Avec King Kong, Peter Jackson signe un retour inespéré dans la catégorie des films « ooh » « aah ». Ces films, ce sont ceux qui vous font passer deux heures (ici 3) de bonheur pur et simple, qui donnent envie de taper dans les mains et de hurler au réalisateur « encore, encore ! ». Des films sans prétention artistique, si ce n’est de divertir.
Inespéré, car les trois derniers pensums de monsieur Jackson autour du Retour du Roi des Deux Tours de la Compagnie de l’Anneau, on pouvait craindre le pire. Certes, la tâche n’était pas facile, la montagne tolkiennienne se dressait devant lui, avec ses millions de fans attendant dans l’ombre de Mordor pour punir la moindre faute de goût. Au final, une adaptation pas si ratée que ça, mais des films pesants, répétitifs, et loin de l’esprit de Tolkien, s’il en respectait pourtant la lettre.
Là, probablement libérée par l’absence de chef d’œuvre à adapter (le film originel est un chef d’œuvre, oui, mais de série B), Jackson semble libéré. D’autant plus qu’il a trois succès monumentaux derrière lui et qu’Hollywood doit probablement hésiter à lui faire la moindre remarque. C’est pourquoi il se permet à peu près toutes les fantaisies. Reconstitution des années 30, intro longuette sur la Grande dépression et son impact sur ses personnages, avant d’entrer dans le vif du sujet : l’Ile, les cannibales, le Singe, etc.
A partir de là, ça casse la baraque, période Spielberg des grands jours : les morceaux de bravoure s’enchaîne, et s’autorise même quelque séquences humoristiques. Quand on croit avoir atteint le sommet, il remet ça à la séquence d’après, et ce rythme va tenir jusqu’au bout.
Il réussit la gageure de faire croire à la fois au film d’action, à l’histoire d’amour avec le singe, à l’histoire d’amour avec le scénariste, tout en prenant le temps de croquer aussi d’un trait ses autres personnages (le capitaine louche, le réalisateur monomaniaque, le gentil assistant, etc.). Il se paie même Hollywood au passage, et ses passages sur le monde su cinéma sont assez croquignolets : bref, ne boudons pas notre plaisir, on en redemande !