[ Les films ]



mardi 29 septembre 2009


District 9
posté par Professor Ludovico

Dès les premiers plans, District 9 donne le ton: « On veut bien accueillir les gens, mais des étrangers, ça va cinq minutes ! Maintenant, il faut qu’ils rentrent chez eux ! » La scène se passe à Johannesburg, et la femme qui dit ça est… noire ! On n’est donc pas dans un film classique de SF US, comme l’indique le plan suivant : « Les aliens auraient pu se poser à New York, à Washington, mais non, ils ont choisi Johannesburg ! »

« Ils », ce sont les extraterrestres, dans une histoire peu commune : non, ils ne viennent pas coloniser la terre (comme dans La Guerre des Mondes), ni apporter un message de paix (comme dans Rencontres du Troisième Type), non, ils sont en panne, affamés, en détresse. Facilement mis au pas par les humains, ces aliens en forme de crevettes humaines, les « Prawns » font peine à voir ! Difficile de ne pas penser aux camps de réfugiés qui parsèment actuellement notre beau pays…

Avec District 9, Neill Blomkamp, son réalisateur va jouer sur tous les tableaux : film d’action, film sentimental, film gore, tout en restant incroyablement politique et… politiquement incorrect…

Autre problème : dans quel genre est-on ? Ça commence comme du Michael Moore, documentaire alter-mondialiste caméra portée, réaliste jusqu’à l’incroyable : le film a été tourné à Soweto, ce qui prend tout son sel. Non seulement on ne peut s’empêcher de penser que ce n’est pas un décor (vrai ghetto noir ou décor pour faux ghetto alien ?) mais, en plus cela génère un renversement copernicien : toute l’humanité (blanche et noire) contre les nouveaux untermenschen.

Quelques secondes après, on se croit dans une comédie, puisqu’il y a ce héros, Wikus van der Merwe, sorte de Poelvoorde sud-af’, chargé du transfert des Prawns du District 9 au District 10. Un pauvre rond de cuir manipulé par le complexe militaro-industriel. A l’évidence, Wikus est là pour nous faire rire. Mais on enchaîne très vite vers un film d’action, extrêmement réussi, avec bagarres, et explosions dans tous les sens. Avec un soupçon d’humour gore qui relève la sauce… C’est là que Neill Blomkamp révèle l’étendue de son talent : on a rarement filmé aussi bien, et de manière aussi variée, des combats.

Alors bien sûr, l’histoire s’étiole au milieu, et révèle quelques faiblesses : très linéaire, très classique (aller chercher la fiole, retrouver – comme par hasard – le personnage-clef de l’histoire, mais à la fin, Neill Blomkamp a réussi son tour de force : transformer ces aliens-réfugiés, gluants et chitineux, en héros, et notre rond de cuir, en Bruce Willis à moustache…

Un grand bravo à Peter Jackson, d’avoir su dénicher ce petit génie de Blomkamp, un réalisateur à suivre…

*une prière que nous formulons depuis des siècles : que les aliens s’achètent enfin une carte du monde…




vendredi 25 septembre 2009


Les Six Samouraïs
posté par Professor Ludovico

« Lis ça, ça va te plaire ! » Sous cette admonestation, l’ami Guillaume venait de me livrer un lingot d’or : une histoire du nouvel « Nouvel Hollywood ». Marchant dans les pas de leurs glorieux aînés (Coppola, Bogdanovich, Spielberg), une nouvelle génération d’auteurs s’attaquait à la forteresse blockbuster érigée dans les années 80, entre autres, par Simpson et Bruckheimer.

Dans le livre de Sharon Waxman, Les Six Samourais, Vous trouverez des réponses aux questions existentielles, telles que :

• Comment Dans la Peau de John Malkovitch passa au travers des mailles du filet des Studios…
• Comment David Fincher réalisa « un film expérimental » de 63M$…
• Comment George Clooney, star méprisée de la télé, obtint le rôle titre des Rois du Désert et grilla son réalisateur, David O’Russel, à Hollywood…
• Comment Steven Soderbergh réalisa Traffic – un film auquel personne croyait – qui devint malgré tout un immense succès critique et public, installant définitivement Steven S. dans la cour des grands…
• Comment Tarantino, volant ici et là, des bouts de scripts à ses copains, et les oubliant dans la foulée, construisit Miramax…
• Comment Paul Thomas Anderson, le mégalomaniaque – mais génial – auteur de Boogie Nights, comprit qu’il fallait faire des films chers pour avoir l’attention (et le soutien promotionnel) des studios…
• Comment Fight Club devint l’Orange Mécanique des années 2000…

