[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



dimanche 15 février 2009


Les Rois Maudits
posté par Professor Ludovico

Avec quarante ans de retard, j’ai attaqué cette série culte de la télé Française. Plus par curiosité historique (j’adore le Moyen Age), que par appétence télévisuelle.

Évidemment ça a pris un coup de vieux : décor seventies minimalistes (des murs peints), dialogues empesés, jeu théâtral, mise en scène inexistante, et filmage approximatif.

Une borne, en fait, pour mesurer combien la télé a changé aujourd’hui. Plus beau, plus rapide, plus « cinéma » : la télé a appris.

Mais bon, c’est vraiment intéressant. C’est pédagogique, on a envie d’en savoir plus, et c’est bien joué, on va donc regarder la suite.




dimanche 15 février 2009


Recoller les morceaux
posté par Professor Ludovico

Petit à petit, la maladie s’étend… Après avoir contaminé Adrien, puis Michel, Aymeric, de nouveaux clients viennent pour réclamer leur dose de The Wire. Évidemment, maintenant, c’est plus cher : trois épisodes minimum, les gars !

Il est arrivé à Michel une anecdote étonnante, et plus ou moins la même à votre serviteur.

The Wire étant une fresque gigantesque de destins entrecroisés, on s’habitue à recoller les morceaux. Truc est avec Machine, et Bidule sort de taule… Michel est ainsi passé de l’épisode 6 à l’épisode 10, sans se rendre compte de rien ! Au contraire, il a recollé les morceaux, tant Sur Écoute avance doucement, et logiquement. Pour ma part, j’ai regardé le dernier épisode de la saison 4 avec admiration devant tant de retenue, tant de refus devant les effets faciles les cliffhangers, au moment où je me suis rendu compte qu’il restait encore un épisode !

Tout ça pour dire que la magie du cinéma est là, tout comme la BD : elle oblige le cerveau à associer deux plans (ou deux cases) et à faire tout seul un lien entre les deux. Michel a raccordé les différentes intrigues pour retomber sur ses pieds, et moi, habitué aux figures de style de fin de saison, j’ai interprété différemment chaque scène de l’avant-dernier épisode…

Mais le cerveau interprète, analyse, garde en mémoire les conventions, et fait le travail à la place du scénariste. C’est aussi pourquoi quand quelque chose cloche, le cerveau, inconsciemment, s’en rend compte aussi. Et décroche.




dimanche 15 février 2009


Ce qui cloche avec les Tudors…
posté par Professor Ludovico

Série sympathique au demeurant, pédagogique, sexy, les Tudors avaient quand même un défaut, mais lequel ?

C’est en regardant simultanément l’épisode 13 de Sur Écoute saison 4 et l’épisode 2 des Tudors saison 2 que j’ai compris. Là où la série US est moderne, c’est dans le montage. Surchargée de personnages, The Wire passe de l’un à l’autre sans explication préalable : à vrai dire, nous ne connaissons même plus le nom des personnages. On prend les scènes en cours de route, et on les coupe avant la fin… Selon la loi non écrite qui veut qu’une scène change de polarité entre le début et la fin.*

Les Tudors sont, sur ce point, restés dans le canon de la tradition du film historique. Il y a beaucoup de personnages, mais chaque scène a un début et une fin classique : le domestique vient voir la reine : « Votre Altesse, Sire Thomas More désire vous voir !» « Qu’il entre ! » Il entre. « Bonjour Sir Thomas ! » « Bonjour Votre Altesse ! » La scène peut enfin commencer. Autre vieillerie : les personnages sont debouts, et échangent des informations oralement… dans la plus stricte tradition des Rois Maudits !

Les séries plus modernes ont assez confiance dans le cinéma pour faire passer des idées visuellement : dans Sur Écoute, un simple bruit de pas rappelle que l’équipe est cantonnée dans un local miteux, et que leur condition reste précaire… Dans Burn After Reading, la seule coupe de cheveux de Brad Pitt donne une idée de la superficialité du personnage, dans Alien, les conflits entre les mécanos et le poste de pilotage sont symbolisés par un jet de vapeur qui empêche toute conversation, et au mitan de Barry Lyndon, la fumée d’une pipe jetée au visage de Lady Lyndon inverse le sens du film. Nous étions pro-Barry, nous voici dans le camp des antis.

