[ Les films ]



samedi 13 février 2010


Avatar : le scénar…
posté par FrameKeeper

Bon alors tout le monde est d’accord:
– « Avatar ? ouais bien sur.. pas mal l’utilisation de la 3D (quand ça marche et que ça ne donne pas la gerbe) mais franchement le scénar… il ne s’est pas foulé… un pâle resucé de « Danse avec les loups » mâtiné de « Princesse Mononoké », pour couvrir la large palette des références plus au moins avantageuses avancées par chacun…
– Objection votre honneur… Déjà mon client n’est pas connu pour être un manchot du scénar… Il a tout de même réussi à conduire la suite d’un film qui pouvait difficilement en comporter une (Alien 2, certes pas dans la finesse mais il l’a fait) et à nous captiver avec une histoire dont tout le monde connaissait la fin (Titanic oeuf corse)
– Objection retenue … poursuivez…
1. Quelque soit le fond de l’histoire, le scénar fonctionne sur un plan dramatique… A trois reprises au moins, on se demande tout de même comment Tuluk va faire pour continuer à utiliser son avatar alors qu’il est littéralement pieds et poings liés à l’institution militaire… le tâcheron de base aurait opté pour une solution métaphysique genre duracell.. on le débranche mais victoire de l’esprit sur la matière il marche encore… et bien non…. astuce ô combien ssiouxe pour le coup, après nous avoir vendu en douce a) une base décentralisée, b) une zone de perturbation magnétique, tac a+b= déplacement de la base en zone indétectable mais qui sera quand même détectée pour le combat final… d’un stric point de vue tauromachique… le tour de passe passe est irréprochable…. c’est du cousu main… CAMERON est définitivement le roi du « scénario qui arrive à nous tenir en haleine alors qu’on connait déjà la fin… (bis repetita placent) »
2. « Oui mais sur le fond quand même il ne s’est pas foulé.. c’est toujours les gentils indiens qui gagnent contre les méchants cow-boys, franchement ça soûle… j’ai passé l’âge » … l’âge de quoi ? De ne plus croire aveuglément aux préceptes nietzschéens qui décodent partout des logiques de ressentiment ? Bonsoir vous voulez quoi ? Des films scénarisés par Claude Allègre où les méchants colonisateurs/pollueurs gagnent toujours à la fin et sont super contents d’avoir fait du bon boulot ? Et bien n’allez pas au cinéma … restez devant le 20 h … mais la vraie vie ce n’est pas exactement ça non plus… oui les colonisateurs gagnent … et puis après ils perdent …. et puis après ils culpabilisent…. et puis après ils en ont marre de culpabiliser … et puis après quand même c’est pas bien ce qu’ils ont fait… ah c’est compliqué la vie… au cinéma c’est un peu simple c’est vrai… encore que…
3. Saint CAMERON expulse les démons colonisateurs/pollueurs des USA du haut de la montagne sacrée d’Hollywood et ça mine de rien c’est déjà bien… Tout le monde ne peut pas en dire autant.. On attend toujours que GAUMONT file 400 M d’€ à un quinqua de la FEMIS pour qu’il nous fasse un truc qui déchire sur le massacre de la Saint Barthelemy, Waterloo morne plaine ou les ratonades de PAPON… pas pour demain et il vaut d’ailleurs peut-être mieux s’en réjouir… Mais si CAMERON expulse… le fait-il par Dieu ou par Satan, grand Patron d’Holywood nonobstant ? Car s’il le fait par Satan, son royaume est divisé contre lui-même et ne saurait se maintenir.. oui je sais ça date un peu mais a priori ça marche toujours… Que nous vend CAMERON en lieu et place de notre formidable technologie présente et à venir ? Un peu moins idéaliste que Kevin COSTNER, il se doute bien que nous fourguer des yourtes en résidence secondaire avec soupe au tofu comme repas de fête.. ça va pas le faire … Alors il invente… la réalité augmentée par modification génétique… Plantes allogènes à déclanchement tactile… papillons allucinogènes… moto/cheval/centaure à connexion capillaires… et must du must, le pérodactyle/rafale/mangousta monoplace à émission de CO² controlée…
Effectivement, une fois qu’on a tout ça… avec en plus un arbre d’amour qui dispense d’aller à la messe et de consulter des voyants, la civilisation nord-américaine n’a plus rien à vous apporter… Mais c’est un peu prendre le problème à l’envers… la technologie s’est développée sur la tentation de surhumanité chère aux nietzschéens qui aujourd’hui voudraient nous faire croire que tout cela est d’un vulgaire….

