[ Les films ]



lundi 14 juillet 2008


14 juillet
posté par Professor Ludovico

Déjà que c’est assez pénible comme ça, le 14 juillet à la télé. Devoir supporter une telle avalanche de propagande martiale autosatisfaite qu’on se croirait fin août 1939… surtout quand on connaît l’état actuel – moral et matériel – de nos armée… Mais là, il a fallu se taper Kad Merad. On n’a rien contre le bonhomme, plutôt sympathique et drôle au demeurant, mais aujourd’hui, il a raté une occasion historique de se taire.

Convié à lire la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU, sa prestation fut minable ; il ne connaissait pas son texte, et se contentait de le lire, un enfant aurait fait aussi bien. Mal joué, mal filmé, mal costumé (c’est quoi ce costard gris ?), mais surtout mal casté. Pourquoi Merad ? Est-il beur, dans la tête de notre metteur en scène en chef, j’ai nommé Nicolas Sarkozy. Est-il bankable ? (TF1 le présente comme « Kad Merad, de Bienvenue chez les Ch’tis »). Est-il de gauche, nouvelle cible de l’ouverture tout azimut ? Car on suppose, peut-être à tort, que notre President-Animateur-Producteur a forcément validé ce petit one man show. Eh bien c’est raté…

Bon, mais comme dit Madame la Professore, le Président, à force de vouloir vivre par le showbiz, finira par périr par le showbiz….




mardi 8 juillet 2008


Petit bonheur simple sur autoroute
posté par Professor Ludovico

Il est un bonheur rare, qui consiste à être haï de ses ennemis ! Mais il existe un bonheur encore plus rare, c’est celui de voir vos ennemis aimer ce que vous haïssez !

Je suis un pervers. Je l’avoue, j’aime bien écouter dans la voiture Radio Courtoisie, « la radio du pays réel et de la francophonie« . Ecouter ces vieux (ou jeunes) croulants débiter leurs ringardises en n’omettant aucune liaison (« soutenez notre mouvement, adherez zzzz’à notre association ! ») vaut largement tous les Rires & Chansons du monde.

Aujourd’hui, c’était Spécial Cinéma, animée par un journaliste du Choc du Mois (sic). Invité Nelly Kaplan, madame La Fiancée du Pirate. Dèja, oser venir s’exposer sur Radio Courtoisie signifie soit, de réelles convictions droitières, soit, un énorme besoin promotionnel, ou, le plus souvent, la ringardise la plus totale. Dans le cas de miss Kaplan, il semble que ce soit les trois : elle venait promouvoir un livre sur ses amours avec Abel Gance, n’arrive plus à faire de film en France, pays de merde, je vous en passe et des meilleures.

Mais le meilleur, justement, restait à venir. Après avoir disserté longuement sur le complot américain (sic) qui veut faire baisser le cinéma français à 15% de part de marché nationale pour décérébrer notre jeunesse (re-sic), il y a forcément quelqu’un derrière tout ça (reresic), avoir maudit la France, pays d’ados imbéciles qui ne comprennent pas qu’un film comme L’Anglaise et le Duc peut être un film « frais, et divertissant », la cerise sur est venu compléter le gâteau.

L’animateur s’emporte soudain : « Qui sont les jeunes cinéastes français, aujourd’hui ? Quand je dis jeune, je parle de varis jeunes cinéastes, qui ont quelque chose à dire ! Et bien pour moi, c’est Rivette, Rohmer, Resnais, et même Godard ! Oui, Godard !! »

De bonheur, j’ai failli percuter un radar fixe…




mercredi 2 juillet 2008


Rome
posté par Professor Ludovico

Le film historique est placé, comme le biopic, sous le signe de la malédiction. Après les Tudors, mais avec beaucoup plus de talent, Rome succombe en partie à cette malédiction.

