[ Les gens ]



mercredi 1 novembre 2006


MGM renonce à la production
posté par Professor Ludovico

Une nouvelle qui est passée quasi inaperçue la semaine dernière (dans Le Figaro Médias tout de même) mais qui, pourtant, est assez révélatrice. Harry Sloan, le PDG de MGM (aujourd’hui une mini-major, loin de ce qu’elle fut dans les années 50) a annoncé qu’elle ne produirait plus de blockbusters, ces grosses machines qui coûtent au moins 150M€ et qui doivent en rapporter le double. Au cours d’un séminaire avec ses cadres, il a décidé de recentrer la MGM sur son « métier de base », à savoir la distribution. Qu‘en termes choisis ces choses-là sont dites ! Il entérine tout simplement l’échec d’Hollywood en ce moment, faisant le constat que les films coûtent de plus en plus cher et tout simplement, trop chers : « Les grandes majors ne savent plus produire, leur modèle est mort. Depuis plusieurs années, elles sont dans une dérive des coûts mettant en péril leur rentabilité et menaçant leur équilibre économique. » Et que dans cette industrie de prototypes, un prototype de 150M€ qui se plante met en danger l’entreprise MGM.

Fort de ce constat, Harry Sloan préfère que la MGM distribue les films indépendants de la salle au DVD, en passant par la VOD, ce qu’elle sait faire. Les indépendants, eux, savent faire des films à l’ancienne (autour de 60M€, tout de même !), mais sans cachet de stars exorbitants, et surtout sans campagne promo à 50M€ !

PS En parlant de prototypes, et de séries, une autre info a retenu notre attention. TF1, qui ne veut plus diffuser de films le dimanche soir (pas sûrs de faire 30% de l’audience, alors qu’avec « Les Experts », on peut garantir une part de marché), diffusait hier soir Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours. Pourquoi ? Parce qu’on peut garantir sur trois soirées une part de marché équivalente…




mercredi 25 janvier 2006


Bon anniversaire !
posté par FrameKeeper

Pour en finir avec la Tonton-mania

10 ans déjà… 10 ans que le héros d’une aventure commencée le 10 mai 1981 n’est plus. Bon on va pas vous faire le coup de « Tonton reviens ils sont devenus fous » ni celui de « Ah Mittrand .. oui je me souviens.. l’attentat de l’observatoire … et l’envoi des premières troupes en Algérie » … Cinéfast n’est pas un blog politique et n’ambitionne pas de l’être.. A Dieu ne plaise.. Du Cinéma rien que du Cinéma mais tout le Cinéma.

Simplement, force est de constater que, par comparaison, au hasard, avec la révolution bolchévique, la période mittérandienne n’aura pas inspiré au 7ème art les mêmes chefs-d’oeuvres.. question d’époque surement…

Je m’en tiendrais à deux exemples, qui symboliquement et commodément ont immortalisé le début et la fin du règne… Etat d’âmes donc pour la génèse de l’épopée et Le promeneur du Champ de Mars pour le chant crépusculaire..

Etat d’âmes, pour ne rien vous cacher, je ne l’ai pas vu depuis un moment et ma mémoire peut me trahir… mais c’est déjà une scène d’anthologie: le départ de Giscard qui effectivement, malgré sa cruauté qui lui vaudrait surement aujourd’hui une interdiction au moins de 16 ans (à côté Irréversible c’est un peu « l’enfance de Candy »), vaut son pesant de Curly.. c’est aussi une présentation « choralistique » avant la lettre de toute une génération de jeunes premiers bien sous tous rapports… Cluzet, Deluc, Renucci, Karyo et JP Bacri.. nobody’s perfect..

Il faudra un jour que le Cinéma français reconnaisse sa responsabilité dans le massacre de tant de jeunes talents.. et que l’on dresse un monument à ces Xavier D., Mevil P. , J. Bonnaffé et autres Nicolas Duvauchelle… Tchéky.. t’as bien fait de te barrer… Bacri.. tu peux dire merci à ta gonzesse..

