Il ne suffit pas, pour réussir un film, d’accumuler une incroyable somme de talents. Un romancier génial (Jonathan Safran Foer), de talentueux acteurs (Tom Hanks, Sandra Bullock, Max von Sydow, et tout particulièrement le jeune Thomas Horne), Alexandre Desplat à la musique et Stephen Daldry à la réalisation, un habitué du succès (Billy Elliott, The Hours), Scott Rudin à la production, n’en jetez plus, la coupe est pleine…
Non, le cinéma fait partie des Arts Etranges, de la magie du Côté Obscur, des sombres alliances avec les forces telluriques des Unseelie. Si tel n’était pas le cas, les forces démoniaques du marketing aurait totalement pris le contrôle du 7ème art et produiraient systématiquement des chefs d’œuvres, ce qui n’est pas le cas, on en conviendra…
Non, le cinéma reste une industrie de prototypes, et c’est tant mieux.
Dès le début du film, on est envahi par la voix off et une musique qui se veut légère mais qui plombe chaque plan, nous guidant maladroitement dans les émotions que nous sommes censés ressentir. Ces deux là vont éteindre en nous, dès les premières minutes, la flamme du mélodrame qui ne demandait qu’à brûler, cette étincelle de magie qui manque cruellement à Extrêmement Fort et Incroyablement Près…
Pourtant cette histoire avait tout pour nous émouvoir : après la mort de son père (Tom Hanks) dans la tragédie du World Trade Center, un enfant légèrement psychotique cherche désespérément le propriétaire d’une mystérieuse clef trouvée dans les affaires paternelles. La relation père-fils était fusionnelle, cette quête ne fait que détruire l’enfant déjà instable.
Comme dans tout bon récit d’aventure, le jeune Oskar va néanmoins rencontrer un mentor, dans la peau d’un étrange vieillard énigmatique et muet (Max von Sydow). Il va aussi s’éloigner de sa mère (Sandra Bullock), et vivre plein de péripéties avant d’achever sa quête.
Tout ce qui marchait formidablement dans le chef d’œuvre méconnu de Liev Schreiber qu’est Tout Est Illuminé, une autre quête sur les racines, adaptée du livre éponyme de Jonathan Safran Foer. Mais ce film là réussissait le tour de force de passer de la comédie (le petit juif new yorkais coincé qui débarque chez des ukrainiens free style) à la tragédie (les traces de l’extermination…)
Dans Extrêmement Fort et Incroyablement Près, on commence par la tragédie, et c’est tout le problème. Daldry voudrait nous laisser pénétrer dans le drame intérieur vécu par cet enfant, mais sa voix off ne fait que nous en sortir. Refusant de se détacher des excellents dialogues/monologues vifs et brillants, probablement extraits du roman, Daldry et son scénariste plombent le drame. Au lieu d’être touchés, on a vite qu’une envie : mettre deux claques au préado, malade d’Asperger ou pas, lui crier que son père, Tom Hanks ou pas, est mort, et qu’il ne reviendra pas, et le remettre sur le droit chemin ! Les obsessions habituelles de Foer (troubles compulsifs, collections diverses, sacs plastiques zippables, régimes végétariens, peur de l’étranger, nostalgie mitteleuropa), tout ce qui faisait le sel de Tout Est Illuminé, transforment Extrêmement Fort et Incroyablement Près en goulasch immangeable.
Dommage, on aurait bien aimé aimer.
posté par Professor Ludovico
« Faire les choses sérieuses avec légèreté, et les choses légères avec le plus grand sérieux » : voilà une profession de foi qui me convient.
Elle semble convenir parfaitement à Kick-Ass, un film important déguisé en pochade pour ado.
Je n’aime pas les films de super héros, mais je dois convenir qu’une vague de modernisation de ce concept souffle depuis quelques années. BD d’Alan Moore (Watchmen, Promethea, Topten), films déconstructivistes (Incassable, Hancock, Spiderman) et maintenant, Kick-Ass.
