[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



samedi 1 mars 2008


Arrested Development
posté par Professor Ludovico

Cette série a connu un très grand succès aux USA, avant de périr au bout de trois saisons. Diffusée confidentiellement en France, elle est disponible en DVD. Elle vaut vraiment le coup d’œil, par son originalité, son mauvais esprit, et son extraordinaire inventivité. Le pitch est simple : au moment où le héros, Michael Bluth, pense que son père va lui confier les rênes de l’entreprise familiale de Construction Immobilière, celui-ci est arrêté pour malversations.

Le voilà obligé de gérer l’entreprise dans de bien mauvaises conditions, surtout entouré d’une famille de redoutables et oisifs charognards : sa sœur (Portia de Rossi), pinup canon délaissé par un mari homosexuel refoulé, un frère agicien qui rate ses tours, et un cadet retardé maqué avec… Liza Minelli. Les acteurs sont excellents (on les a revu depuis au cinéma, notamment dans Juno ou The Kingdom), mais il manque quelque chose pour être complètement convaincant. Comme si Arrested Development était trop malin pour être honnête…




vendredi 1 février 2008


Star Trek 11
posté par Professor Ludovico

J’en vois déjà qui ricanent, au fond. Vous me copierez 100 fois votre leçon de Vulcain ! Il n’empêche que je défends, et je ne suis pas le seul (nous sommes deux), l’idée selon laquelle un baril de Star Trek vaut 2 barils de Star Wars.

Je ne parle pas des films, assez inégaux il faut bien le dire (et encore je suis de bon poil, ce soir). Non, je parle de la série, qui est bourrée de scénarios intelligents, petits contes philosophiques voltairiens de 52mn. En pyjama bleu, je le concède. Mais des scénarios fins, avec de l’humour, et des personnages supers. Ca ne courrait pas les rues à l’époque. Et en pleine guerre froide : un chinetoque, une black, un russe, et un bridé. Ca courrait pas les rues non plus.

Et pour votre culture, bande de morveux, la première navette spatiale fut baptisée Enterprise, ça vous en bouche un coin, non, ça vous rabat un peu le caquet, non ?

Bon, Star Trek 11, c’est un film, et les films sont toujours assez rigolos. C’est pas des chefs d’œuvre, mais c’est rigolo. Le 11ème, c’est pour noël, mais il faut réserver ses places dès aujourd’hui, parce que même si ça fait un carton aux USA, en général à Paris ça reste 3 jours en salles (authentique !).

Cette fois-ci, c’est JJ Abrams (Lost, Alias), qui s’y colle ; et M. Steve Jobs nous offre une jolie bande annonce sur son site perso.

Qu’est-ce qu’on dit au Père Noël ? Merci Père Noël !




dimanche 30 décembre 2007


This is the end…
posté par Professor Ludovico

Voilà c’est fini, la dernière saison des Sopranos est terminée. L’occasion pour CineFast de revenir sur ce débat brûlant : qu’est ce qui distingue une bonne série d’une autre, sinon la fin ?

Précisons d’ores et déjà que c’est une simple vue de l’esprit : les séries ne sont pas conçues comme ça, (c’est-à-dire comme un film), avec un début et une fin. Les séries sont faites pour être extensibles à l’infini, et leur argument de départ doit être suffisamment souple pour permettre une adaptation semaine après semaine, en fonction des études d’audience que les télés réalisent après chaque épisode. Charge aux auteurs de suivre alors les goûts du public : étoffer tel personnage apprécié par le public féminin, rajouter de l’action pour le public masculin, etc.

Ainsi, Twin Peaks a commencé sur un coin de table : Mark Frost et David Lynch ont dessiné un plan de la petite ville du Northwest sur la nappe du restaurant, placé le collège, la station service, le bureau de shérif, puis ils se sont demandé qui faisait quoi ! Le tournage a même débuté sans savoir qui avait tué Laura Palmer !

Tout cela pour une bonne raison : les chaînes achètent en général le pilote, et, si ça marche, 12 épisodes, voire, en cas de confiance absolue, l’intégralité d’une saison, soit 24 épisodes. Pour 24, les producteurs avaient prévu 3 fins différentes en fonctions des réactions de la Fox. Si ça n’avait pas été un succès, ils auraient probablement tué Jack Bauer au dernier épisode.

