[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



dimanche 22 janvier 2012


Back at Twin Peaks
posté par Professor Ludovico

Il aura suffi que la musique retentisse, et que le visage de Laura Palmer apparaisse, pour que les larmes se mettent à couler. Bien sûr, Twin Peaks est un drame, et un mélo, mais c’est également une nostalgie. 1991, La Cinq, tous les lundis soir scotchés devant notre télé à écran pas plat, le répondeur débranché (pour les plus jeunes, le répondeur était une sorte de Facebook des nineties) et 50 mn de bonheur intégral, sans compter les heures de discussion le lendemain : qui a tué Laura Palmer ? Bobby ? Leo ? Josie Packard ? Catherine Martell ? Et qu’est-ce qu’il y a dans cet escalier à ventilateur ? Pourquoi les lampes clignotent ? Qu’y a-t-il exactement dans la Red Room ? Et quelle Twin Peaks girl préfères-tu ? Donna ? Audrey ? Norma ?

La professorinette a bientôt 16 ans : elle a l’âge de découvrir Twin Peaks. Une histoire d’ado, mais qui parle à tout le monde, n’est-ce pas la définition du chef d’œuvre ? En tout cas, le pilote est magnifique : la découverte du corps de Laura, et ce que cela implique pour toute un chacun, est une leçon de mise en place : ce moment crucial, qui en une heure, doit placer dans la tête du spectateur les enjeux principaux de la série, les personnages, les lieux, mais aussi le ton.

Le ton, c’est sûrement ce qui distingue Twin Peaks de tout ce qui suivra (X-Files, Lost…), car ce ton si particulier est placé sous l’influence géniale de David Lynch : un mélange inédit de drame et de comédie, de fantastique et de réalisme provincial, mélangeant, à l’instar de l’agent du FBI Dale Cooper, ironie et thriller dans la même phrase.

C’est aussi une brochette de comédiens et de comédiennes tous plus sexy les uns que les autres, utile contrepoint à l’horreur qui rode (meurtre, drogue, prostitution et affairisme…) On reconnaîtra l’auteur de Blue Velvet précisément ici : sous les tulipes jaunes vif, une oreille coupée se fait dévorer par des fourmis…




vendredi 13 janvier 2012


Generation Kill
posté par Professor Ludovico

Un jour, on parlera de la Décennie Simon : The Corner, Sur Écoute, Generation Kill, Treme. Un portrait en coupe, balzacien, de l’ère Bush. C’est la puissance des séries sur le cinéma : leur ampleur (à vue de nez, une centaine d’heures de fiction sur la période 2000-2010). En clair, se donner le temps d’aborder la drogue, la police, l’éducation, la politique, l’économie, la crise, Katerina, la Guerre en Irak… ce qu’aucun film ne peut réussir en un, ou même dix films.

La Guerre en Irak est l’objet de Generation Kill, une mini-série en 7 épisodes. Une compagnie de reconnaissance des Marines, va participer à la grande œuvre militaire de George Bush Jr, la destruction massive des armes de destruction massive. Ça commence comme Full Metal Jacket (mystique, esprit de corps, dialogues orduriers façons Lee Ermey…), mais ça n’y ressemble pas du tout.

D’abord parce qu’il y a peu de combats. Même en pointe de l’offensive sur Bagdad, le First Reconnaissance Battalion rencontre une très faible opposition. Ensuite parce qu’à l’instar des autres œuvres de David Simon et Ed Burns, Generation Kill est une œuvre chorale, avec une trentaine de personnages, qu’on a, au début du moins, du mal à identifier. Du sergent taiseux, au lieutenant idéaliste, de Captain America l’officier pistonné, à Ray le conducteur fan de country, de Godfather le général ambigu, à Evan le journaliste embedded*, tout le monde finit par se ressembler. Mais c’est la technique Sur Écoute, déstabilisant au début, mais on s’y fait. On s’attache, au contraire, à ces hommes qui n’ont pourtant rien d’idéalisé : racistes, homophobes, paumés, ils sont le soldat de base, le grunt, perdu en Irak pour de mauvaises raisons (décrocher la nationalité américaine, par exemple, ou oublier les soucis du pays natal…)