En partie seulement, car il y a beaucoup à sauver. Les acteurs d’abord, qui sont tous excellents, à commencer par Ciaran Hinds dans le rôle de César, qui a déjà interprété une palanquée de gueules au cinéma (La Somme de Toutes Les Peurs, Miami Vice, Munich, et même Excalibur).

Rome se distingue ensuite par la qualité de sa production. On pourrait même dire que c’est là le vrai projet de la série : reconstituer, dans ses moindres détails, la vie romaine sous l’Empire. On sent chez les initiateurs du projet un véritable amour de Rome : John Milius (Conan, Apocalypse Now), Michael Apted (Gorky Park, Coeur de Tonnerre, Le Monde ne Suffit Pas), et Bruno Heller (scénariste de la BBC), et c’est peut-être ce qui les perd.

Car s’il y a, comme dans toute bonne série, enchevêtrement d’intrigues, il n’y a pas ici d’enjeu centré sur les personnages ; et l’on n’arrive pas à se passionner pour le sort de l’un ou de l’autre. Il y a des pistes, mais elles ne sont pas assez assumées comme véritable ligne directrice. On pourrait ainsi suivre les deux légionnaires et leur amitié indéfectible, ou s’attacher au charismatique César, on pourrait suivre les hésitations de Brutus, formidablement joué par Tobias Menzies, mais Rome ne s’attarde pas assez sur ces personnages pour nous les rendre aimables.

Reste une splendide fresque pédagogique en 12 leçons sur la chute de la République, suffisamment passionnante pour qu’on en redemande une deuxième saison !




lundi 30 juin 2008


Actualité de Blade Runner
posté par Professor Ludovico

Les grands films ne meurent jamais. Blade Runner fait partie de ceux-la. On a beau avoir le DVD, le Blu-Ray, quand ça passe a la télé, on regarde. Même si c’est en VF, format charcuté, et non sous-titrée.

Hier c’était donc Blade Runner sur France2, pour la énième fois, et on se laissait doucement bercer : « Tous ces moments, perdus dans l’oubli, comme des larmes dans la pluie… Il est temps de mourir. »
C’est la plus belle scène du film (la mort de Rutger Hauer). C’est aussi le pire plan du cinéma scottien : la colombe libérée par le réplicant s’élance dans un ciel bleu improbable, le long d’une cheminée en plastoque (filmée dans l’arrière cour de la Fox ?)

Un ciel bleu ? Dans unLos Angeles glauque, où il pleut depuis deux heures ? Ce plan a fait causer dans les chaumières des Bladerunnerophiles maniaques dont je fais évidemment partie.

Et là, surprise, le plan a disparu, remplacé par une colombe plus raccord sur fond avec de ville noirâtre. Et en plus, ils ont encore changé la fin : plus de travelling aérien sur fond de musique de Vangelis, non, un cut au noir pour passer direct au générique…

Et là, polémique : le film, il va le retravailler combien de fois, le père Ridley ? Car résumons-nous : après la version originale (avec voix off), le Director’s Cut (sans voix off, mais avec le plan de la licorne qui change tout le sens du film (théorie développée tout à la fin de cette chronique), puis le Director’s Cut définitif (l’année dernière), jusqu’où ira-t-on dans le révisionnisme cinématographique ?

Un film, c’est un film, c’est une époque, et les défauts qui vont avec. Mais le numérique (et la perspective de gros sous) a affolé Hollywood, qui n’a pas fait dans le détail : les clopes et les armes de poing supprimés dans E.T., les effets spéciaux refaits de Star Wars, et comble de l’abomination, Apocalypse Now Redux !

Refusons de jouer le jeu ! Boycottons ces rééditions !… enfin… essayons !




samedi 28 juin 2008


Da Vinci Code, le livre
posté par Professor Ludovico

J’ai une fascination pour les mystères. J’ai une fascination pour les cathares, les templiers, les OVNI, le Graal. J’ai aussi, dois-je l’avouer, une fascination pour les succès inexplicables : Bienvenue chez les Ch’tis. Austin Powers. Le Da Vinci Code. Comment ce qui, sur le papier, ne devrait pas marcher devient un succès planétaire ? Comment une œuvre, a priori insignifiante, devient (ne serait-ce que quelques mois) partie intégrante de l’âme d’un peuple ?