Bon donc CAMERON n’est pas si innocent qu’une vision rapide de son film pourrait le laisser croire… il sait comment plaire et tant pis pour les contradictions de fond.. qui les verra ? Et de fait il a réussi son coup.. il restera dans l’histoire du cinéma comme celui qui a fait successivement les deux films les plus chers et les plus vus … un peu comme si ZIDANE avait encore marqué de la tête contre l’Italie… satané BUFFONE.. oui je sais je me fais du mal… le cinéma c’est mieux que la vie… Biz




jeudi 11 février 2010


A Serious Man
posté par Professor Ludovico

Les frères Coen sont de grands cinéastes, et des artistes aussi. Ce qui veut dire qu’ils sont ambitieux, tentent beaucoup et échouent, parfois.

Pas le cas ici d’A Serious Man, même s’il faut attendre la dernière minute pour en avoir la confirmation. Car pendant tout le film, comme très souvent chez les frangins, on navigue entre deux eaux : on rit, sans être bien sûr de voir où l’on veut nous emmener.

Ainsi cette ouverture folklorique au shtetl ukrainien, qu’on sera bien en peine plus tard de relier au reste de l’histoire, trois cent ans plus tard, au fin fond du midwest.

Car pour la première fois, les frères parlent d’eux mêmes : leur jeunesse dans les années 70, dans la suburbia de Minneapolis. Une enfance juive, avec des goys menaçants comme voisins, une mère qui veut divorcer religieusement, un père qui n’en peut mais, une voisine chaudasse, un oncle envahissant, et une sœur au bord de l’hystérie. Seule source d’évasion : le transistor qui transmet à travers l’éther la voix sexuelle de Grace Slick : « Don’t you need somebody to love? » Sûrement.

Sur cette base finalement assez classique, les Coen font merveille : personnages sculptés avec minutie sur des acteurs qui se régalent, sens inouï du rythme, du contre-temps, montée en puissance graduelle… tout cela au service de l’explosion finale, dans les limbes d’une non-fin – spécialité coenienne s’il en est – mais ici réussie.

Ce ne sera peut être pas le film le plus drôle de l’année, mais, en CineFasterie, c’est ce qu’on appelle un film sérieux.




mardi 9 février 2010


Agora
posté par Professor Ludovico

Agora, c’est la preuve – en creux – que Hollywood n’est pas cette machine implacable à broyer du scénariste.

Qui peut croire, en effet, qu’un type comme Alejandro Amenábar arrive à décrocher 73M$ pour faire un film avec le pitch suivant : « C’est l’histoire d’Hypathie, une astronome égyptienne du Vème siècle, qui cherche à prouver que la terre tourne autour du soleil. Pendant ce temps, des fanatiques religieux de la petite secte qui monte (les Chrétiens) veulent interdire les cultes païens (égyptiens, juifs, grecs), et détruire la Bibliothèque d’Alexandrie. Il me faudra des effets spéciaux, pleins de figurants, et quelques stars, ça serait pas mal… »

Qu’il ait réussi à passer entre les mailles du filet de la production : il y a quelque chose de pourri au royaume de Spielberg…

Après dix minutes où ça pique les yeux, on finit par s’habiter en se disant qu’il y a forcément une couille dans le potage, et que ça va forcément dégénérer. Mais non, au contraire, ça s’améliore ! Pas un, mais deux cours de géométrie (façon C’est pas Sorcier, sauf que Rachel Weisz est nettement plus mettable que Jamy Gourmaud), et même pas une happy end.