Cet étalage de caractères finit par tourner à la comédie : personne n’est tué, et les péripéties s’enchaînent. C’est à ce moment précis, au milieu de la série, que Generation Kill vous prend à la gorge. Car si les Marines ne meurent pas, les irakiens si. Victimes des bombardements très lourds, opérés sans le moindre discernement, victimes de l’arbitraire des décisions, ou des hasards de la guerre, les civils meurent les uns après les autres** devant les yeux décillés de nos antihéros. Qui réagissent chacun à leur manière : passivité, fatalisme, fascination, indignation.

C’est à ce moment que Generation Kill bascule dans l’exceptionnel, parce qu’il sort de tous les chemins balisés du film de guerre : pas d’exploit héroïques, pas de gloire acquise dans la douleur, pas d’explication finale du sens de la vie, pas de rédemption. Juste des problèmes de logistiques, d’huile et graissage qui manque, et de ferme bombardée avec femmes et enfants…

Autre innovation, Generation Kill filme, au plus près des visages, mais sans chichi et sans pathos, l’effet de la guerre sur ces garçons de vingt ans qui partent, fleur au fusil, et chansons rap dans la tête, et prennent en pleine figure la réalité de la guerre. Comme l’explique Maurice Genevoix « La guerre est une expérience incommunicable, car si elle l’était, il n’y aurait plus jamais de guerre. » C’est probablement pourquoi Generation Kill n’a pas de générique, ou de musique** : il n’y a pas à guider le spectateur dans ce qu’il va voir et chacun se fera sa propre opinion.

*Generation Kill est basé sur le livre d’Evan Wright, journaliste à Rolling Stone.
** 4800 morts côté coalition, 165 000 morts irakiens
***Juste une seule, magnifique, à la fin du dernier épisode : The Man Comes Around, de Johnny Cash. Pourtant, le Caporal Colbert avait prévenu : No country !

« Hear the trumpets, hear the pipers.
One hundred million angels singin’.
Multitudes are marching to the big kettle drum.
Voices callin’, voices cryin’.
Some are born an’ some are dyin’.
It’s Alpha’s and Omega’s Kingdom come. »




mercredi 21 décembre 2011


L.A. Takedown
posté par Professor Ludovico

Joli cadeau que m’a fait Ludo Fulci en me prêtant L.A. Takedown, téléfilm américain des années 80 que je cherchais en vain depuis longtemps. Rien de moins que la première version de Heat, le chef d’œuvre de Michael Mann. Ecrit et filmé par le même Mann, L.A. Takedown est le clone de son cadet : deux héros, un flic et un voyou, s’affrontent jusqu’à la tragédie. Mais il y a un nanar et un chef d’œuvre. L’exercice est donc passionnant, comme une expérience inédite de cinéphile de laboratoire. Même scénario, même réalisateur, même décor, la flamboyante Los Angeles. Même musique (synthé + guitare planante, reprise des Stones versus reprise de Joy Division)

Qu’est-ce qui cloche alors ? Le temps, l’argent et le talent. Michael Mann, dans le mini making of prévient d’emblée : les deux films de ne sont pas comparables (10 jours de préparation contre et 19 jours de tournage contre 109 jours pour l’affrontement de Niro – Pacino). Les acteurs n’ont pas pu se préparer comme les autres, faire ces « recherches » qu’affectionnent tant les scénaristes et les acteurs US. Les cadres sont systématiquement en gros plan, comme l’exige la télévision, et il n’y a pas de place pour l’architecture, comme le souligne Mann dans le Making of. Mais surtout, il manque de Niro & Pacino, et aussi la flopée de seconds rôles, qui sont tous parfaits dans Heat (Val Kilmer, Tom Sizemore, mais aussi les femmes : Diane Venora, Amy Brenneman, Ashley Judd et Natalie Portman.)

