[ Pour en finir avec … ]

On peut pas aimer tous les gens…



lundi 2 novembre 2009


Jeunet : Le Cercle à la rescousse !
posté par Professor Ludovico

Un samedi d’insomnie, et nous voilà devant Le Cercle, une des bonnes émissions du PAF sur le cinéma. Des critiques d’horizons variés (Positif, Le Parisien, Le Nouvel Obs, France Culture), des jeunes et des vieux, des intellos mais pas que…

On parlait donc du Jean-Pierre Jeunet, Micmacs à Tire-Larigot, que, pour ma part, je n’irai pas voir. Mais bon, c’est bien de ne pas se sentir tout seul face à la promo.

C’est François Begaudeau, dont je n’ai toujours pas vu le film, qui porta l’estocade, avec un joli talent de rhéteur. Il est prof de français, ce n’est pas pour rien non plus…

Quelques instants auparavant, Philippe Rouyer, le critique de Positif qui avait aimé Micmacs à Tire-Larigot, avait décortiqué une scène du film en signalant que Jeunet, justement, s’était gentiment moqué des critiques « qui voient parfois dans les films des choses que le réalisateur n’a même pas voulu mettre ».

J’aurais dû bondir devant cette définition plagiaire de CineFast, mais c’est François Begaudeau qui le fit. « C’est bien ça le problème de Jean-Pierre Jeunet », dit-il, « Il ne peut tout simplement pas comprendre que l’on voit autre chose que lui dans son film, parce qu’il veut tout contrôler ! Tout ce qui est à l’image ! Le décor, les costumes, les acteurs, tout est millimétré ! C’est ça qui est chiant dans les films de Jeunet ! Mais ce qu’il veut mettre, lui, dans son film, on s’en fout ! Ce qui est intéressant, c’est ce que NOUS, spectateur, on y voit ! » et d’enfoncer le clou plus tard à propos des acteurs, Omar Sy (de Omar et Fred) et Julie Ferrier : « Ça aussi c’est symptomatique du cinéma de Jeunet ! Prendre un type comme Omar, qui a un énorme potentiel comique, et l’obliger à ne parler qu’avec des proverbes, ou Ferrier, l’obliger à jouer seulement la femme-caoutchouc, c’est dommage. C’est résumer chaque personnage à un cliché. Jeunet n’attend pas que ses acteurs lui amène quelque chose. Il n’a pas confiance dans ses acteurs… il n’a confiance qu’en lui-même. C’est pour ça qu’il veut tout contrôler… »

Je biche… Ça se voit ?

PS On avait déjà abordé le problème Jeunet, dans cette chronique « Jeunet : Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » consacrée à Un Long Dimanche de Fiançailles).

Le Cercle
Vendredi à 22h20 sur Canal+Cinéma




lundi 21 septembre 2009


Mort à Pixar !
posté par Professor Ludovico

Cette critique aurait bien pu ne jamais être écrite, si je m’étais arrêté à la première demi-heure de Wall-E, sûrement la meilleure que la compagnie de Monsieur Jobs ait jamais produite.

Mais il faut en finir avec le mythe Pixar, sa prétendue infaillibilité (Pixar never fails, avait titré Newsweek), ses films toujours meilleurs, sa technologie photoréaliste toujours plus pointue.

La réalité est que Pixar voulait détruire Disney, et elle y est arrivé : Pixar a tué… le dessin animé 2D. Mais en fait, Pixar est devenu Disney. Sa production annuelle, ses thèmes ultra consensuels et conservateurs, ses scenarios photocopiés : Disney avait trouvé son élève, et il avait dépassé le Maitre.

Car c’est quoi un film Pixar : c’est l’histoire d’un garçon un peu star (Jouet star, Voiture star, Robot star) qui rencontre une fille et, confrontés à l’amour, et aux valeurs revigorantes de la campagne (pure, comme chacun sait, face à la ville corrompue), trouve la rédemption tant attendue.

Ce qui était magique dans Toy Story et dans Mille et Une Pattes, cette inventivité de scénario, ces préoccupations à deux niveaux (parents/enfants), tout cela est devenu un moule dans lequel les businessmen de Pixar injectent un peu de plastique neuf pour vendre un nouveau film, de nouveaux jouets, de nouveaux Happy Meal chez McDo.

