[ Le Professor a toujours quelque chose à dire… ]

Le Professor vous apprend des choses utiles que vous ne connaissez pas sur le cinéma



dimanche 1 mars 2009


Titanic, deux leçons de cinéma pour le prix d’un blockbuster
posté par Professor Ludovico

Incoulable Titanic ! 0h20, la semaine dernière, il reste dix minutes au chef d’œuvre de James Cameron. Malgré tout, on regarde la fin, qui contient sûrement l’une des plus belles du cinéma.

Un canot de sauvetage file lentement dans la nuit étoilée de l’Atlantique. On dirait un tableau. L’Officier, superbement joué par Ioan « Captain Fantastic » Gruffudd, cherche désespérément des survivants.

Autre tableau : Rose Dawson, Ophélie moderne, gît glacée sur son lit de bois, serrant la main de Jack : il est mort et elle ne le sait pas.

Ce qui est très fort à ce stade du film, c’est que Cameron arrive à nous faire croire que Rose est en danger de mort, alors que c’est elle qui nous raconte a tragédie, 90 ans plus tard, à bord du Keldysh.

Comment s’y prend-il ? En dilatant le temps à l’extrême, en retardant le climax, moment où le spectateur soulagé va assister au sauvetage de Rose.

Du grand art, en vérité : d’abord un simple reflet de lampe-torche sur le visage de Rose. Mais elle ne réagit pas, engourdie par le froid. Puis son regard accroche la lumière ; elle comprend, tente de réveiller Jack, et perd des secondes interminables : « Jack !? Jack !? Jack !!! » Petite subtilité qui fait la différence, Rose ne hurle pas, elle chuchote. Signifiant qu’elle est quasi-mourante, gelée, enrouée… Son destin semble ne tenir qu’à un fil. Mais réalisant finalement son serment (ne pas mourir ici, comme ça), elle abandonne Jack dans un dernier baiser. Se rue sur le cadavre le plus proche, s’empare du sifflet et maladroitement (le maladroitement est aussi très important), siffle de toutes ses forces. Elle est sauvée, d’ailleurs Cameron ne s’ennuie pas à filmer le sauvetage lui-même.

Les cinq dernières minutes serviront à boucler tous les arcs dramatiques : Rose ne reverra jamais sa mère, son fiancé se suicidera en 1929, le Cœur de l’Océan ne sera jamais retrouvé, etc.

Mais surtout, dans ces cinq dernières minutes, Cameron part avec la caisse. Au début du film, il avait fait en quelque sorte un pari avec le spectateur : « Vous êtes venu voir un film catastrophe ? Et bien moi, je vais vous raconter une histoire d’amour, et je vous parie que vous allez pleurer comme des madeleines à la fin ! »

Pour cela, Cameron va mettre en place un dispositif très malin, pour faire basculer le spectateur de son côté. Pendant les vingt premières minutes, Titanic-le-film s’attache aux aspects les plus prosaïques, pour ne pas dire vulgaires de la mythologie Titanic : chasse au trésor, pilleurs d’épaves, naufrage, catastrophe, etc. Ces éléments installent le spectateur dans un registre connu : le film d’aventure, le film catastrophe, le blockbuster racoleur…

Comment ? D’abord, en décrédibilisant la narratrice : « vieille dame », »fofolle amnésique », « actrice ». Ensuite, en tuant tout suspense. Et pour cela, il utilise deux outils tout aussi vulgaires : l’ingénieur nerd, l’image de synthèse cheap. Lors d’une réplique mémorable, l’ingénieur Bodine (gros barbu à lunettes, T-Shirt Watchmen) explique crûment à la vieille Rose comment s’est déroulé le naufrage, mais surtout, il déflore le sujet en parlant en fait au spectateur : voilà ce que vous, au fond de votre siège, vous allez voir dans les 120 prochianes minutes : « She hits the berg on the starboard side, right? (…) finally she’s got her whole ass sticking up in the air – And that’s a big ass, we’re talking 20-30,000 tons. Okay? (…) The bow section planes away, landing about half a mile away going about 20-30 knots when it hits the ocean floor. « BOOM, PLCCCCCGGG! »… Pretty cool huh? ». Côté image, c’est aussi cheap : des images de synthèse, mais pourries.

