[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



mardi 15 septembre 2015


True Detective saison 2
posté par Professor Ludovico

« The war was lost, the treaty signed.
I was not caught, I crossed the line.
I was not caught, though many tried.
I live among you well disguised.
I had to leave my life behind;
I dug some graves you’ll never find.
The story’s told, with facts and lies.
I had a name. But never mind

Et voilà, la petite musique de True Detective va encore traîner dans la tête pendant quelques années encore… Intrigue béton, quoiqu’un peu compliquée (mais a-t-on jamais reproché cela au Grand Sommeil ?), quatuor d’acteurs Farrell-Vaughn-McAdams-Kitsch extraordinaires (sauf Kelly Reilly, vraiment en-dessous), mise en scène au cordeau, générique qui tue, et photographie parfaite, prenant une nouvelle fois à rebrousse-poil les clichés d’une région tout en l’esthétisant à mort : cette fois-ci, la Californie, comme True Detective première itération avait arraché les costumes folkloriques de la Louisiane.

Ce qui est étonnant dans cette série, c’est sa capacité à frôler la faute de goût tout en se rattrapant à chaque fois à quelques millimètres du précipice. On se dit que cette réplique-là ne va pas passer, que cette intrigue-là ne sert à rien ; que cette scène d’action est too much pour être crédible (c’était déjà le cas du drug bust de la saison 1), mais à chaque fois, Nic Pizzolatto retombe sur ses pieds.

La fin (ratée car trop rapide en saison 1) est mieux cette fois-ci, mais ce n’est pas pour cela que l’on regarde True Detective. L’intrigue on s’en fiche, ce qu e l’on veut c’est des personnages faits de chair et de sang comme on en voit rarement dans le séries. Des trajectoires de vie esquissées sur deux décennies, avec les désillusions et les tragédies que cela implique. C’est pour ce qui semble être l’obsession fictionnelles de Nic Pizzolatto que nous attendons de pied ferme True detective 3. Et tout autant l’adaptation de son très bon polar Galveston par Janus Metz.




vendredi 4 septembre 2015


Wayward Pines
posté par Professor Ludovico

Voilà donc la fameuse séééériééévéénement, bizarrement lancée par Canal fin août ; ça doit pas être si bien que ça. Mais bon, le cocktail est dosé pour le CineFaster : M. Night Shyamalan aux commandes, ambiance Twin Peaks et Lost mâtinée de Prisonnier, avec, en prime, une ancienne sweetheart : Carla Gugino, ex girlfriend de Michael J. Fox dans Spin City, ex Spectre Soyeux dans les Watchmen. Plus le beau ténébreux Matt Dillon, ça doit faire le plat pour saucer.

La première couche est cependant un peu bizarroïde car dans ce premier épisode, tout sonne faux, à commencer par le décor de la petite ville proprette de Wayward Pines. Mais on se dit que soit c’est raté, soit c’est fait exprès.

Et le fait est que le pilote ne fait pas de chichi sur les mystères de l’intrigue : Ethan Burke (Matt Dillon) est agent des services secrets, et il a eu un grave accident de voiture. Il se retrouve hospitalisé dans un étrange village de l’Idaho, Wayward Pines, où les habitants se comportent bizarrement. Pendant ce temps, les services secrets cherchent activement leur agent. Mais on comprend vite que quelque chose ne tourne pas rond, entre les précédentes crises d’amnésie du personnage principal, les tons de comploteurs des villageois, sans parler des paradoxes temporels qui pointent leur nez. De plus, la solution de l’enquête de Burke est là devant ses yeux ; il cherchait son collègue disparu, le voici en cadavre dans une maison abandonnée. Tout ça en 41mn.

M. Night Shyamalan se la joue donc postmoderne ; on ne va pas passer une saison à vous expliquer tout ça, on vous le dit tout de suite. Evidemment, la vérité doit être ailleurs, comme dirait l’autre.