Le film part d’une idée simple : comment apparaissant les super héros ? Probablement du cerveau d’un ado puceau, fan de comics, rêvant de vivre les aventures pour de vrai, et d’émerveiller ainsi une petite amie potentielle… Un tour chez Mr Bricolage, et voilà un joli costume jaune et vert, du meilleur effet. Ajoutez-là une (vaine) tentative d’interposition lors d’une bagarre, filmée évidemment sur Smartphone par la foule en délire (qui ne vient pas à l’aide de notre infortuné héros , scène-clef du film), puis Twitto-Facebookée, et voilà notre héros mondialement connu. Malin, Matthew Vaughn joue la carte de la dérision sur ce versant-ci : pas besoin d’une mère tuée par quelque gangster, ou d’une enfance sur Krypton, ou d’une araignée radioactive pour devenir super héros. Mais Vaughn ajoute bientôt un autre versant, où il reprend toute cette thématique, au sérieux cette fois-ci. Big Daddy et Hit Girl, le père et la fille, sont des vigilantes plus traditionnels ; leur femme/mère a été tuée par le parrain local, et ils veulent se venger. Bientôt les deux intrigues vont se lier, pour le plus grand bonheur du spectateur. Car le film mélange avec soin la parodie (Nick Cage en Batman, père de famille modèle et fan de la NRA), la tragédie (le fils du parrain qui veut devenir parrain mais n’en a pas réellement les « qualités »), la love story teen movie (et son lot de problématiques crypto-gays), les références pop (« This Town Ain’t Big Enough for Both of Us » des Sparks, Lost, Batman, Superman…), le film d’action (des fusillades à couper le souffle), le tout dans un New York nimbé de lumière, mi-réaliste, mi-fictionnel.
Et sous cette couche d’entertainement, coule une rivière glacée, politique, un portrait en creux d’une Amérique surarmée, fascinée par le pouvoir des armes et la violence, en quête d’un homme providentiel pour la sauver, plutôt que de faire le premier geste civil qui pourrait tous nous sauver.
Ne ratez pas les prochains films de Matthew Vaughn, ni de sa tripotée d’acteurs, tous aussi doués les uns que les autres…
lundi 27 février 2012
The Descendants
posté par Professor Ludovico
Au football, un seul joueur peut parfois sauver le match. Mais le cinéma est, comme le rugby, un sport éminemment collectif, et même un excellent acteur comme George Clooney ne peut pas sauver The Descendants de sa terrible médiocrité.
Le film d’Alexander Payne est en effet le paradigme de ce qu’est devenu le cinéma indépendant. Il n’a plus rien d’indépendant (budget : 20M$), il dépend d’une grosse star (Clooney), il est accompagné d’une petite musique folk en permanence, et il prétend s’attaquer à de grands thèmes (la vie, la mort…) tout en restant très dilettante.
Payne part ici sur deux belles idées : le pitch, d’abord : une femme dans le coma, et un mari obligé de s’occuper de ses filles alors qu’il va découvrir que sa femme le trompait. Et une situation, ensuite : Hawaï, l’envers du décor. Cette deuxième partie est assez bien faite, bien que Payne lâche l’affaire en route ; mais il arrive plutôt bien à rendre cette vie indolente des îles, où tout le monde connaît tout le monde, (ou est le cousin de tout le monde) et où l’on vit en tongs et en bermuda à fleurs, que l’on soit riche ou pauvre.
La première partie, par contre, est une catastrophe, d’abord à cause du misérable talent de Payne (Sideways m’avait énervé, j’aurais dû me méfier). Ne sachant pas filmer un mélo, le réalisateur indépendant-mais-pas-trop ajoute une petite guitare folk à chaque fois qu’il veut qu’on soit triste, et une guitare hawaïenne dès qu’il prépare un gag. Or selon la célèbre Fatwa de Carrié, « Un Film Ne Devrait Pas Avoir Besoin De Musique !!! »*, donc The Descendants n’est pas un film, CQFD.
