You’re also blithely unaware of the fact that in 2002, Oscar De La Renta did a collection of cerulean gowns. And then I think it was Yves St Laurent, wasn’t it, who showed cerulean military jackets? I think we need a jacket here. And then cerulean quickly showed up in the collections of 8 different designers. Then it filtered down through the department stores and then trickled on down into some tragic casual corner where you, no doubt, fished it out of some clearance bin. However, that blue represents millions of dollars and countless jobs and so it’s sort of comical how you think that you’ve made a choice that exempts you from the fashion industry when, in fact, you’re wearing the sweater that was selected for you by the people in this room. From a pile of stuff. »




mercredi 7 janvier 2009


Breakfast at Tiffany’s
posté par Professor Ludovico

Dans l’industrie de prototypes qu’est le show business, Diamants sur Canapé, c’est plutôt le modèle de série, le moule originel de la comédie romantique, tendance acidulée : Pretty Woman et tous les autres.

Même si le ton de ce Breakfast a vieilli, même si le doublage en français nasillard est insupportable, le fond reste là, et le charme incroyable, insolent, ensoleillant, de Mademoiselle Hepburn nous éclaire pour toujours. Le starpower à l’état pur.

Ils sont très peu, sur l’Olympe hollywoodienne, à avoir un ainsi une influence si durable sur nos vies. Cinquante ans après, les jeunes bourgeoises veulent toujours, sans le savoir, capturer un peu de l’essence d’Audrey H.

Le cinéma a toujours eu cette vocation de modèle social, de guide fashion : dans l’exposition « Des Parisiens sous l’occupation », on faisait le parallèle entre un quidam à la Foire du Trône, clonant l’acteur à la mode du moment.

Aujourd’hui, pareil : toutes les filles veulent ressembler à Audrey Tautou, et tous les garçons à George Clooney.

Le cinéma, c’est notre miroir.




lundi 5 janvier 2009


Hollywoodland
posté par Professor Ludovico

Ça, c’est le menu-type du CineFaster : petit film US sans promo, bref, un bon truc à mâcher pour le snobinard que je suis.

A l’intérieur, deux cacahuètes « spécial Professore » : la première, c’est Adrien Brody, peut être le meilleur acteur de sa génération (La Ligne Rouge, Le Pianiste, Darjeeling Limited). Ici, il campe un privé à la Chandler, dans l’Hollywoodland corrompu des années 50. L’autre cacahuète, c’est ça, bien sûr, le sujet en or : Hollywood, grandeur et décadence de l’Usine à Rêves.

Based On A True Story, pourtant : celle de George Reeves (Ben Affleck, parfait), qui incarna Superman à la télé et finit par se tirer une balle dans la tête. Mais Allen Coulter (réalisateur TV dans le gratin des séries US) ne tombe pas dans le piège ; il ne raconte pas l’histoire de George Reeves, mais bien celle du privé, personnage auquel on peut s’identifier. Et il prend un malin plaisir à enchaîner les versions (suicide, accident ou complot ?), pour démontrer au final que cela a bien peu d’importance.

Si vous tombez dessus, vous savez ce qui vous reste à faire.




samedi 3 janvier 2009


La Vengeance dans la Peau
posté par Professor Ludovico

L’opus final de la trilogie Jason Bourne est excellent, mais il faiblit sur la fin, ne fournissant qu’une conclusion rapide et baclée sur les motifs et modi operandi de l’organisation Treadstone.

Mais surtout, c’est un saut qualitatif que fait effectuer Paul Greengrass à la franchise et à tout le cinéma d’action en général. Après avoir vu La Vengeance dans la Peau, difficile de voir les autres films d’actions du même œil.

Greengrass, connu pour ses excellents films à la limite du documentaire (Bloody Sunday, United 93) apporte ce regard « réaliste » à un scénario qui, dans le fond, l’est très peu. Greengrass n’est pas le premier à se la jouer « camera portée », mais dans La Vengeance dans la Peau, il porte cet effet de style à son paroxysme. On est juste derrière Jason Bourne, on est Jason Bourne à Madrid, à Paris, à Tanger. Tout le dispositif est cohérent : tourné en décors naturels, cascades réalistes, le film d’action est passé dans une nouvelle ère.

A voir, rien que pour ça.




jeudi 1 janvier 2009


Shaolin Soccer
posté par Professor Ludovico

La nuit du 31, je fais tout pour ne rien faire. C’est dès 20h30 que je me suis glissé sous la couette pour regarder Shaolin Soccer. J’ai donc raté le Gui, « la Bonne Année tout le monde ! », mais aussi Sebastien, qui apporte la Culture aux Masses Populaires sur France Télévisions.

