[ Les films ]



mercredi 2 août 2006


Hotel New Hampshire
posté par Professor Ludovico

Je m’étais toujours demandé pourquoi, ayant adoré Le Monde Selon Garp (le livre et le film), je n’avais jamais voulu lire un autre John Irving. J’avais probablement peur d’être déçu… Mais maintenant, après avoir vu Hotel New Hampshire, je crois savoir : l’univers de John Irving n’a ni queue ni tête ! Les scènes se suivent, s’enchaînent, sans que cela n’ait une quelconque influence sur la suite des véhéments. Une fille se balade déguisée en ours sans que ça ne choque personne ; Jodie Foster se fait violer, mais bon… La mère meurt, le grand père meurt, le chien meurt, tout ça passe comme une lettre à la poste… tout cet univers amoral, relativiste, finit par agacer franchement…

Et en plus, ça a horriblement mal vieilli…




dimanche 30 juillet 2006


Two for the Money
posté par Professor Ludovico

Le Professsore a un défaut : il est fidèle. La fidélité s’approche souvent de la bêtise, surtout au cinéma. Ma fidélité à Al Pacino m’a déjà fait entrevoir un certain nombre d’abysses, et c’est le cœur résigné que je me suis rendu à Two for the Money.

Surprise : ce n’est pas mauvais. Ce n’est pas bon non plus je vous rassure. Al cabotine.
Matthew McConaughey n’a plus bien joué depuis Contact (1997) ; René Russo n’a jamais bien joué (mais elle produit le film). Le tout est une éternelle histoire de rédemption d’un petit gars qui n’avait pas de papa et qui s’en trouve un dans la personne de son patron (Al).

Bizarrement, c’est plutôt ça qui est pas mal. Ce n’est pas traité avec subtilité, tout ça sent un peu le Manuel de Scénario. Mais ce n’est pas inintéressant…

En ce moment, vous avez autre chose à proposer ?




dimanche 30 juillet 2006


Fast and Furious – Tokyo Drift
posté par Professor Ludovico

On se demandait pourquoi les GI mourraient en Irak, on a la réponse dans Tokyo Drift, le troisième sequel de la franchise Fast and Furious. Et les américains sont bien trop « Fat » pour voir le mal qui est dans Fast and Furious*.

Il y a pourtant beaucoup d’énergie et de produits pétroliers gâchés en 2heures de film : dérapages contrôlés, peintures tuning, gomme de pneus, tout ça détruit la planète à petit feu et opprime du petit irakien… Néanmoins, il est difficile de cacher au cinefasteur que tout ça est assez fun, au troisième degré…

Car en effet, le personnage, pauvre petit yankee college boy (pas du tout crédible, l’acteur a 24 ans et probablement son permis), est obligé de partir à Tokyo pour éviter les foudres légales de la police US (sic) ; il retrouve son père qui l’avait abandonné, mais surtout une famille d’adoption chez les drifteurs Tokyoïtes (reSic). Le drift est une sorte de patinage artistique avec des bagnoles tunées (resic). Le tout se terminera en affrontement chevaleresque contre un yakusa, pour l’honneur, l’argent, et une fille (rereSic). On se croirait dans l’Année du Dragon, presque.

Ce qui est incroyable, c’est que tout ça se prend formidablement au sérieux, et qu’on voudrait te faire passer le drifting comme une sorte de philosophie de la vie. Avec Point Break, ils avaient déjà essayé avec le surf, mais là il faut dire que là, ca pique un peu les yeux… en même temps c’est pas méchant, à part un petit arrière-goût anti-nippon (les américains ont décidément un problème avec les japonais…), et des héros qui sont tous non-nippons : le héros est texan, son copain est un black US, sa chérie une métisse nippo-américaine : l’honneur est sauf.

Mais il reste de jolis patinages artistiques sur les routes de montagne (manque juste Nelson Montfort), quelques dialogues bien sentis, et l’impression que le réalisateur pourrait faire mieux, beaucoup mieux… (le traitement réaliste du Tokyo et la poursuite dans les maisons en construction laisse entrevoir des choses… Nous verrons…)

* le titre originel de la chronique était Fats and Furious, Tokyo Drift, mais pour de sombres raisons de référencement Google (et de cohérence éditoriale), nous avons rétabli l’orthographe exacte…




lundi 24 juillet 2006


Fog of war
posté par Professor Ludovico

Ce documentaire, sorti en 2003, vient d’être découvert en DVD par votre serviteur. Je ne saurais trop le recommander à tout ceux qui bêlent habituellement avec les loups, ou pleurent avec les moutons* : « la guerre c’est dégueulasse », « salaud de yankees », « salauds de russes », etc. Ces interjections diverses variant à chaque conflits (on pourrait mettre « salauds d’israéliens » en ce moment, par exemple.)