Mais surtout, et ce n’est pas trop la faute d’Alexander Payne, mais son film est américain, de la manière la plus consternante qui soit, c’est-à-dire du côté des family values. Les parents (et surtout le père, George Clooney) n’ont aucune autorité sur leurs enfants. Ils ne la regagneront qu’en devenant « a better person ». L’adultère y est décrit comme le pire crime possible, mettant les personnages dans des postures incroyables pour des européens, a fortiori des français. Certes, Madame Clooney a menti, et son amant** – comble du comble – a couché avec elle alors qu’il ne l’aimait pas ! Mais bon, les amis, il y a quand même la guerre en Afghanistan, la crise de l’Euro, et peut-être la relégation de Monaco en National…
On se moque, bien sûr. L’amour trahi, la jalousie, la rédemption, tout ça aurait pu faire un joli film, surtout avec Clooney prouvant qu’il est capable de tout jouer, même en tongs.
Mais pour cela, il aurait fallu un réalisateur.
* Spielberg le dit plus gentiment « Si en coupant le son, on comprend toujours le film, c’est qu’il est réussi »
** L’amant est évidemment agent immobilier, la pire profession possible après avocat (ce qu’est Clooney)
lundi 27 février 2012
The Artist
posté par Professor Ludovico
Bon, ben je crois qu’il va falloir y aller maintenant…
dimanche 26 février 2012
La Taupe
posté par Professor Ludovico
Selon le Théorème de Rabillon, il est impossible d’éviter La Taupe ; le vrai film d’espion que le 7ème art nous gratifie tous les dix ans. C’est à dire le film d’espionnage réaliste : manipulations, agents retournés, taupe, etc. Pas de coups de feu, pas de gadgets, pas de détection satellite flacon Google Earth, non, le bon vieux polar psychologique façon John le Carré. Ça tombe bien, La Taupe est l’adaptation de Tinker, Taylor, Soldier, Spy dudit Le Carré.
On ne boudera pas son plaisir devant le gratin d’acteurs british aux petits oignons : l’immense Gary Oldman, Colin Firth, Ciaran Hinds, etc.
On pourra reprocher plein de trucs, un peu trop lent, un peu trop ampoulé pour une intrigue assez simple, la Loi de Bordes, etc. ; c’est formidablement filmé, même si j’attendais un tout petit peu plus de Tomas Alfredson, le petit génie de Morse.
Mais bon, pas de chichi, La Taupe délivre la performance attendue, comme on dit dans le marketing d’aujourd’hui.
vendredi 24 février 2012
« Gentillet »
posté par Professor Ludovico
On me reproche d’utiliser à tort et à travers, et surtout hors de propos, ce qualificatif. Je vais essayer d’expliquer ce que j’entends par là.
Qu’est-ce qu’être gentillet dans le cadre d’une œuvre ? Disons que c’est quand un artiste essaie de produire une œuvre « confrontante », en clair un truc censé être violent, dérangeant, décapant, mais qu’au final, cette œuvre retombe sur ses pieds bien pensants. Comme une guitare saturée qui se la joue heavy metal dans une chanson de variété : rock, mais pas trop fort…
Ainsi Walking Dead, le comic-book, ou la série, sont des œuvres Gentillettes : situé dans un univers pourtant désespéré (l’Apocalypse Zombie), elles restent finalement dans le créneau très étroit du mélo américain : famille nucléaire, père-mère-fils, aimons-nous-les-uns-autres-bordel-de-merde ! Le moindre franchissement des valeurs familiales est sanctionné ; le personnage s’en excuse d’ailleurs quelques pages plus loin. Comme si personne ne pouvait tromper sa femme ou mentir à son fils après la fin du monde.
Ce n’est pas tant que ces valeurs soient à jeter (elles font parfaitement l’affaire dans Pretty Woman ou dans Tintin), c’est simplement qu’il y a vis-à-vis du public mensonge sur la marchandise. Walking Dead se présente comme une œuvre clivante (zombies, têtes tranchées, el toutim…), ce qui n’est pas le cas de Tintin.