La revigorante lecture, il y a quelques années, de Tintin et le Secret de Famille, de Serge Tisseron, m’a ouvert les yeux, sans répondre pour autant à cette question. S. Tisseron s’attache à démonter, vignette par vignette Le Secret de la Licorne, l’une des œuvres majeures d’Hergé. Et démontre que le scénario ne tient pas la route une seule seconde : pourquoi le capitaine de Haddoque s’acharne-t-il à cacher derrière des énigmes (trois messages codés, dans trois maquettes de bateau) l’emplacement d’un trésor qui se trouve tout bêtement… dans les caves de son château ? Y aurait-il quelque chose à cacher ?

Je vous laisse découvrir l’explication proposée par Tisseron, mais peut-on, à la même aune, décrypter le Da Vinci Code ?

J’ai vu le film l’an dernier (critique ici), mais je m’étais toujours épargné de lire le livre. Je refuse, par principe, de perdre une semaine sur 600 pages mal écrites. Mais après un voyage à Rennes-Le-Château, et la lecture de L’Enigme Sacrée, l’envie était trop forte. Je ne le regrette pas, car cette lecture nous plonge dans des abîmes sans fond.

Passons sur ses défauts communément admis (son inculture crasse sur la France, le Louvre, la peinture… Dan Brown en fait un fond de commerce éhonté, prétendant avoir fait des recherches très précises sur ces sujets : « Toutes les descriptions de monuments, d’oeuvres d’art, de documents et de rituels secrets évoqués sont avérées », (Da Vinci Code, p. 7).

Bien sûr, aussi, c’est écrit gros, c’est bourré de clichés, et c’est écrit au lance-pierres. Mais concentrons-nous, plutôt, sur l’essentiel : le scénario.

Un historien (Robert Langdon) et une cryptographe (Sophie Neveu) sont lancés dans une quête du graal de 24 heures à travers la France, l’Angleterre et l’Ecosse. Cette quête leur fera découvrir un terrible secret, qu’un complot de l’église catholique nous cache depuis 20 siècles : Jésus était noble, descendait du roi David, il a eu des enfants avec Marie Madeleine, et ses enfants ont établi en France la dynastie des Mérovingiens. Il ne sont pas seuls à chercher des preuves de ce complot, l’Opus Dei cherche à les récupérer aussi pour les détruire et protéger cette satanée église catholique, ainsi qu’un mystérieux « Maître », dont on découvre l’identité à la fin.

Déjà, on tique. Si ce terrible secret était révélé, qu’est-ce que ça pourrait bien changer ? Les catholiques arrêteraient-ils d’être catholiques ? Et puis, quelque part, comment a-t-on pu conserver ce secret si longtemps, alors que différentes dissidences (coptes, protestants) sont apparues ? Et le Prieuré de Sion, chargé de protéger ce secret (contre l’église catholique), pourquoi n’a-t-il rien révélé ? Pourquoi veut-il le révéler maintenant ? Tout cela est assez invraisemblable. Mais ça devient encore plus intéressant lorsque Langdon lui-même, contredit la thèse même du livre, page 556. « Toutes les religions sont fondées sur des thèses fabriquées (…) et elles aident des millions de personnes à vivre ». Dans ce cas, où est le problème ?

Même retournement final avec Silas, le tueur de l’Opus Dei, montré sous les traits d’un tueur (albinos aux yeux rouges, et aux cheveux blancs, le monstre !) qui s’humanise vers la fin, tout comme son commanditaire. A la fin du livre, on comprend même que la base de cette quête n’avait pas de sens, puisque les supposés sénéchaux irremplaçables du Prieuré sont en fait déjà remplacés (24h après !)