Avec cette scène, il a déjà désamorcé le suspens, mais surtout, il a démonté l’aspect sensationnaliste inhérent à ce genre de film. Le film catastrophe, c’est cheap !

Mais maintenant, il faut que le film bascule : il faut inverser la vapeur, passer au film romantique, à l’histoire d’amour, à la tragédie. Rejoindre le vrai projet du film : pas un film catastrophe, mais bien un drame humain. Cameron va alors réutiliser la vieille dame, mais sur un brusque changement de pied : « Thank you for that fine forensic analysis, Mr. Bodine. Of course, the experience of it was… somewhat different. ».

Tout est dit : la vieille folle est devenue une narratrice crédible*. Le film catastrophe est une histoire humaine. L’épave qui vient de couler en 3D est « the Ship of Dreams ».

L’Histoire peut commencer.

*Tant et si bien qu’à la fin, le film aura changé de héros, passant de l’explorateur (Bill Paxton) à Rose (Kate Winslet – Gloria Stuart)




dimanche 15 février 2009


Vive Danny Boon !
posté par Professor Ludovico

Bon, j’ai très peu de considération pour Bienvenue chez les Ch’tis, et encore moins pour les Césars. C’est pourquoi je soutiens chaleureusement le boycott de ladite cérémonie par le comique, et également son idée d’un César de la comédie.
Ce qui éviterait la surreprésentation des drames et autres « performances d’acteurs » qui empoisonnent ce genre de remise de décorations : Darling, My Left Foot, Le Scaphandre et le Papillon, etc. Jouez un aveugle, un estropié, un schizophrène profond, un cowboy pédé, et c’est l’Oscar/César/Ours berlinois/Palme maritime garantie. Et quoi qu’on en dise, la plupart de nos comédiens ne rechignent pas devant les récompenses, et décorations. C’est ainsi que Robert Evans convainquit Mia Farrow de dire non à Sinatra et oui à Polanski (décision risquée, vu les petits amis du rital) : « Si tu finis Rosemary’s Baby, je te garantis l’Oscar ! »

Si les Oscars ne valent pas mieux que les Césars, ils ont au moins le mérite (ils sont américains, après tout !) d’être plus près des goûts du public. Et s’ils encensent My Left Foot ou Brokeback Mountain, il couronnent aussi systématiquement les gros succès publics (Autant en Emporte le Vent, Titanic).
Mais, comme les Césars, pas les comédies…

Genre maudit depuis toujours, faire rire n’est pas noble. Au panthéon des comédiens, pas d’humoriste, pas d’imitateur, pas d’acteur comique, mais uniquement des tragédiens. Pire : quand ces derniers s’aventurent dans la comédie, c’est instantanément salué (Deneuve, de Niro…), mais quand les comiques attaquent l’Everest de la Tragédie, ils sont attendus au tournant (Jim Carrey, Coluche).

Sociologiquement parlant, il faut comprendre que le jury des Césars (3500 votants) est composé essentiellement de professionnels du cinéma, en majorité âgés. C’est eux qui nominent les films, et ensuite votent pour ces films.

C’est pourquoi, évidemment, ils dédaignent Le Grand Bleu (un film qu’ils ne sont probablement même pas allés voir à l’époque) ou, aujourd’hui, Bienvenue Chez les Ch’tis, Mesrine, « films de jeunes », réalisés par la nouvelle génération de cinéastes français, qui n’ont pas les appuis qu’il faudrait pour susciter un maximum de votes.

