[ Les gens ]



dimanche 25 mai 2008


Ma Vie Aquatique II
posté par Professor Ludovico

Ca y est, j’y suis allé ! Où ? Mais à Caaaannes, voyons !!! Par le plus grand des hasards, j’étais en déplacement à Nice mardi, et alors que j’espérais dîner d’un petit aïoli en terrasse, mon collègue nous proposa d’aller faire un saut à Cannes. A Cannes !!??? Haut lieu de la Palme des Alpes Maritimes ??? Après une longue introspection (27 sec.), j’acquiesçai.

Drôle d’effet que de visiter Cannes en plein festival, mais à l’heure creuse (entre 20h et 22h). La montée des marches est là, déserte, quelques badauds attendent, et les photographes font le pied de grue en espérant choper Brad Pitt à la sortie de la projection du dernier Eastwood. La Promenade des Anglais est devenue un passage piétons, et parait bien petite. Le plateau de Canal+ ressemble au radeau de la Méduse, abandonné les pieds dans l’eau. Aucune star en vue, of course. Elles sont sur les yachts titanesques que l’on voit mouiller dans la baie, et ne font leur apparition qu’à 19h30 pour parcourir 50 m en Velsatis, du Majestic au Palais des Festivals, encadrées par des men in black.

Tout à l’air plus petit, en fait. Sauf le marché du film, LE véritable enjeu de la quinzaine. J’ai récupéré un exemplaire du Film Français et j’ai compté : 224 films étaient projetés, et à vendre, ce seul jour-là, de 8h30 à 23h45. C’est ça, Cannes : de la série B, du court métrage, Disco et Aquele Querido Mes De Agosto, Shaolin Girl et Che. Des panneaux publicitaires partout, vantant des films à venir, voire des films qui ne sont même pas encore financés.

Mais pour être tout à fait franc, il y avait quand même un frisson : à vingt mètres de là, dans ce tout petit périmètre, il y avait Eastwood et Brad Pitt, Harvey Weinstein et son petit frère, Benicio del Toro et Alain Chabat, Natalie Portman et Scarlett Johansson, Despléchin et Amalric.




mercredi 14 mai 2008


La Palme des Alpes Maritimes (Ma Vie Aquatique)
posté par Professor Ludovico

Chaque année, à la même époque, c’est la même chose… Les gens qui me connaissent un peu viennent me demander, sourire en coin : « Alors, Cannes, tu suis ? T’as vu, Soderbergh, il a eu la palme… ! » Ils ne sont pas méchants, les gens, ils veulent partager un peu cette passion du cinéma… Mais ils me connaissent mal ! Car, sans vouloir les froisser, Cannes, les Cesars, les Oscars, tout ça n’a rien à voir avec l’art ou avec le cinéma. L’idée même de compétition n’a pas de sens.

Comment peut-on en effet « sélectionner » un film ? Prenons par exemple 1998, l’année de La Ligne Rouge, de Terrence Malick. Comment peut-on dire, cette année-là, que Sean Penn est meilleur qu’Adrian Brody ? Que Jim Caviezel est meilleur que Ben Chaplin ? Ils jouent tous dans le film, je précise, et c’est un chef d’œuvre ! Où serait, dans ce SEUL film (et on oublie les 1000 autres sortis en 1998 !!), quelque chose d’aussi stupide que le « Meilleur Second Rôle » de La Ligne Rouge ?

Non, en vérite, il n’y a que deux choix possible : le sien propre et celui du public dans son ensemble. Eyes Wide Shut ou Bienvenue Chez Les Chtis. Seuls ces deux choix sont respectables, parce que basés sur le seul véritable élan qui compte : celui du cœur. Pour le reste, la Palme, le César, l’Oscar, ne sont que des fêtes professionnelles, pas moins respectable que les Trophées des meilleures Sicav ou le Ballon d’Or de football : un moment où se réunit une profession, et où elle s’y congratule.




mercredi 14 mai 2008


Matrix, 37°2 Le Matin, même combat ?
posté par Professor Ludovico

Il est parfois utile de quitter le nid familial pour partir en déplacement professionnel, ou en vacances, et de s’arracher au doux cocon TV + Scope + Câble. On se jette alors dans des contrées qu’on croyait abandonnées : le réseau hertzien, ses rediffusions, sa VF, qui obligent le CineFaster à revenir sur ses films d’antan. Tiens, Matrix ! Regardons ça …

Disons-le tout de suite : je n’ai jamais aimé Matrix (mais je n’osais pas le dire trop fort à l’époque (10 ans déjà)… Dès le premier opus, je me suis senti complètement hors du coup : kung-fu, verbiage philosophico-religieux, courses-poursuites trop rapides pour moi.