Autre exemple, de deux œuvres prétendument décapantes : Desperate Housewives et Sex and the City. Dans les deux cas, on nous promet que ça va charcler grave sur les femmes d’aujourd’hui. Mais dans Desperate Housewives, on retombe aussi vite sur des valeurs très traditionnelles : madame rentre au foyer, et les vaches sont bien gardées. Sex and the City, au contraire assume ses choix jusqu’au bout. Une série pleine d’empathie pour ses personnages, mais qui n’hésite pas à franchir la ligne jaune… Sans s’en excuser après.
Cela pose, au fond, le problème du réalisme. Dans l’univers de Tintin, il est aisé de comprendre que même si notre reporter belge commet quelques péchés véniels (se saouler, par exemple) ; on sait qu’il expiera bientôt, avec un petit Milou, ange et démon, sur chaque épaule. Les méchants d’ailleurs sont le plus souvent ridicules, et inoffensifs. Mais dans un monde détruit par l’apocalypse, il est difficile d’imaginer que la société n’ait pas évolué un tant soit peu : La Route fournit un aimable exemple, en contrepoint de Walking Dead. Sans aller jusque là, des films aussi différents qu’Esther, Watchmen, Alien vs Predator, La Colline a des Yeux, Spiderman vont au bout de leur situation initiale et en assument les conséquences… Tout comme les conclusions drôles mais pessimistes de Seinfeld répondent à la niaiserie des fins d’épisodes happy-ending-serrons-nous-dans-les-bras de Friends.
mardi 21 février 2012
Millenium
posté par Professor Ludovico
Il fallait bien que ça arrive ; les géants finissent bien par trébucher. Voilà, Millenium est raté, c’est le premier film inintéressant du Cinéaste Chrétien cher à CineFast.
Des ratages comme ça, on en voudrait beaucoup. Excellemment joué par Daniel Craig, Stellan Skarsgård et surtout l’incroyable Rooney Mara, déjà prodigieuse dans ses deux petites scènes de The Social Network. Filmé avec maestria, mais c’est le moins que l’on attend de David Fincher. Musique splendide (encore signée Trent Reznor et Atticus Ross, Fincher a peut-être trouvé ses Danny Elfman/Angelo Badalamenti à lui). Et un générique d’anthologie, l’Immigrant Song de Led Zeppelin transmué en pétrole visqueux par les boucles de fil barbelé de Reznor.
Mais pour le reste, Millenium le film ne fait que révéler – encore plus que sa version européenne* – la vacuité de Millenium le livre. Délire masochiste d’un écrivain maudit (le livre de Larsson, comme chacun sait, ne sera publié qu’à sa mort), obsession sexuelles et culpabilité masculine, le tout finement caché sous une pseudo dénonciation de la Suède-qui-a-collaboré-avec-les-nazis, Larsson avait tous les atouts pour séduire un lectorat bien-pensant. Le genre de public, à droite comme à gauche, qui trouve qu’Armageddon est un film facho, mais se régale de la Loi du Talion version suédoise. On aura donc droit dans le Millenium façon Fincher aux mêmes scènes ignobles de vengeances Lisbethiennes, qui ne déparerait pas dans le final de L’Arme Fatale 2. Il manque clairement à cette version le message moral, et l’ambigüité des autres films de Fincher. Quant au conte de fée final (Lisbeth la Gothique se métamorphose en It Girl pour vider des comptes bancaires), on se croirait dans Mission : Impossible (perruque Barbara Bain en sus).
A vrai dire, tout cela n’est que l’écume des choses, car le vrai problème de Millenium, c’est évidemment la Loi d’Olivier, qui dit qu’un cinéaste ne peut pas être le seul maître à bord de son film. Or, pendant que l’on suit l’enquête Blomkvist/Salander, aucune piste ne nous est offerte. Ce qui peut marcher dans un livre, a fortiori un pavé comme Millenium, ne fonctionne pas dans un film. On vit, on réfléchit pendant des semaines dans un livre, on ne rêve que quelques heures dans un film.