A toutes ces questions, et à bien d’autres encore, le livre de Sharon Waxman répond brillamment. Avec comme d’habitude, le style inimitable des essais américains sur le cinéma : bien écrits et documentés, sérieux sans être pédants, avec juste ce qu’il faut de people et d’analyse.

Si vous aimez leur cinéma, lisez ce livre !

Les Six Samouraïs, Hollywood somnolait, ils l’ont réveillé
Sharon Waxman
Calmann-Levy




vendredi 25 septembre 2009


Rencontres du Troisième Type
posté par Professor Ludovico

Un vaste programme d’éducation du Professorino et de la Professorinette ayant été lancé cet été (cycle John Hughes, suivi d’une interro écrite), hier soir c’était Rencontres du Troisième Type.

En 1978, j’avais treize ans, et tout le monde parlait de Star Wars, et de ce film incroyable qui venait de sortir, par le type qui avait frissonner tout le monde avec Jaws. Moi, j’adorais la SF, je ne lisais que ça, mais j’étais terrorisé à l’idée d’en voir au cinéma. J’avais eu très peur en regardant au Ciné-Club du dimanche soir La Chose Venue d’un Autre Monde, ou Les Araignées Géantes Attaquent, tandis que ma petite sœur, 7 ans, se marrait comme une baleine. J’ai donc lu Rencontres du Troisième Type, Star Trek, Alien (les novellisations d’Alan Dean Foster chez J’ai Lu), avant de voir les films. Et puis un jour neigeux de 1980, j’ai vu Shining, et je n’ai plus jamais eu peur au cinéma.

J’ai pu voir alors Rencontres du Troisième Type, dans une convention de SF à Rambouillet. C’était en vidéo, sur une toute petite télé, nous étions assis sur des chaises d’école, c’était les débuts de la vidéo.

Le film était impressionnant, mais un peu long vers la fin. Et surtout, je detestais Spielberg, figure de proue des cinéastes « gentils ». E.T. triomphait, avec sa vision consensuelle à la Frank Capra.

Trente ans ont passé. Spielberg a mûri, a fait La Couleur Pourpre et La Liste Schindler, et j’ai révisé mon jugement. Reste que les qualités (et les défauts) de Rencontres du Troisième Type sont toujours là.

Le début du film est exceptionnel, mélange de Hitchcock et du Nouvel Hollywood. Spielberg installe une ambiance incroyable, faite de nuit étoilée du Midwest. Avec un parfait sens du rythme, Spielberg joue sur tous les tableaux : le mystère (les avions dans le désert), l’angoisse (la voie de chemin de fer), la comédie (les scènes familiales), le merveilleux (les premières arrivées de vaisseaux). Mais après cette première heure, ça se gâte. Francois Truffaut joue comme un pied, John Williams se prend pour Ligeti, et Spielberg essaie de faire un 2001 gentillet. Moralité, la fin est interminable.

Rencontres du Troisième Type reste néanmoins un jalon dans l’histoire du cinéma populaire : d’un côté, les derniers sursauts des seventies (la peinture grinçante de la famille dysfonctionnelle du héros, très inspiré par le père de Spielberg, et la passion du petit Steven pour faire dérailler des trains électriques), de l’autre, la consécration des films chers pour des résultats tout aussi pharaoniques…




mercredi 23 septembre 2009


La citation du Jour : Fight Club (2)
posté par Professor Ludovico

Laura Ziskin, l’une des directrices de la Fox, découvre le film fini :
« Ca ma fait peur. C’était vraiment très intelligent, avec de vraies idées, et ça, c’était très dur. Pourrions nous le vendre ? »

Vendre des idées intelligentes, ça n’a jamais été le point fort d’Hollywood.




mardi 22 septembre 2009


De l’esthétique au cinéma (Ou de l’impact d’une bande-annonce)
posté par Professor Ludovico

D’habitude, on défend ici que l’esthétique n’est que l’écume des choses D’où notre aversion pour le « cinéma de décorateur », professé par Ridley Scott, Jean-Pierre Jeunet, ou Jean-Jacques Annaud (il y en a bien d’autres, mais ce sont nos têtes de turc favorites)…

La bande-annonce d’Avatar, le nouveau « chef d’œuvre de James Cameron » (c’est ce que dit la pub, et comme chacun sait, la pub ne ment pas) nous ferait presque faire marche arrière. En creux.

