[ Le Professor a toujours quelque chose à dire… ]

Le Professor vous apprend des choses utiles que vous ne connaissez pas sur le cinéma



vendredi 14 octobre 2011


Songe d’une nuit d’été : intelligent et populaire, c’est facile
posté par Professor Ludovico

Débutant au théâtre, mais confirme es cinéma, je ne cesse de m’étonner sur les spécificités du plus ancien des arts vivants. Le cérémonial, les ouvreuses (ici de jeunes éphèbes affublés d’un chapeau melon), la sonnerie, les rappels.

Cette fois-ci, c’était le Songe d’Une Nuit d’Eté, du grand Bill, version show biz : Mélanie Doutey et Lorànt Deutsch, Titania et Puck. Ca ne m’a pas repoussé, même si nos deux acteurs sont légèrement en dessous des théâtreux qui assurent derrière (Nicolas Briançon, qui assure aussi la mise en scène, Yves Pignot, etc.)

Ce qui était étonnant, hier, c’est au contraire la magie et la poésie du théâtre. Comment transformer une histoire imbitable, écrite sous champignons hallucinogènes (des tourtereaux, sous l’effet de drogues administrées par des fées, deviennent échangistes, tandis qu’une troupe de comédiens amateurs préparent une pièce pour le mariage du Duc d’Athènes).

Eh bien, c’était limpide.

Grace à une mise en scène moderne, transposée dans l’univers des sixties, nos athéniens devenant des John Steed et des Emma Peel, tout le monde comprenait, tout le monde riait. Et notamment des scolaires, probablement trainés là par un prof d’anglais trop consciencieux prêt à rater Masterchef pour emmener sa classe de troisième découvrir le Divin Barde.

Chapeau bas, M. Briançon.




jeudi 13 octobre 2011


The Social Network, la bande annonce
posté par Professor Ludovico

Depuis quelques jours, me voilà pris d’une frénésie Facebookienne. Je regarde des bouts du film de Fincher chaque fois qu’il passe sur Canal+, je me ballade sur Internet, glane de ci, de là des infos sur le sujet, et ai même commandé au Père Noël le bouquin qui a inspiré le film*. C‘est ainsi que j’ai déniché le teaser, qui m’était un peu passé par dessus la tête à la sortie du film.

Eh bien, cette bande-annonce est un chef d’œuvre en soi.

De quoi s’agit-il ? D’une simple enfilade de copies d’écran Facebook (« accept », « confirm », « profil », « statut », etc.) sur fond de Creep, la fabuleuse chanson de Radiohead, reprise par le chœur d’enfants de Scala.

RAS donc, si ce n’est le talent du monteur (Fincher ?) et l’effet qu’il produit sur le spectateur. Car ce que montre ce montage, c’est tout simplement l’enfilade de nos vies : naissance, mariage, enfants… mis en ligne sur le petit site malin de Mark Zuckerberg.

Fincher joue comme d’habitude sur tous les tableaux : le feelgood (qui n’a pas envie, en effet, de pleurer sur sa propre vie, rétrécie sur une misérable minute ? sur cette musique aérienne, sur ces clins d’œil entendus : « célibataire », puis « en couple » ? « Confirm » ?

Cette trajectoire humaine, commune à tous, ne peut être que terriblement émouvante…

Terrifiante aussi.

C’est la deuxième couche du moraliste Fincher. Quelle mouche nous a donc piqué ? Mettre en ligne le moindre de nos faits et gestes ? Notre emploi du temps ? Nos pensées ? Nos opinions ? Accessibles de tout un chacun : « what do you have in mind ? ».

La réponse est évidemment dans la chanson, faussement mélancolique, et tout simplement effroyable : cause I’m a creep, I’m a weirdo…

Comme le personnage de Zuckerberg, comme le narrateur-creep de Thom Yorke, nous sommes plongés ad vitam aeternam dans cette terrible quête de reconnaissance. Exister aux yeux des autres, et appartenir à quelque chose de plus grand que soi… I want a perfect soul, I want a perfect body…

En une minute, jamais bande-annonce n’a aussi parfaitement saisi l’essence d’un film dont elle assurait la promotion. Et l’essence de nos vie désormais facebookiennes…

*La revanche d’un solitaire – La véritable histoire du fondateur de Facebook, par Ben Mezrich




lundi 3 octobre 2011


11 septembre : et si Ben Laden avait gagné ?
posté par Professor Ludovico

Une fois retombées les commémorations et analyses du 9/11, on peut légitimement se poser la question. L’islam n’est il pas, objectivement, plus présent dans nos vies que dans les années 90 ? Malgré les circonstances déchirantes (11 septembre, guerres d’Afghanistan et d’Irak), malgré les clivages « français contre musulman », (comme si on ne pouvait être les deux !), l’islam modéré s’est imposé dans nos vies.