Quant au « promeneur », il vaut.. par la performance de Michel BOUQUET of course (à côté Raging Bull c’est un peu « Fantomas en Ecosse ») et puis par..

Bon on est pas là non plus pour dire que du mal et puis sincèrement, tout le monde peut se louper (enfin là c’est quand même chaque plan, chaque prise, chaque cadrage.. à ce point là.. même en faisant exprès .. c’était pas gagné.. même dans le Coeur des Hommes y’a un ou deux plans … enfin au moins un, si je me souviens bien y’a une vue du sacré coeur qu’est pas mal du tout.. )

Plutôt que d’être bêtement négatif à la Libé ou à la Le Monde, je vous propose une expérience de physique amusante…

Réunissez-vous entre bons potes.. un soir … essayez un peu d’équilibrer entre les tontons maniacs, les pas trop, les amoureux de Cartier Bresson, ceux de David Hamilton, servez un peu d’alcool .. et lancez l’un des deux DVD… commencez quand même par le « Promeneur ».

Logiquement, après 5 mn de politesse (ce film est quand même classé dans le top ten des lecteurs de Télérama), y’en a bien un qui va remarquer que le cadrage ferait vomir un assistant des Frères Dardenne .. un autre, qui par exemple en hommage à Jean Yann, est en train de relire tout Peguy dans la Pléiade, va bien pouffer en entendant Mittrand s’extasier sur cet auteur injustement banni de nos bibliothèques.. un troisième, versé dans l’actor studio, va bien remarquer que Jalil Lesperts a décidemment tous les talents et qu’il pourrait parfaitement jouer le mur dans le Songe d’une nuit d’été.. (y’a photo avec Nicolas D.) on n’y verrait que du feu..

A partir de là, ne faites plus rien… lâchez vous …. c’est parti pour 1h50 de rire absolu et si ça n’est pas assez, regardez le bonus.. l’interview vérité de Guédiguian, qui ferait un Jean Schultès tout à fait crédible, c’est que du bonheur.. pour vous dire.. nous on n’a pas tenu jusqu’à la fin.. trop dangereux.. on était au bord du malaise… et puis faire venir SOS médecin en banlieue à minuit…

Allez essayez.. vous nous remercierez plus tard..

Biz




samedi 23 juillet 2005


Scotty beamed up!
posté par Professor Ludovico

James Doohan est mort à 85 ans ! C’était le célèbre scotty de star trek ! Snif. Sorry for your loss… condoléances à la famille, et surtout à la femme (jeune, 28 ans)




jeudi 14 juillet 2005


Easy Riders, Raging Bulls pour les Nuls
posté par Professor Ludovico


Un livre de Peter Biskind (en français Le Nouvel Hollywood)
Un documentaire existe aussi en DVD

Considérant que cet ouvrage étant une œuvre majeure pour comprendre le cinéma et les cinéastes que nous aimons à Cinefast, je me propose d’en faire une synthèse rapide, qui vous permettra à la fois de ne pas le lire en français, où, pour des raisons juridiques, vous raterez les meilleures pages*, et quand même de briller en ville. Il est comme ça, le Professor Ludovico.


L’histoire

Peter Biskind, rédac’ chef du Premiere US, s’attache à retracer le cinéma hollywoodien des 70’s, d’Easy Rider à Raging Bull. Pour cela, il analyse la genèse des principaux films de cette période, tout en présentant leurs concepteurs : Easy Rider (Dennis Hooper ), Le Parrain (Coppola), Star Wars (Lucas), Les Dents de la Mer (Spielberg), Bonnie and Clyde (Arthur Penn) et bien d’autres acteurs de cette grand tragédie : Nicholson, Hal Asby, Robert Altman, Warren Betty, Peter Bogdanovitch, Brian de Palma, Martin Scorcese, Roman Polanski, Robert Evans, etc.