Nous voilà donc face à un mystère, un vrai. Ces best-sellers sont très souvent mal faits, peu précis historiquement parlant, mais peuvent tenir la route côté scénario. Là, c’est clairement invraisemblable.

Il y a donc matière à creuser. Pourquoi un tel acharnement contre l’église catholique, d’abord ? En fait, c’est une vieille tradition US. Les catholiques, aux Etats Unis, c’est les italiens, les mexicains, les irlandais, bref, la racaille ! Le cinéma s’est souvent payé l’église catholique (Peur Primale sur les prêtres pédophiles, Le Parrain III sur l’Opus Dei,…)

Dan Brown vient de ce background là : prof, et fils de prof dans un collège épiscopal (protestant). Dan Brown chantait dans la chorale, assistait à l’école du dimanche et passait les étés dans un camp religieux. Des comptes à régler, peut-être avec le camp d’en face. Surtout que son autre roman, Anges & Démons, tape aussi sur le Vatican.

Ensuite, Da Vinci Code vogue sur les flots enchanteurs des théoriciens du complot. Ainsi, dans le chapitre 82, il fait dire au personnage de Langdon que le Nouveau Testament est basé sur des mensonges. Il prétend ensuite que l’église catholique lutte contre un concept vague, le féminin sacré (une thèse défendue par des féministes new age dans les années 70, dont l’une d’elles est la femme de Baigent, l’un des auteurs de l’Enigme Sacrée). En clair, l’Eglise Catholique complote contre les femmes, pour les écarter du pouvoir. Lectorat féminin assuré !

On nous cache tout, on nous dit rien ! L’Amérique aime ça (X-Files, Complots), et nous aussi, peut-être avec un peu de second degré…

Il est intéressant également de remarquer que le film de Ron Howard est bien moins outrancier sur ces sujets. Produit par Brian Grazer, monsieur 24 Heures, on aurait pu craindre le pire, mais non, le film se cale sur l’intrigue, et ca passe beaucoup mieux en 2h qu’en 600 pages…

En bref, féminisme new age, théorie du complot, catholic bashing, les 3 ingrédients de la recette Da Vinci Code ? Avec sûrement une pincée d’un autre ingrédient : notre incroyable et irrésistible besoin de rêver…




samedi 28 juin 2008


Noir et blanc ou couleur ?
posté par Professor Ludovico

Hollywood le sait bien : on filme le présent en couleurs, et le passé en noir et blanc. C’est pourquoi il fallait absolument aller voir l’exposition « Des Parisiens sous l’Occupation » ou jeter un œil sur le livre tiré de l’exposition. Passons sur le « scandale » la querelle byzantine dont le PS a définitivement le secret de fabrication, et particulièrement la Mairie de Paris : oui, André Zucca était salarié à Signal, revue de propagande nazie, (c’est pour ça qu’il avait accès à la fameuse pellicule Agfacolor). Non, voir cette expo ne fait pas de nous des collabos. Car l’expo, comme le livre, dessillent l’œil.

Pour notre génération, si la seconde guerre mondiale s’écrit en couleurs dans notre imaginaire hollywoodien (Les Canons de Navarronne, Il Faut Sauver le Soldat Ryan), notre mémoire « réelle », officielle, est en noir et blanc. Un noir et blanc qui crée une distance artificielle ; cette histoire n’est pas la nôtre, c’est au mieux l’histoire de nos grands parents. En tout cas, c’est le passé.

Les photos d’André Zucca viennent balayer tout ça. Le passage à la couleur est un formidable travelling sur un décor de rêve : Paris, 1940. Et la couleur créé soudain ce miracle d’identification : le Paris de 1940 est (presque) le même Paris de 2008 ! Mêmes rues, mêmes lampadaires, même Métro. Et surtout : mêmes parisiens ! Des enfants qui jouent, des jeunes qui draguent, et mêmes des soldats allemands soudainement moins terrifiants qu’en noir et blanc.