Un véritable exercice d’analyse cinématographique, si vous réussissez à tomber dessus…




samedi 26 novembre 2011


The Walking Dead
posté par Professor Ludovico

The Walking Dead, c’est d’abord une excellente série BD, qui en est déjà à son 13ème volume en France. C’est maintenant une série sur Orange Cinéchoc et en DVD. Les deux séries partagent les mêmes qualités, dont la principale est de renouveler la thématique, plutôt ado-régressive, des zombies. The Walking Dead joue en effet la carte du réalisme plutôt que celle du genre : plutôt que la carte supermarché-blonde écervelée-hélicoptère salvateur, la série se propose de jouer la carte Après. Comment survit-on dans un monde post-apocalyptique : comment manger, dormir, aimer, alors que la mort règne partout. Cet aspect-la des deux séries les rendent particulièrement passionnantes, comme si l’ont explorait un territoire vierge. Il justifie à lui seul de découvrir cet univers.

Le seul reproche que l’on puisse adresser à The Walking Dead, (et ce qui suit va m’attirer les foudres de Rupelien et Ludo Fulci, qui dirigent, comme chacun sait, la Direction Bandes Dessinées d’une grande entreprise française de loisirs), c’est son côté « gentillet ».

C’est quoi « être gentillet » ? C’est partager une vision naïve, , idéaliste, irréaliste de la vie. Garder une forme de foi boy-scout en l’humanité. Et ça n’a rien à voir avec le genre. Prenons par exemple la sitcom. Friends et Seinfeld évoquent le quotidien de trentenaires new-yorkais et bourgeois… Mais l’une est gentillette, l’autre pas. Pourquoi ? Si les personnages de Friends font preuve de défauts très communs, (bêtise, avarice, égoïsme…), mais à la fin de chaque épisode, ils montrent une vraie volonté de réparer les dégâts causés, de s’améliorer, de grandir. On conviendra que cette posture est peu réaliste, et éloignée de la nature humaine traditionnelle. A l’opposé, les personnages de Seinfeld sont très semblables : avares, idiots, égoïstes, mais rien ne viendra jamais compenser cette attitude. Comme chez Kubrick, l’homme est, sans happy end rédempteur.

Il n’y a pas de happy end rédempteur dans Walking Dead, mais on est loin quand même de La Route. Dans cette Amérique livrée aux morts vivants, il y a certes de la place pour le réalisme : supprimer un ami infecté, par exemple, ou poursuivre dans la racisme et l’intolérance alors que la communauté humaine, réduite, devrait plutôt resserrer les rangs. Mais la BD et la série laisse tous les deux places à des rédemptions très américaines, qui sonnent comme autant de fausses notes dans cette belle symphonie : le gang latino qui s’occupe de l’hospice de vieux dans l’épisode 4 en est un bon exemple…
Que cela ne vous décourage de dévorer The Walking Dead, BD ou TV, car la série reste à ce jour la seule tentative sérieuse de film de zombies.

Rien que pour ça, debout les morts !




jeudi 10 novembre 2011


Le style Fontana
posté par Professor Ludovico

Au début des Borgia, j’avais laissé entendre que Tom Fontana, le créateur de la Cérihévéneman de Canal+, avait seulement griffonné quelques idées sur le papier et était ensuite parti avec la caisse.

Il semble qu’il ait fait un peu plus que cela : après dix épisodes des « Aventures d’Alexandre VI », on ne peut s’empêcher de constater les similarités avec Oz, le chef d’œuvre de Mr Fontana. Est-ce que son style carcéral (grosses burnes, sexe contrarié et violence à tous les étages) s’applique aux luttes de pouvoir dans la Renaissance Italienne, That is the Question….

Le showrunner tatoué traite en effet ses personnages comme des détenus : Château Saint Ange ou Emerald City, c’est pareil. Il les fait jaillir en permanence face à l’écran, souvent filmés grand angle (ça agrandit le décor à peu de frais, et ça rend les personnages légèrement anxiogènes) Le plus souvent, iles jouent la même scène : menacer un membre de la famille Borgia puis s’en prendre une en retour.

