[ Les films ]



mercredi 18 juin 2008


Gimme Shelter
posté par Professor Ludovico

Bien sûr, vous avez le choix : à peu près à la même heure, il y a Le Soldat Rose sur France 2. Mais à votre place, je ne raterai sous aucun prétexte Gimme Shelter, le documentaire des frères Maysles sur la gigantesque tournée des Rolling Stones aux USA, en cette belle année de 1969. Une tournée qui finira dans le sang, avec le meurtre d’un spectateur lors du concert d’Altamont.

Deux bonnes raisons de voir ce film : les Stones en majesté, à l’apogée de leur talent : ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont doués, ils ne feront jamais mieux.

Ensuite, on ne fait plus (et on ne fera plus jamais ?) des documentaires comme ça. Les frères Maysles filment ce qu’ils veulent, et les Stones ne contrôlent rien. On suivra avec intérêt les conversations de Jagger businessman, discutant les conditions d’Altamont, et, cruel contraste, son visage ravagé par la peur dans la nuit d’Altamont quand il comprend que quelque chose de terrible vient d’arriver.

Samedi 21 juin sur Arte, à 23h10




lundi 16 juin 2008


Phénomènes
posté par Professor Ludovico

Qu’est-il arrivé à M. Night Shyamalan ? Où est passé le nouveau Spielberg (Le Sixième Sens, Le Village, Incassable, Signes) ?

Phénomènes est – ne perdons pas notre salive – l’un des films les plus ridicules qu’il m’ait été donnés de voir, au moins récemment. Mal écrit, mal joué, Phénomènes est un incroyable gâchis.

Car le sujet, lui, est bon : dans New York qui s’éveille au petit matin, des habitants se suicident de manière inexpliquée. Attentat terroriste ? Accident nucléaire ? Virus ? Shyamalan va répondre à cette question, de la manière la plus ridicule qui soit.

Dès le début, ça cloche. Mark Wahlberg joue mal. Oui, vous avez bien lu, l’acteur époustouflant chez Scorcese, P.T. Anderson, et James Gray, joue mal. Il a l’air absent, comme le reste du cast, comme à l’évidence le scénariste-producteur-réalisateur M. Night Shyamalan.

Les scènes les plus improbables s’enchaînent (celle ou Wahlberg communique avec une plante en plastique restera dans les annales), scènes volontairement comiques puis scènes involontairement comiques.

Petit à petit, la salle se lâche, et éclate en fous-rires nerveux, tandis qu’a l’écran, on se pend, on se jette dans le vide, ou on passe sous le motoculteur.

M. Night Shyamalan avait une belle fable écologique à se mettre sous la dent, et il bousille la tarte aux fraises alors qu’il a acheté la meilleure farine, les meilleurs fruits, et que sa grand-mère lui a préparé sa fameuse crème au beurre.

Dans vingt ou trente ans, les historiens du cinéma nous expliqueront les raisons de la mauvaise passe du wonderboy Shyamalan : dépit amoureux ? Attaque cérébrale indétectable ? Producteurs coincés dans un embouteillage ? Jusque là, le mystère restera entier…

Un seul indice, peut-être : Shyamalan se réserve dans chacun de ses films un petit cameo, une apparition à la Hitchcock. Ici, il s’est écrit un rôle invisible : celui de l’amant de la femme de Mark Wahlberg, éconduit par celle-ci dès les premières minutes du film. Tout un symbole ?




dimanche 15 juin 2008


Sex and The City
posté par Professor Ludovico

Pas facile d’adapter une série au cinéma ; tout est différent ! Format de l’image (cinemascope vs 4 :3), focales (plutôt zoom et gros plan que plans larges), durée (26’ au lieu de 120’), et des saisons qui durent un an et permettent de déployer toute une palette d’intrigues et de personnages secondaires…

Adaptation, trahison : c’est si complexe que presque tout le monde s’est cassé les dents sur l’équation (un X-Files* trop alambiqué, un Avengers ridicule, un Mission Impossible sacrilège, un Mystères de l’Ouest too much, etc.) ; la liste est longue. Seuls Starsky et Hutch et les Star Trek ont trouvé grace à mes yeux, car ils avaient trouvé le bon ton et la nostalgie qui allait avec.

Fan de Sex and The City, je m’y suis donc pris deux fois avant d’aller jeter un coup d’œil. Et à vrai dire, je ne fus pas déçu. Mission impossible accomplie. Sex and The City (le film), n’est pas le chef d’œuvre télévisuel qu’est Sex and The City (la série), mais un très agréable add-on.