Émissions sur le ramadan à la télé, intellectuel musulmans dans les débats, organisme de représentation de la communauté (Conseil Français du Culte Musulman, par exemple), toutes ces manifestations sont imparfaites, mais elles n’existaient pas dans les années 90. On pourrait même dire que les musulmans n’existaient pas. Aujourd’hui, comme dans Une Séparation, et malgré les reportages racoleurs façons TF1, France 2 ou M6, on préfèrera une femme voilée modérée à une femme voilée ultra. Même si il n’est pas inconvenant de dire qu’on pourrait préférer pas de femmes voilées du tout.

C’est la victoire – paradoxale – d’Ousama Ben Laden. Il promettait un Islam de mort, il fait éclore un Islam modéré. Il voulait la destruction de l’Amérique, les américains préfèrent changer. Car c’est là l’objet de cette chronique. Si on accepte (et c’est un une obligation si on suit ce blog), si on accepte l’idée que le cinéma est l’âme d’une nation, alors, oui il est évident que les USA ont changé. Leur cinéma n’est plus le même, et ne le sera jamais plus. La GCA, à base de Capitole en flammes, de terroristes faisant sauter le World Trade Center, et de Président US se bastonnant à bord de Air Force One, ce cinéma a disparu. Fini Armageddon, Independance Day, Air Force One, Le Pacificateur, et autres productions Simpson Bruckheimer.

Depuis le 11/9, ce type de film n’est tout simplement plus possible.

On notera que les buildings ont mis du temps à réexploser (Transformers, 2012, …) et que leur explosion laisse un gout amer dans la bouche. L’étonnant Déjà Vu, ou Source Code n’ont plus ce ton triomphaliste… A l’instar de ces deux tours qu’elle a mis 10 ans à reconstruire, le cinéma américain est-il en pleine reconstruction, ou se cherche-t-il encore dans les décombres. Depuis 2001, de grands films ont traité le sujet : Syriana, Jarhead, W, WTC, Brothers, et bientôt l’adaptation de Extremely Loud And Incredibly Close, de l’excellent Jonathan Safran Foer.

L’Amérique est entrée dans l’ère post-11 septembre : pour le meilleur, ou pour le pire ?




dimanche 11 septembre 2011


Jayne Mansfield 1967
posté par Professor Ludovico

C’est d’un livre dont il s’agit aujourd’hui, qui m’a fait de l’œil dans ma librairie favorite, et que j’ai dévoré : Jayne Mansfield 1967, de Simon Liberati. Sarcastiquement sous titré Roman, il s’inscrit dans la lignée des François Bon (Rolling Stones, une biographie, Dylan, une biographie et Rock’n roll, un portrait de Led Zeppelin), c’est-à-dire une biographie de fan, ultra-documentée, mais qui en même temps, ne prétend pas à la rigueur et à l’exhaustivité historique d’un travail universitaire ou journalistique. Au contraire, c’est un portrait, un triptyque médiéval, centré autour de 1967 : l’accident fatal à Biloxi, l’incident six mois plus tôt à San Francisco, qui éjecta Jayne du star system, en passant par un petit détour satanique, et la dernière soirée en Louisiane, les dernières heures de la star.

Jayne Mansfield 1967 est court (200 pages), mais puissant et détaillé. Il n’est pas exhaustif, mais il sonne juste (la description de l’accident, au milieu du bayou louisianais est un petit chef d’œuvre). Une lecture qui s’impose, même si on n’est pas cinéphile, tendance Kenneth Anger.

Car Simon Liberati s’inscrit dans la veine Hollywood Babylon, il s’en vante, même. Cette cinéphile toute particulière, collectionneuse de ragot, qui aime se rouler dans la fange de l’envers glauque de l’industrie du rêve : meurtres, suicides, violences familiales, satanisme, tout est bon dans le chaudron Angerien.

Jayne Mansfield est un morceau de choix dans cette veine. Sa carrière cinématographique est minuscule (à part l’excellent La Blonde et Moi, qui doit plus à Gene Vincent et à Little Richard), qui pourrait citer une autre œuvre Mansfieldienne, si ce n’est sa mort ?
Son accident de voiture, sa quasi décapitation, voilà la grande œuvre, la porte de sortie grandiose vers le firmament Hollywoodien. Quand on n’a pas de carrière, il faut une vie tragique (Paris Hilton, Britney Spears, Diana).