Ces effets de manche, très efficaces dans le confinement de la prison contemporaine de Oz, trouvent ici leurs limites. D’abord parce que l’histoire des Borgia est plus subtile que ça, comme on le comprend dans l’épisode 10 : pour battre Charles VIII, le Roi de France, le paladin sans peur et sans reproche, Alexandre VI ne peut faire appel qu’à la ruse : gagner, mais sans jamais combattre. Dans ce contexte, faire hurler en permanence les acteurs des Borgia n’a pas de sens, ne permet pas de les différencier, de comprendre leurs enjeux, ou de leur donner la moindre épaisseur. On retrouve ce sens de la caricature dans Oz, et ça s’y prête bien : des gangs s’affrontent (Bikers, Latinos, Noirs, Aryens…) : la caricature permet de les différencier. Mais là, traiter les Medici ou les Orsini comme de vulgaires condottieres ne satisfait pas nos regards européens, qui ont toujours un minimum de culture historique dans la tête. Autres exemples, les combats de rue, ou les français qui défilent au pas dans Rome sont ridicules, parce que c’est un Américain qui les regarde ainsi…

Fontana est un grand Showrunner, mais il ne sait pas tout faire…

PS on notera a contrario un personnage enfin correctement caractérisé : Charles VIII, joué par un acteur incroyable (impossible de trouver son nom sur IMdB), et qui met tout le monde d’accord dans ces deux derniers épisodes…

PS2 on a retrouvé, il s’agit de Simon Larvaron, un jeune comédien de 23 ans, de Cholet , qui interprète le rôle de Charles VIII.




mardi 11 octobre 2011


Borgia
posté par Professor Ludovico

C’est parti pour la série événement de Canal+. Ils sont forts chez Canal, ils ne font pas de série non-événement ! Mafiosa, Braquo, Borgia : même combat. Pour cette dernière, on y a cru pendant vingt secondes, jusqu’au générique… une histoire fantastique (les Borgia, ou la famille Adams au Vatican), Mr Fontana (Oz) au scénario, son compère Barry Levinson à la production (Homicide, Oz et quelques petits films comme Rain Man ou Good Morning Vietnam), Oliver Hirschbiegel (La Chute) à la réalisation : on va voir ce qu’on va voir.

En fait, on a vu le générique, et on a compris. Un générique, c’est beaucoup d’argent, une musique entraînante, et normalement, le concept de la série : les magnifiques envolées mécaniques de Game of Thrones, le blues poisseux des Sopranos, le corbeau de Six Feet Under, ou l’Homme qui Tombe des Mad Men.

Le générique des Borgia est flou, filmé derrière un vitrail, sur une musique Bontempi, où l’on devine plutôt que l’on ne voit les turpitudes promises au téléspectateur : du cul, de la violence, et encore un peu de cul.

Car avec les Tudors, la télé a découvert le Graal : avec une caution culturello-historique (« Oui, c’est vrai, je me passionne pour l’époque élisabéthaine »), je peux mater un peu de fesse et beaucoup de baston. C’est quand même plus valorisant que de regarder Captain America (où, en plus, y’a pas pas de fesse)…

Qu’est venu faire Fontana dans cette galère ? Prendre l’argent des frenchies, bien sûr, qui ne savent pas faire la différence entre un show télé réussi et une daube. Fontana a écrit Borgia pendant la mi-temps du Superbowl, et Rodolphe Belmer s’est extasié : tremendous job, Tom ! Pendant ce temps-là, Levinson comptait les billets.

Pourtant Borgia, version Fontana, c’est ce que le Professore appelle le Cinéma Epinal, comme les images du même nom. On enchaîne les clichés comme des perles, et on dit que ca fait un épisode. Ce qui est bien avec les Borgia, les vrais, c’est qu’il y a de quoi enfiler. Inceste, trahison, simonie, on peut faire dix saisons sans se forcer. Mais on ne saura rien des motivations des principaux personnages, de leur étrange rapport à la religion et au pouvoir. Rien ne sera expliqué sur la sauvagerie de l’époque, et la série, elle-même, n’a pas de méta-enjeu…*