Apres le gerbant Cars, j’ai boycotté. Mais l’opportunité a fait que j’ai pu regarder Wall-E, le fameux « dernier chef d’œuvre de Pixar » Évidemment, il y a cette première demi-heure, apocalyptique, géniale, dans un New-York rouillé (la méchante ville, encore), envahie sous les déchets. Et une merveille de petit personnage, Wall-E, le petit robot compacteur. Une demi-heure qui réinvente le cinéma puisque entièrement muette : champ. Contre champ. Effets de profondeur. Pause. Accélération. On peut raconter beaucoup de choses sans dire un mot.

Mais voila, au bout de 30 minutes, ca recommence : Wall-E rencontre une fille, EVE, cette fois-ci plutôt dominatrice, et le film part en couilles : courses poursuites effrénés, allusions foireuses à 2001 (désolé, ca ne suffit pas) et bagarres diverses et variées… Un rythme d’enfer pour une histoire zéro. Wall-E, censément héros du film, disparaît au profit des 700 autres protagonistes, et revient faire cinq minutes de figuration à la fin (et, incroyable mais vrai, il est pas mort, il est blessé seulement)…

Il restera le message écologique étonnant, incroyablement anti-américain (ou le début d’une prise de conscience, enfin ?) : nous sommes trop gros, nous consommons trop, nous gâchons l’eau dans des piscines que nous n’utilisons pas, nous ne faisons plus rien de nos dix doigts et nous gâchons notre intelligence devant la télé et les jeux vidéos.

Ça pique les yeux… mais ça justifie de regarder ces trente premières minutes…




jeudi 17 septembre 2009


Alain Delon, ou la foire aux vanités
posté par Professor Ludovico

Sacré Alain Delon ! Son intervention ce matin sur Europe 1, censément une éloge funèbre de Filip Nikolic, le chanteur des 2be3, a tourné une fois de plus à l’exercice délirant d’autopromotion :

« J’ai connu Filip quand il a débuté avec les 2Be3, il venait me voir sur les plateaux, sur les tournages, parce qu’il était très admiratif de moi. »

Et trente secondes plus tard :

… « C’était un admirateur du cinéma, et de ma carrière, et personnellement de moi… »

et encore…

– « …On avait beaucoup de traits physiques en commun, Filip n’était pas mal fait de sa personne. »

A ce niveau-là, c’est une maladie, et c’est en phase terminale ! On savait les acteurs égocentriques, amoureux d’eux-mêmes (et il faut très certainement l’être pour faire ce métier), mais notre Alain Delon national est très certainement champion du monde à cet exercice !

Profiter de la mort du pauvre 2be3 pour parler de lui, il fallait oser. Mais Delon est coutumier du fait, puisqu’à la mort de Marlon Brando, il avait fait le même coup : « Maintenant qu’il est mort, je suis seul »

Rappelons que le ragazzo déniché dans le lit de Visconti a fait une belle carrière (Plein Soleil, Le Guépard, essentiellement du à sa beauté exceptionnelle, mais que celle-ci ayant périclité avec la quarantaine, ses films sont devenus concomitamment de plus en plus mauvais dans les années 80 (Le Toubib, Le Choc, Le Battant, etc. Comme me l’avait expliqué Nathalie, une copine comédienne, Alain Delon est un acteur (qui ne joue que son propre rôle), et pas un comédien (qui peut tout jouer)…

Pour ceux qui douteraient de l’authenticité de cette chronique, c’est ici : magie d’Internet !




mardi 8 septembre 2009


Jeunet/Scorcese : le choc des titans
posté par Professor Ludovico

Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire, parfois, pour CineFast ! J’ai demandé à une copine, Corinne, de me ressortir de sa poubelle le Figaro du 4 septembre dernier.

Objet du délit, une interview de l’immense décorateur du cinéma Français, Monsieur Jean-Pierre Jeunet himself.

Morceaux choisis : « Quand je regarde un bon film, souvent je me dis, tiens, il a fait de cette façon, je pourrais faire exactement le contraire ! » (sic)
Merci Jean-Pierre, on avait remarqué…

Mais le top vient après : « [le cinéaste américain] qui me bluffe moins depuis quelques années… c’est Scorcese. Je sens qu’il ne fait plus de films, mais du cinéma. […] En fait ses grands films, il les a faits. Aviator ou Les Infiltrés, ça ronronne un peu… »

Venant d’un type qui fait le même film depuis Delicatessen, ça ne manque pas de sel…




mercredi 2 septembre 2009


Inglourious Basterds
posté par Professor Ludovico

Quentin Tarantino, c’est le petit chouchou, celui qui avait un si joli sourire quand il était bébé, mais qui n’a pas réussi dans la vie. Ses frères sont devenus avocats, traders, chirurgien-dentiste, mais lui, il vend des burgers sur Venice Beach. Ah, s’il avait travaillé à l’école ! Il avait les capacités, pourtant !