Le problème, c’est plutôt Shyamalan lui-même. Le réalisateur wonderboy s’est enfermé tout seul depuis quinze ans dans le-film-à-twist. Après le coup de génie Sixième Sens, le très bon Incassable, la carrière du Spielberg de Pondichéry n’a fait que décliner : Signes, Le Village (qui montre des similitudes avec Wayward Pines, par ailleurs) et le désastre Phénomènes. Au-delà de la faiblesse d’une partie de ces films, c’est plutôt le réflexe pavlovien de guetter la « surprise » Shyamalanienne finale qui a gâché ces films. Savoir qu’il y a toujours une surprise, ce n’est plus de surprise du tout.

Evidemment, tout cela est dans la tête du spectateur à l’orée de Wayward Pines. Mais pour le moment on est suffisamment accroché à l’originalité du personnage principal, formidablement campé par Dillon, pour une fois loin de ces rôles de bellâtre qui ont fait sa fortune. Il est ici aussi à rebours des habituelles victimes du ce genre de conspiration (le Jack de Lost, pour n’en citer qu’un). Au contraire, Ethan est un flic hardboiled, prêt à te péter la gueule si tu ne le laisse pas téléphoner. Il rappelle à cet égard les meilleures scènes de Patrick Mc Goohan dans le Prisonnier.

Donc on va s’accrocher un peu, même si on guette le twist.




jeudi 30 juillet 2015


Halt & Catch Fire, saison 2
posté par Professor Ludovico

Dommage que ce soit si mal fait, Halt & Catch Fire…

Avec ses intrigues, certes intéressantes, mais mal construites, mal amenées, au déroulement tellement téléphoné… Parce que, pour le reste, la série sur nos programmeurs texans des eighties est passionnante.

Comment, tout simplement, quelques ringards à barbichettes, stylos dans la poche de chemisette, ou ados boutonneux / T-Shirt Star Trek, ont transformé nos vies du fond de leur garage ? Les jeux vidéo, la communication en réseau, les forums, CompuServe, Usenet, les PCs à la carte, les interfaces graphiques, les modems, le first person shooter, le RPG en ligne : tout ce qui, aujourd’hui, n’est rien de moins que notre quotidien.

Et au-delà de la pastille nostalgique, (musique, vêtements, coupe de cheveux, et le doux babillement d’un clavier de Commodore 64), Halt & Catch Fire vaut quand même le détour.




jeudi 9 juillet 2015


True Detective saison 2
posté par Professor Ludovico

Un départ sur les chapeaux de roues, c’est ce que nous propose True Detective saison 2. La série a le grand mérite de se renouveler tout en conservant ses principes de base. Un générique extraordinaire, qui pourtant reproduit les motifs de la saison 1 : visages torturés et autoroutes impersonnelles, musique lancinante* et flots de liquides écarlates, dont on ne saura jamais si c’est du sang, ou de la pollution. Les motifs cultes de la première saison sont là aussi ; les flics qui philosophent dans la bagnole, les illusions perdues entre vingt et cinquante ans, la violence omniprésente au sein du couple ou de la famille. Et une fois de plus, Nic Pizzolatto tire le maximum de son casting de losers, comédiens égarés loin de la yellow brick road parfaitement huilée du succès Hollywoodien*.

True Detective sera néanmoins jugée à l’aune de son intrigue, déjà point faible de la saison 1. Totalement différente ici (trois flics, un voyou, un scandale immobilier dans le nord de la Californie**), l’intrigue part bien. Tiendra-t-elle toutes ses promesses ? That is the question.

* Nevermind, de Leonard Cohen
* Colin Farrell n’a rien fait depuis Miami Vice, Rachel McAdams dit que True Detective est « le rôle de sa vie », Taylor Kitsch est notre chouchou, mais se remet à peine de John Carter, Kelly Reilly est surtout connue de Cédric Klapish, et Vince Vaughn espère sortir du carcan des comédies…
** filmé comme on ne l’avait jamais vu, tout comme on avait fait jamais filmé la Louisiane industrielle




samedi 4 juillet 2015


Girls saison 3
posté par Professor Ludovico

On pouvait se demander quelle était la pérennité de ces filles, au-delà de la surprise initiale (Sex & The City 2.0, sexe assumé, et problématiques twentysomething de saison). Avaient-elles la capacité de tenir la distance, sans vieillir ? Sans fatiguer les spectateurs ou elles-mêmes… ?