Sous-Marilyn, malgré son QI de 163, Jayne n’a fait que poursuivre le rêve Hollywoodien. Et inspirer, comme l’a si bien fait remarquer JG Ballard dans Crash**, notre passion quasi-érotique pour les stars, les accidents de voitures, et les accidents de voiture de stars.


*La Blonde et Moi (The Girl Can’t Help It) fait partie de ces projets foireux dont Hollywood a le secret. Le film de Frank Tashlin avait pour but de ridiculiser la scène rock’n’roll naissante (le film date de 1956), et la bêtise de ces nouvelles stars que leurs enfants s’étaient mis à aduler. Jayne Mansfield y incarnait Jerri Jordan, une bombe blonde, qui à la place de chanter, se contentait de pousser un cri à la fin de chaque refrain. Les chanteurs du moment (Eddy Cochran, Little Richard, Gene Vincent), vinrent se déhancher devant un public de jeunes écervelés. Pas de chance : le film fut un énorme succès auprès des teenagers, et permis, ô douce ironie du sort, de populariser encore plus ces musiciens.
**et le film éponyme de Cronenberg…




mardi 6 septembre 2011


Magie… du réel
posté par Professor Ludovico

Coïncidence : hier je passe au métro Jourdain, quartier que je fréquente rarement, et je me dis « Tiens cette placette me dit quelque chose ! » Deux coups de pédale plus loin (Oui, Le Professore ne se déplace qu’en Velib’), la réponse est là : c’est l’adresse de Karin Viard et Danny Boon dans Le Code a Changé, que TF1 avait eu la bonne idée de diffuser la veille…

C’est la magie du réel, quand l’univers projeté dans les salles obscures se révèle exister dans la réalité. Le voyage aux Etats Unis est une obligation pour le cinéphile ; on y découvre qu’aucun film, même La Chevauchée Fantastique, n’arrivent à rendre grâce à Monument Valley, ou Grand Canyon… au Grand Canyon.

De même, la visite à Los Angeles est indispensable : l’incroyable métropole bat non seulement au rythme du cinéma, elle en est l’écrin. Ainsi, c’est avec stupéfaction que le Professore découvrit en 1990 (son premier voyages d’études) que LA et ses environs servaient de décor à 90% de ce qu’il avait vu depuis 25 ans. Horrible révélation : Starsky et Hutch se passait à LA, et pas à NY. Mais aussi les Têtes Brûlées, probablement tournée dans les collines de Mulholland.

Aller là bas, c’est se retrouver dans les films, le monde des rêves.

Le plus maniaque ira plus loin, à Snoqualmie Falls par exemple, se prosterner sur les lieux du culte Twin Peaks. Et constatera, les yeux emplis de larme, que les Twin Peaks n’ont qu’un sommet (l’autre fut ajouté par trucage), que le Twede’s Café est bien petit (et son fameux café, franchement dégueulasse), que le commissariat est le bureau de la scierie, que le wagon de Ronette Pulaski est en plein centre ville, etc.

Évidemment, Lourdes ne déçoit jamais le croyant…

Reste le trip ultime, aller spécifiquement en voyage sur les traces de l’oeuvre ; Portmeiron, par exemple, sur la côte du Pays de Galles, dans l’espoir (un de ces jours, Eric ?) d’y croiser le fantôme du N°6…




mardi 30 août 2011


A la Maison Blanche / La Conquête
posté par Professor Ludovico

Me voilà regardant les vingt dernières minutes de A la Maison Blanche, au fallacieux prétexte de vérifier une info Wikipedia (Aaron Sorkin serait présent en cameo-hommage dans le dernier épisode), et la comparaison s’impose évidemment avec La Conquête.

A la Maison Blanche, pourtant bavarde, sait faire confiance au cinéma ; deux exemples en guise de démonstration.

Pour illustrer la fin d’une époque, et le début d’une autre, et la cruauté afférente à l’exercice, John Wells multiplie les symboles.

Scène 1 : pendant la cérémonie d’investiture au Capitole, on s’affaire à la Maison Blanche. Pour quoi faire ? Déménager pardi ! En une heure, on doit faire disparaître les derniers vestiges de la présidence Bartlet. Wells filme ainsi le dévissage du portrait présidentiel, vite remplacé par celui de son successeur. Simple, certes, mais efficace : dans une ambiance crépusculaire, gros plan sur la dévisseuse électrique. Pas de cérémonial, mais une bête séance de bricolage. Après huit ans au service de la plus grande puissance du monde, on est peu de choses.