Un lien se fait avec le présent : ces vélos-taxis qui envahissent Paris à cause du rationnement font écho au Vélib’ et au rationnement -invisible, réduit, mais réel- de l’essence aujourd’hui…

Et ce garçon qui sourit en mettant son bateau à l’eau aux Tuileries, c’est votre grand père, et c’est aussi vous à 11 ans. Cette jeune femme élégante qui se fait draguer à Saint Michel, c’est votre grand-mère. Ce bébé dans le landau aux halles, c’est maman.

Zucca exprime effectivement l’insoutenable : entre 1940 et 1944, les parisiens ont continué de vivre presque normalement ! malgré les persécutions antijuives, malgré la guerre, malgré les privations, ils sont allé au cinéma, au théâtre, aux courses. Les femmes se sont faites belles, les hommes se sont habillés comme Albert Préjean, et ils ont bu ensemble des cafés en terrasse ! Quelle révélation ! Ils n’ont pas tous résisté, l’arme au poing, contre l’envahisseur nazi !

Merci à cette exposition de remettre un peu d’ordre dans nos mémoires, et un peu de modestie dans notre réécriture de notre histoire nationale…

Bibliothèque historique de la Ville de Paris
22, rue Malher (4e), jusqu’au 30 juin

Les Parisiens sous l’occupation, photographies en couleurs D’andré Zucca
préface de Jean-Pierre Azéma
Gallimard




mercredi 18 juin 2008


Gimme Shelter
posté par Professor Ludovico

Bien sûr, vous avez le choix : à peu près à la même heure, il y a Le Soldat Rose sur France 2. Mais à votre place, je ne raterai sous aucun prétexte Gimme Shelter, le documentaire des frères Maysles sur la gigantesque tournée des Rolling Stones aux USA, en cette belle année de 1969. Une tournée qui finira dans le sang, avec le meurtre d’un spectateur lors du concert d’Altamont.

Deux bonnes raisons de voir ce film : les Stones en majesté, à l’apogée de leur talent : ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont doués, ils ne feront jamais mieux.

Ensuite, on ne fait plus (et on ne fera plus jamais ?) des documentaires comme ça. Les frères Maysles filment ce qu’ils veulent, et les Stones ne contrôlent rien. On suivra avec intérêt les conversations de Jagger businessman, discutant les conditions d’Altamont, et, cruel contraste, son visage ravagé par la peur dans la nuit d’Altamont quand il comprend que quelque chose de terrible vient d’arriver.

Samedi 21 juin sur Arte, à 23h10




lundi 16 juin 2008


Phénomènes
posté par Professor Ludovico

Qu’est-il arrivé à M. Night Shyamalan ? Où est passé le nouveau Spielberg (Le Sixième Sens, Le Village, Incassable, Signes) ?

Phénomènes est – ne perdons pas notre salive – l’un des films les plus ridicules qu’il m’ait été donnés de voir, au moins récemment. Mal écrit, mal joué, Phénomènes est un incroyable gâchis.

Car le sujet, lui, est bon : dans New York qui s’éveille au petit matin, des habitants se suicident de manière inexpliquée. Attentat terroriste ? Accident nucléaire ? Virus ? Shyamalan va répondre à cette question, de la manière la plus ridicule qui soit.

Dès le début, ça cloche. Mark Wahlberg joue mal. Oui, vous avez bien lu, l’acteur époustouflant chez Scorcese, P.T. Anderson, et James Gray, joue mal. Il a l’air absent, comme le reste du cast, comme à l’évidence le scénariste-producteur-réalisateur M. Night Shyamalan.

Les scènes les plus improbables s’enchaînent (celle ou Wahlberg communique avec une plante en plastique restera dans les annales), scènes volontairement comiques puis scènes involontairement comiques.

Petit à petit, la salle se lâche, et éclate en fous-rires nerveux, tandis qu’a l’écran, on se pend, on se jette dans le vide, ou on passe sous le motoculteur.