Donc, auteur ou commerçant, le scénariste-créateur de série ne sait jamais bien où il va, et sûrement pas comment ça va finir. D’où le sentiment d’intense frustration à la fin d’Alias, des X-Files, bref de toutes ces séries qui avaient fait de leur intrigue addictive un fond de commerce… Une fois la décision prise de ne plus réaliser de saison supplémentaire pour X-Files, Chris Carter a relié comme il le pouvait tous les éléments de la série pour apporter un semblant de solution, avec le résultat ridicule que l’on sait. De même pour la dernière saison d’Alias : personne ne comprenant plus rien à la série, on a fini par demander au créateur quelques explications. Réponse, sans rire, de JJ Abrams « Je n’en sais foutre rien, je suis en train de préparer Lost à Hawaï », ce qui, entre parenthèses, promet tous les affres du désespoir aux fans du Projet Dharma…

Mais c’est là la dure réalité, le cercle vicieux : les téléspectateurs se lassent, l’audience chute, la chaîne décide d’arrêter et l’artiste passe à autre chose : il y a en quelque sorte une conspiration collective contre la série.

C’est pourquoi les fins réussies, réalistes, « dans l’esprit », sont rarissimes. Dans mon panthéon personnel, il y en a deux, aux deux extrêmes de la production : Le Prisonnier, qui finit dans l’absurde métaphysique qui procède dans toute la série, et Seinfeld. La plus grande sitcom US de tous les temps (et aussi la plus profitable : Jerry Seinfeld rapportait tellement d’argent à NBC qu’il obtint 5% de la chaîne pour une neuvième saison !) finit elle aussi en apothéose : un double épisode en forme de procès condamnant les héros à la prison, où Jerry se retrouve – ô symbole – obligé de continuer à faire son show pour distraire les taulards.

Dans la catégorie « chef d’œuvre, bien fini », on mettra évidemment Les Sopranos. Par une pirouette scénaristique la série termine là où elle avait commencé, c’est-à-dire nulle part. Pour cette série ultra-réaliste, qui n’avait d’autre ambition que de filmer la vie quotidienne d’une famille américaine des années 2000, (certes au travers du prisme de la mafia), il était hors de question de finir avec Tony Parrain des Parrains ou Tony en prison. Les Sopranos finiront donc dans une sorte « coïtus interruptus », mais je vous laisse le découvrir vous-même.

Dans la catégorie « pas loin du chef d’œuvre, et bien fini », on peut mettre Six Feet Under : après un horrible passage à vide (saison 3&4), la série nécrophage a su s’achever de manière exceptionnelle, dans un ultime épisode où évidemment… tout le monde mourrait. On peut mettre aussi NYPD dans cette catégorie.

Pour les autres, on l’aura compris, il faudra faire le deuil d’une fin correcte et accepter tel quel le plaisir que le show a bien voulu nous donner, pendant une, deux, trois, cinq années…

NB on consultera avec profit le site Jump the shark, qui recense, par vote des internautes, la saison exacte où votre série a « sauté sur le requin », ou, en bon français, est devenue irregardable…




mardi 11 septembre 2007


Lost… in translation
posté par Professor Ludovico

Hier, un événement majeur est passé totalement inaperçu des médias. Libération s’est excusé. Oui, relisez bien, le quotidien leader du marché sur la dictature du bon goût a reconnu son erreur. C’est incroyable mais vrai, c’est en page 37 dudit quotidien daté du lundi 10 septembre. C’est écrit petit, mais je cite : « Encore une faute professionnelle. Cet été nous écrivions que Lost était un tantinet essoufflé tandis que Heroes, youpi. Erreur , alors que Heroes se révélait de plus en plus barbant, Lost nous scotchait tout l’été devant TF1 »

L’erreur est humaine, et, il faut le reconnaître, le Professore lui-même n’était pas très chaud il y a deux ans devant le premier épisode du hamburger de monsieur Abrams. Mais patatras, la seconde saison se révélait addictogène, et cette saison 3 est tous simplement stratosphérique, un véritable rêve éveillé qui viole tous les principes dramaturgiques. Pire : elle en joue !