Il y a quand même quelques bémols ; le film est parfois un peu sec, plus absorbé par sa pédagogie que par ses personnages… Un peu Hollywoodien aussi dans sa forme (les gentils chrétiens sont joués par des acteurs US, les méchants fanatiques chrétiens par des… Arabes !)

On pourra aussi trouver le film outrageusement anti-chrétien*, et plutôt généreux avec les juifs et les romains… Mais a) la destruction de la bibliothèque par l’intégrisme religieux chrétien est une hypothèse historique et b) Amenábar est suffisamment malin pour équilibrer en permanence son propos : les chrétiens sont fanatiques, mais certains sont sympas, d’autres sincères, et en tous cas, ce fanatisme est le fruit d’une grande misère. Les nobles ont des esclaves, mais certains les traitent bien. Les romains sont prétentieux, mais ils montreront leurs failles. Il est juste dommage qu’Amenábar ne nous fasse pas aimer ses personnages…

Sinon, le film est stupéfiant d’ambition : l’exposé sur le débat géocentrisme/héliocentrisme, et surtout le message sur le fanatisme religieux qui détruit tout (la société, la science, la pensée, mais aussi l’âme même des personnages…) La religion peut apaiser les douleurs de l’âme, mais elle peut aussi les attiser. Le spectateur suit avec fascination les parcours inversés de l’étudiant devenu chrétien par ambition, et celui de l’esclave, chrétien par révolte… L’un sera puni de ses hésitations, l’autre reviendra à la forme la plus tragique qui soit de la charité…

* Au passage, un privilège que seuls les réalisateurs « chrétiens » peuvent se permettre…




dimanche 7 février 2010


Gainsbourg (vie héroïque)
posté par Professor Ludovico

Malédiction du biopic, loi du marketing : Gainsbourg (vie héroïque) est un échec artistique et une réussite commerciale (600 000 entrées en première semaine).

Le biopic, ça marche à la nostalgie : chacun son Gainsbourg (moi, c’est le Gainsbarre de mes vingt ans, Lemon Incest et Casino de Paris). On va voir un biopic parce qu’on veut revoir ce petit bout de nos vies : ah c’est vrai, les filles dansaient comme ça en 85, elles étaient habillées comme ça en 85…

Mais un film, c’est pas un scrapbook, c’est pas du collage, c’est une histoire. Ici, évidemment, il n’y en a pas, même si Joann Sfar essaie pathétiquement de jouer à Brazil ou à Tim Burton. C’est toute la tragédie du cinéma français d’aujourd’hui : beaucoup de débutants propulsés à la réalisation d’un premier film à gros budget, sans avoir essuyé leurs fesses sur un « petit » premier film ou des courts métrages.

C’est le cas de Joann Sfar, dessinateur talentueux, mais cinéaste à l’évidence novice : il ne sait pas raconter une histoire, il ne sait pas où commencer une scène ni comment la finir. Heureusement, il y a une équipe avec lui : chef déco, chef op’ aux petits oignons, bons comédiens qui excellent dans leurs imitations de Bardot, Birkin, Bambou, et Gainsbourg.

Oui, bien sûr, Elmosnino est extraordinaire, mais on ne va pas voir UN acteur, on va voir un film. Le cinéma est un art collectif, un sport d’équipe, ce n’est pas un numéro de cirque. On ne va pas voir Tannhäuser pour entendre Placido Domingo, si l’orchestre joue faux et le chef d’orchestre est à contretemps.

