[ Le Professor a toujours quelque chose à dire… ]

Le Professor vous apprend des choses utiles que vous ne connaissez pas sur le cinéma



mercredi 24 septembre 2008


Richard Avedon, Photographies 1946-2004
posté par Professor Ludovico

Richard Avedon au Jeu de Paume, c’est comme Leibovitz : c’est l’histoire du plus grand portraitiste de sa génération. Sauf que c’est comme Leibovitz, mais en plus vieux, en plus noir et blanc, en plus mort, et surtout, en plus fort. Pendant que la petite Annie soigne ses mises en scène, Avedon, c’est la rigueur Joy Division : un fond blanc, photo noir&blanc, regardez l’objectif siouplai !

Exemple pervers : pour The Family, série réalisé pour Rolling Stone de la campagne électorale 1976, il demande à ses modèles (les 69 personnes les plus influentes des Etats-Unis) de s’habiller « comme ils veulent » Et qui a l’air malin, trente ans après, en costume synthétique et cravate à pois ? Le jeune Donald Rumsfeld, secrétaire d’Etat à la défense, le quadra George Bush père, chef de la CIA !

Et puis il y a une superbe série sur l’amérique de l’ouest, des decent american people, mineurs, SDF, truckers… Fond blanc, netteté parfaite : l’Amérique vous regarde dans les yeux.

Richard Avedon, Photographies 1946-2004 au Jeu de Paume jusqu’au 27/9 (oui, je sais, je sais)




samedi 13 septembre 2008


Annie Leibovitz
posté par Professor Ludovico

J’ai un problème : je vais toujours voir les expos à la dernière minute ; il y a donc peu de chances que vous ayez le temps d’aller voir Annie Leibovitz, A photographer’s Life 1990-2005, à la Maison Européenne de la photo.

Ce n’est pas grave, car les photos de Leibovitz sont partout (Vogue, Rolling Stone, Vanity Fair) ou dans un très beau (et très coûteux) catalogue de l’expo.

En quoi cela intéresse le CineFaster de base ? Eh bien Annie Leibovitz, c’est un peu la portraitiste de ces quarante dernières années, la Gainsborough, la Poussin, ou la David, de la noblesse d’aujourd’hui : plus de Madame de Maintenon, plus de Général Murat, mais plutôt les petits marquis d’hollywood, la noblesse rock, et les vaniteux people. Aussi peint-elle un Daniel Day-Lewis sur son trône hamletien, la détermination mafieuse de l’équipe Bush (qui fait un écho troublant à un autre cliché : la série publicitaire pour Les Sopranos), la folie foutraque de Nicholson, le charme Vegas de Scarlet Johansson…

Annie Leibovitz n’est pas la plus grande, ses photos sont classiques et elle n’est pas un tournant de la photographie ; mais ses photos sont l’époque.




mardi 9 septembre 2008


Philip K. Dick est vivant, et vous êtes tous morts
posté par Professor Ludovico

Philip K. Dick écrit vite (et mal), mais c’est aussi une sorte de Nostradamus, qui a « vu », avec une acuité troublante, notre monde d’aujourd’hui. Ce qui rend ses livres passionnants : (Ubik, Substance Mort, La Vérité Avant Dernière)

Ainsi, ce matin, sur Europe1, un invité de Marc-Olivier Fogiel affirmait sans rire, dans le but de défendre le fichier EDVIGE, qui fichera notre orientation sexuelle, nos préférences politiques, et ce à partir de 13 ans : « La Police n’a pas seulement pour mission d’arrêter les gens qui ont commis des crimes, mais aussi de les anticiper, avant qu’ils ne soient commis. » Sic.

Ca ne vous rappelle rien ? Grâce à une machine prédictive, les policiers interceptaient les criminels juste avant qu’il ne commettent un crime. C’était la mission d’un certain Tom Cruise, dans Minority Report.

PS Vous pouvez aussi lire la biographie de Dick écrite par le français Emmanuel carrière « Je suis vivant, et vous êtes tous morts » : la vie de Dick, c’est sûrement son meilleur roman.




dimanche 24 août 2008


Cinéma insulaire
posté par Professor Ludovico

Les vacances, c’est le grand chambardement : grasse mat’, sieste, apéro. C’est aussi le break avec la routine cinéphilique : UGC CinéCité, places bien au milieu de la rangée, et séance VO du samedi matin sinon rien !