Ainsi, tandis que la série lambda (Heroes, pour ne pas la nommer) ânonne enjeux/résolutions d’enjeux, intrigues secondaires, metaplot et tutti quanti, Lost ridiculise ces efforts scolaires en se réinventant chaque semaine : vous vous posez des questions ? Vous voulez des réponses ? Vous aurez d’autres questions à la place ! Vous essayer de relier au moins quelques pièces du puzzle ? Un grand coup de vent vient tout emporter. Vous chercher au moins où sont les bons et les méchants ? Chaque personnage franchit allégrement la ligne rouge (l’enfer, c’est les Autres !!) A chaque fois qu’une situation semble apporter un début de réponse, le scénario fait coïtus interromptus : « Ah non, pas maintenant ! » ou mieux « Je vous dirais bien tout ce que je sais, mais ensuite vous me tueriez »… Le spectateur, est mis dans la position de nos héros, effleurant sans arrêt le Secret, sans jamais obtenir de réponse. Terrible frustration !

A cet égard, le final d’hier soir – que je ne dévoilerais pas par respect pour ceux qui peinent encore sur les DVD de la deuxième saison – propose l’un des plus formidables retournements de situation qu’il m’ait été donné de voir !

…Et dire que c’est reparti pour un an d’attente !




lundi 23 juillet 2007


24, ou le visage terrifiant des Etats-Unis
posté par Professor Ludovico

Si le cinéma est le miroir de l’âme d’une nation (c’est notre théorie à CineFast), que dire des séries télé ? Encore plus, sûrement. Car elles sont l’âme quotidienne de la nation, son cœur battant. Chaque semaine, le cœur français vie au rythme de Julie Lescaut, chaque jour, à celui de Plus Belle la Vie. L’Amérique bat-elle au rythme de 24 ?

Les X-Files avaient donné le ton, de manière prémonitoire, en 1993. Les USA y étaient dépeints comme un pays fasciste, qui cachait la vérité à ses concitoyens, n’hésitant pas à tuer pour dissimuler ses mensonges, et à mener d’incroyables expériences génétiques dans le cadre de son complot extra-terrestre. X-Files surfait sur la vague conspirationniste, anciennement implantée aux USA depuis l’assassinat de JFK. C’était aussi une version démocrate, avec un Mulder libre penseur, défendant, en quelque sorte, la liberté d’expression.

Il en va tout autrement de Jack Bauer, le héros « républicain » de la Fox, chaîne bushienne s’il en est. Le premier épisode est diffusé en novembre 2001 ; Ecrit très avant le 11 septembre, on ne peut donc y voir une illustration du traumatisme du World Trade Center. Pourtant, depuis, 24 a multiplié les clins d’œil à l’actualité, en y apportant un éclairage terrifiant. La torture y est par exemple très souvent utilisée, et la plupart du temps justifiée. Les étrangers sont malfaisants, ou idiots. Rien ne vaut une vie américaine ; on peut y sacrifier n’importe quelle autre population, pour sauver ne serait-ce qu’un seul citoyen américain. Ces choses là sont finalement assez communes dans le cinéma américain, même dans des séries très respectables comme The West Wing. Mais c’est l’incroyable mélange de réalisme et d’invraisemblance qui crée chez le téléspectateur une gêne, mais aussi une fascination…

Si on prend la saison 5 en cours (rassurez vous, je ne révélerai rien qui ne soit déjà diffusé sur TF1), elle est assez symptomatique de la confusion qui règne dans cette nation qui gouverne la planète.

– Jack Bauer s’est fait passer pour mort car son gouvernement (sic) l’avait donné au gouvernement chinois pour qu’il soit exécuté.

– Sauvé de justesse par son ami David Palmer (Président des Etats-Unis, et noir), celui-ci se fait assassiner. (Ce point est remarquable d’ailleurs sous deux aspects : 24 est réactionnaire, mais on n’hésite pas à faire élire un président noir, ce qui, de nos jours, est encore peu crédible. Il se fait néanmoins assassiner dès le début de la saison. Par ailleurs, in real life, Colin Powell a déclaré qu’il avait renoncé à la présidence sous la pression de sa femme, qui craignait de le voir assassiner…)

– Le président actuel est un imbécile outrageusement indécis (on pense à Bush), très mal entouré (ce qui est le contraire de Bush). D’ailleurs, dans la série, la présidence des Etats-Unis est entourée de très peu de conseillers, tous incapables, machiavéliques ou corrompus et/ou de la famille directe du président (sa femme en général). De plus, le président gère les crises en direct avec le petit personnel (agents secrets, garde du corps). Belle vision de la fonction présidentielle et du gouvernement.