Il nous reste l’autre Borgia, celui de Showtime, qui traine sur un disque dur quelque part, puisque Canal+ l’a acheté pour empêcher sa diffusion française. Quant à ces Borgia-là, nous y retournerons lundi prochain. Eh oui, je me passionne pour la Renaissance italienne…

* quelques exemples : « Nate peut-il devenir adulte ? » dans Six Feet Under, « Tony Soprano va-t-il devenir quelqu’un de bien ? » dans les Sopranos, « Qui va sortir de prison ? » dans Oz.




vendredi 30 septembre 2011


Le Trône de Fer, part 2
posté par Professor Ludovico

Avec Le Trône de Fer, on n’est pas au bout de nos surprises. Même si l’on a bien compris le cocktail (sexe + combats à l’épée), on tombe sur un joyau à chaque épisode. Ainsi, hier, épisode 5 : une longue scène entre M. et Mme Baratheon, Roi et Reine des 7 Couronnes. Ils se haïssent, et leur mariage fut arrangé, il y a dix sept ans de cela, pour garantir la paix du royaume.

Eh bien David Benioff et Daniel B. Weiss, les concepteurs de la série, nous ont offert une scène de vieux couple d’anthologie : un mari et une femme qui se détestent, qui rêvent de s’assassiner mutuellement, mais qui se respectent. Portée par deux excellents acteurs (Mark Addy et Lena Headey), cette longue scène, digne des Sopranos, a fini par nous faire oublier les châteaux, les dragons, et les barbares en slip.

Chapeau bas messieurs.




lundi 26 septembre 2011


Game of Thrones (Le Trône de Fer)
posté par Professor Ludovico

J’entretiens une relation bizarre avec l’Heroic Fantasy. Ado, je ne lisais que de la SF, et n’étais que plein de mépris pour ce sous-genre : Conan le barbare, non merci ! Puis des copains de lycée, en 1981, revinrent de Paris avec des dés multicolores à huit, douze, vingt faces. Ils les lancèrent sur le trottoir, avec d’étranges imprécations : « 17 ? Tu rates mon mago, il réplique avec une fireball : 3d6 de dommages ! »

Complètement fasciné, je tentais une percée :
C’est quoi, ça ?
– C’est Donjons et Dragons et c’est interdit aux mecs qui ont pas lu Tolkien…

Sur cette sèche admonestation, je me procurais Le Seigneur des Anneaux, et surtout aussi l’anthologie « La Citadelle Ecarlate » ; Fritz Leiber, Robert E Howard, Clark Ashton Smith.

Ce fut une révélation : il existait donc une littérature qui tenait la route sur les dragons, les elfes, et autres barbares cimmériens en short.

Mais bon.

Côté cinéma, ce n’était pas le même sourire, comme dirait le Professorino. D’abord, il y avait peu de films, et ensuite, ils étaient mauvais. Conan sortait du lot, mais ce n’était pas un chef d’œuvre, loin de là. Le Seigneur des Anneaux, version dessin animé par Ralph Bashki, était pour sa part le chef d’œuvre maudit. Interdit par la famille Tolkien, pour irrespect de l’œuvre, il n’existait qu’à moitié.

De plus en plus rôliste, je devins paradoxalement de moins en moins lecteur du genre. Comme si le jeu de rôle absorbait toutes les ressources possibles de mon imagination en la matière. Le jeu de rôle, comme chacun sait, c’est l’héroïne du monde des loisirs, la lecture n’étant à côté qu’un amusant passe-temps pour fumeur de cannabis. Quand on joue dans ces univers d’Heroic Fantasy, pourquoi perdre son temps à en lire ? Surtout que c’est souvent bourré de clichés : princesses elfes diaphanes, épée perdue+brisée+ reforgée, et orcs en maraude dans les Montagnes Grises. Bref, du sous-Tolkien, de surcroît, très mal écrit.

