[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



vendredi 2 août 2013


Game Change
posté par Professor Ludovico

Sur les conseils de La Lengua, je profite de l’été pour me pencher sur Game Change, le téléfilm HBO basé sur la campagne 2008 de John McCain/Sarah Palin. Et je réalise l’indicible : regarder un film sur un netbook ! Oui, sur un écran minuscule de 12″ avec un casque sur les oreilles. Avouons que dans le confort d’une terrasse provençale, une fois les cigales parties se coucher, ça le fait.

On peut donc se pencher tranquillement sur l’extraordinaire performance de Julianne Moore interprétant Miss Palin. Extraordinaire, oui, pesons nos mots. Car la bombe rousse de Magnolia, The Big Lebowski, Boogie Nights, Short Cuts réussit à disparaître littéralement sous le charme MILF, Alaska et chasse à l’élan, de Madame Palin. L’actrice réussit quelque chose d’extraordinaire au cinéma : jouer la bêtise, sans jamais la surjouer.

Car c’est bien de cela dont il s’agit : comment, par opportunisme politique, Steve Schmidt (Woody Harrelson) – stratège politique – pousse John McCain (Ed Harris) à se choisir comme co-listière (et potentielle vice-présidente des Etats-Unis) une parfaite inconnue, séduisante tout autant physiquement que politiquement, mais parfaitement incompétente à un tel poste, la Sénateur de l’Alaska Sarah Palin.

Évidemment, ils vont enfanter un monstre, car, comme le dit McCain, « il y a une face sombre au populisme américain » et Palin va l’incarner : si la sénatrice semble d’abord respecter la feuille de route (incarner la droite du parti, tout en soutenant le réformisme de McCain), elle va vite sortir du cadre imposé (anti-Obama, anti-avortement, créationniste…)
Si Moore brille tant, c’est qu’elle sait aussi donner une perspective à ce personnage, qui ne peut être aussi noir : mère de famille, femme amoureuse, mais aussi femme blessée par les attaques, notamment la fameuse imitation de Tina Fey.

Et une fois de plus, la loi du biopic fonctionne. C’est en décentrant le héros (le conseiller, pas Palin) que nous nous intéressons à cette histoire. C’est bien le conseiller que nous suivons, son enthousiasme, puis ses doutes et enfin ses regrets. Palin n’est qu’une toile de fond de sa propre biographie, ce qui permet au spectateur toutes les spéculations… Et deuxième recette mise en œuvre par HBO : avoir un propos, une opinion, un point de vue. Produit par Tom Hanks, le film est évidemment à charge, ce qui ne le rend pas moins intéressant.

Bien au contraire.




vendredi 24 mai 2013


Tout Star Trek sur Arte !
posté par Professor Ludovico

Non, ce n’est pas un gag, ni même un poisson d’avril tardif pour Vulcains : Arte, vous avez bien lu, la chaîne franco-allemande de la culture va diffuser sept films de la série Star Trek avant la sortie du deuxième opus, JJ Abrams style, Into Darkness, le 12 juin prochain.

Comment ne pas y voir, à la suite de notre récente chronique sur Spielberg, la victoire de la geek nation ?
Que n’avons nous pas entendu, en 1982, quand nous louions les qualités scénaristiques de la série Star Trek, qui balbutiait enfin, avec quinze ans de retard, ses premiers pas sur TF1 !

« Série en pyjama » « ridicule à l’époque de Star Wars », j’en passe et des meilleures. C’était oublier, ou simplement ne pas voir, que les scénarios étaient d’excellente facture, souvent écrit par des grands noms de la SF ou du polar, comme Robert Bloch. Et traitaient de grands sujets, bien plus ambitieux que les thématiques wagnériennes de la Guerre des Etoiles.

Passer aujourd’hui sur Arte, c’est plus qu’un gag, c’est une reconnaissance.

Et une victoire. Totale.

Dimanche 26, 20:45, Star Trek
Lundi 27, 20:50, Star Trek II La Colère de Khan et 22:40, Star Trek III la recherche de Spock
Dimanche 2 juin, 20:45, Star Trek IV Retour sur Terre et 22:35, Star Trek V L’Ultime Frontière
Lundi 3, 20:45, Star Trek VI Terre inconnue et 22 :35, Star Trek: First Contact (en zappant bizarrement Star Trek : Générations)




dimanche 12 mai 2013


Borgia, les personnages emportent tout ?
posté par Professor Ludovico

Alors que l’on termine la saison 2 de Borgia façon Canal+, nous voilà envahi d’un étrange doute, comme le lent poison qui coule dans les intrigues de cette fin du XVème : qu’est-ce qui nous pousse à regarder une série que l’on vilipende par ailleurs ?