C’est comme le rock, Matrix : c’est pas que c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux ! Et grâce à mon sens inné de la perspective historique, je me suis souvenu, que moi-même, aux alentours de mes vertes années, n’avais-je pas succombé aux mêmes égarements ? Dune, pour ne pas le nommer ? Qui n’a pas, comme moi, appris par cœur les répliques du plus mauvais Lynch : « L’Epice est le Ver, le Ver est l’épice ! » Qui n’a pas théorisé sur la « Force », ou « L’Empire » ? Qui n’a pas écouté en boucle la BO de Conan ou de Star Wars ?

Matrix, c’est évidemment le Star Wars d’aujourd’hui, le bouleversement sémantique du XXI° siècle, la fin des images ou – en tout cas – de leur signification réelle. Bien sûr, il y a de quoi théoriser quelques heures sur ces sujets*, mais quid du film ? La trilogie est mauvaise, imbittable, et vieillit très mal (ce qui est la cas de Dune, mais pas de Star Wars)… Pourquoi, par exemple, ces combats de kung-fu interminables ? Quelle est leur signification dans le scénario, alors qu’on est censés être dans le virtuel ? Que veulent dire ces ennuyeuses discussions socratiques entre Neo et l’Oracle ? Entre Neo et le Mérovingien ? Entre Neo et la Matrice ? On ne comprend rien ; il faut avoir aujourd’hui le courage de le dire !

En parallèle, j’ai revu 37°2. Même motif, même punition, et ce n’est pas glorieux pour les Wachowski ! Le film est compréhensible, lui, mais extrêmement ridicule… Le romantisme échevelé qui nous avait tant séduit à l’époque, le cinéma pubeux, esthétisant, superficiel, tout cela est PA-THE-TIQUE
aujourd’hui ! (Beineix, Annaud, Jeunet, tout ça c’est de notre faute, ne l’oublions jamais)… Et même Béatrice Dalle, dont nous étions tous tombés amoureux, qui n’a pas envie, aujourd’hui, de la gifler dans 37°2 !

En parlant de mérovingien, sommes-nous donc Clovis, abjuré de brûler ce que nous avons naguère adoré ? Nenni. Mais grâce au temps qui, comme on le dit si bien « fait son oeuvre », nous voilà sommés de faire le tri, entre glorioles passagères et chefs d’oeuvres gravés dans le granit.

* Un prof de philo, semble-t-il, s’y est attaqué avec talent : Olivier Pourriol, « Cinéphilo », chez Haute Tension… chronique à suivre, Framekeeper ?




dimanche 9 mars 2008


Le polar du mois
posté par Professor Ludovico

Il y a parfois plus passionnant que les films produits à Hollywood, c’est Hollywood elle-même. Malgré toutes ses transformations artistico-industrielles, Hollywood reste la même, c’est-à-dire la Babylone du stupre et du crime. De l’usine à rêves décrite par Cendrars, à l’Hollywood speedée des années 80, rien n’a changé. C’est ainsi que l’on découvre, dans Le Figaro de vendredi, la nouvelle affaire du mois, le procès d’Antony Pellicano.

Qui est ce ? Rien de moins que le détective privé favori des stars, inculpé de cent chefs d’accusation : corruption, écoutes illégales, intimidation, tout y est. Ses clients : le gratin d’Hollywood, Tom Cruise, Demi Moore, Michael Jackson. Les motifs : gagner son divorce (Tom Cruise), faire taire une ex enceinte (Chris Rock), négocier un arrangement avec un jeune victime (Michael Jackson) ; autant dire que tout le monde tremble : et si Tony se mettait à balancer. Il a juré le contraire…

En tout cas, matière à film, car Hollywood n’est jamais meilleure que quand elle se film elle même : Sunset Boulevard, The Player, Swimming with Sharks




jeudi 14 février 2008


R.I.P. Roy Scheider
posté par Professor Ludovico

Roy Scheider, c’est le genre de type dont on se rappelle toujours le visage, mais jamais le nom. Shérif dans Les Dents de la Mer, pilote d’hélico dans Tonnerre de Feu, il n’a pas laissé de souvenirs impérissables, et ce n’est pas une star hollywoodienne… Pourtant, il avait une gueule et c’était un sacré bon acteur. Il vient de mourir. Il faut donc, en sa mémoire revoir son chef d’œuvre, (et celui de Bob Fosse) : All That Jazz.




mercredi 23 janvier 2008


Heath Ledger est mort…
posté par Professor Ludovico

J’ai appris ça ce matin sur LCI… et ça m’a rendu triste. Pourtant je n’ai jamais vu de film avec lui, mais c’est le charme (au sens sortilège) des stars : on les aime, comme des membres de la famille.