Puis vint Le Trône de Fer. J’offris le livre à mon ami Philippe , car dès les premières pages, il était patent que Game of Thrones, c’était le dessus du panier ; bien écrit, formidablement traduit, ambitieux dans les thèmes, les situations. On était dans de la low fantasy, c’est à dire un monde où la magie est peu présente, où il n’y a pas des magiciens et des dragons à chaque coin de rue.

Ce fut une révélation pour lui ; il le lut, le relut, et le fit lire à toute notre Ligue de Donjonneurs Extraordinaires. Je le lus aussi et reconnu bien volontiers les qualités du livre, mais ça me m’incita pas pour autant à lire les 12 autres volumes (série en cours).

C’était fini. Je ne lirais plus d’Heroic Fantasy.

Mais quand vint le projet de série, via l’extraordinaire HBO, mon sang ne fit qu’un tour. Perdre des journées à lire l’interminable saga de George R Martin, non, mais perdre quelque soirées pour la regarder à la télé, oui.

C’est chose faite. Le Trône de Fer passe sur Orange Cinéchoc, et j’ai commencé à regarder, et je ne suis pas déçu. La série fait preuve de tant de qualités, scénaristiques, décoratives, et de mise en scène, que c’en est un miracle en soi. Certes, le Seigneur des Anneaux a permis ce miracle, en démontrant que la Nation Geek, désormais quadragénaire, détenait les cordons de la bourse, et était donc arrivée au pouvoir, mais là, le Trône de Fer est carrément au dessus. Les Rois Maudits + Le Seigneur Des Anneaux, en 10 épisodes, ça ne se rate pas !

De quoi parle donc le Trône de Fer ? Sur une Angleterre médiévale de fantasy, des familles se battent pour le pouvoir suprême : le trône de fer. Les Lannister, les Greyjoy, les Stark, s’assassinent à tout va pour s’emparer du trône. Pour le moment, c’est Robert Baratheon qui règne, mais les dagues s’affûtent dans la nuit. Et un danger guette : l’hiver arrive. Car dans ce monde, les saisons peuvent durer des années, et menacer de famine des territoires entiers. Pire, les sauvageons, et les Marcheurs Blancs, créatures terrifiantes qui vivent au-delà du Mur, gigantesque forteresse de glace façon Mur d’Hadrien, menacent d’envahir le sud.

Pour tout dire, on pense à Dune : intrigues de hauts niveaux, princes fins politiques, enjeux de pouvoir, menaces dans la nuit, etc.

La gageure réussie par HBO, c’est de respecter cette ambition alors que d’autres se seraient contentés de combats de chevaliers, de dragons en images de synthèse, et de jeunes filles en short rouge.

Vous qui n’êtes pas client, jetez au moins un regard sur le pilote du Trône. Peut être que l’Heroic Fantasy, finalement, c’est fait pour vous ?




dimanche 25 septembre 2011


Mad Men, saison 4
posté par Professor Ludovico

Quelle série est capable aujourd’hui de vous mettre une claque à la fin de chaque épisode ? Quelle série peut, sur un seul plan, sur une seule musique, vous mettre à plat, sans esbroufe, sans effet de manche ?

Il n’y en a qu’une.

Cette série, c’est Mad Men, qui continue son parcours impeccable. Une série tellement géniale qu’elle n’a même pas besoin de se renouveler. Qu’elle peut broder ses saisons, les unes après les autres, comme une Tapisserie de Bayeux sixties, sur le même contexte, sur les mêmes intrigues, sur les mêmes personnages, sans jamais lasser…

Mad Men, sûre d’elle-même et dominatrice…




mardi 13 septembre 2011


Mad Men, Saison 4
posté par Professor Ludovico

Mad Men, c’est reparti. Nos « hommes fous » sont de retour, ou plutôt, nos hommes de Madison Avenue. Nouveau décor, mais intrigues habituelles : tout change et rien ne change dans le New York 1964 de nos héros.

Ni la qualité intrinsèque de la série, toujours au top (so far). A l’instar de l’épisode 1, qui commence in media res, au milieu de l’action pour ceux qui ne parlent pas italien, et compte sur l’intelligence du spectateur pour combler les trous.

Tout le contraire de la publicité, finalement.




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