La thèse

A la fin des années 60, le cinéma hollywoodien est malade. Dirigé par des vieux en bout de course (Jack Warner, par exemple), il ne produit plus de film en adéquation avec son public. D’autant qu’à l’extérieur, la révolte gronde : émeutes raciales à Watts en 65, Mai 68, etc. Les jeunes réalisateurs, étouffés par les studios, n’en pincent que pour la Nouvelle Vague : Truffaut, Godard, qui réalisent des films géniaux avec trois francs six sous en utilisant caméras et matériels légers, en dehors de la structure des studios. Ils décident de faire de même, et Bonnie and Clyde est l’un de ces premiers projets. Les patrons des studios n’y comprennent rien, mais le film fait un carton. Les studios signent alors tout jeune réalisateur qui se présente : Dennis Hopper par exemple a beau être sous acide, se balader avec des flingues et avoir les chevaux longs, son film est produit et fait aussi un carton.

La jeune garde prend donc le contrôle de Hollywood et bouscule même la hierarchie inamovible des studios : la producteur n’est plus au centre, les pleins pouvoirs sont confié au réalisateur, seul maître à bord après dieu.

Deuxième révolution : les sujets. Elevés à l’école Corman, qui produisait des séries B à petit budget sur des araignées géantes ou des films de Hell’s Angels, la jeune garde fait du film d’exploitation destinées aux ados. Mais il le font maintenant avec budget et avec talent : American Graffiti, Les Dents De La Mer, Star Wars. Et ça marche : ces séries B deviennent les records d’entrées de tous les temps pour hollywood. Les Dents De La Mer, avec ces 100M$ de recettes sera désormais le standard de l’industrie.

Et puis vint la chute…

Car en faisant cela, les réalisateurs scellent leur propre perte. En 10 ans les studios apprennent, comprennent que leur public a changé, et se calent sur ces nouveaux standards. Avec les années 80, la jeune garde sera lessivé par les échecs (New York New York pour Scorcese, One From The Heart pour Coppola, Heaven’s Gate pour Cimino), par la drogue (Hashby, Scorcese), les femmes (Bogdanovitch, Polanski). Elle sera remplacée par des producteurs, signifiant ainsi symboliqument la défaite absolue de cette décennie. Les Bruckheimer, les Simpson, qui commenceront leur carrière au milieu des années 70, prendront le pouvoir dans les années 80 en appliquant les recettes mises en place par leurs aînés : public ado ciblé en priorité, gros moyens, scénario simplifiés et stéréotypés… mais c’est une autre histoire…

*en France si l’on écrit que Jack Nicholson se shootait toute la journée, on peut être attaqué pour diffamation, même si c’est vrai. Aux USA, on a droit de l’écrire au nom de la liberté d’expression, même si c’est faux.




jeudi 14 juillet 2005



posté par Professor Ludovico

C’est la plus sexy des bonnes sœurs que j’ai rencontrées…

Bob Dylan, à propos de Joan Baez (je ne sais toujours pas dans quel sens il faut lire ce compliment)




jeudi 14 juillet 2005



posté par Professor Ludovico

Il me disait que la chasteté était le meilleur moyen de garder son instrument en parfait état de marche. Moi, j’ai besoin que mon instrument soit accordé très régulièrement.

Mimi Leder, à propos des raisons de sa séparation avec Tom Cruise. Elle l’initia à la Scientologie (entre autres, visiblement)




jeudi 14 juillet 2005



posté par Professor Ludovico

J’ai eu du mal à accepter Coppola. Au début, j’ai cru que Francis était une erreur des services de sécurité de la Paramount.

John Milius, futur scénariste d’Apocalypse Now




jeudi 14 juillet 2005


Compétition mémorielle
posté par Professor Ludovico

La Liste Schindler, un film sur la shoah ??? Moi je dirais que c’est plutôt un film sur le succès, non ?