Pas l’intrigue : on sait que les Borgia vont mourir ; aucun cliffhanger attendu là où tout est prévisible. Il suffit d’avoir l’excellent Les Borgia de Marcel Brion à la main. On sait par exemple ce qui va advenir de Cesare : après son mariage français, la gloire, la conquête et la pacification de la Romagne, pour soudain subir une « terrible malignité de fortune » comme aurait dit Machiavel.

Ce n’est pas le scénario non plus, ses dialogues indigents, mécanistes, qui ne sont là que pour expliciter des situations ultra convenues aux schémas ultra répétitifs (je veux quelque chose, je la demande, on me la refuse, je l’obtiens). A cette aune, Les Tudors passent à côté pour un trésor de dramaturgie.

Non, c’est peut-être, tout simplement, les personnages. Malédiction commune aux séries, on a finit par s’attacher au Pape (formidable John Doman), à Cesare (Mark Ryder), à Lucrèce (Isolda Dychauk). Et à se passionner pour les tourments de cette famille, mal née, sans noblesse, qui n’a pas d’autre choix que de se battre pour survivre.

Le pouvoir se prend, personne ne vous le donnera, c’est la grande leçon de Borgia.

 




mercredi 1 mai 2013


Borgia, une saison au vitriol
posté par Professor Ludovico

Ça y est, c’est sûr ! On l’avait déjà pressenti, mais le mauvais ragu borgia alla fontana, n’est ni plus ni moins que le vieux bouillon de légumes Oz, sorti du congélateur Levinson/Fontana, réchauffé au micro-ondes Canal+, et légèrement pimenté de gonzesses (un truc qui manquait gravement à l’homoérotique Oz)

On s’en doutait, mais on en a eu la preuve formelle dans les récents épisodes … de l’addiction du Pape. Car Alexandre Borgia, vicaire du Christ, est devenu un junkie du vitriol, et en boit plus que de raison. Loin de moi l’idée de repousser cette intéressante hypothèse, mais c’est le traitement qui a révèle la fainéantise crasse de Monsieur Fontana (et le manque de pouvoir sur lui de Canal+, son bailleur de fonds).

Car l’addiction est traitée à la Oz, très trash (vomissures, et autres plans scatologiques), très violent, bref, le parfait attirail pour choquer le bourgeois et creuser la veine du catholic bashing. Ce qui fonctionne parfaitement dans l’univers confiné et contemporain d’Emerald City, la « prison modèle » de l’Oswald Correctional Center, mais qui n’a aucun sens dans le Vatican de la Renaissance.

Dès lors, les autres signaux de la Grande Photocopieuse sont partout : gros plans en grand angle, steadicam défoncée à la cocaïne, personnages gesticulant dans tous les sens et assenant les rebondissements au spectateur. Tout ça marche parfaitement dans Oz, et pas du tout ici. Car l’on voit bien que le propos est bien plus haut. Fontana, malgré la provoc, a lu Machiavel, il a des choses à dire, et il utilise un personnage pour le faire passer : Cesare. Les Borgia, c’est tout simplement Le Prince pour les Nuls : comment conquérir le pouvoir, le maintenir, unifier l’Italie, créer les fondations d’une nouvelle famille royale : les Borgia…

Et si les mêmes enjeux de pouvoir sont au cœur des factions de Oz, c’est au service d’un objectif beaucoup plus simple : la survie. C’est à coup sûr ce qui a intéressé Tom Fontana, mais ça ne suffit pas …

 




lundi 22 avril 2013


Game of Thrones, Saison 3
posté par Professor Ludovico

Ça y est, c’est le printemps et winter is coming. Sous l’amicale pression de ses amis, Philippe de Winterfell réunit son petit monde sous le Godswood et projette les deux premiers épisodes de la nouvelle saison, après quelques pâtes aux champignons de Dragonstone et deux trois dattes dothrakies.