Gainsbourg (vie héroïque) se contente donc d’enfiler les scènes, sans avoir de propos particulier. Madame La Professore, qui, elle, a bien aimé, tentait de mettre en joue ma mauvaise foi en me sommant de trouver un biopic à mon goût. C’est vrai qu’il y en a peu, et que, systématiquement, ils bottent en touche : Control (sur Ian Curtis), parce qu’il a un propos (« Peut-on mourir d’amour aujourd’hui ? »), 24 Hour Party People, qui évite de parler des célébrités rock de Manchester, pour parler du mentor, Primary Colors, qui fait la même chose, et laisse Bill Clinton en toile de fond pour s’intéresser au jeune militant et questionner subséquemment l’engagement (et la fin de l’innocence) en politique et puis évidemment Velvet Goldmine, la référence, qui parle de Bowie en ne collant jamais à la réalité, mais au contraire, en racontant le conte de fées le plus bowiesque qui soit. On pourra rajouter le maître du biopic, Oliver Stone, qui croqua avec talent trois présidents (JFK, Nixon, W.) en s’affranchissant sans problème de la réalité.

Mais Madame la Professore avait plus d’un tour dans son sac. Tout de go, elle me demanda mon avis sur le Cléopâtre de Mankiewicz. Je bafouillais une réponse et me mis à débarrasser la table…




samedi 30 janvier 2010


Le Livre d’Eli
posté par Professor Ludovico

C’est énooorme !! Seul Fabrice Luchini pourrait chroniquer le nanard métaphysique de Denzel Washington, tant celui-ci défie l’analyse cinefastographique.

Au premier abord, et dès les premiers plans (on dit ça mais on les a pas vu, les premiers plans, occupés que le Conseil d’Administration de CineFast était à finir son chawarma chez Diwan).

Dès les premiers plans, disais-je, on sait qu’on est dans la TGCA, pas la GCA, non, mais la TRÈS grosse connerie americaine. Quand on voit qu’après l’Apocalypse, Denzel prend soin de ses aisselles avec des lingettes Kentucky Fried Chicken, on sait que a) on n’est pas dans La Route, b) on va pas s’ennuyer.

Car si les frères Hughes tentent de faire leur Mad Max 2, on est très loin du compte, tant les perles vont être enfilées sans vergogne. On aura droit ainsi à des combats à l’ancienne (Denzel, entouré de méchants, se fait attaquer par chacun d’entre eux, l’un après l’autre, comme dans un vieux Banco à Bangkok pour OSS117…

Puis il y a des scènes de viol sans le moindre bout de nichon (Denzel arrive à temps), des scènes de bar western brillant par leur originalité (« Qu’est-ce que tu fais là, E-TRAN-GER ? Je ne cherche pas d’embrouille, l’ami, mais si tu me cherches, tu va trouver DENZEL !!! » etc., etc.) Sans parler du méchant, brillant, faussement-gentil-au-debut-mais-dont-on-sent-qu’il-peut-se-reveler-rapidement-tres-cruel, interprété – incroyable mais vrai – par Gary Oldman !

A ce stade-là du nanar, 2012 est enfoncé, obligé de jouer les barrages pour espérer participer au Razzie Awards.

Mais pourtant, et sans aller jusqu’à dire que ça sauve le film, le dernier « chef d’œuvre » des frères Hughes bénéficie d’une intrigue de fond hallucinante.

Pitchons : Eli se promène aux USA après l’Apocalypse, chargé d’un mystérieux livre (la Bible, Mais il faut pas le dire!). Il s’est auto-investi d’une mission : « emmener ce livre à l’Ouest », car il a eu une vision. Bon, OK.

Gary Oldman cherche aussi cette Bible, car avec elle, il aurait le pouvoir de manipuler les masses et de gouverner le monde ! S’ensuit un débat surréaliste sur le rôle des Ecritures : instrument d’oppression ou chemin de vie ?

Le film déroule alors en arrière plan moult paraboles bibliques : Marie-Madeleine, Lazare, Jésus (« Je te l’avais dit, ce n’est qu’un homme ! »), le tout agrémenté de poursuites en voitures, d’explosions, de fusillades, de bastons diverses et variées.