Les comédiennes sont toujours aussi bonnes (dans tous les sens du terme), les dialogues ont toujours la langue aussi pendue, et l’intrigue, longue comme cinq épisodes (2h30), tient la route…

Ce qui fait toujours la force de Sex and The City, c’est la subtilité dans le scénario, qui souvent suggère plutôt qu’appuyer à coup de dialogues convenus… (Desperate Housewives, suivez mon regard !*). Hautement recommandable donc.

*On ira voir le deuxième sans barguigner, néanmoins, dès le 30 juillet…

**Reprenons la comparaison avec Desperate Housewives : même décor (4 copines qui affrontent les petits soucis de la vie), même qualité télévisuelle (forts bien écrits, forts bien joués), mais résultat critique à l’opposé. Là où Desperate Housewives brode, avec une misogynie rare, autour des pires clichés sur les femmes (la salope, la mère de famille, l’étourdie, la coincée), Sex and The City dresse un portrait juste et chaleureux sur les mêmes clichés (l’obsédée, l’executive woman, l’amoureuse, la chic fille coincée)…




dimanche 1 juin 2008


Indiana Jones et le Canard de cristal
posté par Professor Ludovico

25 ans après, le Canard Enchaîné se trompe toujours. En 1984, l’hebdomadaire démolissait Indiana Jones et le Temple Maudit (et encensait Rambo II dans la même page), il démolit aujourd’hui Indiana Jones et le Royaume des Crânes de Cristal.

Ce n’est pas tant que ce film mineur ne le mérite pas un peu, mais le Canard, comme d’habitude, se trompe de cible ; il attaque la meilleure scène du film, à savoir la zone 51, l’accusant d’antisoviétisme primaire et d’apologie de l’arme nucléaire.

C’est n’avoir rien compris au sens du film, à l’esprit de la saga, et à la signification de la scène en question.




dimanche 25 mai 2008


Spiderman 3
posté par Professor Ludovico

J’avais boudé le troisième épisode à sa sortie, sur les mauvais échos que j’en avais eu (si, si, le Professore est un garçon influençable). Pour faire plaisir à mon fils, je l’ai loué ce week end, et je me suis surpris à aller jusqu’au bout.

Ce qui fait la force de la franchise est toujours là : une mise en scène impeccable, « classique », au sens où elle ne cherche l’épate visuelle que lorsque cela le mérite, i.e. les combats.

Un casting impeccable, qui humanise Spiderman, mais aussi Sandman et le fils du Bouffon vert, et des combats fort bien chorégraphiés, chose rare dans le cinéma contemporain, où l’on cache le manque de talent par des plans hachés et des caméras portés (Troy, le Seigneur des Anneaux, etc.)

Une agréable surprise, donc.




vendredi 23 mai 2008


Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal
posté par Professor Ludovico

Difficile de dire du mal d’un film qui nous a bien fait rire ! Le plus simple, c’est peut-être de dire la vérité : Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal est un mauvais film. Les bons moments (nombreux) qu’on y passe ne sont que le reflet, en creux, de nos vertes années de l’Arche perdue. Et comment se résoudre que cette Arche (notre jeunesse à tous) soit perdue à tout jamais ? Indy IV gère intelligemment ce patrimoine, en le déclinant à chaque plan : clins d’œil, répliques culte, scènes identiques aux trois précédents opus (poursuite, piège, insectes, reptiles)…

Mais bon, tout ça ne fait pas un film. Le scénario est indigeste, incompréhensible. Malgré trois ou quatre versions du scénario, (qu’on imagine pires !), on voit bien que David Koepp (l’un des grands manitous du scénario US (Spider Man, Panic Room, Jurassic park, Snake Eyes, L’Impasse)) ne sait pas quoi faire d’Indy, des russkoffs, de la zone 51 et de ses extraterrestres mayas.

Il y avait de quoi faire pourtant. Le film propose même des piste intéressantes :

– Il y a d’abord un film sur le temps qui passe, l’âge, la maturité. David Koepp l’esquisse, puis finit quand même par retomber dans l’équation « coup de poing + cascade » qui peut passer quand le Dr Jones a quarante ans, pas quand il en a soixante.
– Il y ensuite un film politique : la Guerre Froide, le Maccarthysme, c’est même la partie la plus intéressante du film, une partie presque noire et désespérée. Mais encore une fois, le film retombe sur ses pattes.
– Il y a enfin le côté pulp, à la Captain Sky et le Monde de Demain, qui est LE fonds de commerce d’Indy depuis toujours, et qui aurait bien sonné bien avec l’espionne russe, son look bondage, rapière à la ceinture. Mais là aussi, on ne pousse pas cette logique jusqu’au bout.

Car ces alternatives ne peuvent mener qu’à des impasses, car elles sont inenvisageables dans le business plan d’Indiana Jones. Tout est fait pour que le film marche, qu’il ne déçoive pas les fans de la franchise : c’est parce qu’on veut tellement que ça marche que ça ne marche pas ! On voudrait retrouver la magie, et donc, elle disparait.