Et là, l’habituel se produit : le béotien (le Professore) est en admiration contrite devant tant de talent dramaturgique, de beauté formelle, de décors parfaits et d’acteurs étonnants. Mais en face, la tribu de GoT épluche la bête : comment Catelyn Stark peut-elle parler ainsi de Jon Snow, alors qu’elle le déteste depuis tout petit ? Il y a une incohérence chronologique, là, avec Mance Rayder, car on aurait du le voir dès la saison 1 dans la scène de biiiip… Etc. Etc.

Eternel débat entre le lecteur, qui s’est approprié totalement un livre (je connais parfaitement la couleur des cheveux de Paul Muad Dib, et ce ne sont pas ceux de Kyle McLachlan !) et le spectateur qui doit accepter toutes les entorses liées à la dramaturgie spécifique d’un film ou d’une série. Et cela vaut pour les grands livres comme pour les petits. Au-Dessous du Volcan, Ulysse, Le Festin Nu, À la Recherche du Temps Perdu, … ou Marc Levy, le lecteur est tout aussi impliqué dans une lecture qui l’a passionné.

Adaptation : trahison.

J’ai bien fait de ne pas lire Le Trône de Fer.




dimanche 14 avril 2013


Real Humans
posté par Professor Ludovico

C’est la bonne surprise offerte par Arte : Äkta Människor, la série sur les robots qui vient de Suède, précédée d’un buzz flatteur. Et le buzz n’est pas trompeur : Real Humans, à ce stade (2 épisodes), c’est même très bon.

Le pitch, tout le monde le connaît. Dans un futur très proche, les robots font partie de l’électroménager de base. Chacun s’en achète un, comme un nouveau réfrigérateur. Aide ménager, assistante médicale, ouvrier, ou prostituée, les robots servent à tout ou à rien. Tellement pratiques, que comme l’iPhone moyen, tout le monde en veut un. Seul résiste un parti, extrémiste (les fameux Äkta Människor) qui prônent une société 100% humaine, jusqu’à « tuer » les robots s’il le faut.

Première finesse : l’épisode pilote est assez malin pour nous présenter toutes les nuances de ce parti : de la mère de famille, qui se plait à penser qu’il vaut mieux que ce soit les parents qui s’occupent des enfants (plutôt que les robots) – même si les enfants pensent le contraire ! – jusqu’au vigilante qui tire sur tous les grille-pains* qui bougent…

Deuxième finesse : si Dieu a fait l’homme à son image, et que l’homme a fait le Robot à son image, alors il devient difficile de détruire ce qui te ressemble autant. C’est la grande réussite graphique de Real Humans. Avec une grande économie de moyens (un peu de maquillage, des lentilles de contact), les hubots, sont, comme leur nom l’indique, très humains.

Et le spectateur, par transfert, de se mettre à imiter les personnages : détester les robots de l’usine qui vous piquent votre job, ou tomber amoureux d’Anita, la hubot tout droit sortie d’un japanime, ou encore être touché par le robot cassé que répare consciencieusement son propriétaire retraité… On finit par se demander si certains humains ne sont pas des robots cachés…

Real Humans s’extrait en fait du divertissement excitant (aventure/science-fiction/humour/romance) pour se poser comme une véritable œuvre d’art, en se posant les bonnes questions : qu’est-ce qui fait de nous un humain : l’amour, ou les preuves d’amour ? Vaut-il mieux vivre avec un humain irascible ou un robot affectueux ? Faut-il continuer à effectuer des tâches pénibles si une machine le fait mieux que nous ? Et se garde de donner des réponses toutes faites…

Cette masse gluante et violette que l’on trouve dans le crâne des hubots – ce que les humains appellent l’âme –, c’est déjà ce qui fait la différence : vraiment humain.

* Allusion à Battlestar Galactica ou blagounette du sous-titreur, Dieu seul le sait…




samedi 6 avril 2013


Borgia saison 2 : une ou deux choses que je sais de Nicolas Machiavel (et de la fiction)
posté par Professor Ludovico

Hier, dans les épisodes 3 et 4 de la lamentable série de Canal+ sur les Borgia « Carbonara alla Fontana », le petit cœur du Professore a tressauté. Car IL était là, soudain, dans cette église de Florence, et rencontrait son maître, sa muse.

Je veux bien sûr parler de Nicolas Machiavel, rencontrant Cesare Borgia, le futur modèle du Prince, le manuel maudit de la politique, que le diplomate florentin écrira en exil, quinze ans plus tard.