Le Framekeeper – au bord de l’orgasme pendant tout le film – vous expliquerait bien mieux que moi que l’Amérique, figée dans l’Ancien Testament, ne voit aucun conflit entre religion et usage illimité de la violence (œil pour œil, dent pour dent) D’ailleurs, Denzel ne cite jamais le Nouveau Testament. Pas de risque de s’aimer les uns les autres…

De là à déduire que Le Livre d’Eli, c’est avant tout l’œuvre de Denzel, il n’y a qu’un pas : Washington étant l’un des gros bigots d’Hollywood, il refuse systématiquement les scènes un peu hot. Il refuse d’ailleurs de faire un carton sur la prostituée du Livre d’Eli, tout comme il aidait très chastement la victime de Déjà Vu, pourtant assez bonnasse.

Pour notre part, nous préférons le Denzel de USS Alabama ou de Remember the Titans.

Nous ne saurions trop vous engager à dépenser une part conséquente de votre budget cinéma pour aller voir Eli, mais quand comme ça passera tôt ou tard sur Kto TV, ça sera à ne rater sous aucun prétexte. Penser tout de même à la bière et au Pop-Corn.




dimanche 24 janvier 2010


TopTen 2009
posté par Professor Ludovico

Dimanche dernier c’était TopTen, c’est-à-dire le meilleur, selon nous, de l’an de grâce 2009. Nous, c’est à dire une communauté de cinéphiles – non CineFasters – qui se réunit en janvier pour conclure la campagne 2009. Chacun élit son Topten, on ajoute les points et on obtient LE TopTen.

Mais, tout d’abord, celui du Professore :

Après quelques hésitations entre le premier et le deuxième, j’ai tranché pour Un Prophète comme meilleur film de l’année. C’est à l’évidence un très grand film, mais surtout, il devrait durer, ce qui ne sera peut-être pas le cas de Loin De La Terre Brûlée, un film dont je garde pourtant un souvenir très fort.

Vient ensuite Marching Band, le documentaire très émouvant de Claude Miller sur la nouvelle Amérique d’Obama, puis District 9, un grand film « de genre », mais dont on dira un jour que c’était « le premier Neill Blomkamp ».

Very Bad Trip fait un beau cinquième, sûrement la plus belle surprise Hollywoodienne de année. Esther, Meurtres à la Saint Valentin, sont deux must cinefastiens de l’année : films de genre réussis, ou très drôles dans leur genre.

La grande surprise, le scoop énorme, c’est sûrement la présence – pour la première fois – d’un Woody Allen dans le TopTen du Professore* : Whatever Works, c’est vrai, ça le fait ! (et peut-être la présence de mon héros, Larry David, roi de la méchanceté et co-créateur de Seinfeld)

Reste deux « aurait pu mieux faire cette année », avec des grosses machines qui révèlent plus le talent de leurs géniteurs que leurs propres qualités intrinsèques : Watchmen et Avatar.

Dans mon BottomFive, on notera que le grand gagnant est évidemment Good Morning England, l’escroquerie lacrymale annuelle de Working Title : c’est juré, on ne m’y reprendra plus.

Gran Torino est un deuxième moins évident (cf. classement final plus loin), mais c’est tout autant une escroquerie sémantique : sous des dehors antiracistes et autocritiques, Clint Eastwood refait le même film idiot et détestable de ses débuts. Silver City est un Bottom pour initiés : ceux qui ont aimé John Sayles ne peuvent qu’être consterné par son (ses) derniers opus.
Le reste du Bottom est plus classique : Anges & Démons est le film idiot et arrogant que seuls les américains savent faire, et Mutants est le film de zombies que les français ne savent pas faire…

Ce qui donne, au propre :

un prophete
loin de la terre brulée
marching band
district 9
very bad trip
esther
meurtres à la saint valentin
whatever works
watchmen
avatar

et le BottomFive :
good morning england
gran torino
silver city
anges & démons
mutants

Une fois les votes dûment enregistrés par huissier, le TopTen est devenu cela :