– Dans 24, tout est fiché, tout se trouve quelque part sur un ordinateur. Une vision qui plait beaucoup aux informaticiens, mais qui, heureusement, est erronnée. Par exemple, vous pouvez avoir un abonnement Canal+ et ne pas déclaré de téléviseur au fisc, et aucun ordinateur ne pourra jamais le savoir. Mais pas dans le merveilleux monde de 24, où tout se trouve sous les doigts de fée de Chloé, la collègue futée de Jack.

– Parlons-en, des collègues de Jack : il semble que la moitié de l’activité de la cellule anti-terroriste consiste à démasquer l’ennemi intérieur, à savoir un autre agent, un collègue de travail, un voisin de bureau. En quelques épisodes, voilà déjà trois agents du CTU mis au trou. Le CTU, mieux que le Guépéou ?

– Dans 24, on négocie très souvent avec les terroristes (c’est normal, le gouvernement est corrompu). Par exemple : « je ne bombarde pas Los Angeles de Neurotoxiques si vous m’aidez à assassiner le président russe avec qui vous venez de signer un traité de désarmement.» Le président réfléchit 30 secondes, mais préfère sauver des vies américaines. Il donne donc le trajet du président russe, au grand dam de sa femme. Qui elle, embarque illico dans la voiture du dirigeant du Kremlin, pour lui sauver la vie. Dilemme pour le président US : tuer sa femme et sauver des vies américaines, ou sauver sa femme, en sacrifiant des vies d’angelinos ?

Tout cela, on le voit, confine au délire paranoïaque ; l’Amérique est entourée d’ennemis. Elle ne quitte l’un que pour trouver l’autre, sans parler de l’ennemi intérieur. Seuls des hommes d’exceptions, à l’âme trempée, pourront la sauver.

En face, suprême ironie, les terroristes regardent… Fox News.

PS Il est d’ailleurs tout aussi remarquable que 24 engendre en France une fascination, en particulier chez les gens de gauche. Les mêmes qui vouent aux gémonies aussi bien les Etats-Unis que le cinéma américain, s’attaquant à des gens aussi peu politisés que Spielberg ou Dan Brown, Transformers ou Les Experts… tout en faisant montre d’un aveuglement incroyable face aux provocations de 24. Seraient-ils tétanisés, comme le PS face à Nicolas Sarkozy ?




dimanche 15 juillet 2007


L’île de la Tentation
posté par Professor Ludovico

C’est l’été et le retour du gentil Père Noël de TF1, qui nous ramène dans sa hotte les séries qui tuent, et les télé-réalités en maillot. Tour d’horizon :

L’île de la Tentation
Dire que j’avais raté les précédentes saisons ! L’île de la Tentation est le chef-d’oeuvre télévisuel de l’été ! Des cliffhangers, de l’émotion, de la gonzesse, des vannes qui tuent, et des comédiens hors pair ! Et des dialogues qu’Audiard n’auraient pas renié : une des candidates, matant pour la première fois les tentateurs qui exhibent biceps et sourires carnassiers, qui dit à son compagnon : « ben dis-donc, on va s’emmerder ! J’aurais du emmener un livre ! » La suite mardi soir, 22h20

Heroes
Ca devait être la bombe de l’été, mais ce n’est pas mon truc. J’ai jamais trop aimé les histoires de super héros, et cette série fait un effort : ça louche plutôt du côte de Spiderman que de Superman, mais bon, leurs histoires ne m’intéressent pas. C’est très bien fait, pourtant. Et y’a aussi de la gonzesse. La suite samedi soir, 20h50

24
J’avais promis de pas retomber dans le truc, pour une raison éthique simple : ils avaient tué Nina Meyers, faute scénaristique grave. Bon, je suis retombé sur la saison 5, diffusée juste après Heroes, et je suis retombé dans le pot. Alerte neurotoxique, paranoïa, président US neuneu, gonzesses, ca fait toujours pas dans la dentelle, mais la recette et la cuisson rendent le produit toujours aussi addictif. La suite samedi soir, 0h10