Les vacances, c’est donc le grand n’importe quoi cinéphilique : séance de 20h30 au Rex en VF et on fait la queue ! Pire, on va voir tout ce qui passe : Bienvenue chez les Ch’tis, par exemple, ou un film palestinien, et bien sûr les films avec les enfants (Wallratatoystory).

Sièges en ruine, drap de bain en guise d’écran, gens qui parlent… Mais oserais-je l’avouer ? C’est rafraîchissant ! Quoi de mieux pour un rite que d’être bousculé ?

C’est déjà la rentrée, du travail nous attend (Le Jour où la Terre s’Arrêta>, Miracle à Santa Anna), et on va reprendre les bonnes habitudes (Les Halles à 9h ou Bercy à 22h), avec le plus grand plaisir…




dimanche 24 août 2008


S’incliner devant la multitude
posté par Professor Ludovico

C’est l’un des inconvénients de la démocratie : on y pose que la majorité a toujours raison : « 50 000 000 Elvis fans can’t be wrong* », comme le proclamait une pochette célèbre du King.

Eh bien moi je pose le contraire : l’Art est le domaine où l’extrémisme doit être toléré, pire : encouragé. Libre à chacun de ne pas aimer Elvis et d’y préférer la Sainte Trinité (Chuck Berry, Little Richard, Jerry Lee Lewis), libre de ne pas aimer les Ch’tis malgré 21 millions de Français, et libre d’adorer Titanic, même si 21 millions de Français pensent la même chose.

Libre à chacun, donc, d’être son propre ayatollah artistique, de vouer aux gémonies ses propres ennemis jurés (Woody Allen, JP Jeunet, les Beatles, rayez les mentions inutiles), et d’édifier ses propres cathédrales (Pink Floyd ou Sonic Youth, Spielberg ou Kubrick, Simpson et Bruckheimer)…

* Si c’était le cas, les livres Harlequin seraient de la littérature, avec leurs 10 millions de lectrices annuelles en France.




samedi 2 août 2008


Hypocrisies
posté par Professor Ludovico

L’article sur L’Ile de la Tentation, et une récente conversation entre collègues, m’ont rappelé, s’il le fallait, l’écart entre « ce que je dis » et « ce que je fais ». Et encore, « ce que je dis », c’est plutôt « ce que je voudrais montrer de moi ».

Télé 7 Jours a interrogé récemment les français sur les émissions de télé-réalité ; ils les rejettent en bloc : 73% ne veulent pas d’une saison de plus de L’Ile de la Tentation, 50% refusent de supporter une année de plus les steaks aux chenilles de Koh Lanta, et 69% refusent de découvrir les secrets idiots de Secret Story une fois de plus. Même chez les 15-24 ans, cible de ces émissions, les scores sont sans appel, bien que plus faibles : 61% de cette tranche d’âge ne peut plus supporter Céline Géraud et ses tentateurs une année de plus.

Et pourtant, qu’y aura-t-il l’année prochaine : très certainement L’Ile de la Tentation et Koh Lanta, peut-être pas Secret Story, si l’audience ne se redresse pas. Car l’hypocrisie de tout ça, c’est bien sûr que ces programmes sont en tête de leur tranches horaires, et donc plébiscités par un public qui se compte en millions de personnes.

Lors d’une réunion récente avec des collègues de bureau, j’ai évoqué ma fascination pour L’Ile de la Tentation : cris d’orfraies, évidemment ! Après une désapprobation générale, basée sur l’idiotie du concept, et sa scénarisation, la salle a enchaîné sur les programmes qu’eux regardaient : « Il y a des choses très bien sûr Arte » « J’aime beaucoup la Cinquième, le Dessous des Cartes » « Ushaia, ça c’est une bonne émission » et tutti quanti.

Personne ne semblait regarder le foot ou Joséphine Ange gardien… Mais ai-je fini par dire, « Avec autant de téléspectateurs potentiels comment se fait il que TF1 fasse 30% de part de marché et Arte 4% ? »

Il y a là aussi matière à réflexion pour CineFaster, car c’est bien le même débat qui nous occupe ici. Il y a deux visions du cinéma, qui ne sont absolument pas contradictoires, mais complémentaires. Le cinéma est un art (Kubrick, Welles, …), et c’est aussi un divertissement (Spielberg, Simpson-Bruckheimer, …) Les USA gèrent mieux cette différence, ils l’acceptent mieux. Ils se réjouissent bêtement devant Armageddon, tout simplement parce qu’ils ne cherchent pas à la comparer à Mulholland Drive. Nous, par prétention, nous nous croyons beau parce que nous disons aimer Lynch, Woody Allen et Cassavetes ; mais si ces films font plus d’audience que dans leur pays d’origine, cela reste minoritaire : et nous nous ruons sur les Disney et sur les Spiderman

