[ Les films ]



vendredi 4 août 2006


Le Caïman
posté par Professor Ludovico

J’aime Moretti. On me le reproche souvent à CineFast, toujours un peu chatouilleux dès qu’on sort un cinéaste qui ne travaille pas à Burbank, California. Mais je réalise avec Le Caïman que j’aime Moretti acteur. Que ses films sont bons quand il est dedans, car il fournit un argument comique implacable. Ici, il est dedans, mais tout à fait minoritairement. Le film (comme le film dans le film, sur Berlusconi), avance tout doucement. Trop doucement. Et quand ça s’accélère, on ne comprend pas ce qui s’est passé, et c’est fini.

Bah, j’irais voir le prochain.




vendredi 4 août 2006


La Dernière Séance
posté par Professor Ludovico

Anecdote glanée lors de l’émission (excellente) de Pierre Lescure et Dominique Besnehard sur les 80’s sur France 5 :

Quand Patrick Brion et Eddy Mitchell sont arrivés sur France 3 en 1983 (en plein contexte de désaméricanisation de la culture) pour faire La Dernière Séance, la présidence de FR3 leur a rappelé (sans rire) que La Dernière Séance devait contenir un quota de… productions françaises ! Consigne qui, bien sûr, ne fut jamais appliquée.




vendredi 4 août 2006


La Chevauchée Fantastique (Stagecoach)
posté par Professor Ludovico

La canicule empêche de dormir. L’insomnie oblige à regarder la télé. Le magnétoscope vous rappelle qu’il reste plein de films à voir, stockés sur le disque dur, et qui bouffent du mégaoctet pour rien. Alors on se fade La Chevauchée Fantastique, histoire de pas avoir l’air trop bête à la Cinémathèque.

Et là, le choc ! J’ai toujours aimé les westerns, j’ai toujours adoré La Dernière Séance (des CineFasteurs avant l’heure), mais je ne me rappelais pas de La Chevauchée Fantastique !

Un scénario impeccable (chaque personnage a un enjeu bien défini au départ, forcément en conflit avec ceux des autres, la progression dramatique évolue avec le trajet de la diligence qui pour les uns est un espoir, pour les autres une menace), une image splendide (Monument Valley !), et John Wayne beau comme jamais !

Ne le ratez pas, si vous en avez l’occasion.




vendredi 4 août 2006


Arrivederci Amore Ciaio
posté par Professor Ludovico

Voilà un film mal vendu. On essaie de faire passer un pur polar, digne de Tarantino, pour un drame de la réhabilitation ! L’argument est basique : un ancien des Brigades Rouges, enfui en Amérique centrale, rentre au pays à la chute du Mur de Berlin. Il balance ses anciens amis contre sa réhabilitation. Il croit en avoir fini avec la Justice, mais le flic est pourri jusqu’à la moelle et lui demande service sur service. Arrivera-t-il à en finir réellement avec son passé ?

Présenté comme ça, ça aurait fait un beau drame de Francesco Rosi avec Gian Maria Volonte. C’est pas ça du tout ! Au contraire ça défouraille de tous les côtés (ça reste plus sobre que Quentin, on est européens, tout de même). Mais enfin : coke, sexe, et fusil à pompes, qui peut résister à ça ? Et surtout, le personnage, tout à fait immoral, finit par séduire le spectateur. Ca ressemble, par certains côtés, à Petits Meurtres entre Amis. Assez réjouissant donc.




vendredi 4 août 2006


Pirates des Caraïbes : le Coffre de l’Homme Mort
posté par Professor Ludovico

Il y a peu de choses à en dire, car tout a été déjà dit dans la presse. Plus haut, plus loin, plus fort, semble être la devise de ce film bizarre, à la fois plaisant, mais un peu longuet et survitaminé. Je ne sais pourquoi, mais cela me fait penser au Toastissimo que l’on mange après, à l’UGC Ciné Cités ; trop de pain, trop de coppa, trop de mozarella.