1. Good Morning England
2. Avatar
3. District 9
4. Slumdog Millionaire
5. Harvey Milk
6. Un prophète
7. Gran Torino
8. ex. ae. Welcome
9. ex. ae. Mademoiselle Chambon
10. Inglorious Bastards

Et voici le Bottom3 (pas de Bottom Faïve pour eux) :

Trésor
Public Ennemies
De l’autre côté du lit

En deux mots, je suis dans l’opposition (mais ce n’est pas ni la première ni la dernière fois, vous vous en doutez…)

*Woody A. a déjà eu à deux reprises les honneurs du BottomFive : Harry Dans Tous ses Etats et Le Sortilège du Scorpion de Jade.




dimanche 24 janvier 2010


Shoah
posté par Professor Ludovico

Shoah. Le film devenu nom commun. Que fait Shoah dans CineFast ? Et bien Shoah n’est pas seulement au panthéon du Professore Ludovico, Shoah n’est pas seulement son contenu, le documentaire le plus abouti à ce jour sur l’extermination des juifs, c’est aussi un très grand film.

La preuve l’autre soir, quand Arte rediffusa Shoah en deux parties de 5 heures. Car Shoah c’est ça, un film interminable mais qui vous accroche jusqu’au bout, quand la plupart des documentaires vous lâchent au bout de 90mn.

Claude Lanzman, par ailleurs plutôt détestable*, est un grand cinéaste. Il refuse les facilités habituelles du documentaire, et c’est peut-être pour ça que Shoah est un chef d’œuvre.

Quelques exemples : Lanzman ne coupe rien, il ne double pas les témoignages. Lanzman pose les questions en français, elles sont traduites en polonais, les réponse sont en polonais, traduites en français, et on a droit au quatre versions, en plan séquence. Résultat, pas de contestation possible : vous avez entendu le témoin, si vous voulez contester sa validité, vous pouvez traduire sa réponse. Imparable.

Ensuite, vous avez cet accès direct à la langue, aux accents, aux intonations, et c’est terrifiant. Les explications dans l’allemand gouailleux du Sergent SS, le polonais enjoué des enfants témoins devenus vieillards, l’allemand scandé, teinté de yiddish, du coiffeur de Tel Aviv, qui article parfaitement les mots de la mort : douches, fours, cadavres…

Ensuite, le refus du sensationnalisme est l’autre « marque de fabrique » de Shoah : pas d’images de propagande. Pas d’image de Nuremberg, pas d’images des armées britanniques ou US. Pas d’images nazies. Pas de photos, non plus, des morts du temps de leur vie, pas d’apitoiement. Au contraire, Lanzman filme aujourd’hui : pas les trains de la mort, mais les trains d’aujourd’hui… Pas les fosses pleines de cadavres, mais la plaine d’O?wi?cim aujourd’hui, avec, peut-être, au fond, la silhouette de Birkenau. Pas Treblinka, dont il ne reste rien, mais seulement un monument à Treblinka aujourd’hui (une horreur en pierre de 3 m de haut), dans un travelling terrifiant qui se termine sur l’interstice entre deux pierres, noir comme un trou sans fond.

Car Lanzman filme quelque chose d’impossible : le vide, le néant. Il n’y a plus rien des juifs d’Europe centrale. Comme le disait Primo Levi, dans les Naufragés et les Rescapés : « On ne peut pas raconter un naufrage, parce que ceux qui racontent, par définition, sont des rescapés. Ils n’ont pas participé au naufrage. »

Lanzman n’a que des rescapés à filmer, et très justement, le film respecte parfaitement ce propos.

*Claude Lanzman avait notamment « interdit » à Spielberg (au moment de la Liste Schindler) de filmer l’holocauste. Se prétendre l’ « unique dépositaire de la Shoah » est un des aspects les plus désagréables de Lanzman….




samedi 9 janvier 2010


10 ans de TopTen
posté par Professor Ludovico

Je l’ai déjà dit, mon ami Philippe a eu un jour la bonne idée d’organiser le TopTen: le Dimanche des Rois, on bouffe des galettes et des mandarines, on s’écharpe sur la saison cinématographique, et on élit les dix meilleurs films de l’année en éliminant les cinq pires, le fameux BottomFive.