Nous sommes nombreux à attendre le successeur de Titanic, mais contrairement à ce que pensent certains, je ne pense pas que Cameron soit un génie. Il a fait un très bon film (Abyss), de bons films (Aliens, Terminator 2), et un chef d’œuvre du cinéma populaire, Titanic. Mais je crains un peu Avatar. Je ne me suis pas rué sur la bande-annonce. Mais voilà, maintenant, je l’ai vu, et… hmmm… (Petits sourires contrits devant l’ordinateur). On rembobine pour vérifier : oui, Avatar a l’air très moche. On ne peut pas encore juger l’histoire (de la SF assez basique, visiblement), mais bon, le look de schtroumpf des créatures extraterrestres m’a nettement refroidi.

Comme quoi l’esthétique, si elle n’est pas tout, elle reste la surface des choses et peut tout aussi bien servir de repoussoir…

PS : à l’inverse, la bande-annonce hyper-vendeuse de Star Trek version Abrams était parfaitement mensongère. Le relookage complet de l’Enterprise attendra.




lundi 21 septembre 2009


Mort à Pixar !
posté par Professor Ludovico

Cette critique aurait bien pu ne jamais être écrite, si je m’étais arrêté à la première demi-heure de Wall-E, sûrement la meilleure que la compagnie de Monsieur Jobs ait jamais produite.

Mais il faut en finir avec le mythe Pixar, sa prétendue infaillibilité (Pixar never fails, avait titré Newsweek), ses films toujours meilleurs, sa technologie photoréaliste toujours plus pointue.

La réalité est que Pixar voulait détruire Disney, et elle y est arrivé : Pixar a tué… le dessin animé 2D. Mais en fait, Pixar est devenu Disney. Sa production annuelle, ses thèmes ultra consensuels et conservateurs, ses scenarios photocopiés : Disney avait trouvé son élève, et il avait dépassé le Maitre.

Car c’est quoi un film Pixar : c’est l’histoire d’un garçon un peu star (Jouet star, Voiture star, Robot star) qui rencontre une fille et, confrontés à l’amour, et aux valeurs revigorantes de la campagne (pure, comme chacun sait, face à la ville corrompue), trouve la rédemption tant attendue.

Ce qui était magique dans Toy Story et dans Mille et Une Pattes, cette inventivité de scénario, ces préoccupations à deux niveaux (parents/enfants), tout cela est devenu un moule dans lequel les businessmen de Pixar injectent un peu de plastique neuf pour vendre un nouveau film, de nouveaux jouets, de nouveaux Happy Meal chez McDo.

Apres le gerbant Cars, j’ai boycotté. Mais l’opportunité a fait que j’ai pu regarder Wall-E, le fameux « dernier chef d’œuvre de Pixar » Évidemment, il y a cette première demi-heure, apocalyptique, géniale, dans un New-York rouillé (la méchante ville, encore), envahie sous les déchets. Et une merveille de petit personnage, Wall-E, le petit robot compacteur. Une demi-heure qui réinvente le cinéma puisque entièrement muette : champ. Contre champ. Effets de profondeur. Pause. Accélération. On peut raconter beaucoup de choses sans dire un mot.

Mais voila, au bout de 30 minutes, ca recommence : Wall-E rencontre une fille, EVE, cette fois-ci plutôt dominatrice, et le film part en couilles : courses poursuites effrénés, allusions foireuses à 2001 (désolé, ca ne suffit pas) et bagarres diverses et variées… Un rythme d’enfer pour une histoire zéro. Wall-E, censément héros du film, disparaît au profit des 700 autres protagonistes, et revient faire cinq minutes de figuration à la fin (et, incroyable mais vrai, il est pas mort, il est blessé seulement)…

Il restera le message écologique étonnant, incroyablement anti-américain (ou le début d’une prise de conscience, enfin ?) : nous sommes trop gros, nous consommons trop, nous gâchons l’eau dans des piscines que nous n’utilisons pas, nous ne faisons plus rien de nos dix doigts et nous gâchons notre intelligence devant la télé et les jeux vidéos.