Des détails, mais qui font la différence entre une mise en scène lourdingue et une mise en scène subtile…

*Par exemple si un personnage entre heureux au début de la scène, il doit en sortir malheureux à la fin de celle-ci, sans quoi la scène n’aura pas fait avancer l’intrigue ni apporté d’information au spectateur…




vendredi 6 février 2009


The Wire, saison 4
posté par Professor Ludovico

Si on ne m’entend peu sur la 4ème saison de la meilleure série du moment, c’est d’abord parce que je la regarde à haute dose (un épisode par soir*). Ensuite, parce que c’est un peu plus faible (surtout un peu plus gentil) que d’habitude. Thème de cette saison : l’éducation. On suit les enfants, à Ecole municipale, et à l’école du deal. « Qu’apprennent-ils à l’école ? Mais à mieux dealer ! » s’exclame Colvin, un des personnages apparus Saison 3.

Le génie de Sur Écoute, maintenant qu’on en est à 46 épisodes (plus que 14 en stock), c’est son coté roman russe. Foisonnement de personnages, tout aussi riches les uns que les autres : pas de profondeur de champ dans The Wire. Ainsi, McNulty, la « star » des deux premières saisons, s’est effacé au profit des autres, sans complètement disparaître. Mieux encore, sa mutation inespérée est rendue crédible par son éloignement de l’intrigue principale. Peu de séries (sauf Oz, peut-être) ont aussi bien joué cette notion de troupe, au service de l’histoire.

Seul personnage récurrent : Baltimore, de son City Hall aux terribles corners de Calhoun st. Comme le dit Omar : « Quitter Baltimore ? tu n’y penses pas ! When you got a home, you got a home »

*Honte à ceux qui regardent plusieurs épisode de série d’affilée ! Un épisode par semaine, comme c’est diffusé là-bas !




samedi 20 décembre 2008


Lost, le véritable making of.
posté par Professor Ludovico

Les making of sont chiants. La plupart du temps, on n’apprend rien, si ce n’est que Machin a « adoré » travailler avec Truc.

Pourtant, ce qui se passe derrière le rideau est souvent passionnant. Prenez Lost, par exemple. On croit souvent (moi le premier !) que cette idée sort du cerveau – génial mais torturé – de JJ Abrams. En fait, pas du tout… Vous voulez la véritable histoire ? La voici.

En 2002, ABC, l’un des 4 grands networks américains, est au plus mal. NBC se maintient en pole position, Fox, boostée par American Idol (la Nouvelle Star US) devient un concurrent sérieux, et CBS, revenu d’entre les limbes, pète le feu avec Survivor (Koh Lanta).

Mais surtout, ABC est dans une mauvaise passe managériale : tout se décide au-dessus, chez Disney, entre les mains viriles de Michael Eisner. Lloyd Braun, le Président de ABC Entertainment est sur la sellette. Ne risquant plus grand-chose, il part faire un break à Hawaï en famille. A l’hôtel, on passe Seul au Monde, avec Tom Hanks. Braun caresse alors l’idée suivante : une série, à mi-chemin entre le film de Zemeckis et Survivor, mais réaliste. Il a même un titre : Lost.

Tétanisé par Disney, il n’ose le proposer, mais quelques mois plus tard, ABC, complètement à la ramasse, organise une « retraite » de cadres pour trouver de nouvelles idées. (Rappelons que cette tâche est normalement dévolue à la direction des programmes). Braun y pitche son sujet, avec un petit succès. L’idée est confiée à un scénariste, Jeffrey Lieber, qui le rebaptise The Circle. Et en plus, le scénario est très mauvais.

Braun se rappelle alors qu’il a un wonderboy sous son aile : JJ Abrams. Le petit coquin a signé un accord d’exclusivité de 4 ans avec Disney, pour la modique somme de 20M$… Mais JJ n’a rien écrit en quatre ans ! « Moralement ce n’est pas très juste, lui fait remarquer Lloyd Braun (ce qui n’est pas exagéré, NDLR). Il serait temps de payer tes dettes. Vois ce que tu peux faire avec ça. »

En plus, JJ Abrams n’a pas bonne presse, Alias est un succès critique, mais pas le carton prévu. Disney a demandé sa tête à plusieurs reprises. Pourtant Braun lui fait confiance, et JJ revient au bout d’une semaine avec une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’il a trouvé ça bien, et qu’il a quelques idées. La mauvaise, c’est qu’il a trouvé ça bien, et qu’il a quelques idées ! Et quelles idées : « Votre histoire est nulle, leur dit tout de go Abrams. Le vrai personnage, c’est l’Ile ! Il faut que tout tourne autour d’elle. Et il faut tuer Jack dès le premier épisode. On se concentrera plutôt sur ce qui s’est passé avant, dans la vie des personnages. »

C’est cette idée, évidemment, qui séduit ABC : avec ça, on tient une série, on peut facilement multiplier les épisodes. Très vite, et contre toutes les règles hollywoodiennes en cours, Lloyd Braun décide la fabrication d’un pilote : le scénario n’est pas écrit, à peine possède-t-on un synopsis deux fois trop long, mais le casting a débuté et le tournage commence. Une fois lancé, JJ Abrams fait joujou. Il commande une véritable carcasse d’avion, rajoute des personnages à chaque réunion… le budget et la durée du pilote explosent : 2 heures, 12 M$.