Bon ben Shaolin Soccer, c’est pas terrible, ça donne même envie de dormir. Intrigue minable, personnage grimaçant à tout bout de champ, happy end attendue, il faut être très fan de cinéma asiatique pour trouver ça intéressant. A réserver uniquement le 31.




mardi 30 décembre 2008


Kubrick, l’intégrale
posté par Professor Ludovico

Qui est vraiment Stanley Kubrick ? Y’a-t-il auteur plus mystérieux aujourd’hui ? Adulé par les cinéphiles, films connus du grand public (« Ah bon ? C’est aussi lui qui a fait Barry Lyndon ? »), jamais vraiment détesté mais le plus souvent incompris…

A leur sortie, la presse trouve toujours ses films moyens, puis elle les comprend, et dix ans après, elle les trouve géniaux. Le contraire de Woody Allen, en somme. Quelques exemples : Full Metal Jacket, considéré comme très en dessous de Platoon, réévalué depuis ; Shining, un Kubrick « trop commercial », 2001 « incompréhensible », mais considéré aujourd’hui comme chef d’œuvre du cinéma, Barry Lyndon, « joli » mais « inintéressant »… jetez un coup d’œil à votre programme télé : tous ces films sont désormais encensés.

Côté récompenses, c’est pareil. Pas un Oscar, pas un César, pas une Palme des Alpes-Maritimes !

Mais qu’a fait SK pour mériter un tel traitement ? Que lui reproche-t-on, au juste ? Sa carrière, peut être… parce que finalement, c’est sa plus grande œuvre : tous ses films ont été des succès financiers, qui peut en dire autant ? Pas un film n’est sorti hors délais ou hors budget (quoi de plus important, selon les critères hollywoodiens ?)

Osons le dire : si Kubrick est nul, c’est dans le people. Sa vie n’est pas intéressante : deux femmes seulement, pas de cul à la Polanski, pas de destin tragique à la Kazan, pas de corps à corps titanesques contre les studios à la Orson Welles.

Kubrick a souvent dit que les histoires qu’on racontait sur lui (peur des voitures, « réclusion » en Angleterre, répétitions interminables) étaient une façon pour la presse de combler le vide. Un vide créé par sa propre volonté de ne pas communiquer avec la presse. Rappelons qu’il ne s’agissait pas là d’une coquetterie Garboesque, mais bien d’une volonté artistique « Un film se vit en salle, entre le spectateur et l’œuvre : l’expliquer ne sert à rien ; pire cela le dessert. »

Non, Kubrick n’est qu’un artisan, maniaque et travailleur, à l’abri dans son atelier au fin fond de la campagne anglaise, peaufinant ad vitam æternam ses films. Mais aussi, s’assurant, une fois sortis, de leur diffusion en salles, et à la télévision.

La réhabilitation du Grand Homme sera donc la grande cause CineFastienne de 2009. Puisqu’on ne peut parler de lui, nous ne parlerons que de l’œuvre, film par film.

Autant commencer par le plus dur : le dernier. Les 10 ans de latence kubrickienne sont passés, le film peut désormais être abordé sans complexe et sans passion. Car Eyes Wide Shut traîne les habituels boulets kubrickiens : incompris à sa sortie (en 1999), malgré un buzz assourdissant (les Cruise-Kidman « emprisonnés » à Shepperton, les scènes de partouze, la mort de Kubrick et les questionnements légitimes sur la définitivité du montage), Eyes Wide Shut reste encore un mystère.

C’est à ce mystère que nous allons nous attaquer.

Toutes les chroniques :

Eyes Wide Shut
Full Metal Jacket 
Shining
Barry Lyndon (à venir)
Orange Mécanique 
2001, L’Odyssée de l’Espace
Dr Folamour
Lolita (à venir)
Spartacus (à venir)
Les Sentiers de la Gloire
L’Ultime Razzia 
Le Baiser du Tueur 
Peur et Désir




dimanche 7 décembre 2008


Alias
posté par Professor Ludovico

C’est pas pour moi, Alias. Je voulais voir ce que JJ Abrams, créateur de Lost, futur réalisateur de Star Trek, avait dans le ventre. Mais Alias (en tout cas le pilote) est trop popcorn pour moi. Karaté, filles au cheveux rouges type 5ème élément, conspirationnisme, le tout dans des décors peu crédibles (usine abandonnée, palais coréen avec chambre de torture au sous-sol, tout ca est très James Bond Old school.

« Hot chick kicks ass« , un petit canon pour botter les méchants, telle est la promesse d’Alias.

Promesse tenue.




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