Vous n’aurez pas la primeur de mon Topten 2009 – la cérémonie a lieu dans une semaine – mais vous trouverez ci-dessous celui de la décennie, qui amène quelques réflexions…

Tout d’abord, ce bilan n’est pas honteux : je n’ai pas l’impression d’avoir descendu (ou encensé) un film qui ne le méritait pas… Sauf peut être Gladiator, ou Stalingrad, qui peuvent sûrement sortir des douves où je les ai trop rapidement mis…

Ensuite, beaucoup plus de films français que je ne l’imaginais… Ce qui prouve, que sil y a beaucoup trop de médiocrité dans le cinéma français, il y a quand même des cinéastes : Desplechin, Audiard, Cantet…

Autre sujet d’étonnement : Les trios de tête du Top sont rarement des grosses machines, mais plutôt des films moyen budget : des films avec un cerveau (Le Pianiste, Traffic) mais en même temps, pas de petits films. Ma principale fierté étant sûrement qu’ils aient résisté à l’épreuve du temps…

Les voici :

TOPTEN 2000
Le 6ème Sens
O’ Brother Where Are Thou?
Magnolia
Virgin Suicides
Erin Brockovitch
Galaxy Quest
Nurse Betty
Au Nom d’Anna
Ressources Humaines
Révélations
BOTTOM FIVE
Baise Moi
Kippour
Donjons & Dragons
Gladiator
Mon Voisin le Tueur

TOPTEN 2001
Traffic
Panic
Le Plus Beau des Combats
Mulholland Drive
Seul au Monde
No Man’s Land
Tailor of Panama
The Pledge
Sous le Sable
A.I.
BOTTOM FIVE
Comme Chiens et Chats
Stalingrad
Ring
Le sortiège du Scorpion de Jade
Moulin Rouge

TOPTEN 2002
Le Pianiste
Vanilla Sky
Parle avec Elle
Donnie Darko
Embrassez qui Vous Voudrez
Le Voyage de Chihiro
Panic Room
Possession
L’Auberge Espagnole
Lantana
BOTTOM FIVE
Avalon
Blanche
Amen
Men in Black II
Ali G

TOPTEN 2003
Les Invasions Barbares
The Hours
24 hour Party People
Pirates des Caraïbes
La 25ème Heure
Chicago
Nos Enfants Chéris
Le Château dans le Ciel
Confessions d’un Homme Dangereux
Elephant
BOTTOM FIVE
Fusion
Frida
Love Actually
Fanfan
Ghosts of the Abyss

TOPTEN 2004
21 Grammes
Collateral
Le Dernier Samouraï
Le Roi Arthur
Leo, en jouant dans la Compagnie des Hommes
Supersize Me
Alien vs Predator
BOTTOM FIVE
Un Long Dimanche de Fiançailles
Le Jour d’Après
Jersey Girl (Père et Fille)
La ferme se rebelle
Garfield

TOPTEN 2005
Closer
Rencontres à Elisabethtown
Million Dollar Baby
La Vie Aquatique
Tout Est Illuminé
La Guerre Des Mondes
Garden State
Les Poupées Russes
King Kong
Captain Sky et Le Monde De Demain
BOTTOM FIVE
Batalla en el Cielo
Star Wars : La Revanche des Sith
Chicken Little
Les Noces Funèbres
Kiss Kiss Bang Bang

TOPTEN 2006Syriana
Les Infiltrés
Munich
Ne Le Dis à Personne
OSS 117
Les Bergman se Séparent
CRAZY
Vol 93
Borat
The Queen
BOTTOM FIVEArthur et Les Minimoys (ex ae)
Le Dahlia Noir
Les Brigades du Tigre
Cars
Miami vice

