Dure vie que celle du CineFaster ! Obligé de se colleter deux heures de Terre, Champ de Bataille, le pensum scientologue de Travolta ! Probablement le plus mauvais film jamais tourné : histoire clichée, scénario confus, acteurs pathétiques…
Une telle plantade ne laisse d’étonner : où est l’intention ? L’adepte Travolta voulait-il, en adaptant l’oeuvre de L. Ron Hubbard, faire don de son vitrail scientologue, comme preuve de sa foi ? Ou, au contraire, exécuter bassement une corvée pour payer ses dettes ? Quand on sait que la spécialité de la secte est de recruter des stars en les sortant de très mauvais pas, tout est possible !
Toujours est-il que le film, si irrémédiablement mauvais, reste pour autant un objet d’analyse filmique.
D’abord, la technique : l’image est d’excellente qualité, mais bizarrement, tous les plans sont inclinés à 45°. Message ésotérique ? Les plans s’enchaînent toutes les deux ou trois secondes, ce qui est souvent mauvais signe : par ce faux rythme, on cherche à cacher une faiblesse, scénaristique ou autre. Et les faiblesses, elles ne manquent pas : si on comprend vite l’argument (la Terre est tombée sous le joug d’un peuple extraterrestre particulièrement méchant (les psychlos), et l’humanité est retournée à la barbarie), il est très difficile de suivre l’intrigue qui enchaîne péripétie sur péripétie. Ainsi, le grand méchant psychlo joué par Travolta utilise des esclaves humains (les héros) pour extraire de l’or, et leur confie sans s’inquiéter outre mesure technologie extraterrestre, vaisseaux spatiaux, armes… Ce qui causera évidemment sa perte…
Le seul truc drôle, c’est que les méchants sont sympas (Travolta et Forrest Whittaker) : bêtes, alcoolos, et un peu obsédés par le pognon et les filles. (Les filles psychlos ont des attraits particuliers, comme une langue trèèès longue, mais à part ça, elles sont habillées comme Mylène Farmer)
Le pire, c’est que ce n’est même pas de la propagande scientologue : les humains se libèrent d’eux mêmes, sans l’apport des habituels accessoires vendus à prix d’or aux gogos pour « s’autoaméliorer ».
C’en est presque décevant…
posté par Professor Ludovico
Avec des séries à fort degré d’addiction comme Sur Ecoute, une petite appréhension nous saisit au moment d’attaquer la nouvelle saison : « Est-ce que ça sera aussi bien que la dernière fois ? »
La main tremblante, on introduit le DVD dans le lecteur… Logo HBO, nouvelle version du générique de Tom Waits, jusque là, tout va bien…
Et puis ça commence, lentement. Il faut dire qu’avec Sur Ecoute, on est dans l’anti-Lost : pas de révélation, pas de cliffhanger. Images propres, mais pas de mouvement de camera qui traîne… Les personnages sont installés, mais un rythme de sénateur : Barksdale, McNulty, Bodie… Et des petits nouveaux : l’ancien qui sort de taule, le politicard qui en veut… Au bout d’une heure on en saura pas plus, mais c’est comme ça, Sur Ecoute : ça met du temps à démarrer, et 12 épisodes plus tard, ça finit très fort.
Au moment où arrive enfin la reconnaissance critique (Entertainemnt Weekly qui parle de « meilleure série des années 2000 » (après 5 saisons), Télérama qui reconnaît « son erreur »), il est temps de voir Sur Ecoute.
Maintenant.
The Wire, saison 1,2,3 et 4 disponible en France, (au même prix que Joséphine Ange Gardien)
samedi 2 août 2008
Des Serpents dans l’Avion
posté par Professor Ludovico
Les recettes, à Hollywood comme ailleurs, ça ne marche pas. Tout le monde croit que ça marche, mais ça ne marche pas. Si ça marchait, on le saurait, et on ne raterai plus jamais un film. Top Gun, ça marche, et Jours de Tonnerre (Top Gun chez les Nascar), ça marche pas. Il en va de même pour Des Serpents dans l’Avion ; on croit qu’en mettant deux films catastrophes en un (des serpents, un avion), on fait un super film catastrophe. On croit aussi qu’en faisant dans la démocratie participative (les internautes pouvaient proposer des scènes qui ont été ajoutées dans le film), on écrit un scénario. Eh ben c’est pas vrai. Faut un type derrière, qui écrit. Et pas un cabinet de marketing.
Moralité, on ne sait pas avec Des Serpents dans l’Avion si on doit rire ou si on doit pleurer. Ca commence potache, avec critique adolescente et esprit slacker : tu baises dans les chiottes ? Tu te fais mordre ! Tu vas pisser, tu parles à ton petit serpent personnel pour l’encourager ? Tu vas t’en prendre un gros, de serpent ! Tout ça pourrait marcher, ou faire sourire, mais le film se prend aussi au sérieux et essaie de nous faire peur… Et là ça marche plus, parce que les serpents en 3D sont aussi peu crédibles que Samuel L. Jackson en acteur. Les rebondissements sont rigolos, mais on peut aussi regarder Airport pour rigoler. Non, Des Serpents dans l’Avion est une vraie perte de temps.
dimanche 20 juillet 2008
Le Beau-Père
posté par Professor Ludovico
Oh sombre révélation ! Je viens de réaliser, grâce à Imdb, que Terry O’Quinn, l’un des héros de Lost (Locke, pour être précis), n’est autre que Le Beau-Père, dans le film éponyme de 1987.
Quoi, vous n’avez pas vu Le Beau-Père ? Mais quel genre de CineFaster êtes-vous ? L’un des meilleurs films d’horreur des années 80 ! Le pitch est simple : Le Beau-Père est un homme bien sous tout rapport, affectueux, paternel, travailleur, a decent american people, qui séduit des veuves ou des divorcés, et les massacre consciencieusement, ainsi que toute leur famille !
Parce qu’il évitait le gore, mais se concentrait sur l’effroi pur généré par ce contraste, Le Beau-Père me fait encore des frissions dans le dos… Il doit être dur à trouver, mais si vous tomber dessus…
*c’est un film de Joseph Ruben, qui a réalisé depuis Mes Nuits avec Mon Ennemi, Money train, The Good Son (Le Bon Fils), et The Forgotten (Mémoire Effacée)
dimanche 20 juillet 2008
La réplique de la semaine
posté par Professor Ludovico
« On rapporte qu’il y a trois mois de cela à Hagensville, la Vierge Marie est apparue dans une plaque de moisissure sur les murs d’une vieille résidence. La nouvelle était à peine connue que déjà la ville était envahie par plus de cinq mille personnes venues contempler son visage.
Votre avion est venu s’écraser sur cette île, et vous avez quand même survécu. A votre départ, vous êtes en fauteuil roulant, et à votre arrivée, vous faites des cabrioles ! Si cinq mille personnes sont capables de se déplacer pour contempler une moisissure, combien se déplaceront pour vous voir, vous ? »
C’était hier soir, vers 23h45 sur TF1, au beau milieu du sixième épisode, deuxième saison de Lost… Y’a-t-il une plus belle définition de notre incroyable besoin de mysticisme, de fantastique, d’imaginaire ? Quelle meilleure réponse pour l’artiste à qui on dit « c’est idiot ce que vous faites ! », sinon la réponse suivante « Si c’est idiot, pourquoi me regardez vous ? »