Mais bon, on l’aime quand même, même s’il nous casse un peu les oreilles avec sa collection de VHS, et sa bande de potes, bruyante et vulgaire : des réalisateurs de cinéma, catégories B à Z. Inglourious Basterds ne faillit pas à la règle : c’est bien fait, très bien fait, même : Quentin Tarantino est un formidable raconteur d’histoire.

« L’homme qui a bâti Miramax » (selon les frères Weinstein) n’a fait finalement qu’un seul vrai film (Jackie Brown, le film détesté des Tarantinophiles). Un film avec un début, une fin, des personnages avec des enjeux, des émotions, à qui l’on s’attachait. Le reste n’est qu’un immense exercice de style. Ça pourrait être intéressant, ça ne l’est pas. Tous les ingrédients sont là, il y des personnages, un ton, une histoire, mais c’est juste que ces histoires ne nous intéressent pas. Après la Vengeance des Cascadeuses Texanes, la Vengeance de la Mariée au Sabre de Samouraï, voici la Vengeance de la Directrice de Cinéma de Quartier.

Cher Quentin, je te le dis dans l’oreille, parce que je t’aime bien : on a passé l’âge ! Moi aussi je lisais Battler Britton et Sergent Jim, et on refaisait avec Jipé le débarquement de Normandie avec les moyens du bord à Villers sur Mer…

Ça a beau être formidablement joué (avec la révélation Christoph Waltz), bien monté, rigolo, c’est long, très long… C’est pas normal d’aller voir un Tarantino et de s’y ennuyer !

Certains gamins grandissent avec leurs rêves d’enfants (Spielberg), d’autres pas…




dimanche 19 juillet 2009


Hallelujah !
posté par Professor Ludovico

Ça, c’est de l’or en barre ! Quand le Professore tombe là- dessus, il doit en faire profiter le CineFaster.

Dans Paris-Match daté du 29 juin (Bambi en couverture), critique dithyrambique (comme d’hab’) du dernier Woody Allen. Je passe : rien de nouveau sous le soleil. Suivi de deux pages d’interview du Maître : je lis, car si Allen est un cinéaste moyen, c’est un vrai amoureux du cinéma, et un excellent théoricien.

Et la, tatatatata (musique de Star Wars), question du journaliste, citant Philip Roth, écrivain US acclamé par les mêmes qui encensent Woody, accrochez vous : « Woody Allen n’existe qu’à cause de la naïveté européenne ! »

Je ne me vois pas ajouter quelque chose…

PS : Si, quand même : Je me souviens avoir lu dans Studio (oui, j’ai lu un temps cette revue glacée, personne n’est parfait), une interview technique très intéressante de Woody Allen : casting, cadrage, techniques de mise en condition des acteurs, le new yorkais était (et reste, je pense) passionnant…




mercredi 10 juin 2009


Le Retour du Roi
posté par Professor Ludovico

Le Retour du Roi mérite bien son nom; après deux opus lourdingues, le nazgul de l’infâme Jackson décolle enfin.

Il décolle, en fait, dans une dernière heure d’exception. Avant, on aura dû supporter de ridicules pirates (Peter Jackson lui-même, le chef op’, et quelques autres, costumés, juste pour la fendouille, dixit le making of), des morts vivants aux effets spéciaux vraiment pas terribles, et Denethor qui (sur)joue le désespoir.

On échangea tout cela volontiers contre le siège de Minas Tirith, et le combat avec Sheelob, magnifiques, ou tiout simplement, cette dernière heure du Retour du Roi.