Kubrick, un peu jaloux de s’être fait doubler sur le sujet par son copain Spielberg




jeudi 14 juillet 2005


Hollywood Gossips
posté par Professor Ludovico

Une nouvelle rubrique pour noter, au fur et à mesure, les déclarations fracassantes des uns sur les autres. Rien de chabada bada là-dedans mais plutôt des vacheries en stock…

Sortez le fiel…




lundi 11 juillet 2005


Ken LOACH et sa morale à 30 cts d’euro
posté par FrameKeeper

Pour en finir avec Ken LOACH, il suffit de pitcher Raining Stones…

Bob est chômeur et nécessité faisant loi, vit d’expédients.
Mais il en vit mal: il n’arrive pas à voler des moutons, se fait arnaquer par l’évêché qui lui fait déboucher les égouts gratos, puis se fait virer d’une boite de nuit parce que lui, Bob, il leur dit merde aux dealers… Et il se fait même piquer sa camionnette, ah vraiment, il a pas de bol le Bob.

Et pourtant, il est catho le Bob ! Même qu’il va acheter la plus jolie aube pour la communion de sa fille. Ah mais ! Pauvreté n’est pas vice. Et sa fille sera la plus belle pour aller communier.. Même s’il doit s’endetter pour cela, il est comme cela Bob… Sauf que, pas de bol, sa dette de communion, il ne peut pas la rembourser et que, pas de bol décidemment, son usurier cède la dette à un méchant truand qui ne rigole pas avec les délais et que patatras, les méchants viennent tout casser chez lui pour qu’il rembourse.

Alors forcément, Bob se dit « c’est pas juste » et il va lui dire au grand méchant ce qu’il en pense de ses méthodes de voyou et que c’est pas bien que tous les pauvres du monde ne se donnent pas la main et que certains en profitent pour exploiter les plus pauvres… Mais le grand méchant, il a pas lu Marx, alors il s’énerve de pas avoir son pognon et Bob aussi parce qu’il l’a pas le pognon et pas de bol, Bob le tue ce fils de pute d’usurier…

Alors Bob, qui est vraiment un bon chrétien, il va voir le prêtre pour tout lui confesser avant de se rendre à la police. Mais le prêtre c’est vraiment un mec bien aussi, pas un pourri d’evêque pédophile et il lui dit à Bob:  » c’est pas juste, ce mec était vraiment une ordure, toi t’es un mec bien puisque t’es un pauvre chômeur honnête, y’a pas de raison, c’est pas normal, c’est pas juste alors tu rentres chez toi et tu fermes ta gueule ».

Alors Bob, il rentre chez lui mais la police, elle vient chez lui … les gentils seront décidemment toujours perdants ? Non, c’était une blague du scénariste, les policiers, y’venaient juste pour lui rendre sa camionnette qu’on lui avait piquée au début du film… Ah, un film qui finit bien de temps en temps, ça fait du bien !

Moralité 1: C’est vrai quoi, si les pauvres avaient le droit de buter un salaud de patron ou d’usurier de temps en temps et si les prêtres étaient un peu moins cons et acceptaient de les absoudre, (d’autant que souvent, c’est de leur faute aux riches et aux salauds si les pauvres sont dans la merde car sans la communion de la petite, Bob n’aurait tué personne), et bien le monde tournerait plus rond…

Moralité 2: les hommes n’ont pas toujours besoin de religion pour s’étriper et Land of freedom prouve qu’on y arrive très bien même entre copains. En revanche, on a toujours besoin d’une religion, quelle qu’elle soit, pour justifier son orgueil et ses crimes… Mais si in fine, il ne reste plus comme solution que d’accuser la religion d’être à l’origine du mal..

Moralité 3: je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que finalement, la culpabilité judéo-chrétienne, depuis le gardiennage de son frère jusqu’au soleil qui brille pour les bons et les méchants, ça n’a peut-être pas que des mauvais cotés…. mais bon ce que j’en dis..
Ken LOACH lui a eu un prix à Cannes et un hommâge ému de Télérama qui a salué sa délicatesse dans l’exposition de la scène de racket au domicile de Bob.. c’est vrai quoi n’importe quel cinéaste aurait cherché à exploiter la peur pour l’enfant… aurait montré les voyous frappant la mère devant la fille, ou l’inverse… Pas Ken, non il ne mange pas de ce pain là… mais son pain n’est pas pour autant nécessairement plus frais.. ni plus comestible…




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