Pire, ce qu’il y a de terrible dans cet échec, c’est qu’il finit par révéler la faiblesse ontologique d’Indiana Jones, sa pitoyable recette de cuisine depuis 25 ans : poursuite+ romance + squelettes + trésors + énigmes… Ça…. Et seulement ça ! Essentiellement, la franchise reposait sur le charisme ravageur d’Harrison Ford. Il faut bien avouer que cette partie-là a disparu : le sourire en coin est essoufflé, ses cascades sont ridicules, et pire, c’est que l’on voit bien qu’il s’ennuie !! On aurait pu jouer sur la passation de pouvoir à Shia LeBeouf, comme avait si bien réussi le duo Sean Connery-Harrison Ford du troisième épisode, mais là aussi, ce n’est qu’esquissé. On pense alors aux James Bond de trop (Jamais plus Jamais, A View to a Kill), aux John Wayne de trop (Les Bérets Verts), aux Burton de trop (Les Noces funèbres)…

Dans ces circonstances (scénar indigent, acteurs peu convaincus, producteur (Lucas) aux abonnés absents, on laisse le film aux mains de cet enfant farceur qu’est Steven Spielberg. Et là, gare à la porcelaine ! Il fait littéralement joujou avec le film, le triturant dans tous les sens, pour le meilleur (la zone 51) et pour le pire (le reste du film)… Donc soit vous êtes fan de la franchise, et vous pouvez y aller, vous passerez un bon moment. Si vous êtes juste cinéphile, passez votre chemin…




mercredi 14 mai 2008


Indiana Jones IV : fragile comme du cristal ?
posté par Professor Ludovico

Il se passe quelque chose de bizarre à une semaine de l’Evénement du Mois de Mai (je ne parle pas du festival de Cannes). En effet, la faible promotion d’Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal laisse augurer du pire.

Rien à voir, en effet, entre la promo de Star Wars Episode One en 1999, et celui du quatrième opus du Docteur Jones. Le film serait-il mauvais ? Universal aurait-elle fait le choix de minimiser le budget pub/promo, vu l’échec attendu ? Ou joue-t-elle au contraire profil bas, comptant sur l’effet gratuit de Cannes ?

Réponse, pour le meilleur ou le pire, dans une semaine.




lundi 12 mai 2008


Iron Man
posté par Professor Ludovico

Voilà un film-démonstration : comment, avec un thème riche (un vendeur d’armes, alcoolo, jouisseur, pris de crise de conscience va devenir superhéros au service de l’humanité), on peut faire une daube… Alors qu’avec un argument quasi nul (des robots, déguisés en camion de pompier et en radio cassettes, envahissent la terre) on peut faire un mini-chef d’œuvre !

La différence est très simple : le talent ! Talent des scénaristes, quasi nul dans Iron Man (qu’on prétend pourtant être le héros le plus intéressant de Stan Lee). Ici, les scénaristes (ils sont quatre), se contentent de dérouler les chemins balisés du film de héros en collant : première baston, deuxième baston, baston finale, redux…

Et talent de mis en scène : on aime bien Jon Favreau (acteur culte d’un personnage de Friends, millionnaire adepte du Freefight), mais on ne peut pas dire qu’il nous ait convaincu comme metteur en scène…




dimanche 13 avril 2008


Darjeeling Limited
posté par Professor Ludovico

Bon, Wes Anderson, c’est un peu le chouchou. On a aimé La Famille Tannenbaum, on a adoré La Vie Aquatique, et quand il produit les copains (Les Berkman se Séparent), c’est toujours sur le même thème : la famille, la famille, la famille ! On aime bien ses marottes : le rock 70’s, la France (Joe Dassin, Jacques-Yves Cousteau), ses acteurs fétiches (Schwartzman, Wilson, Murray), bref, Wes Anderson est un cinéaste sympathique.

Darjeeling Limited, c’est bien. C’est formidablement joué, monté, mis en scène, décoré, etc. C’est toujours aussi barré, burlesque que le reste, mais à mon goût moins émouvant et moins drôle que La Vie Aquatique, et peut-être un peu moins profond, mais c’est bien.

Wes Anderson est un esthète Voltairien : il faut profiter de la vie, cultiver son jardin, et ressortir d’une salle de cinéma le sourire aux lèvres : mission accomplie.

Allez donc vous débarrasser de quelques bagages inutiles à bord du Darjeeling Limited…




samedi 29 mars 2008


Disco
posté par Professor Ludovico

J’ai vu la bande annonce de Disco, et je crois que je vais y aller. Je sais, j’ai honte.




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