M. Night Shyamalan avait une belle fable écologique à se mettre sous la dent, et il bousille la tarte aux fraises alors qu’il a acheté la meilleure farine, les meilleurs fruits, et que sa grand-mère lui a préparé sa fameuse crème au beurre.

Dans vingt ou trente ans, les historiens du cinéma nous expliqueront les raisons de la mauvaise passe du wonderboy Shyamalan : dépit amoureux ? Attaque cérébrale indétectable ? Producteurs coincés dans un embouteillage ? Jusque là, le mystère restera entier…

Un seul indice, peut-être : Shyamalan se réserve dans chacun de ses films un petit cameo, une apparition à la Hitchcock. Ici, il s’est écrit un rôle invisible : celui de l’amant de la femme de Mark Wahlberg, éconduit par celle-ci dès les premières minutes du film. Tout un symbole ?




dimanche 15 juin 2008


Sex and The City
posté par Professor Ludovico

Pas facile d’adapter une série au cinéma ; tout est différent ! Format de l’image (cinemascope vs 4 :3), focales (plutôt zoom et gros plan que plans larges), durée (26’ au lieu de 120’), et des saisons qui durent un an et permettent de déployer toute une palette d’intrigues et de personnages secondaires…

Adaptation, trahison : c’est si complexe que presque tout le monde s’est cassé les dents sur l’équation (un X-Files* trop alambiqué, un Avengers ridicule, un Mission Impossible sacrilège, un Mystères de l’Ouest too much, etc.) ; la liste est longue. Seuls Starsky et Hutch et les Star Trek ont trouvé grace à mes yeux, car ils avaient trouvé le bon ton et la nostalgie qui allait avec.

Fan de Sex and The City, je m’y suis donc pris deux fois avant d’aller jeter un coup d’œil. Et à vrai dire, je ne fus pas déçu. Mission impossible accomplie. Sex and The City (le film), n’est pas le chef d’œuvre télévisuel qu’est Sex and The City (la série), mais un très agréable add-on.

Les comédiennes sont toujours aussi bonnes (dans tous les sens du terme), les dialogues ont toujours la langue aussi pendue, et l’intrigue, longue comme cinq épisodes (2h30), tient la route…

Ce qui fait toujours la force de Sex and The City, c’est la subtilité dans le scénario, qui souvent suggère plutôt qu’appuyer à coup de dialogues convenus… (Desperate Housewives, suivez mon regard !*). Hautement recommandable donc.

*On ira voir le deuxième sans barguigner, néanmoins, dès le 30 juillet…

**Reprenons la comparaison avec Desperate Housewives : même décor (4 copines qui affrontent les petits soucis de la vie), même qualité télévisuelle (forts bien écrits, forts bien joués), mais résultat critique à l’opposé. Là où Desperate Housewives brode, avec une misogynie rare, autour des pires clichés sur les femmes (la salope, la mère de famille, l’étourdie, la coincée), Sex and The City dresse un portrait juste et chaleureux sur les mêmes clichés (l’obsédée, l’executive woman, l’amoureuse, la chic fille coincée)…




dimanche 1 juin 2008


Indiana Jones et le Canard de cristal
posté par Professor Ludovico

25 ans après, le Canard Enchaîné se trompe toujours. En 1984, l’hebdomadaire démolissait Indiana Jones et le Temple Maudit (et encensait Rambo II dans la même page), il démolit aujourd’hui Indiana Jones et le Royaume des Crânes de Cristal.

Ce n’est pas tant que ce film mineur ne le mérite pas un peu, mais le Canard, comme d’habitude, se trompe de cible ; il attaque la meilleure scène du film, à savoir la zone 51, l’accusant d’antisoviétisme primaire et d’apologie de l’arme nucléaire.

C’est n’avoir rien compris au sens du film, à l’esprit de la saga, et à la signification de la scène en question.




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