Ça pique les yeux… mais ça justifie de regarder ces trente premières minutes…




lundi 21 septembre 2009


Destination Finale 4
posté par Professor Ludovico

Ah, quel bonheur ! Se retrouver seul dans la salle d’un cinéma, un dimanche matin, tout seul ! Bon, c’est l’UGC Orient Express, sa projection floue, et ses écrans plus petits que votre 16/9°. Mais bon, dans la vie, il y a des petits plaisirs qu’il ne faut pas bouder.

Destination Finale 4, c’est pareil. C’est pas le top de la cinéphilie, c’est pas ce qui se fait de mieux dans le cinéma US, c’est pas le mieux dans le genre, c’est même pas le meilleur de la franchise…

Alors pourquoi y aller ? Il y a sûrement mieux à voir en ce moment. Mais bon, le cinéma, c’est inexplicable. On y va, on passe un bon moment, et on s’en va. Vous n’aurez jamais ça devant votre télé. Pas cette isolation totale, ce ventre maternel qui vous accueille pour une heure et demie et qui vous fait renaître après.

Ici, on n’a pas appris grand chose, (la vie, la mort, ce genre de trucs), mais on a bien rigolé. Destination Finale, C’est toujours la même histoire ; la Mort suit une trajectoire, et bing ! Un gros nigaud la fait dévier. Ne vous inquiétez pas, la Faucheuse est toujours aussi créative quand il s’agit de rattraper les gugusses qui tentent de lui échapper… Ici, ça se passe sur un circuit Nascar, dans une piscine, au salon de coiffure et… Dans un cinéma. « Tu passes trop de temps devant la télé » dit une prochaine victime à une future victime. CQFD.




dimanche 20 septembre 2009


Un Prophète
posté par Professor Ludovico

Jacques Audiard, c’est le wonderboy du cinéma français. Le roi du home run. Le gars qui n’a jamais échoué. On n’est pas forcé d’aimer tous ses films, mais il est difficile d’en trouver un raté. Regarde les Hommes Tomber, Un Héros Très Discret, Sur mes Lèvres, De battre mon Cœur s’est Arrêté… On attend avec angoisse la chute, inévitable.

Et bien ce ne sera pas avec Un Prophète, d’ores et déjà l’un des meilleurs films de 2009.

La méthode de Jacques Audiard est simple : du travail, du travail, du travail. Audiard ne fait pas beaucoup de films, mais il bosse dessus. Pas d’esbroufe. Pas de scène en trop. Pas de performance d’acteur gratuite. Pas de mise en scène, d’effets spéciaux, de musique pour faire joli non plus : un respect total dus scénario, de l’histoire.

Dans Un Prophète, il y a une scène importante de fusillade ? C’est celle-là, et seulement celle-là, qui sera très bien filmée. Les petits moments seront filmés petitement. Humblement.

Un peu comme Titanic, Un Prophète est un film à paris multiples : un film de prison + un thriller + un film politique. Et comme dans Titanic, tous ces paris sont gagnants. On sent l’enfermement de la prison, et en même temps, on est pris par le thriller. Et sans avoir besoin de sortir la grande bannière « attention film à message », Un Prophète est un grand film politique, sur la prison, la réinsertion, la place des arabes en France, la réinsertion.

C’est le film à ne pas rater de cette rentrée. Mais fallait-il vous le dire ? Car comme me l’a expliqué ma copine Alex, Un Prophète, ça ne meurt pas.




jeudi 17 septembre 2009


Alain Delon, ou la foire aux vanités
posté par Professor Ludovico

Sacré Alain Delon ! Son intervention ce matin sur Europe 1, censément une éloge funèbre de Filip Nikolic, le chanteur des 2be3, a tourné une fois de plus à l’exercice délirant d’autopromotion :

« J’ai connu Filip quand il a débuté avec les 2Be3, il venait me voir sur les plateaux, sur les tournages, parce qu’il était très admiratif de moi. »

Et trente secondes plus tard :

… « C’était un admirateur du cinéma, et de ma carrière, et personnellement de moi… »

et encore…

– « …On avait beaucoup de traits physiques en commun, Filip n’était pas mal fait de sa personne. »

A ce niveau-là, c’est une maladie, et c’est en phase terminale ! On savait les acteurs égocentriques, amoureux d’eux-mêmes (et il faut très certainement l’être pour faire ce métier), mais notre Alain Delon national est très certainement champion du monde à cet exercice !