Donc oui à un César de la meilleure comédie, mais pas pour Bienvenue chez les Ch’tis ! Cette année, je donnerais plutôt la statuette à Un Conte de Noël, où j’ai bien ri, ou mieux encore, à Burn After Reading




dimanche 15 février 2009


Recoller les morceaux
posté par Professor Ludovico

Petit à petit, la maladie s’étend… Après avoir contaminé Adrien, puis Michel, Aymeric, de nouveaux clients viennent pour réclamer leur dose de The Wire. Évidemment, maintenant, c’est plus cher : trois épisodes minimum, les gars !

Il est arrivé à Michel une anecdote étonnante, et plus ou moins la même à votre serviteur.

The Wire étant une fresque gigantesque de destins entrecroisés, on s’habitue à recoller les morceaux. Truc est avec Machine, et Bidule sort de taule… Michel est ainsi passé de l’épisode 6 à l’épisode 10, sans se rendre compte de rien ! Au contraire, il a recollé les morceaux, tant Sur Écoute avance doucement, et logiquement. Pour ma part, j’ai regardé le dernier épisode de la saison 4 avec admiration devant tant de retenue, tant de refus devant les effets faciles les cliffhangers, au moment où je me suis rendu compte qu’il restait encore un épisode !

Tout ça pour dire que la magie du cinéma est là, tout comme la BD : elle oblige le cerveau à associer deux plans (ou deux cases) et à faire tout seul un lien entre les deux. Michel a raccordé les différentes intrigues pour retomber sur ses pieds, et moi, habitué aux figures de style de fin de saison, j’ai interprété différemment chaque scène de l’avant-dernier épisode…

Mais le cerveau interprète, analyse, garde en mémoire les conventions, et fait le travail à la place du scénariste. C’est aussi pourquoi quand quelque chose cloche, le cerveau, inconsciemment, s’en rend compte aussi. Et décroche.




vendredi 6 février 2009


Topten 2008
posté par Professor Ludovico

C’est une tradition : mi-janvier, nous tirons les rois chez Philippe et nous élisons les 10 meilleurs films de l’année. Ce genre de classement n’a aucun sens, je l’ai déjà dit, dans le domaine artistique. Comment peut-on dire que 8 est supérieur cette année à y, le film juste après ?

Mais bon, les traditions « l’intelligence des imbéciles », selon Maurice Clavel, ça a parfois du bon. Ici, c’est le plaisir de se retrouver et de s’engueuler. Déception cette année : pas beaucoup d’engueulades, et beaucoup de consensus. J’avoue pour ma part avoir eu du mal à trouver le Bottom Five, les 5 pires films de l’année. Signe, à la fois, d’une année assez bonne, mais sans chef d’œuvre, et aussi de faible fréquentation des multiplexes par votre serviteur : 36 films seulement, et 21 de plus à la télé, soit 10 fois plus que ma moyenne habituelle.

A la demande générale, voici donc mon Topten 2008 :

Un Conte de Noël
Into The Wild
I Feel Good
Juno
Burn After Reading
Cloverfield
A Bord du Darjeeling Limited
Valse Avec Bachir
No Country For Old Men
There Will Be Blood

Et le Bottom Five :
Phénomènes
Indiana Jones et le Royaume des Crânes de Cristal
Voyage au Centre de la Terre
Bienvenue Chez les Ch’tis
Il y a longtemps que Je t’Aime




mardi 27 janvier 2009


Armageddon (part III)
posté par Professor Ludovico

Véritable mine d’or à ciel ouvert, Armageddon continue, diffusion après diffusion, de dévoiler ses secrets. Le chef d’œuvre (toutes proportions gardées) de Bruckheimer-Bay passait hier sur W9, et malgré la saison 4 de Sur Ecoute qu’il faut finir, on tombe dessus et on regarde jusqu’à la fin.