Et comme prévu, Lloyd Braun est viré.

Braun a déjà pris tous les risques pour mettre son bébé sur les rails, mais il franchit une nouvelle ligne jaune : il propose Lost aux chaînes concurrentes (NBC, CBS), et même à la Warner ! Il fait déposer, de nuit, des cassettes vidéos du pilote dans des boîtes aux lettres de ces décideurs ! Car Braun est alors convaincu que son enfant chéri – trop long, trop cher, trop feuilletonant – ne passera pas l’hiver.

On s’interroge en effet chez Disney sur le sort à réserver à Lost : série à part entière ou, pour sauver les meubles, mini-série de prestige sur 6 épisodes ? Mais aux Etats-Unis, les films et les séries sont toujours sévèrement testés par les services marketing, et Lost est testé lui aussi. Divine surprise, c’est plutôt bon, comme Desperate Housewives. ABC n’a plus le choix : avec seulement ces deux cartes en mains, et le surcoût délirant de Lost, la chaîne décide de tout miser sur ces deux séries dans sa campagne marketing de rentrée. Des sacs d’aspirateurs Desperate Housewives sont distribués en supermarché, et de véritables bouteilles à la mer Lost sont jetés sur la côte atlantique.

Vient l’heure du jugement, le 22 septembre 2004, à 20h, créneau inédit pour ce genre de série (drama) : Lost est un énorme succès, le meilleur score d’ABC pour une série depuis 4 ans (Desperate Housewives fera encore mieux dix jours plus tard).

Le premier réflexe de JJ Abrams est d’appeler Lloyd Braun ; ils sont tous deux au bord des larmes… Quelques semaines plus tard, Braun recevra un grand paquet à la maison : dans un cadre, un poster dédicacé par Abrams, Lindelof et Burk (producteur) : la carcasse de l’Oceanic 815, seul souvenir, désormais, de l’épopée Lostienne de Braun…

Le seul ? Pas vraiment. Toutes les semaines, Lost paie son tribut à son géniteur. Un tout petit tribut, en fait. Au début de chaque épisode, une voix off ânonne la phrase qui, chaque semaine, lance toutes les séries du monde : « Previously on Lost… » Cette voix, personne ne la connaît. Elle n’est pas très virile, ni très basse comme il convient. Abrams et sa bande avouent eux-mêmes ne pas savoir qui s’est occupé du casting voix. Pourtant, des cadres d’ABC jurent avoir déjà entendu cette voix quelque part… Pour cette voix, la production a choisi un acteur débutant, un parfait inconnu : un certain… Lloyd Braun.

Son nom n’est pas au générique (celui de Jeffrey Lieber l’est), mais, pour toujours, la trace de Braun est gravée dans le granit de l’Ile.

NB : cet article n’est pas le fruit d’une longue enquête, mais de la lecture – passionnante – du livre de Bill Carter, Desperate Networks, une chronique des télés américaines ces dix dernières années; l’arrivée des grandes séries, et la révolution de la télé réalité.

Bill Carter, Desperate Networks
Broadway Books




jeudi 18 décembre 2008


Mad Men, saison 1
posté par Professor Ludovico

Mad Men se termine, et on ne sait toujours pas pourquoi c’est bien. Intrigue minimaliste, rebondissements escargots : on est loin des standards actuels survitaminés à la Lost, 24, ou West Wing.

Mais si le charme était là, dans cette douceur de vivre, « familiale » pourrait-on dire, qui fait le charme des Sopranos (d’où vient Matthew Weiner) ? L’intrigue ne progresse pas, mais les personnages, si ! Et on se met à guetter, comme dans un Georges de La Tour, un froncement de sourcil, la position d’une main tenant une cigarette, une larme qui coule…

Mad Men nous offre du temps.




dimanche 7 décembre 2008


Alias
posté par Professor Ludovico

C’est pas pour moi, Alias. Je voulais voir ce que JJ Abrams, créateur de Lost, futur réalisateur de Star Trek, avait dans le ventre. Mais Alias (en tout cas le pilote) est trop popcorn pour moi. Karaté, filles au cheveux rouges type 5ème élément, conspirationnisme, le tout dans des décors peu crédibles (usine abandonnée, palais coréen avec chambre de torture au sous-sol, tout ca est très James Bond Old school.