Pourtant, la Guerre est là, elle existe, c’est une variable incontournable de l’humanité. La question n’est pas de faire la « Dernière Guerre », comme l’espérait W. Wilson en 1918, mais bien -comme le dit si justement Robert Mc Namara- « quelle quantité de Mal est on prêt à faire, pour faire le Bien ».

C’est ainsi, en onze leçons documentées, de 1918 à aujourd’hui, en passant plus spécifiquement par les guerres « fréquentées » par Robert Mc Namara (Seconde Guerre Mondiale, mais surtout Crise des Missiles, Baie des Cochons et Guerre du Vietnam), que Fog of War se déroule, apportant les éclairages d’un acteur de l’intérieur, confronté à ses erreurs, à ses doutes, à ses propres contradictions. Et on voit, dans les larmes d’un homme de 90 ans, que faire le mal pour faire le bien, ce n’est pas facile tous les jours…

*n’est-ce pas M. Jeunet ?




dimanche 23 juillet 2006


Les Berkman se Séparent (comment je me suis divorcé, ma vie sexuelle)
posté par Professor Ludovico

Ceux qui crachent sur le cinéma américain, symbole de grosse machines et autres films de super héros en collant rouge, eh bien ceux-là ne vont tout bonnement jamais au cinéma. Car le cinéma yankee produit aussi chaque année des petites merveilles à l’européenne (que le conseil d’administration de CineFast me pardonne cette incartade).

Les Berkman se Séparent font partie de celle-là. On dirait du Woody Allen, si celui-ci avait du talent. 4 personnages se déchirent en une heure vingt, au cœur de New York, en 1986. Pourquoi 1986 ? On ne le saura jamais, mais sûrement qu’il y a du vécu là-dedans. Les acteurs sont formidables : Jeff Daniels, en divorcé imbu de sa personnalité, et de son (maigre) talent d’écrivain, n’arrive pas à digérer que sa femme le quitte (et qu’en plus, elle ait du talent et se fasse publier). Dans cette dérive, il essaie d’emmener son aîné, son fils préféré (génial Jesse Eisenberg, qui suit le schéma paternel en essayant de faire croire au gala de l’école qu’il a écrit Hey You des Pink Floyd). En face, Laura Linney, la mère protège son cadet (Owen Kline), qui profite lui du divorce pour découvrir les clopes, l’alcool, et de manière un peu frénétique, la masturbation.

Le tout se terminera devant une pieuvre géante, sans explication inutile…

Bref, un film à voir absolument avant de divorcer.

*Pour l’anecdote, c’est produit par Wes Anderson (La vie Aquatique) la pieuvre ?




dimanche 23 juillet 2006


Vol 93
posté par Professor Ludovico

L’histoire est toujours plus émouvante que la fiction. L’adapter au cinéma, c’est une autre affaire. Pour quelques Titanic réussis (option love story prenant le contre-pied d’une histoire archi-connue), combien de biopics et de films de guerre ratés ?

Paul Greengrass, lui, a depuis longtemps pris une autre voie : celle du documentaire fictionnalisé. Ca avait donné un résultat assez flambant à Bloody Sunday, et ça marche à nouveau pour United 93.

Pourtant, cette fois ci le sujet est super casse-gueule. Un brit s’emparant d’un sujet ultra patriotique, dans des USA tendus jusqu’à la corde sur ce sujet, 11 septembre et terroristes musulmans. Il fallait une grosse paire de cojones pour s’y attaquer et… réussir.

Car en restant sur des principes intangibles : pas de psychologisation, pas de héros, pas de scènes d’exposition, pas de pathos (et notamment une fin exemplaire), il reste tout bonnement collé à son sujet et passionne de bout en bout.

Les terroristes ne sont pas d’affreux barbus, mais des types perdus dans une tourmente plus grande qu’eux. Les passagers ne sont pas héroïques mais courageux.

Courageux, parce qu’il n’y a tout simplement plus rien d’autre à faire.




mardi 18 juillet 2006


Qui m’aime me suive…
posté par Professor Ludovico

Toutes proportions gardées, Qui M’aime Me Suive pose le même problème que La Colline A Des Yeux : A quel film avons nous affaire ? Une comédie, sur les émois d’un trentenaire chirurgien qui veut faire de la musique ? Un drame, sur les illusions perdues, sur l’impossibilité d’être ce que l’on sent, au fond de soi ?

Au fond, Benoît Cohen voudrait bien mettre un peu de tout ça, sans vraiment choisir. Mais c’est pas possible, ça. Il faut choisir, au bout d’un moment !

On ne saura jamais quel film Qui m’aime me suive… aurait pu être, parce que Benoît Cohen ne mettra jamais les curseurs à fond sur l’une ou l‘autre de ces possibilités scénaristiques. C’est dommage, parce qu’il il y avait la possibilité de faire les deux, … mais pas en même temps !