Lost
On a tout lu dans le buzz : Lost était fini, Heroes allait la détrôner (Dans Libé, Heroes est qualifié d’ « esthétique » fac à Lost, la « moche »!). Pourtant il semble que le soufflé Heroes soit retombé aux USA, tandis que nos amis sur l’île devraient récupérer trois années de vacances en plus. Il est vrai qu’il faut accepter avec Lost que toutes les règles soient bousculées : non, la première saison n’est pas la meilleure, pire, ça semble même s’améliorer de saison en saison ! Il ne faut pas chercher de réponse à nos questions, vous n’en aurez pas ! Pire, on vous noie sous de nouvelles questions toutes aussi énervantes. On rajoute même des gonzesses, là où il y avait déjà un stock important. Patron, remettez nous ça, avec un Coca ! Et remettez nous le parasol, ça cogne ici !
La suite lundi soir, 22h20




mardi 31 octobre 2006


L’affaire Villemin
posté par Professor Ludovico

C’est vraiment le truc qui énerve. Un sujet extraordinaire, connu de tous, plein de rebondissements, des spectateurs déjà accros. Des moyens (6 fois 52 mn). Des comédiens plutôt bons dans l’ensemble. Et au final, une plantade franco-française dans toute sa splendeur.

Le scénario, signé par Pascal Bonitzer (Petites Coupures, Rien Sur Robert) et le réalisateur, Raoul Peck (Lumumba), est écrit dans ce français théâtreux parlé dans le sixième arrondissement, mais sûrement pas sur les rives de la Vologne…

Extraits : Un avocat : « Cher confrère, je ne vous connaissais pas z-ainsi » Jean-Marie Villemin : « Gregory était tout pour moi, je regardais par ses yeux, il regardait par les miens », etc.

Le montage est fait par un étudiant de l’IDHEC (coupe nette, au milieu d’un geste, sans transition sonore (sûrement un parti prix artistique)).

La mise en scène est absente. Les personnages sont debouts, lancent leur phrase, l’air pénétré. Source d’inspiration numéro un : Les Rois Maudits. Notamment cette superbe scène : à droite, debout, le petit juge, à gauche, l’expert graphologue, au fond, en silhouette, un gendarme. Qui ne bouge pas. Qui attend, sans rien faire, sa réplique. Une réplique qui vient : « laissez moi vous expliquer, M. Le Juge ! » Ouf ! On se demandait ce qu’il faisait dans le plan.

A titre de comparaison, deux exemples vu récemment :

Dans Les Aventuriers De L’Arche Perdue, une scène d’explication sur l’Arche entre Indy et son mentor, le Dr Brody. Indy parle, et c’est un moment assez faible dans la narration. Brody ne reste pas là, les bras croisés, à l’écouter ! Au contraire, un étudiant dépose une pomme sur le bureau d’Indy. Brody, tout en écoutant Indy, s’en empare, la regarde, l’essuie sur sa veste, et la croque. Ce n’est rien, mais la scène est vivante, humaine… Ca bouge ! On n’est pas des robots qui débitent leur texte !

Dans The Wire, série sur Canal Jimmy. Deux flics, en gros plan discutent de leur enquête qui part en couille. C’est un moment un peu décourageant. Derrière, on entend un bruit de pas très discret. On voit dans l’arrière-plan une ombre ; quelqu’un passe en effet sur le trottoir, et l’on se souvient alors que ces deux personnages sont dans une cave, où leur hiérarchie les a exilé.

Voilà deux exemples qui ne coûtent rien, qui enrichissent une scène à peu de frais. Il faut juste un peu moins de fainéantise.




jeudi 27 juillet 2006


A La Maison Blanche sur France 2
posté par Professor Ludovico

Dès demain, la plus formidable série télé de ces dernières années (arrêtez de me parler de Desperate Housewives, Lost et autres 24 heures), je veux bien sûr parler de A La Maison Blanche (The West Wing) reprend et c’est … sur France 2 ! Aucune excuse donc pour rater une série qui fait rire, pleurer, et envie de faire de la politique*…

Comme c’est une série intelligente, bien écrite, sociale, familiale, adaptée à tous les publics, et qui honore bien évidemment le service public (dans tous les sens du terme), ça passe le vendredi à 01h du matin (dans la nuit de vendredi à samedi, donc).