Il y a quelques années, des amis travaillant dans le milieu m’avaient proposer de réflechir avec eux à des concepts d’émissions. L’idée était de trouver des concepts innovants, mais de qualité, sur les sujets qui nous intéressaient : la Grande Guerre, le Moyen Age, la Justice, etc. Nous avons brainstormé toute la soirée sur les concepts les plus rigolos et haut de gamme qui nous venaient en tête (je me rappelle d’un Cluedo géant pour expliquer le fonctionnent d’une enquête et d’un Retour vers le Futur pour explorer les grandes dates de l’Histoire de France).

Mais nous avons fini la soirée découragés : la plupart de ces concepts existaient déjà sous une forme ou sous une autre ; soit ils n’avaient pas marché, soit nous en ignorions l’existence. Mais surtout, nous aurions adoré travailler dessus.

Mais de là à les regarder !




mercredi 30 juillet 2008


L’Ile de la Tentation (part 1)
posté par Professor Ludovico

Il existe une île mystérieuse, bien plus mystérieuse que l’île de Lost : c’est L’Ile de la Tentation.

Derrière ce programme de – prétendue – télé-réalité se cache une véritable œuvre de fiction, voire de science-fiction, tant elle flotte « au delà du réel ».

Fiction, L’Ile de la Tentation l’est assurément. Depuis longtemps, même le spectateur lambda sait à quelle point cette émission est castée, costumée, scénarisée. Il l’a compris via Entrevue* depuis sept ans, et au travers des récents procès sur le droit du travail intentés par d’ex-tentateurs : L’Ile de la Tentation n’est pas une île (c’est un bout de côte mexicaine); ce que voient les candidats lors des célèbres feux de camp n’est pas ce que voit le spectateur de TF1, les couples ne sont pas vraiment en couple, etc.

Et tout ça est montée, remontée, bidouillé… Une télé-réalité scénarisée -malgré l’oxymore – ça marche. Comme le titrait brillamment Télé 7 jours: « C’est bidon, les français détestent … mais l’audience ne fait que grimper. »

C’est cette artificialité qui nous intéresse ici, et la proximité avec la fiction. Acceptons donc d’observer l’objet au premier degré, sans ricaner, pour mieux le décortiquer.

Le pitch, d’abord. Quatre couples décident, sous l’œil de multiples caméras, de venir tester leur couple en se frottant séparément aux charmes de tentateurs bien montés et de tentatrices légèrement vêtues…

Bon, sérieusement, qui ferait ça ? Une semaine au Club Med ou au Camping des Flots Bleus peut vous apporter les mêmes réponses, sans risquer d’être la risée de la France entière. Non, la motivation de passer à L’Ile de la Tentation, c’est bien sûr le show business ; la célébrité et l’exploitation mercantile de celle-ci. Fleurissent ensuite dans les boîtes de nuit de France et de Navarre les tournées de « Gaëlle/Lesly/Audrey, de L’Ile de la Tentation ». Pas étonnant que les candidats et les tentateurs se recrutent majoritairement dans le milieu de la Nuit : barmaid, stripteaseuses, chippendales. Passer dans l’émission devient alors une opportunité économique, mieux : une campagne de promotion. Pas étonnant non plus, dans ce contexte, que les couples n’en soient pas vraiment : ex-couples, collègues du Macumba Club se faisant passer pour couple, tout est bon pour passer dans l’émission, surtout que TF1 n’est pas trop regardant sur le background de leurs personnages.

Castés, les candidats le sont à l’évidence. Costumés, aussi, et décorés : on se reportera avec intérêt à l’épisode 1 de cette saison, qui débute par un portrait de chaque couple candidat. Chacun évoluant dans des métiers différents (chef d’entreprise, cadre, chippendale, croque-mort), mais pourtant filmés, chez eux, dans des décors étonnamment semblables, et furieusement tendance : murs colorés, bougies, mobilier moderne, casual mais chic. De même, on raconte que la prod’ récupéra en catastrophe à l’aéroport de Roissy les vêtements prêtés à une tentatrice, obligée d’annuler pour cause d’overdose à la cocaïne dans les toilettes. Les vêtements, évidemment, étant destinés à servir… sur sa remplaçante.