Il reste des moments sympas, un casting de copains qui avait fait le charme de Nos Enfants Chéris. Mais c’était une comédie, certes douce-amère, mais clairement une comédie.




mercredi 12 juillet 2006


Tournage dans un jardin anglais
posté par Professor Ludovico

Il y a un genre qui marche presque à tous les coups, c’est le film sur le cinéma : Sunset Boulevard, Ca Tourne A Manhattan, The Player, ça donne toujours d’excellents films, comme si Hollywood avait toujours plein de choses (intéressantes) à raconter sur le sujet.

Ici, c’est l’anglais Michael Winterbottom qui s’y colle. N’étant pas un spécialiste de l’œuvre Winterbottomienne, je sais juste que c’est un garçon assez protéiforme, capable du pire comme du meilleur, du brûlot docu-drama (le récent Road To Guantanamo), du porno soft et rock (9 Songs) et du docu-fiction déjanté (le seul que j’ai vu, à savoir 24hr Party People). En tout cas, il y avait une patte dans 24hr, et j’y suis allé globalement pour ces raisons-là : la présence de Steve Coogan, (prodigieux dans 24hr), un casting british de haute tenue (un acteur de Black Books (série culte), Gillian Anderson), et enfin l’assurance que ca allait partir en free style.

Au final, on est pas déçu du voyage, entre les prétentions des acteurs, la régisseuse fan de Fassbinder, la prod’ qui veut savoir où sont passés les sous, et les histoires de cul multiples du narrateur-star (ou co-star , that is the question) , le tout malignement entremêlé avec l’adaptation de Tristram Shandy, (semble-t-il une œuvre prestigieuse en Grande Bretagne)

Comme le disait un voisin sortant de l’UGC Odéon : y’a que les anglais qui savent faire ça…




mardi 4 juillet 2006


La Colline A Des Yeux
posté par Professor Ludovico

Il y a deux films dans La Colline A Des Yeux, l’un raté, l’autre non.

Le film débute comme un film d’horreur classique : une famille type : le père « ronchon–républicain–RA », la fille « gentille », le gendre « démocrate-suspendu-à-son-portable, pro-gun control », la mère « coincée mais ex hippie », le petit jeune « nerveux ». Et puis il y a deux chiens… Très important, les animaux dans le film d’horreur : se rappeler le chat dans Alien, par exemple.

Malheureusement, c’est pas Ridley Scott derrière la caméra, c’est juste un élève de la Ridley’s School for Beginners. Alors, le petit Aja, il rate complètement son entrée : son suspense fait même pas peur (il nous prévient en SoundSurround que les mutants, y sont derrière le petit jeune, là, à gauche ! environ 15 secondes avant…

Et puis il sait pas jouer avec le cadre. Très important le cadre, il aurait du faire un stage chez Carpenter, période Vendredi 13. Parce que là, avec le cinémascope, le vieux il te fait recracher ton esquimau chocolat-noix de pécan.

Pourtant, il essaye, Aja, il balance la purée. Le père et le gendre partent chacun de leur côté chercher de l’aide… Le petit jeune part tout seul chercher les toutous qui se sont perdus… La fille se met à bronzer pour exciter les mutants… A croire qu’ils ont jamais vu Scream ???

Mais non, ça se traîne. On voit pas très bien où il veut en venir, le Aja. On sait pas si on doit rigoler ou avoir peur… Comble de l’hérésie, il nous montre même les méchants ! Qui sont moches mais intelligents, qu’ont même une stratégie pour se taper la petite famille : du grand n’importe quoi, vous dis-je !

Et puis au bout d’une bonne heure, ça commence à cogner, et là, là, on change de film, on passe au slasher.

Et là, c’est du tout bon. Parce que le film d’horreur, c’est un genre. Le slasher, c’est un autre genre. Et ça se respecte le film de genre ! C’est même là qu’on fait les meilleures soupes !

Mais pour ça, il faut respecter les Lois du Genre. Si tu fais de la sitcom, il faut respecter les règles de la sitcom. Si tu fais du film d’horreur, faut respecter les règles du film d’horreur. Et si tu fais dans le slasher, faut respecter les règles du slasher, hache dans la gueule, mutant transpercé à coup de drapeau américain, doigts coupés, je t’en passe et des meilleures. Et surtout passer en mode humour 35 000° degré!

Là, le petit Aja, il exprime enfin tout son talent. Ca y est, on sait où on est, on est rentrés à la maison !




dimanche 2 juillet 2006


Le Retour de la Bonne Nouvelle
posté par Professor Ludovico

Clerks est de retour ! Clerks, pour les non initiés, c’est le premier film de Kevin Smith qui raconte les déboires hilarants d’une bandes de glandeurs qui travaillent dans un magasin vidéo.

Depuis, Monsieur Smith a alterné les chefs d’œuvres méconnus (Méprise Multiple) et les catastrophes artistiques et commerciales (Jersey Girl)

Que va donner la suite ? réponse à la fin de l’année, mais la bande annonce de Clerks 2 est là.




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