Idem en bas de l’échelle, scène 2 : Charlie, ancien assistant du président, voit la nouvelle équipe arriver dans les bureaux. Il essaie d’être sympa, donne un conseil sur le réglage de la clim’. L’autre plonge dans ses cartons, et ne répond pas. Contre champ sur le petit sourire désabusé de Charlie. Pas de dialogue, tout est dit. On a beau être des good guys (démocrates, of course), il y a ceux qui partent et ceux qui arrivent aux affaires.

Ces deux exemples sont à la portée de n’importe quel scénariste, de n’importe quel acteur. Il faut juste refuser les facilités de la toute puissante réalité (les Dardenne, La Conquête, les BOATS façon Clint Eastwood).

Il faut juste croire à la puissance de la fiction.




lundi 29 août 2011


La nouvelle nouvelle guerre des boutons
posté par Professor Ludovico

C’est l’histoire d’une guerre, souterraine, secrète, mais une guerre quand même. Cette guerre, c’est la guerre des boutons. Rappel des faits : en 1912, Louis Pergaud écrit La Guerre des Boutons, le livre, qui deviendra un film drolatique d’Yves Robert, en 1955. (Je peux écrire drolatique, parce que je ne l’ai pas vu, le film….)

Mais grâce à lui, les aventures de Petit Gibus deviennent cultes, comme les répliques « Si j’aurais su, j’aurais po v’nu ! »

Aujourd’hui, le livre est tombé dans le domaine public. Marc du Pontavice, ancien de la Gaumont et producteur de Gainsbourg, Vie Héroïque, flaire la bonne idée, pas chère (pas de droits à payer, malgré une notoriété inentamée : faisons un remake !). Un projet est lancé, sous la direction de Yann Samuell (Jeux d’Enfants) avec notamment Alain Chabat et Mathilde Seigner.

Mais Thomas Langmann (Astérix, Le Boulet) a eu la même idée. Il a monté lui aussi un projet, autour de Christophe Barratier (Les Choristes) et de Kad Merad et de Gérard Jugnot. Le conflit ne peut se régler devant les tribunaux, puisqu’il n’y a plus de droits cédés. Ca sera donc la guerre. On appelle comédiens, techniciens, décorateurs, et on menace « si tu fais La Guerre des Boutons avec Machin, tu ne travailleras plus jamais dans le cinéma français* », entre autres amabilités.

Moralité : deux films sortent, à une semaine d’intervalle (14 et 21 septembre), sans argumentaire marketing sérieux pour faire pencher la balance. D’un côté, l’humour Nuls, la sensibilité et l’esthétisme façon Yann Samuell, de l’autre le plus franchouillard, façon Choristes, Barratier-Merad-Jugnot. Il n’y aura à l’évidence aucun vainqueur, mais deux perdants. D’abord parce que personne de sensé n’ira voir les deux. Et que même si l’un l’emporte sur l’autre, il perdra quand même, mathématiquement, une bonne partie des entrées de son adversaire.

Petits dégâts collatéraux : comment sera géré la promo ? Invitera-t-on en même temps Kad Merad et Alain Chabat aux Enfants de la Télé ? Osera-t-on leur poser une question sur le ridicule de la situation ? Et si on ne le fait pas, c’est l’interviewer qui sera ridicule, d’enchaîner ainsi, sans rien dire, la promo du même film. Et cela promet aussi une belle foire d’empoigne lors des diffusions télé : « Si tu achètes la Guerre de Machin, n’espère pas avoir mon Astérix IV ! »

Rien de grave à tout cela, mais plutôt un sujet de rigolade, assez fréquent si on y regarde de plus près : il y a deux Borgia à la rentrée : celui que Canal+ a produit, écrit par Tom Fontana, et celui que Canal+ a acheté à Showtime, et qui est déjà diffusé partout dans le monde. Si Canal l’a acheté, c’est pour éviter de se faire griller deux fois. Une fois à l’international (c’est fait, personne n’achètera les Borgia façon Canal), et une fois en France (pas question que M6 ne diffuse un Borgia Showtime avant le mien)…

De même, 1998 vit l’affrontement titanesque de Deep Impact et d’Armageddon, sur le même sujet météoritique : Le Simpson-Bruckheimer l’emporta localement, laissant la victoire international au mélo de Mimi Ledder…