Ce qui n’est pas forcément frappant du premier abord, c’est la grande perfection graphique du film. Il faut dire qu’on n’a pas beaucoup le temps de s’y arrêter, puisqu’aucun plan (c’est LE défaut du film) ne dure plus d’une seconde ! Mais hier, on avait le temps, et on regarde. Chaque plan est une petite merveille de netteté, de profondeur, et d’éclairage. Outre les habituelles couleurs criardes, marque de fabrique Simpson-Bruckheimer, Bay nous gratifie d’une étonnante palette de bleus, du bleu nuit de l’Astéroïde, au bleu clair du ciel au dessus de l’Amérique. Ajoutez à cela étincelles, explosions, voyants lumineux, compteurs clignotants, et mouvements ininterrompus de caméra, tout cela est riche, trop riche même…

Autre sujet d’observation, nous l’avions déjà dit, Armageddon est un film religieux. Au delà du thème, évidemment millénariste, de l’Apocalypse selon St Jean, Armageddon est imbibé de christianisme puritain. Le décor de l’astéroïde évoque bien évidemment l’enfer de Dante, tandis que l’Amérique rurale ressemble en comparaison à un petit Paradis. Sur terre, c’est pareil, on voit beaucoup d’églises, de minarets, de temples hindous. Quand Paris est détruite, la vue est prise de Notre Dame, etc. Le film se termine dans une église, par le mariage religieux de Ben Affleck-Liv Tyler.

C’est d’autant plus étonnant que nos héros ne sont pas des anges : alcoolos, obsédés sexuels, divorcés : ils jurent, baisent et boivent dès le début du film. Mais évidemment, comme dans toute parabole, les Premiers seront les Derniers, et le royaume des Cieux est ouvert aux Simples d’Esprit, car la rédemption est toujours possible : le père inconsciemment incestueux (Bruce Willis, chassant l’amoureux de sa fille (Affleck) au canon scié, finira par se sacrifier et lâcher sa fille au Fils Prodigue (mais ben Affleck n’échappera pas au mariage à l’église, quand même !), le divorcé (Paxton) renouera avec femme et enfant, et l’obsédé (Buscemi) rejoindra la pute « pour faire des bébés »… La morale est sauve…

Troisième observation, qui ne m’avait pas marqué jusque-là, du moins à ce point, mais qui est cohérente avec la précédente : Armageddon est un grand film de propagande, façon soviétique, à la Roman Karmen. C’est un film que pourrait produire une dictature, pour glorifier à la fois son peuple, et prôner un redressement moral. Car dans Armageddon, l’Amérique est partout. Comme nous l’avons déjà signalé, l’Amérique gouverne la planète, et quand le président des Etats-Unis parle, le monde écoute, et il fait jour partout.

C’est pourquoi le drapeau US est omniprésent : sur les uniformes, les navettes, les murs des bleds paumés de l’Oklahoma, partout ! Armageddon exhorte les valeurs traditionnelles : travail, famille, et patrie. Il défend aussi des valeurs plus spécifiquement américaines, comme la liberté et l’indépendance à l’image de ses deux navettes (Freedom et Independence, dont on sait qu’il s’agit du principal sous-texte du film, à savoir la lutte contre la tyrannie).

Ainsi quand le conflit explose, entre le militaire rigoureux et obéissant (William Fichtner) et le héros prolo pragmatique (Bruce Willis), la désolation envahit le siège de la NASA. On peut y voir là une allusion au célébrissime discours de réconciliation d’Abraham Lincoln, au moment de la Guerre de Sécession « a house divided » : seule l’unité nous permet de tenir debout, si nous sommes divisés, nous chuterons*…

Plus prosaïquement, Armageddon valorise aussi le mode de vie américain, la culture américaine White Trash (Evel Knievel **, le pétrole, les Harley, les 4×4). Il célebre aussi le mythe de la conquête spatiale, via une double allusion à Kennedy (en poster et dans le dialogue), glorifiant l’Air Force et la NASA***.