La révélation finale, dès lors, tourne fatalement aux Mystères de l’Ouest : James West/Mikael Blomkvist enfin attaché très inventivement à la Machine Infernale, le Professeur Lovelace peut enfin révéler son enfance malheureuse et donc son ambition, assez peu originale, de devenir Maître du Monde. Ou ici, plus modestement, de tuer des jeunes femmes…
Mais Les Mystères de l’Ouest, au moins c’était rigolo.
* selon le quatrième évangile de Cinefast, disponible ici.
** Le film suédois de Niels Arden Oplev sonne plus juste : pas de faux accents suédois surjoué par les acteurs américains, et surtout un casting plus réaliste : contrairement au sex appeal jamesbondien de Daniel Craig, Michael Nyqvist est un Blomkvist gras du bide. Sa relation avec Lisbeth Salander est d’autant plus improbable, et donc d’autant plus érotique.
jeudi 16 février 2012
The People vs George Lucas
posté par Professor Ludovico
Le titre est mensonger : The People vs George Lucas laisse entendre une gentille parodie de ces Class Actions qui ont fait les grandes heures du cinéma américain des années 80-90, Erin Brockovich, par exemple. Bref, en loi américaine, unir ses forces pour s’attaquer à une grosse multinationale.
C’est le cas ici : le Peuple Star Wars, avec leurs yeux de 7 ans (en 1977) attaque la Mega Corporation George Lucas Inc.
Les chefs d’accusation, vous les connaissez :
– Haute Trahison (modification des films initiaux en 2004 sous prétexte de les lifter graphiquement)
– Trafic de Drogue en Bande Organisée (pléthore de licences Star Wars, de la figurines en epoxy au slip D2R2 en coton, amenant les Fanboys à une dépendance heroïnomaniaque )
– Escroquerie Caractérisée (La Menace Fantôme, L’attaque des Clones, La Revanche des Sith)
– Atteinte à la Sûreté de l’Etat (Jar-Jar Binks)
Malheureusement, si The People vs George Lucas reste distrayant, il est aussi assez brouillon, monté façon Menace Fantôme (un plan par seconde), et ressemble à une seule et longue liste de récriminations. C’est dommage, car The People… aurait pu appliquer plus méthodiquement la méthode préconisée par son titre : le procès de George Lucas, avec un procureur, un avocat, des arguments à charge et à décharge.
Ce que le film fait, finalement, dans le désordre. De plus, il y a quelques bonnes idées, qui peinent à être développées : l’extraordinaire impact de la culture Star Wars sur les créateurs du monde entier (ciné, graphisme, musique…), et cette autre idée, défendue par son ex-ami Francis Ford Coppola : l’œuvre détruisant, à la manière de Frankestein, son Créateur*.
Moi, qui me tamponne de Star Wars comme de l’album Bretonne de Nolwenn Leroy, j’avoue avoir été ému à ce moment-là.
*Une thèse défendue par George Lucas lui même dans Time Magazine : « J’ai toujours eu un problème avec l’idée d’être George « Star Wars » Lucas. Je ne me suis jamais reconnu dans cette définition. Mais après toutes ces années, j’ai fini par m’y habituer : ce n’est pas si douloureux, finalement.»
lundi 13 février 2012
Les Nouveaux Chiens de Garde
posté par Professor Ludovico
Tiré de l’excellent petit livre de Serge Halimi, Les Nouveaux Chiens de Garde est l’adaptation cinématographique – en moins réussi – de cette charge anti médiatique.
Même sil rate ses passages humoristiques (faussement premier degré, façon Canard Enchaîné), la charge reste intacte : monde media-politique en vase clos, formation identique (HEC-Sciences Po), manque de barrières déontologiques.
L’ensemble est passionnant, la critique sociologique est intéressante (élites droite et gauche unies pour « éduquer le peuple »), l’avertissement est clair (remember 1933) mais le tout mériterait d’être développé.
A voir donc et au cinéma, car il y a peu de chances que cela passe un jour à la télé.