Profiter de la mort du pauvre 2be3 pour parler de lui, il fallait oser. Mais Delon est coutumier du fait, puisqu’à la mort de Marlon Brando, il avait fait le même coup : « Maintenant qu’il est mort, je suis seul »

Rappelons que le ragazzo déniché dans le lit de Visconti a fait une belle carrière (Plein Soleil, Le Guépard, essentiellement du à sa beauté exceptionnelle, mais que celle-ci ayant périclité avec la quarantaine, ses films sont devenus concomitamment de plus en plus mauvais dans les années 80 (Le Toubib, Le Choc, Le Battant, etc. Comme me l’avait expliqué Nathalie, une copine comédienne, Alain Delon est un acteur (qui ne joue que son propre rôle), et pas un comédien (qui peut tout jouer)…

Pour ceux qui douteraient de l’authenticité de cette chronique, c’est ici : magie d’Internet !




samedi 12 septembre 2009


Battlestar Galactica
posté par Professor Ludovico

Il y a trois ans de cela, je zapouillais tranquillement sur le câble, aux petites heures de la nuit, quand je fus tiré d’un début de somnolence par des images hallucinantes : un vaisseau spatial baptisé Battlestar Galactica, Starbuck et Apollo, le commandant Adama… Je fus pris d’un fou rire : les américains avaient osé faire un remake de la pire série de SF de tous les temps : Battlestar Galactica. Les cons, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît…

Un peu d’histoire : fin des années 70, début des années 80 : les amateurs de la littérature SF n’ont pas grand’ chose à se mettre sous la dent à la télé : L’Age de Cristal, La Quatrième Dimension, La Planète des Singes. Et une série mythique, invisible en France : Star Trek. En 1981, les frères Bogdanoff, qui animent Temps X, apportent la bonne nouvelle : cet été, La Une diffusera les aventures de Spock et Kirk. Juillet arrive. Douche froide : Star Trek « n’est plus disponible, mais à la place, vous allez voir, La Une a beaucoup mieux : Battlestar Galactica ! »

On a vite vu. Malgré quelques aspérités rigolotes (Starbuck et son cigare, les combats spatiaux), Battlestar Galactica était un sous-Star Trek, ce que tout le monde pu vérifier, un an plus tard, quand la série de Gene Roddenberry fut diffusée.

En 2004, quelle mouche avait donc piqué Ronald D. Moore, scénariste sur la franchise Star Trek, pour remettre en piste Battlestar Galactica, qui, par ailleurs, n’avait vécu que le temps d’une saison ?

Une drôle d’idée, en fait. Refaire Battlestar Galactica en gardant les bonnes idées, en enlevant ce qui était ridicule, mais surtout en décidant de prendre la série au sérieux. Au sérieux ? Battlestar Galactica !???

C’est là le tour de force. Battlestar Galactica est une série sérieuse de SF, une sorte de 24 dans l’espace. Le pilote remplit sa mission en donnant le ton : si les Cylons détruisent des planètes humaines à tour de bras, qu’est-ce que ça veut dire, concrètement ? Dans une série normale, on passerait cinq minutes dessus, avec des jolies explosions. Ici, on filme les conséquences pendant une heure : les évacuations et les choix terribles que cela suppose, les tragédies que cela entraîne (jusqu’à filmer la mort d’une petite fille, du jamais vu), les débats que cela engendre (peut-on faire la guerre efficacement et rester une démocratie ?)

A cela, Battlestar Galactica rajoute les ingrédients habituels d’une bonne série : love story, conflits père-fils, cliffhanger… Et une idée de génie, dans ce contexte : 12 cylons ressemblent à des humains : l’ennemi est à l’intérieur même du Galactica…

À suivre, donc…




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