TOPTEN 2007
Control
L’incroyable Destin d’Harold Crick
Mon Frère est Fils Unique
Kings of the World
Zodiac
Transformers
Half Nelson
300
Raisons d’Etat
Apocalypto
BOTTOM FIVE
Lady Chatterley
L’Age des Ténèbres
Next
L’Illusioniste
Les Promesses de l’Ombre

TOPTEN 2008
Un Conte de Noël
Into The Wild
I Feel Good
Juno
Burn After Reading
Cloverfield
A Bord du Darjeeling Limited
Valse Avec Bachir
No Country For Old Men
There Will Be Blood
BOTTOM FIVE
Phénomènes
Indiana Jones et le Royaume des Crânes de Cristal
Voyage au centre de la Terre
Bienvenue Chez les Ch’tis
Il y a longtemps que Je t’Aime




samedi 9 janvier 2010


La fin du DVD ?
posté par Professor Ludovico

Une information transmise par notre honorable correspondant à Rome, Ludo F. : Pour la première fois depuis 2002, les revenus des films en salles ont dépassé les ventes de DVD et de Blu-ray aux Etats-Unis.

C’est le genre d’info qui plaît au Professore ; les chiffres ça ment pas (et en même temps, on peut leur faire dire ce qu’on veut).

Mais bon, c’est un tournant. La VOD, qui existe sous différentes formes depuis 1990, prend vraiment son essor. Plus facile, plus simple, en partie gratuite (Arte+7, Canal+ A La Demande), elle touche un plus grand nombre. Et punit aussi l’incroyable complexité des DVD (messages de pub + avertissement anti-piratage + menus de navigation soi-disant créatifs)

Surtout, elle poursuit le rêve de tout producteur, au sens économique : s’affranchir d’un réseau de distribution qui lui pique entre 30 et 60% de ses sous.

C’est donc vers ce modèle que tend le cinéma, avec le rêve de salles entièrement numériques approvisionnées par câble : plus besoin de distributeurs (qui font les copies de bobines et en gèrent leur rotation). C’est aussi le rêve du jeu vidéo (plus de CD à fabriquer, plus de réseau à rémunérer, et surtout, plus de marché de l’occasion !) C’est aussi le marché de la télé, qui perd ses audiences et ne sait plus trop où elles vont… La VOD reste un moyen de les retrouver, et de les faire payer, directement ou indirectement.

Pour le CineFaster, pas sur que ça change grand’ chose… Les catalogues seront toujours indexé sur les grosses machines récemment sorties en salle, et l’espoir d’une chaîne VOD spécialisée dans les John Hughes ou les films Warner des années 30 a peu de chances de se concrétiser. Mais bon, on ne boudera pas son plaisir de choisir, du fond de son lit comme un empereur romain, entre Batman Begins, et le Pilote de Lost




samedi 2 janvier 2010


Paranormal Activity
posté par Professor Ludovico

C’est le syndrome Blair Witch : on prend une caméra vidéo, et on fait un film en expliquant pourquoi c’est tourné en vidéo. Ça ne marchait pas dans Blair Witch (trop long, peu crédible), c’était incroyablement inventif dans Cloverfield, et ça marche plutôt pas mal dans Paranormal Activity..

Le pitch : un gentil petit couple (encore !) est ennuyé par des bruits dans leur nouvelle maison. Le mari achète une camera vidéo pour filmer leur nuits, « comme ça, on sera sûrs ! » le film commence donc à ce moment là… comme dans tous les films d’horreur, les failles du couple apparaissent au fur et à mesure, le mec est un gentil macho, il va le payer, la fille est une hystérie, bon c’est pas une surprise…

Pourquoi c’est bien, alors Paranormal Activity ? Eh bien parce que tout ça est fait plutôt en finesse, avec un sens du contretemps qui ne déparerait pas chez le Ridley Scott d’Alien… Tout ça a le bon goût de ne pas durer trop longtemps, et de terminer comme il faut, ce qui est parfait.




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