Après un tour sur IMdB, je m’aperçois que je l’ai vu, de ci, de là au cinéma : I’m Not There, et A l’Ombre de la Haine… Bon, je vais me regarder Brokeback Mountain




lundi 7 janvier 2008


Pour en finir avec… George Lucas
posté par Professor Ludovico

Cette chronique traînait depuis longtemps dans un coin de mon cerveau, mais la sixième revoyure de Star Wars a finit par m’en convaincre : oui, il faut en finir avec George Lucas !

Débarrassons-nous tout de suite des indéniables qualités du garçon : oui, avec Star Wars, George Lucas a complètement modifié le business à Hollywood. Après Star Wars, l’usine à rêves n’aura jamais autant mérité son nom. Concrétisant un phénomène déjà lancé par les Dents de la Mer, Star Wars a changé à jamais le visage de cette industrie. Sur 3 plans :

    1/ Le public visé :

pour la première fois en dehors des dessins animés et autres « Coccinelle à Monte Carlo », on visait le public des enfants, qui allaient faire le triomphe de Star Wars, car avides de voir le film, mais surtout de le revoir, encore et encore.

    2/ le marketing des films :

dès le départ, George Lucas eu cette intuition géniale : le film étant hors budget, il renonça à une partie de son salaire, mais demanda à conserver les droits dérivés. On lui rit au nez, mais… la Fox accepta ! Sachez que depuis, notre George a gagné 9 milliards de dollars uniquement avec ça…

    3/ la façon de faire des films :

on ne compte plus les révolutions technologique que George Lucas a amené au travers de Star Wars : caméra pilotée par informatique, effets spéciaux, son THX, film numérique, George Lucas est le grand magicien, le Méliès de la fin du XX° Siècle.

Que lui reprocher alors ? Fan de science fiction, je ne le cache pas, j’ai mangé mon chapeau en voyant la première trilogie en 1977. Doublement. D’une part, de voir qu’une histoire aussi simpliste était portée à l’écran (le space opera n’est pas le genre le plus chic de la SF), mais aussi de comptabiliser les emprunts faits à droite et à gauche pour bâtir « son » univers : nombreux emprunts chez Dune, les Flash Gordon des années 30, etc.

Bien sûr, si Star Wars a eu et continue d’avoir le succès que l’on sait, c’est que si Lucas n’est pas un formidable créateur, c’est un grand synthétiseur d’histoires, qui sait nous jouer l’histoire éternelle qui habite tous les contes : le Parcours du Héros (avec ses épreuves, ses quêtes, sa nemesis), qui sous-tend les histoires de Siegfried à Beowulf, en passant par toute la mythologie grecque.

Non, là où George Lucas est minable, c’est en tant que scénariste et que metteur en scène. Il suffit pour ça de voir tout simplement la Trilogie. Le premier Star Wars, écrit, produit et réalisé par George Lucas, est tout simplement consternant. Les dialogues par exemple, avec les réplqiues de Luke, vantant à tout bout de champ tel ou tel vaisseau X-19 ou T-16, sont à gerber ; les personnages sont inexistants, ou ridicules. Heureusement, Han Solo vient apporter un peu d’air au bout d’une demi-heure.
Mais il suffit de passer à la suite, L’Empire Contre Attaque : pour constater la différence. George Lucas n’est plus qu’ Executive Producer, et c’est dejà beaucoup ! Le scénario est confié à une écrivaine réputée dans le milieu, Leigh Brackett, et un scénariste doué, Lawrence Kasdan, qui réalisera ensuite trois petits chef d’œuvre (La Fièvre au Corps, Silverado et Grand Canyon). A la réalisation, un vétéran, Irvin Kershner. Il en sera de même pour Le Retour du Jedi, réalisé par Richard Marquand.