Achetez un magnétoscope !

* Parce que si vous ne vous occupez pas de politique, c’est elle qui s’occupe de vous.




lundi 24 juillet 2006


New York – Unité Speciale
posté par Professor Ludovico

Des fois l’insomnie a du bon. Des fois pas. Ne trouvant pas le sommeil par ces chaleurs estivales, je suis tombé en arrêt devant New York – Unité Spéciale. Appâté par deux acteurs que j’aime bien (Chris Noth, Mr Big de Sex and the City, et Annaballa Sciorra (Les Sopranos), je suis l’intrigue : un fils de flic va sleeper with the fish pour avoir tenté de mettre une bombe dans une voiture d’un parrain de la mafia. Nos deux héros enquêtent. Pas de bol, c’est une erreur, le gamin a été pris pour un autre. Je vous passe les 1254 rebondissements qui mèneront à la chute de deux flics ripoux, mais tout ça est mis en scène à la hache, il faut vraiment n’avoir rien d’autre à faire.

Les rebondissements sont dits par les comédiens ; je dis bien « dits ». Exemple de dialogue :

dis donc, c’est pas des cheveux roux ?
– comme ceux d’Amely Brandon ?
– La fille du chiropracteur ?
– C’est sûrement là que Matteoli, qui fréquentait le chiropracteur, aura appris qu’Amely était le deuxième cousin par alliance du petit John…

Etc. etc. 52 minutes de la même soupe. Comment ose-t-on encore faire ça aujourd’hui ?




lundi 17 juillet 2006


Le retour des disparus (Lost)
posté par Professor Ludovico

C’est reparti pour une vingtaine d’heures d’angoisse… C’est pas tant qu’on s’inquiète du sort de nos chers disparus (prévoyez un mort, tout de même, c’est le minimum syndical), mais c’est plutôt une histoire d’angoisse existentielle : Mais Où Sont-Ils Donc Tombés ?, Mais Qui Est Donc Ce… ? Que Vont-Ils Découvrir Dans ?

Et surtout : Mais Pourquoi ?

Pourquoi sont-ils là ? Pourquoi le numéro gagnant du loto est le même que sur le caisson de quarantaine ? Pourquoi Jack ne couche pas avec Kate ? Oui, Pourquoi ???

Mais l’angoisse, c’est surtout que, si on s’intéresse un tant soit peu à la production hollywoodienne, on sait qu’il n’y a pas de réponse à cette question ! A l’instar de la fin de 24 heures (trois fins avaient été tournées), des X-Files (une fin remplissage-synthèse-bouche-trou), on sait que les télés s’en foutent ; Et que pour une fin géniale (Six Feet Under), on endurera le pire sur nos séries préférées…

Donc on imagine déjà la scène : JJ Abrahams pitchant Lost pour ABC :

– « Bon ben voilà c’est quarante gus qu’on survécu à un accident d’avion. Mais y’a des bestioles sur l’île, et puis une vieille folle très inquiétante… y’aura des histoires d’amours entre les persos, et surtout on découvrira dans chaque épisode la vie antérieure de nos personnages, qui ont des indices troublants sur ce qui se passe sur l’île… »
Au fond de la salle du comité de lecture, un gros ponte d’ABC se réveille :

« Ah bon… c’est pas mal ça ! Ca nous fait quarante épisodes, alors ? »
Jay, Jay, tout content :

– « Ben, oui ! »

Le gros ponte :

« Et, au fait pourquoi donc ils sont tous là ? C’est le Purgatoire ? Un rêve ? Une expérience extraterrestre ? »

Jay Jay, ménageant ses effets, tout en tirant une bouffée sur son Montecristo :

« En fait, boss, j’en sais diantre rien… Et je vais vous dire la vérité : on s’en fout ! Quand il faudra écrire la suite, je serais barré depuis longtemps… Et vous aussi ! Et pis de toutes façons la part de marché sera à 7%, alors, la fin, vraiment, on s’en balance !! Faudra faire vite et pas cher ! »




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