On se demandait pourquoi les GI mourraient en Irak, on a la réponse dans Tokyo Drift, le troisième sequel de la franchise Fast and Furious. Et les américains sont bien trop « Fat » pour voir le mal qui est dans Fast and Furious*.
Il y a pourtant beaucoup d’énergie et de produits pétroliers gâchés en 2heures de film : dérapages contrôlés, peintures tuning, gomme de pneus, tout ça détruit la planète à petit feu et opprime du petit irakien… Néanmoins, il est difficile de cacher au cinefasteur que tout ça est assez fun, au troisième degré…
Car en effet, le personnage, pauvre petit yankee college boy (pas du tout crédible, l’acteur a 24 ans et probablement son permis), est obligé de partir à Tokyo pour éviter les foudres légales de la police US (sic) ; il retrouve son père qui l’avait abandonné, mais surtout une famille d’adoption chez les drifteurs Tokyoïtes (reSic). Le drift est une sorte de patinage artistique avec des bagnoles tunées (resic). Le tout se terminera en affrontement chevaleresque contre un yakusa, pour l’honneur, l’argent, et une fille (rereSic). On se croirait dans l’Année du Dragon, presque.
Ce qui est incroyable, c’est que tout ça se prend formidablement au sérieux, et qu’on voudrait te faire passer le drifting comme une sorte de philosophie de la vie. Avec Point Break, ils avaient déjà essayé avec le surf, mais là il faut dire que là, ca pique un peu les yeux… en même temps c’est pas méchant, à part un petit arrière-goût anti-nippon (les américains ont décidément un problème avec les japonais…), et des héros qui sont tous non-nippons : le héros est texan, son copain est un black US, sa chérie une métisse nippo-américaine : l’honneur est sauf.
Mais il reste de jolis patinages artistiques sur les routes de montagne (manque juste Nelson Montfort), quelques dialogues bien sentis, et l’impression que le réalisateur pourrait faire mieux, beaucoup mieux… (le traitement réaliste du Tokyo et la poursuite dans les maisons en construction laisse entrevoir des choses… Nous verrons…)
* le titre originel de la chronique était Fats and Furious, Tokyo Drift, mais pour de sombres raisons de référencement Google (et de cohérence éditoriale), nous avons rétabli l’orthographe exacte…
posté par Professor Ludovico
Ce documentaire, sorti en 2003, vient d’être découvert en DVD par votre serviteur. Je ne saurais trop le recommander à tout ceux qui bêlent habituellement avec les loups, ou pleurent avec les moutons* : « la guerre c’est dégueulasse », « salaud de yankees », « salauds de russes », etc. Ces interjections diverses variant à chaque conflits (on pourrait mettre « salauds d’israéliens » en ce moment, par exemple.)
Pourtant, la Guerre est là, elle existe, c’est une variable incontournable de l’humanité. La question n’est pas de faire la « Dernière Guerre », comme l’espérait W. Wilson en 1918, mais bien -comme le dit si justement Robert Mc Namara- « quelle quantité de Mal est on prêt à faire, pour faire le Bien ».
C’est ainsi, en onze leçons documentées, de 1918 à aujourd’hui, en passant plus spécifiquement par les guerres « fréquentées » par Robert Mc Namara (Seconde Guerre Mondiale, mais surtout Crise des Missiles, Baie des Cochons et Guerre du Vietnam), que Fog of War se déroule, apportant les éclairages d’un acteur de l’intérieur, confronté à ses erreurs, à ses doutes, à ses propres contradictions. Et on voit, dans les larmes d’un homme de 90 ans, que faire le mal pour faire le bien, ce n’est pas facile tous les jours…
*n’est-ce pas M. Jeunet ?