Et si la Prélogie est aussi mauvaise, c’est qu’elle reproduit le même schéma : écrite, produite et réalisée par George Lucas. Donc, George, on t’en supplie, on n’a rien contre toi !! Tu est un grand producteur (Indiana Jones, Star Wars), tu as même été un excellent réalisateur sur les films que tu n’as pas produit toi-même (American Graffiti, THX1138), alors je t’en prie, ne mélange plus les genres…




mercredi 19 septembre 2007


Le Nouvel Hollywood / Sexe, Mensonges et Hollywood
posté par Professor Ludovico

Connaissez vous Peter Biskind ? Ancien rédacteur en chef de Premiere USA, il est l’auteur de deux livres tout à fait passionnants sur le cinéma US : Easy Riders, Raging Bulls (Le Nouvel Hollywood), et Down and Dirty Pictures (Sexe, Mensonges et Hollywood)*. J’ai lu le premier, je suis entrain de finir le deuxième. Le premier, comme son nom l’indique, raconte la prise du pouvoir à Hollywood par Scorcese, Coppola, Spielberg et Lucas dans les années 70 ; c’est très certainement le meilleur, car très orienté sur les réalisateurs et les tournages. Toute la magie du cinéma y est. On y apprend, entres autres, que la Paramount ne voulait pas d’acteurs italiens dans le Parrain, que George Lucas est malheureux comme une pierre depuis le succès de Star Wars (il aurait voulu faire « autre chose »), que Steven Spielberg est le seul sa génération à s’en être sorti à peu près indemne (en écrasant gentiment tout le monde)…

Down and Dirty Pictures narre pour sa part la naissance et la chute du cinéma indépendant, au travers, tout particulièrement de Miramax et du festival Sundance. On y découvre plutôt les coulisses business du cinéma : acquisitions de films, post-production, doublage, montage, contrats, distribution. Mais c’est tout aussi passionnant : On y découvre ainsi Harvey Weinstein en Tony Soprano du cinéma indépendant menaçant de mort à peu près tout le monde, Redford en star de la procrastination, refusant de déléguer quoique ce soit à Sundance, mais jamais là pour prendre une décision, Steven Soderbergh triste de recevoir une Palme d’Or, et le jeune Quentin T., qui passe instantanément du vidéo-club aux neiges éternelles d’Hollywood. Et on y découvre surtout l’incroyable paradoxe Miramax, produisant à la fois Scream et Sexe mensonges et Video, Kids de Larry Clak et Scary Movie, Shakespeare in Love et Clerks… Une maison qui attire les cinéastes en leur offrant le final cut mais en« améliorant » sans vergogne les films à la post-production, une maison passionnée de cinéma, amoureuse des artistes mais refusant à les payer, même après 100 M$ de recettes…

Le génie tout américain de Biskind est de faire des livres à la fois sérieux et pas chiants. Sérieux parce qu’il analyse, avec force détail, citations et chiffres à l’appui, l’évolution d’une industrie. Pas chiant parce que c’est raconté avec style, mêlant analyse, anecdotes et portraits.

Une plongée en enfer à lire deux fois avant d’intégrer le « merveilleux métier de la scène et du spectacle…  »

si vous êtes fluent in english, je ne saurais trop vous conseiller de les lire en VO. En effet, First amendment oblige, Biskind n’a pas été censuré contrairement à la France. Il peut ainsi écrire des phrases du type « Jack Nicholson se shootait toute la journée », sans risquer un procès…




mardi 13 mars 2007


La catastrophe du jour
posté par Professor Ludovico

C’est plein de larmes que nous avons fini l’article de Libération.fr : oui, vous avez bien lu : Salma Hayek est enceinte de François-Henri Pinault, PDG du groupe de luxe et de distribution Pinault-Printemps-Redoute (PPR).

Donc : non, elle ne se mariera pas avec vous. Oui, elle a l’air très heureuse avec l’héritier du coupeur de bois et catalogueur de La Redoute…

Toutes nos condoléances…




vendredi 3 novembre 2006


MGM se réintéresse à la production ?
posté par Professor Ludovico

MGM a décidé de relancer avec Tom Cruise/Paula Wagner (récemment virés de la Paramount par Sumner Redstone) le mythique studio United Artists, fondé notamment par Charlie Chaplin et Mary Pickford. Le studio, créé par des artistes, pour les artistes, coula après l’échec retentissant des Portes du Paradis de Michael Cimino.

Que vient faire Tom Cruise dans cette galère ? remonter la pente, après la baffe de la Paramount… Et peut être monter la suite de Battlefield Earth ?




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