Car, cette heure, mazette ! Elle commence par l’une des plus belles répliques du film, une des plus belles exhortations cinématographiques au courage et au sacrifice : Aragorn, désespéré, lance ses troupes devant la Porte Noire, pour faire diversion et sauver Frodon : « Je vois dans vos yeux la même peur qui s’empare de mon cœur. Un jour viendra peut-être, où le courage des hommes faillira, où nous oublierons nos amis et les liens qui tissent cette communauté. Mais ce jour n’est pas venu. Aujourd’hui, nous combattons, pour Frodon !* »

Pour la première fois depuis neuf heures de pyrotechnie jacksonienne, un frisson me parcourt enfin l’échine. Il ne va plus me quitter jusqu’à la fin. Car en face, on enchaîne avec le martyr hobbit, impeccablement joué par Elijah Wood (Frodon). Et, surprise, comme dans le livre, le vrai héros du Seigneur des Anneaux se révèle enfin : Sam le valet, Sam le lourdaud, Sam le brave type (Sean Astin). On avait déjà compris, dans cette histoire extraordinaire d’anneaux magiques, d’épées brisées, de magiciens wagnériens et de Götterdämmerung, que les vrais héros étaient les hobbits, ces common people, ces paysans aux pieds poilus échappé d’une quelconque campagne anglaise. Des héros petits, faibles, sans armes, et sans magie : c’est eux qui allaient écrire cette histoire**

Mieux, ce n’est pas Frodon, Saint Sébastien percé de milles flèches, qui va détruire l’Anneau comme prévu. Sans Sam, qu’il a congédié sous l’influence de Gollum, Frodon, ne peut plus rien, accablé du poids de l’Anneau. Mais l’amitié, la fidélité indéfectible du « cœur simple » flaubertien de Sam, revient le sauver, selon le fameux adage « Je ne peux pas le porter lui, mais je peux vous porter, vous… » Frodon faillit pourtant, car, par un superbe retournement de situation, il finit, corrompu, par s’emparer de l’Anneau. C’est là qu’intervient la plus belle réussite de Peter Jackson : Gollum.

Car depuis le début, le personnage le plus étonnant, le plus émouvant, c’est un personnage simplement issu du processeur d’un ordinateur (et de la performance en motion capture d’Andy Serkis, qui « joue » non seulement Gollum et King Kong***, mais aussi un marin dans ce dernier film). Gollum est non seulement un personnage splendide, l’archétype de la corruption, du mal, de la trahison, mais aussi un personnage incroyablement riche, et c’est donc une gageure de l’interpréter : à la fois schizophrène, effrayant, amusant, apeuré, comploteur… la 3D, plutôt que d’aplatir le personnage, lui donne une dimension inégalée…

Jackson ne commettra qu’une faute de goût, très hollywoodienne. Dans le film, c’est Frodon qui – en héros – précipite l’Anneau vers sa destruction. Dans le livre, c’est… le hasard ! Gollum recule, et, sans le savoir tombe dans le vide, l’Anneau à la main. Il réalise ainsi la prophétie de Gandalf, qui a permis d’épargner la vie de Gollum à de nombreuses reprise : « Même les gens les plus minuscules ont un rôle à jouer »****.

Il restait à conclure, et c’était l’angoisse majeure des Tolkienniens, l’adaptation de ces cent dernières pages extraordinaires qui font du Seigneur des Anneaux un chef d’œuvre, et pas un livre de fantasy de plus. Dans ces pages, antithèse hollywoodienne, il ne se passe rien. Nos amis sont remerciés, retournent à la Comté, où l’on oublie vite leurs hauts faits. Un simple échange de regards entre Sam et Frodon suffit dans le film à le faire comprendre (le cinéma, c’est simple parfois, hein, Monsieur Jackson !) Puis on raccompagne Bilbon, maintenant très âgé, jusqu’aux Havres Gris.

S’il y avait un gage à donner aux fans, c’est bien cette scène-là : tout le Seigneur des Anneaux est dans ces dernières minutes. Jackson réussit un sans-faute, sans dialogues, sans flonflons, l’émotion pure. Et termine en beauté, avec le retour de Sam,
« à la maison ».

Le Retour du vrai Roi.

* C’est encore plus beau en anglais : I see in your eyes the same fear that will take the heart of me. A day may come when the courage of men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day.
This day we fight.
For Frodo!

** C’est le cas d’ailleurs, littéralement : à la fin, Frodon a complété le Livre Rouge de Bilbo : le récit des souvenirs de son oncle, les siens, il reste à Sam de le compléter.

*** Il est notable de constater que, libéré de toutes contraintes (pas de fils Tolkien sur le dos, pas 30 millions de fans hardcore des Terres du Milieu pour lui faire des leçons de grammaire elfique), le Peter Jackson de King Kong vole en apesanteur, opposé à ses lourdes bottes de plomb orques du Seigneur des Anneaux.