Cette petite entorse à la réalité ne m’a pas choqué plus que cela : licence poétique, force de la fiction, etc. En effet, Machiavel a bien rencontré Cesare Borgia, mais beaucoup plus tard, en mission pour Florence, et il se fera même rouler dans la farine.

Mais là n’est pas la question. La suite des épisodes s’est mis à raconter n’importe quoi sur le héros du Professore, et là, avouons-le, c’est plus possible ! Licence poétique, force de la fiction, je m’en fous, je ne peux pas laisser entendre que mon Niccolo a torturé. Car on en est là : 1494, Savonarole* installe à Florence une « démocratie chrétienne », qui devient vite à une dictature théocratique**. On brûle les livres, les jeux, les tableaux de nus, et chacun est sommé de s’habiller avec dignité. On envoie des enfants s’introduire, dans les maisons pour vérifier les bonnes mœurs des adultes. Savonarole prédit l’apocalypse, et l’arrivée de l’antéchrist, en la personne du pape, Alexandre Borgia, le père de Cesare. La première arrive : les français de Charles VIII ont débarqué en Italie. L’autre va gagner : l’antéchrist va triompher du prédicateur.

Pour le reste, Savonarole, sans arme, est renversé (ce qui inspirera Machiavel : « Tous les prophètes armés ont vaincu, et les désarmés ont été détruits, comme il advint de notre temps de frère Jérôme Savonarole. »). Le prédicateur est excommunié, pendu et brûlé.

Dans la série, il y a plusieurs erreurs historiques : Cesare Borgia n’est pas le représentant du pape à Florence, et Machiavel ne conseille pas Cesare Borgia. Au contraire il s’inspirera des hauts faits du Valentinois en Romagne (la région de Rome que pacifiera Borgia en 1500). Machiavel n’est pas le bourreau de Savonarole, il sera lui-même torturé par les Médicis quand ils reviendront au pouvoir.

Ici s’achève la séquence « Alain Decaux raconte » de cette chronique, en fait l’hommage du Professore à « nos amis les vraisemblants » comme les appelait Hitchcock ; ces spectateurs qui cherchent la petite bête, dans l’intrigue ou dans la véracité des situations. Vous en trouvez ici un vibrant exemple : si l’on ne s’est jamais intéressé à la période, la présentation des faits par Tom Fontana est tout à fait vraisemblable. Une des lois majeures de la fiction est d’ailleurs de faire « vivre » les événements via les personnages principaux et le moins possible par des personnages annexes. Que Cesare Borgia devienne le légat du pape est donc une nécessité scénaristique. Elle permet à Fontana de faire aboutir la transformation du personnage. En organisant une confontation avec Savonarole (l’Antagoniste), Cesare (le Protagoniste) flirte une dernière fois avec la foi, qui le taraude depuis le premier épisode. Mais le florentin le met face à ses contradictions. Après avoir défait le prédicateur, Cesare sait enfin ce qu’il veut être : un chef de guerre. Et c’est ce qu’il deviendra.

Donc Fontana a raison, le Professore a tort, et ce n’est pas un poisson d’avril.

* Formidablement interprété par le sosie de Ridley Scott, Iain Glen, l’immense Jorah Mormont du Trône de Fer.
** Evidemment, ce sont les vrais dates, pas celles de la série.




lundi 1 avril 2013


Borgia saison 2
posté par Professor Ludovico

Bon c’est reparti comme en 1492, les Borgia façon Tom Fontana. A part le générique, rien n’a changé, c’est toujours aussi mauvais.

Le créateur de Homicide, de Oz – mon dieu – est en roue libre, et se contente de piocher dans l’Histoire avec un grand H pour débiter du scénar au kilomètre, et visiblement, personne chez Canal+ n’ose lui faire une quelconque remarque.

On enchaîne donc les Borgias à Naples, les Borgias à Rome, les Borgias à Pise. Le Pape mène ses complots en direct, et les événement sont résumés une seule scène, (et peut-être même une seule prise), comme par exemple, l’arrivée des turcs à Venise.

C’est ridicule, pathétique, mais puisque personne ne dit rien, Fontana aurait le tort de se gêner.