En face, en revanche, c’est l’énigme du côté des tentateurs. On ne saura rien de leur vie d’avant, sinon un improbable et synthétique CV** : « Magaly, top model et baby sitter ». Un prénom qui sent le pseudo, un métier peu crédible, un statut obligatoire (célibataire) et une volonté commune : s’éclater ! Car si on prend au premier degré le concept du show, en faisant abstraction des motivations promotionnelles susmentionnées, quelle est leur motivation, aux tentateurs ? Obligé de sortir avec un(e) candidat(e) qui vous a choisi, tenter de le(la)séduire alors qu’on ne ressent rien, et être rémunéré en cas de succès, n’est-ce pas tout simplement de la prostitution ?

La suite ici….




mercredi 30 juillet 2008


L’Ile de la Tentation (part 2)
posté par Professor Ludovico

Nous avons évoqué ici un début d’analyse de L’Ile de la Tentation… Reste à analyser la forme elle-même, incroyablement cinématographique, empruntant à la fois au documentaire, au film d’horreur… et au porno.

Car, abandonnant les codes du Loft (camera cachée), l’Ile de la Tentation est incroyablement bien filmée et montée. Elle intègre les codes dramaturgiques traditionnels ; elle pose l’enjeu (par la traditionnelle question de l’ineffable Céline Géraud, « Repartirez vous ensemble, ou séparément ? ») Elle gère ensuite, comme un JJ Abrams à la française, cliffhanger, arc dramatique et résolution.

Coté genre, elle joue d’abord du mélo, probablement pour mieux amener, par contraste, ce que L’Ile de la Tentation est réellement : une comédie de mœurs. On assiste à la séparation des amoureux, avec larmes et musique folk. « Que sont-ils venus faire dans cette galère ? » se dit-on…

Puis on emprunte au film d’horreur : un Drame se prépare dans la Nuit. Plans répétés de la lune, plans sur la mer calme puis sur une ombre, au premier plan, qui rôde (un iguane), comme dans tout slasher movie qui se respecte. Si on y regarde bien, on s’aperçoit que le jeu surfe beaucoup sur le registre de la peur, et de l’irrationnel. L’émission joue clairement sur la paranoïa des candidats, sur leur schizophrénie ; on grossit des événements anodins en catastrophe, et on finit par perdre la raison, et on se retrouve dans une scène de l’exorciste : « L’homme que j’ai vu sur la vidéo, ce n’est pas l’homme que j’aime, c’est quelqu’un d’autre… que je ne connais pas » « Et qui est-ce ? » « C’est Shoooon ! »

Porno ensuite, puisqu’on ne nous épargne aucun gros plan sur les abdos, les fesses, les seins de ces jeunes gens, mêmes dans des scènes de la vie quotidienne (déjeuner, discuter sur la plage) Dès qu’on peut, on rince l’œil du téléspectateur, comme quand le livreur de pizza arrive dans les films tardifs de Canal+. Et qui surfe aussi sur la mode des webcams et du porno amateur : scènes pseudos volées (retravaillées en noir et blanc !), baisers furtifs, conversations cul à table, etc.

Arrive enfin la scène culte de l’émission, le Feu de Camp, où TF1 semble avoir pioché chez Leni Riefensthal l’esthétique wagnérienne. Feu de bois, visages éclairés au cordeau, légèrement décadrés, ambiance magique et primitive. Et questions de la Grande Inquisitrice Géraud, qui joue très mal la psy (« Qu’avez-vous vu ? »), mais très bien l’infirmière SS « Et là, quand vous voyez Shoon toucher la tentatrice, vous êtes en colère ? » C’est à la fois la scène la plus artificielle qui soit, et souvent la plus chargée d’émotion : engueulades, règlements de compte, pleurs. C’est aussi le pic, le climax de l’épisode, là où les conflits se révèlent, explosent et se résolvent, selon un parcours ternaire immuable. Céline Géraud montre une sélection d’images à charge, souvent disproportionnées par rapport à ce que nous avons vu précédemment. Par exemple, Manu qui semble vraiment épris de sa femme Alexandra, mais qui au milieu d’une phrase, fera un compliment à la tentatrice qui lui tend une oreille compatissante, eh bien c’est cet extrait qui sera montrée à Alexandra. Et si les « trahisons » semblent parfois bien minces, elles déclenchent invariablement des vengeances apocalyptiques (« Tu as dansé avec Linda ? Je vais coucher avec John ! »)