J’ai adoré le premier Pirates des Caraïbes ; peut être sombrais-je dans le syndrome de La valse à 3 Temps ? Car le deuxième semble un peu fade. Johnny Depp a beau surjouer Keith Richards, qui depuis, est réellement tombé, lui, du cocotier, il y a trop de cascades, trop de gags, trop de monstres. Les effets spéciaux, qui amorçaient une révolution inouïe dans le premier opus – à savoir se faire DISCRETS !- reviennent en force dans le n°2. Enfin, c’est trop long et en plus, on annonce le 3 !

Ca reste néanmoins tout à fait visible et recommandable, les dialogues sont fins, la déco est incroyablement réussie, et les acteurs sympathiques. Et restez jusqu’au bout de l’interminable générique, y’a une surprise !




mercredi 2 août 2006


Midnight Movies
posté par Professor Ludovico

Voilà un charmant petit documentaire qui vient nous rappeler quelques souvenirs au cœur de l’été. Rappelez vous, on était en 1986. Kid Creole & The Coconuts régnait sur nos boums, et le samedi soir, nous allions fêter les 10 ans du Rocky Horror Picture Show. Pendant 2 heures, nous étions les rois du monde, nous dominions la salle, en talons aiguilles et bas résille, et nous initiions de jeunes vierges au cœur pur aux déviations les plus abominables… Et puis nous avions une famille, nous étions initiés, nous aussi (Les films de la Hammer, Vincent Price…)

Midnight Movies, from margin to mainstream, reconstitue le phénomène éphémère des midnight movies, ces films rejetés par la critique et les spectateurs, qui, sortant du circuit de distribution traditionnel, finirent par trouver leur public ; ainsi, le Rocky Horror Picture Show, fut un four en salles, mais finit par rapporter 175 M$ !)

Mais il ne fut pas le seul : El Topo, le brûlot spaghetti d’Alejandro Jodorowsky, Night Of The Living Dead, de Romero, le précurseur d’un genre à part entière (le film de zombies), Pink Flamingos qui lança John Waters, The Harder They Come, qui lança le reggae et Jimmy Cliff, et le plus bluffant probablement, l’incroyable Eraserhead de David Lynch.

Le documentaire, très didactique, rappelle le contexte qui présida à l’irruption de ses films, et qui au final, causa leur disparition. Car, ayant fait évolué les limites du bon goût au cinéma, leurs provocations devinrent money courante et intégrèrent les films grands publics. Les Dents de la Mer remplacèrent la Nuit des Morts Vivants, et Kill Bill est notre El Topo actuel…




mercredi 2 août 2006


Hotel New Hampshire
posté par Professor Ludovico

Je m’étais toujours demandé pourquoi, ayant adoré Le Monde Selon Garp (le livre et le film), je n’avais jamais voulu lire un autre John Irving. J’avais probablement peur d’être déçu… Mais maintenant, après avoir vu Hotel New Hampshire, je crois savoir : l’univers de John Irving n’a ni queue ni tête ! Les scènes se suivent, s’enchaînent, sans que cela n’ait une quelconque influence sur la suite des véhéments. Une fille se balade déguisée en ours sans que ça ne choque personne ; Jodie Foster se fait violer, mais bon… La mère meurt, le grand père meurt, le chien meurt, tout ça passe comme une lettre à la poste… tout cet univers amoral, relativiste, finit par agacer franchement…

Et en plus, ça a horriblement mal vieilli…




dimanche 30 juillet 2006


Two for the Money
posté par Professor Ludovico

Le Professsore a un défaut : il est fidèle. La fidélité s’approche souvent de la bêtise, surtout au cinéma. Ma fidélité à Al Pacino m’a déjà fait entrevoir un certain nombre d’abysses, et c’est le cœur résigné que je me suis rendu à Two for the Money.

Surprise : ce n’est pas mauvais. Ce n’est pas bon non plus je vous rassure. Al cabotine.
Matthew McConaughey n’a plus bien joué depuis Contact (1997) ; René Russo n’a jamais bien joué (mais elle produit le film). Le tout est une éternelle histoire de rédemption d’un petit gars qui n’avait pas de papa et qui s’en trouve un dans la personne de son patron (Al).