Mais surtout Armageddon emprunte les stéréotypes du film de propagande : existence d’un Mal Incarné qu’il faut combattre (l’astéroïde, les complots de Washington), héroïsme désintéressé du peuple ouvrier dans ce combat (foreur, cowboy…), corruption des élites (le président « sans visage », l’armée au service du coup d’état), la suprématie du travail manuel sur les œuvres intellectuelles (ou comment réparer un ordinateurs à coups de clef de douze)…

Autant de thèmes qui ne dépareraient pas dans un documentaire sur un kolkhoze du district de Minsk…

En attendant une autre diffusion, pour forer plus loin (« I will make 800 feet. I swear to God I will. »)

* « United we stand, divided we fall. »
** Evel Knievel était un casse-cou très célèbre aux USA durant les années 70, réputé pour sauter à moto par-dessus des précipices. Ben Affleck fait la même chose, dans une scène clé du film.
*** A ce sujet, lire l’excellent ouvrage de Jean-Michel Valantin « Hollywood, le Pentagone et Washington , Les trois acteurs d’une stratégie globale », collection Autrement, un portrait des conflits acharnés entre la Marine, l’Armée de Terre, et l’Air Force, pour s’attribuer les bonnes grâces d’Hollywood.




vendredi 23 janvier 2009


Transformers (part two)
posté par Professor Ludovico

Prié (mais pas trop) par mes enfants de louer Tranformers, j’ai cédé, et revu pour vérifier comment le robot hybride Spielberg-Bay avait passé ces deux dernières années.

Eh bien, très bien, toujours aussi bon ! Pas la moindre trace d’encrassement dans les durites ! Toujours aussi drôle, divertissant, tout public.

Ce qui m’a frappé cette fois-ci, c’est à quel point le film est léger, habile, à l’image de ces robots de cinquante tonnes qui font du patin à roulette sur l’autoroute, dans une des scènes d’anthologie du film. Transformers passe avec aisance du rire à l’action, du background stupide d’origine (Mégatron et autre Deceptikons) à l’intrigue d’aujourd’hui, du registre adulte (sexe and co) au film d’aventure enfantin…

Avec une telle graisse (un budget de 150M$, une licence, jamais facile à gérer, et Hasbro co-producteur du film), on a vu des films moins malicieux.

Non, Transformers n’est pas Citizen Kane, mais dans son genre, il est musclé et racé.




samedi 17 janvier 2009


Bilan 2008, vu de là-bas
posté par Professor Ludovico

La lecture de la presse US est indispensable quand on aime le cinéma américain ! Pourquoi, me direz-vous, alors que la France dispose d’un arsenal critique conséquent, avec ses Studio, ses Première, et son trio de comiques troupiers Libé-Inrocks-Canard Enchaîné ?

Et bien tout simplement pour se décrasser les yeux, et enlever la grosse couche de promo que les filiales européenne de la Warner, la Fox, ou d’Universal, ont déposé sur la marchandise, pas toujours aussi reluisante qu’il n’y paraît.

Qu’apprend-on dans cet article du Time ? Eh bien que les blockbusters ont connu un regain d’intérêt au Pays du Soleil Couchant, tandis que les films indépendants buvaient la tasse.

Succès pour Iron Man, par exemple, ou Dark Knight, qui incluaient à la recette habituelle (baston-explosifs-happy end) un supplément d’âme indie, avec critique politico-sociale sous-jacente, et un peu de pessimisme. Je n’ai pas aimé Iron Man, mais je souscris à cette hypothèse, formulée sur d’autres films (Le Royaume, Hancock).

En même temps, la formule Indie-Weinstein-Sundance s’essouffle, à l’image de The Visitor, film « à message » mais tristounet, qui ne réunit que 10M$, ce qui est peu pour un succès, même indépendant.

Autre élément intéressant : l’irruption du box office dans les choix des spectateurs. Avant, les entrées étaient une denrée rare, réservée aux professionnels, lecteurs de Variety. Aujourd’hui, grâce à Internet, les chiffres et le bouche à oreille circulent beaucoup plus rapidement et facilement. La promo a plus de mal à cacher qu’un film s’écroule dès la première semaine, et le monde entier le sait immédiatement. Les spectateurs vont voir les films qui marchent, et les films qui marchent font beaucoup plus parler d’eux.