Pire, on ne peut pas être sûr de ce qu’Alexandra a vu, car ce qu’on voit, c’est seulement qu’on tend à la jeune femme un lecteur DVD portable ; elle lance la lecture, et après un grésillement lynchien, on voit le bout de scène compromettante superposé par trucage sur le lecteur DVD. Un trucage volontairement très mauvais, qui cache évidemment ce qui a vraiment été montré…

Deuxième étape, notre ex-judoka fait monter la mayonnaise en asticotant, manipulant les candidats : « Qu’avez vous ressenti ? » Quand il n’y a pas de quoi fouetter un chat (ça arrive), elle réussit quand même à mettre en rogne le (la) candidate, ce qui en général aboutit à une vengeance au retour à Diamante K (bisous au tentateurs, confessions dangereuses à une tentatrice, alcools qui coulent flot, danse collé/serré jusqu’au bout de la nuit, etc., avec à la clef de nouvelles videos compromettantes)

Et puis il y a la résolution, par la confrontation finale « Repartez-vous ensemble, ou séparément ? ». C’est le moment de vérité, où le spectateur peut faire le tri entre les vrais couples au bord de la crise de nerfs et les mauvais acteurs jouant une fausse dispute…

Au final, L’Ile de la Tentation n’est guère différente des autres émission de télé-réalité, hormis ce que nous venons de voir. C’est un miroir social où il est très agréable de se contempler, et de se comparer. Le spectateur sort forcément grandi de L’Ile de la Tentation, car il se compare à ces pauvres créatures en bocal, engluées et stupides, dans le doux miel de l’Expérience « Ile de la Tentation »…

*Entrevue qui joue le jeu de la promotion indirecte de l’émission. On est là dans l’ironie dramatique à double niveau. « Je sais que c’est truqué, mais je regarde quand même, je sais que les « révélations » du magazine sont arrangés, mais j’achète pour être détrompé de ce que je regarde par ailleurs pourtant au premier degré »…

** On peut en savoir plus, sur Tiffany par exemple, en se connectant à tf1.fr. Intégration des contenus, on vous dit !




dimanche 20 juillet 2008


La réplique de la semaine
posté par Professor Ludovico

« On rapporte qu’il y a trois mois de cela à Hagensville, la Vierge Marie est apparue dans une plaque de moisissure sur les murs d’une vieille résidence. La nouvelle était à peine connue que déjà la ville était envahie par plus de cinq mille personnes venues contempler son visage.

Votre avion est venu s’écraser sur cette île, et vous avez quand même survécu. A votre départ, vous êtes en fauteuil roulant, et à votre arrivée, vous faites des cabrioles ! Si cinq mille personnes sont capables de se déplacer pour contempler une moisissure, combien se déplaceront pour vous voir, vous ? »

C’était hier soir, vers 23h45 sur TF1, au beau milieu du sixième épisode, deuxième saison de Lost… Y’a-t-il une plus belle définition de notre incroyable besoin de mysticisme, de fantastique, d’imaginaire ? Quelle meilleure réponse pour l’artiste à qui on dit « c’est idiot ce que vous faites ! », sinon la réponse suivante « Si c’est idiot, pourquoi me regardez vous ? »




lundi 14 juillet 2008


14 juillet
posté par Professor Ludovico

Déjà que c’est assez pénible comme ça, le 14 juillet à la télé. Devoir supporter une telle avalanche de propagande martiale autosatisfaite qu’on se croirait fin août 1939… surtout quand on connaît l’état actuel – moral et matériel – de nos armée… Mais là, il a fallu se taper Kad Merad. On n’a rien contre le bonhomme, plutôt sympathique et drôle au demeurant, mais aujourd’hui, il a raté une occasion historique de se taire.

Convié à lire la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU, sa prestation fut minable ; il ne connaissait pas son texte, et se contentait de le lire, un enfant aurait fait aussi bien. Mal joué, mal filmé, mal costumé (c’est quoi ce costard gris ?), mais surtout mal casté. Pourquoi Merad ? Est-il beur, dans la tête de notre metteur en scène en chef, j’ai nommé Nicolas Sarkozy. Est-il bankable ? (TF1 le présente comme « Kad Merad, de Bienvenue chez les Ch’tis »). Est-il de gauche, nouvelle cible de l’ouverture tout azimut ? Car on suppose, peut-être à tort, que notre President-Animateur-Producteur a forcément validé ce petit one man show. Eh bien c’est raté…

Bon, mais comme dit Madame la Professore, le Président, à force de vouloir vivre par le showbiz, finira par périr par le showbiz….




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