**** L’influence marquante de Tolkien, c’est son expérience des tranchées. Il y connut, comme tant d’autres, les affres de la guerre, mais aussi la naissance d’amitiés indéfectibles. Et aussi l’idée que parfois ce sont des petits « soldats » insignifiants qui peuvent faire de grandes choses.

les chroniques des deux opus précédents :
Le Seigneur des Anneaux
Les Deux Tours




jeudi 21 mai 2009


Les Deux Tours
posté par Professor Ludovico

Le Professore, le Professorino, et la Professorinette continuent leur patrouille aux avants-postes des Terres du Milieu, toujours sous domination de l’affreux Jackson.

Les Deux Tours souffre en effet des mêmes problèmes que Le Seigneur des Anneaux. Sept ans après, c’est déjà ringard (ses effets spéciaux vieillissent très vite). Les obstinations pédagogiques, laissant peu de place à la poésie, finissent par lasser. Alors que la vue du simple objet aurait suffit, tout est nommé et contextualisé dans la trilogie : « l’épée d’isildur », « les aigles du Caradras », « le lembas, le gâteau elfique ». C’est la malédiction des adaptations de livres-cultes : on doit donner des gages au hardcore, et au final, on oublie qu’on fait des films pour tout le monde, et qu’il y a peu d’aveugles dans la salle.

Pas besoin non plus de TOUT nous expliquer (Quand la bataille commence, Thoden dit « la bataille commence », et quand elle finit, Gandalf dit « la bataille se termine ». Merci, on avait compris.

De même la sidekickisation régressive de Legolas en archer surfer, et Gimli en nain de caricature, devient encore deplus en plus insupportable.

A cela s’ajoute un défaut spécifique de la version longue de ce chapitre deux : elle ne se justifie pas. Ainsi, une bonne idée scénaristique (déplacer le chapitre des Ents et l’insérer en contrepoint de l’action principale) se retrouve gâchée en version longue, à force de l’étirer à l’infini. On se croirait dans une étape du Tour de France, quand Jean-Paul Jaud quitte l’échappée pour revenir voir ce qui se passe dans le peloton : rien. Bon, ben, les Ents, on en est où ? Ben, on réfléchit…

Ceci étant dit, Les Deux Tours recèle quelques pépites, qui, comme le reste de la trilogie, justifient de passer 3h30 devant. Ainsi, le Gouffre de Helm reste une incontestable réussite graphique et émotionnelle, tout comme l’épisode du Rohan. L’amour impossible d’Eowyn pour Aragorn est très bien utilisé. Le siège d’Osgiliath, les Nazguls, et le superbe personnage de Faramir donnent enfin de l’épaisseur à quelques personnages secondaires : quelle meilleure façon de rendre grâce au génie de Tolkien ?

Et puis bien sûr, un personnage explose littéralement dans Les Deux Tours, c’est Gollum, mais on y reviendra prochainement.

Le Seigneur des Anneaux
Le Retour du Roi




vendredi 15 mai 2009


L’Eternel Retour de l’Etrange Créature Marketing d’Hollywood
posté par Professor Ludovico

Depuis toujours, l’Usine à Rêves cherche la technologie magique qui lui assurerait une emprise durable sur nos esprits. Comme si ce n’était déjà fait !

Après avoir inventé le parlant (1926), le Technicolor (1935), le Cinémascope (1953), on nous bassine aujourd’hui avec la 3D. Rappelons tout de même que la technique existe depuis 1954, avec un film mauvais – mais culte -, L’Etrange Créature du Lac Noir, et que trente ans plus tard, le génial Monsieur Eddy (à quand le retour de la Dernière Séance ?) obligeait toute la France à s’équiper de lunettes 3D.

Hollywood nous refait le coup ces temps-ci, avec le baratin habituel (« technologie révolutionnaire », « nouvelle façon de vivre les films » et l’éternel « demain, il n’y aura plus que des films en 3D* ») On a donc eu droit à L’Etrange Noël de Mr Jack, refait pour la 3D, quelques dessins animés (Monstres contre Aliens, et bientôt Là-Haut), et aussi Meurtres à la Saint Valentin, ou, pour la modique somme de 2€ supplémentaires, j’ai chaussé les lunettes magiques.