« Hot chick kicks ass« , un petit canon pour botter les méchants, telle est la promesse d’Alias.

Promesse tenue.




lundi 1 décembre 2008


A la Maison Blanche, saison 5, Épisode 18 « Access »
posté par Professor Ludovico

Formidable West Wing ! Non contente d’être la série la plus ambitieuse du moment, qui n’œuvre à rien de moins qu’à nous réconcilier avec la politique en général (et la politique américaine en particulier), The West Wing Saison 5 est sûrement l’un des meilleurs crus. Et au coeur de cette année merveilleuse, un petit joyau, un stand-alone comme on dit, l’épisode Access, qui se joue des conventions pour proposer un vrai-faux documentaire en lieu et place de l’épisode.

Un pseudo documentaire de la pseudo chaîne Access (un camouflage de la chaîne publique PBS, en fait) centré sur CJ Cregg, la porte-parole du Président Bartlet. Le documentaire la suit pendant 24 heures, entrelardé des interviews compassés des autres personnages de la série.

« Access » réussit la gageure d’être complètement à part dans la série, tout en respectant le cahier des charges : pédagogie, pédagogie, pédagogie ! Tout en se moquant des clichés de PBS, il en reprend le rôle, et explique l’histoire des relations de la Maison Blanche et de la presse, le rôle du porte-parole, faisant intervenir des images d’archives et d’anciens véritables porte-parole de la Maison Blanche.

En même temps, pour respecter les canons des séries, il suit quand même une intrigue un peu artificielle (une arrestation qui tourne mal)… L’honneur est sauf !

Et The West Wing remet le couvert dans les deux épisodes qui suivent (et qui concluent la saison), pour expliquer en 80mn la situation au Proche-Orient…

A quand la même chose sur France 2, chaîne de la culture ?

Ce n’est pas la première fois : en 2001, juste après les attentats du 11 septembre, The West Wing avait réalisé un épisode spécial. Le pitch : Des enfants sont en visite à la Maison Blanche quand une alerte est déclenchée. Bloqués à la Cantine, le cast vient expliquer la situation aux enfants, pourquoi l’Amérique est en guerre, et en profite par exemple, pour expliquer la différence entre les chiites et les wahhabites !




samedi 22 novembre 2008


Star Trek 11 – Deuxième bande annonce
posté par Professor Ludovico

Je sais qu’on nous prend pour des geeks, de grands enfants à qui on n’offrirait même pas un sabre laser, craignant que l’on ne se blesse. Mais pourtant, ce message vous est destiné : vous n’avez jamais vu Star Trek, ou même, vous détestez ça : allez donc voir la bande-annonce du prochain opus qui traîne sur le web, ici, par exemple.

Et découvrez ce que le petit génie de la télé américaine, Mr Alias, Dr Lost, a effectué comme lifting à la franchise. Évidemment, ce n’est qu’une bande-annonce, c’est peut-être mensonger, mais on a hâte de vérifier ça soi-même, non ?




mercredi 19 novembre 2008


La délicate petite musique des Mad Men
posté par Professor Ludovico

Difficile de dire pourquoi certaines séries vous plaisent, et Mad Men fait partie de celles-là.

Pas vraiment d’intrigue transcendante (les aventures d’une bande de pubard des fifties), pas de cliffhanger de la mort, un arc quasi invisible (Pete peut-il prendre la place de Don ?), non, Mad Men ne s’appuie pas sur les recettes à succès. Au contraire, c’est plutôt une petite musique insidieuse, avec cette reconstitution aux petits oignons, à la fois décorative (les cocktails multicolores, les 33 tours) et psychologique (comment pense un homme, une femme, un patron, une secrétaire, un héritier, une prolo) dans cet étrange après-guerre.

Une partie de cette fascination vient de là, évidemment, puisque Mad Men ne décrit rien de moins que la jeunesse de nos parents. Quelle époque mystérieuse, donc !

On voit bien aussi qu’il est là LE projet de Mad Men, dans cette reconstitution. A voir si ce seul projet peut tenir le spectateur en haleine toute une saison. Pour le moment, on achète.

Canal+décalé tous les dimanches à 22:40
Canal+cinéma tous les dimanches à 14:50




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