Un encouragement supplémentaire pour CineFast ?




mercredi 14 janvier 2009


Verdun
posté par Professor Ludovico

En regardant récemment une docu-fiction scopée sur Arte et consacré à la bataille de Verdun, je me suis fait la réflexion habituelle : « Mais bon sang de bonsoir, va-t-on supporter ces fadaises encore longtemps ? N’ont-ils pas lu Céline, Jünger, ou Genevoix ? »

L’objet de cette colère, c’est l’habituel rengaine sur la Guerre de 14, la Boucherie-Voulue-par-les-Généraux-mais-que-les-Malheureux-Soldats-ne-Voulaient-Pas.

Rappelons pour l’anecdote, qu’Ernst Jünger tricha sur son âge pour s’engager, et blessé quatorze fois (vous avez bien lu), exigea de retourner à chaque fois au Front. Ce n’est pas nier la boucherie et l’incompétence des généraux que de rappeler le fanatisme patriotique, l’esprit revanchard qui habitait les soldats, mais aussi l’Arrière.

Mais non, le cinéma est plus fort que tout. Quand on fait œuvre de tâcheron, on s’inspire forcement des grands maîtres pour réaliser son petit bousin. Ainsi, malgré l’antimilitarisme de rigueur, les auteurs cèdent aux sirènes du film de guerre : jolis travelling latéraux, explosions, sang qui gicle et tutti quanti. Et surtout, les roulements de tambour, un par minute. Ça fait toujours son petit effet.

Dommage, car le « film » recèle quelques pépites, comme des images rares de « trembleurs », ces soldats tellement affectés par les combats qu’ils ne pouvaient plus contrôler leurs nerfs.

On aurait pu nous dispenser des reconstitutions aseptisées façon « Un Long dimanche de Fiançailles », car il y a beaucoup à dire sur Verdun : l’enthousiasme malsain de l’Arrière, la stratégie gagnante de Pétain, les erreurs de Falkenhayn, qui ne sont qu’effleurées ici.

On peut se moquer des images d’Epinal de nos Grands-parents, mais en voici une belle.




mercredi 7 janvier 2009


Statistiques
posté par Professor Ludovico

C’est l’heure des bilans, et, avant la parution imminente de mon Topten 2008, voici déjà quelques chiffres :

• 36 films vus au cinéma (mon plus bas score depuis des années),
• 21 films à la télé (mon meilleur score depuis des années).
• 7 films français, 4 films étrangers, le reste étant bien évidemment américain.

Quand on va peu au cinéma, on invoque la mauvaise qualité de la production : « y’avait pas grand-chose à se mettre sous la dent cette année. » Eh bien, un rapide coup d’œil sur ces trente-six films montre exactement l’inverse. J’ai eu beaucoup de mal à départager les 10 meilleurs, et encore lus à trouver 5 mauvais pour faire le Bottomfive !

A suivre…




lundi 5 janvier 2009


Pseudo
posté par Professor Ludovico

Les foules en délire me le demandent souvent d’où viennent ce nom exotique et ce titre. Que croient-ils, enfin ? Qu’il s’agit d’un vulgaire pseudo, paravent sur Internet d’opinions dangereuses pour une situation professionnelle, sociale ou familiale ?

Mais non ! Je suis bien Professore, et mon nom est Ludovico. Je suis l’inventeur d’une méthode qui porte mon nom, et qui est mentionnée – je l’en remercie pour cela – dans un petit film de Monsieur Kubrick, un film qui eut du succès dans les années 70.

La méthode Ludovico, qu’est-ce que c’est ? C’est un traitement pour les grands psychotiques, qui a pour principe de leur faire ouvrir grand les yeux.




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