Bizarrement, c’est plutôt ça qui est pas mal. Ce n’est pas traité avec subtilité, tout ça sent un peu le Manuel de Scénario. Mais ce n’est pas inintéressant…

En ce moment, vous avez autre chose à proposer ?




dimanche 30 juillet 2006


Fast and Furious – Tokyo Drift
posté par Professor Ludovico

On se demandait pourquoi les GI mourraient en Irak, on a la réponse dans Tokyo Drift, le troisième sequel de la franchise Fast and Furious. Et les américains sont bien trop « Fat » pour voir le mal qui est dans Fast and Furious*.

Il y a pourtant beaucoup d’énergie et de produits pétroliers gâchés en 2heures de film : dérapages contrôlés, peintures tuning, gomme de pneus, tout ça détruit la planète à petit feu et opprime du petit irakien… Néanmoins, il est difficile de cacher au cinefasteur que tout ça est assez fun, au troisième degré…

Car en effet, le personnage, pauvre petit yankee college boy (pas du tout crédible, l’acteur a 24 ans et probablement son permis), est obligé de partir à Tokyo pour éviter les foudres légales de la police US (sic) ; il retrouve son père qui l’avait abandonné, mais surtout une famille d’adoption chez les drifteurs Tokyoïtes (reSic). Le drift est une sorte de patinage artistique avec des bagnoles tunées (resic). Le tout se terminera en affrontement chevaleresque contre un yakusa, pour l’honneur, l’argent, et une fille (rereSic). On se croirait dans l’Année du Dragon, presque.

Ce qui est incroyable, c’est que tout ça se prend formidablement au sérieux, et qu’on voudrait te faire passer le drifting comme une sorte de philosophie de la vie. Avec Point Break, ils avaient déjà essayé avec le surf, mais là il faut dire que là, ca pique un peu les yeux… en même temps c’est pas méchant, à part un petit arrière-goût anti-nippon (les américains ont décidément un problème avec les japonais…), et des héros qui sont tous non-nippons : le héros est texan, son copain est un black US, sa chérie une métisse nippo-américaine : l’honneur est sauf.

Mais il reste de jolis patinages artistiques sur les routes de montagne (manque juste Nelson Montfort), quelques dialogues bien sentis, et l’impression que le réalisateur pourrait faire mieux, beaucoup mieux… (le traitement réaliste du Tokyo et la poursuite dans les maisons en construction laisse entrevoir des choses… Nous verrons…)

* le titre originel de la chronique était Fats and Furious, Tokyo Drift, mais pour de sombres raisons de référencement Google (et de cohérence éditoriale), nous avons rétabli l’orthographe exacte…




lundi 24 juillet 2006


Fog of war
posté par Professor Ludovico

Ce documentaire, sorti en 2003, vient d’être découvert en DVD par votre serviteur. Je ne saurais trop le recommander à tout ceux qui bêlent habituellement avec les loups, ou pleurent avec les moutons* : « la guerre c’est dégueulasse », « salaud de yankees », « salauds de russes », etc. Ces interjections diverses variant à chaque conflits (on pourrait mettre « salauds d’israéliens » en ce moment, par exemple.)

Pourtant, la Guerre est là, elle existe, c’est une variable incontournable de l’humanité. La question n’est pas de faire la « Dernière Guerre », comme l’espérait W. Wilson en 1918, mais bien -comme le dit si justement Robert Mc Namara- « quelle quantité de Mal est on prêt à faire, pour faire le Bien ».

C’est ainsi, en onze leçons documentées, de 1918 à aujourd’hui, en passant plus spécifiquement par les guerres « fréquentées » par Robert Mc Namara (Seconde Guerre Mondiale, mais surtout Crise des Missiles, Baie des Cochons et Guerre du Vietnam), que Fog of War se déroule, apportant les éclairages d’un acteur de l’intérieur, confronté à ses erreurs, à ses doutes, à ses propres contradictions. Et on voit, dans les larmes d’un homme de 90 ans, que faire le mal pour faire le bien, ce n’est pas facile tous les jours…

*n’est-ce pas M. Jeunet ?




mai 2026
L M M J V S D
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031