Que dire, si ce n’est que cela n’apporte rien ? Bien sûr, on frissonne aux moindres lancers de pioche (c’est l’intrigue principale du film), mais c’est plus une gêne qu’autre chose. Les lunettes sont lourdes, et même bien nettoyées, toujours un peu floues sur les bords, et on perd en plus la vision périphérique qui fait tout l’avantage d’un écran de cinéma.

La 3D nous éloigne en fait de ce rapport magique, sans capote, entre la rétine et l’écran. Bref, ce qui nous fait aller dans une salle de cinéma.

Patience. Encore un an, et on n’en parle plus.

*Jeffrey Katzenberg, tout de même.




jeudi 30 avril 2009


Le Seigneur des Anneaux
posté par Professor Ludovico

Il y a un âge pour tout, et 7 ans, c’est l’âge pour mon fils de voir Le Seigneur des Anneaux.

Est-ce bien nécessaire, après tout ? C’est la question des pères quadra, qui ont lu le livre, attendu le film pendant vingt ans, et qui voient leurs enfants inondés de culture fantasy sans en avoir lu une ligne.

Mon fils joue déjà à des jeux de société Seigneur des Anneaux, il sait ce qu’est un orque, qu’il y existe deux Gandalf, le Gris et le Blanc, et qu’il suffit d’un anneau pour les gouverner tous. Qu’est-ce que je peux lui apprendre encore ?

Plein de choses en fait, puisqu’après avoir vu le Seigneur des Anneaux, mon fils dit préférer Tolkien à Lucas : « Dans Star Wars, y’a quand même moins de trucs ! » Brave petit !

L’occasion était donc belle de revoir, en version longue, le Peter Jackson (pour la troisième fois), le temps faisant son œuvre.

La première impression, c’est d’abord le renforcement des premières impressions : si on doit reconnaître à Peter Jackson la beauté de l’effort (il a réussi là où beaucoup avaient échoué),
Le Seigneur des Anneaux
n’est pas le plus grand film de tous les temps. Certains personnages sont massacrés (Legolas, Gimli, Elrond) et frôlent le ridicule. Certains passages se révèlent kitschissime (les elfes, la plupart de la musique…) L’intrigue, revue et corrigé pour des besoins compréhensibles de dramaturgie, va parfois jusqu’à changer le sens du livre ; on y reviendra plus longuement dans Le Retour du Roi. Et puis il y a cette orgie de combats, parfaitement ineptes, pour satisfaire les besoins des ados Donjons & Dragons ciblée par le marketing. Moralité : ces combats sont mal filmés, (caméra à l’épaule, je pourrais faire aussi bien) et rendent, par exemple, la mort de Boromir Monty Pythonesque.

Je n’ai rien contre la violence au cinéma, mais elle doit servir l’intrigue, pas l’inverse. Ici, on dénature l’esprit de Tolkien – dont on sait que l’influence principale fut son expérience des tranchés -, très éloigné de cette perpétuelle violence. C’est ce qui manque le plus dans la version Peter Jackson. Le livre était une ode à la marche, à la nature ; il ne reste que des fonds d’écrans, splendides au demeurant, mais simple faire-valoir d’aventures trépidantes… A tel point qu’un ami, (Vincent), croyait que le film se déroulait sur sept jours, alors qu’il s’étend sur cinq mois…

Et puis il y a les scènes d’exposition, qui frisent le ridicule en permanence, notamment lors du Conseil d’Elrond, avec l’effet « Blake et Mortimer » : action à l’image, plus description de l’action ! Un exemple : la Compagnie de l’Anneau quitte Fondcombe. Réplique d’Elrond : « La Compagnie quitte Fondcombe. » Puis plans sur le nain, l’elfe, le hobbit. Elrond, toujours : « Quant à vous, les espoirs des nains (plan du nain), des elfes (plan de l’elfe), et des humains»… vous avez compris.

Des détails ? Sûrement pas ! Ces péripéties à répétition : combat, scène d’exposition, combat, ne laissent pas de place à l’émotion, le silence, la réflexion. Et c’est dommage, car ces moments-là sont formidables : la sortie de la Moria, en larmes, est l’un des plus beau plans du film.

Il y a d’autres motifs de satisfaction : la déco est impeccable et très respectueuse de l’ambiance des livres (on se demande qui aurait pu faire mieux), Elijah Wood en Frodon est formidable de bout en bout, tout comme Viggo Mortensen. L’humour ajouté par Jackson ne fait pas de mal non plus…

A suivre, donc :

Les Deux Tours
Le Retour du Roi




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