*Selon la formule célèbre de Julia Philips : « You’ll never eat lunch in this town again », titre de son livre de révélations sur Hollywood, et menace sous-tendue si elle publiait lesdites révélations. Quatre prostituées d’Hollywood reprirent l’idée dans leurs propres confessions « You’ll Never Make Love In This Town Again »




lundi 22 août 2011


Put the bunny back in the box !
posté par Professor Ludovico

C’est l’histoire d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent connaître… Une Amérique pré Ben Laden, sûre d’elle même et dominatrice, qui produisait de la GCA sans complexe. Dimanche soir, TF1 diffusait Les Ailes de l’Enfer, Con Air en VO, Air Con pour les intimes*

Eh bien à ma grande surprise, ça n’a pas trop vieilli. Pas mal pour un film déjà pas terrible à l’époque. Loin derrière pourtant des autres productions du tandem roi de la décennie, Don Simpson-Jerry Bruckheimer ; loin derrière The Rock, Armageddon, USS Alabama

Mais bon, c’est peut-être le dernier bon Nicholas Cage, et c’est surtout le film d’une réplique, culte forever :

– « Repose le lapin dans la boîte »

*© James Malakansar




lundi 15 août 2011


Hollywood Crime Stories
posté par Professor Ludovico

Tout le monde ne peut pas lire la bible, c’est à dire Hollywood Babylon, le chef d’œuvre introuvable de Kenneth Anger. Hollywood Babylon racontait les anecdotes les plus crues, les plus trash, les plus violentes de l’usine à rêves pendant son âge d’or, c’est à dire les années 20-30. Un livre vient de sortir en français sur le même sujet, moins bien écrit, mais qui vaut le détour. D’autant plus que Hollywood Crime Stories ajoute quelques chapitres français à cette histoire : Max Linder et son suicide en couple, Jean Seberg et son suicide en R5, les mauvaises fréquentations d’Alain Delon (l’affaire Markovic) ou de Gérard Lebovici.

Lecture donc indispensable au CineFaster, qui se passionne pour les coulisses, ou pour l’historien, qui adore les mises en perspectives. Ici, on notera que Lady Gaga ou Paris Hilton passeraient pour des bonnes soeurs face aux turpitudes des people californiens : détournement de mineures (Charlie Chaplin), viol, orgies (Fatty Arbuckle, sorte de John Goodman années 10), meurtre (William Desmond Taylor), drogues (Olive Thomas)… On suivra aussi avec intérêt l’histoire de John Holmes, star du porno américain, dont la déchéance criminelle inspirera deux films, l’un médiocre (Wonderland), l’autre un chef d’œuvre instantané (Boogie Nights)

Hollywood Crime Stories, sexe, mensonges et violences dans le monde du cinéma, de Vincent Mirabel, éditions First Document




mercredi 10 août 2011


Woody, Paris-New-York, New-York-Paris
posté par Professor Ludovico

Dans le TAL (Trucs à Lire) qui traîne aux pieds du lit vacancier un Nouvel Obs de juillet. Vieux réflexe d’attaché de presse, je lis tout, même le magazine bobo moralisateur à demeures de charme …

Et là, p.21, l’info toute crue qui ravit le Professore. Midnight in Paris*, le dernier Woody Allen, est devenu le plus gros succès du cinéaste New-Yorkais, dépassant Hannah et ses soeurs : 4 millions de dollars de recettes.

Que d’infos en une si petite brève ! D’abord, parce qu’on nous signale au passage que Woody, enchaînant les flops, était obligé de trouver ses financements à l’étranger, d’où sa période anglaise (Match Point), espagnole (Vicky Cristina Barcelona) et francaise… Grâce aussi aux déductions fiscales que propose la vieille Europe… Quoi ? L’Amérique, Land of Opportunity, serait odieusement taxatrice ??? Cela ne surprendra que les contempteurs habituels des impôts-qui-écrasent-l’initiative-individuelle, et qui me connaissent les fonctionnements US en la matière.

Ensuite, on notera qu’un succès de Woody aux USA, ce n’est que 400 000 personnes…

Enfin cela vient corroborer notre théorie des amours contrariés franco-americains : si les américains privilégient Midnight in Paris, c’est probablement parce que le Woody y livre une vision carte postale de la capitale, tout comme le plus gros succès français de Woody en france est évidemment… Manhattan.

*J’ai failli y aller, selon le syndrome aixois, mais j’ai renoncé, grâce à une belle fièvre.




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