Le Professore, lui, est enchaîné devant sa télé, car « je n’ai trouvé, dans tout mon équipage, rien que j’aime et je prise autant que la connaissances des actions des grands hommes… »




dimanche 31 mars 2013


Les Anonymes – Ùn’ pienghjite micca
posté par Professor Ludovico

On avait adoré L’Exercice de l’État, on se jette sur Les Anonymes, de Pierre Schoeller. Mis à part l’accent marseillais – un peu raté – de Mathieu Amalric en Roger Marion, c’est à nouveau une copie parfaite.

L’arrestation, la garde à vue a rarement été aussi bien filmé, au cinéma et a fortiori à la télé. Schoeller mélange les formes (documentaire, témoignage, fiction, images d’archives, flashback) avec fluidité, pour expliquer comment on en est arrivés là : les magouilles du gouvernement pour jeter la discorde dans le mouvement nationaliste, la constitution – un peu en amateur – du commando des meurtriers de Claude Erignac, la violence psychologique, et parfois physique, de la garde à vue, tout cela est filmé de manière très cru. A la fin, les hommes, brisés (notamment par leurs femmes), avouent tout et balancent Yvan Colonna. Cette partie est passionnante, car foncièrement corse. Si Colonna est un homme d’honneur, il doit revendiquer le meurtre. Sous entendu : comme il ne le fait pas, il n’est pas un homme d’honneur, donc on n’a pas à le disculper… Pour des explications plus détaillées, consultez le Framekeeper, l’antenne corse de Cinefast.

Passionnant, très bien joué (Olivier Gourmet, Karole Rocher, Jean-Philippe Ricci, Pierre Alessandri), artistiquement filmé : que demande le CineFaster ?




dimanche 10 mars 2013


Dr House vs Scrubs
posté par Professor Ludovico

Qu’est-ce qui distingue une grande série d’une série de consommation courante ? La même différence, finalement, qu’il y a entre un sandwich jambon-beurre de chez Paul, au goût millimétré, et celui que vous vous préparez en achetant, au cœur de l’Auvergne, le pain, le beurre et le jambon…

Hier, dans un de ces épisodes désordonnés dont TF1 a le secret (épisode 2 : machin a le cancer, épisode 3, il se porte comme un charme, et caetera, et caetera), Dr House soigne une jeune fille de multiples symptômes (dérèglement du foie, migraines, etc.)

Là, le CineFaster moyen se met à hurler : mais qu’est-ce que vous foutez devant Dr House, Herr Professore ???

Bon ça va, les gars, c’est les vacances ! Y’a que la TNT aux Arcs, et même la Ligue des Champions ne passe plus en clair…

Bref, Dr House soigne cette petite, dont la mère n’est autre que Sherilyn Fenn, qui a pris quelques kilos depuis qu’elle faisait des nœuds aux queues de cerises dans Twin Peaks…. Mais je m’égare… La Professorinette a beau pronostiquer que la gamine va sen tirer (« car ils s’en tirent tous », cf. le jambon-beurre de chez Paul), pas de bol, elle y passe.

Dans une des dernières scènes, la pauvrette jette un coup d’œil désespéré à Monsieur House (ou à une de ses sbires, peu importe), qui vient de lui annoncer qu’il a finalement trouvé la raison de sa maladie :

– « Je vais mourir, docteur ?? »
– « Oui. »

Voilà, c’est fini. La mère se jette dans les bras de sa fille, quelques explications entre toubibs, générique.

Immédiatement, j’ai pensé à Scrubs. Une série beaucoup plus légère, drôle, sympa, mais capable d’engendrer de la tragédie au coin d’un gag.

Dans un épisode de Scrubs, le chef médecin (formidable John C. McGinley) vient réconforter notre héros, JD Dorian, (génial Zach Braff), qui va bientôt perdre un patient en phase terminale. « On ne peut pas les sauver tous, JD. Certains patients viennent à l’hôpital pour mourir. En fait, un sur trois meurt à l’hôpital. » À ce moment, le spectateur se rappelle, comme notre héros, qu’il a trois patients, et que oui, il faut se résigner, il en a déjà sauvé deux.

Un quart d’heure plus tard, les trois patients sont morts. L’épisode, commencé comme une guignolade, finit comme un drame. L’auteur, Bill Lawrence, a installé sa dramaturgie, a laisse le temps aux sentiments de s’installer. Il ne s’est pas contenté de sa formule (les-patients-sont-comme-des-enquêtes-policières) pour délivrer ses quarante minutes de programme.

Dr House n’est pas une grande série. Scrubs l’est.




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