A l’issue de cette troisième saison*, on est rassurés. Non seulement cette écriture saignante, moderne, qui fait le talent de Lena Dunham est toujours là, encore plus vivace même**. Mais cette saison ajoute une touche de tragique, avec la mort des proches, le suicide, et la lente désintégration du couple, sans cesser de faire rire.

A l’heure (25 ans) où l’on tente de bâtir quelque chose, un couple et la perspective d’une famille, un job qui correspondrait enfin à nos aspirations réelles, Lena Dunham pose les dernières questions qui méritent d’être posées ; faut-il renoncer à la vie dont on a rêvé (aller étudier dans la meilleure fac littéraire des Etats-Unis, devenir écrivain, enfin), ou abandonner l’amour avec un grand A et être plus réaliste (Marnie) ? Ou renoncer à sa fierté et reconquérir un bonheur atteignable (Shoshannah) ? A ces questions, Dunham apporte des réponses sobres, subtiles, nuancées. Elle est en cela aidée par des comédiens gigantesques qui toisent la concurrence du haut de leur vingt ans quelque chose : Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke, Zosia Mamet, Adam Driver (Bientôt grand méchant de Star Wars VII), Alex Karpovsky …

Girls est tout simplement ce qui se fait de mieux à la télé en ce moment.

* Nous n’avons pas vu la quatrième saison, actuellement sur OCS.

** « Pourquoi ne poses-tu pas une miette de compassion humaine de base sur ce muffin allégé de détachement psychopathique ? On dirait Adam. Il y a plus d’une façon de ressentir les choses. »
Ray à Hannah




dimanche 21 juin 2015


Game of Thrones : où est passé le magicien ?
posté par Professor Ludovico

Quand on commence à remarquer la technique de l’œuvre art, c’est mauvais signe. Si l’on voit le coup de pinceau derrière un Poussin, si l’on repère que chez Michel Houellebecq, il y a une scène de cul toutes les dix pages, si l’on commence à trouver répétitive le boogie-woogie éternel des Rolling Stones, c’est que l’artiste a déjà perdu la partie.

L’artiste, ou plutôt, dans le cas du cinéma, le magicien. Immuable Odéon de Nickel, attraction de fête foraines depuis l’aube du vingtième siècle, le cinéma est avant tout un tour de passe-passe. Ce n’est pas les Rocheuses qu’on voit au fond de la Mort aux Trousses, c’est un matte painting. Bruce Willis ne se jette pas dans le vide, c’est un cascadeur attaché un fil. Ce ne sont pas les seins de Lena Headey qu’on voit dans le final du Trône de Fer, mais ceux d’une doublure. Et ces deux acteurs ne sont pas amoureux, ils font seulement semblant de s’embrasser sur la bouche. On s’y croirait, pourtant.

Comme dans un tour de magie, le prestidigitateur nous oblige à regarder sa main droite pendant que tour est fabriqué de la main gauche. Si jamais on voit cette main gauche, la magie disparait. C’est ce qui se passe – espérons provisoirement – sur cette cinquième saison de la plus grande série du monde, Game of Thrones. Ce qui a si bien marché pendant quatre saisons ne marche soudain plus. Où est passé le magicien ? Soudain, la main gauche de David Benioff et de D. B. Weiss nous est apparue dans la lumière.

Pour une raison très commerciale, en fait : George Martin n’a pas fini sa saga, mais pourtant, HBO doit la finir. Car si l’on peut étendre des romans sur trente ou quarante ans, écrire quand cela nous chante ou quand l’inspiration vient, c’est impossible dans l’univers très cadré de la télévision. Une saison chaque année, un créneau spécifique chaque semaine, et surtout, battre le (trône de) fer quand il est chaud. Le public veut son frisson hebdomadaire, il l’aura. Dans deux ans, ce sera trop tard.

Ce sera trop tard aussi, techniquement. Les acteurs jeunes grandissent trop vite, plus vite que dans le livre, comme le montre cette incroyable photo, deux ans avant les premiers épisodes. Dans le livre, quelques mois seulement ont passé. Mais nous en sommes déjà à la cinquième année de tournage. Arya n’aura bientôt plus rien d’une adolescente.

HBO sait ça, comme il sait qu’il ne peut guère espérer plus de deux ou trois saisons supplémentaires, quel que soit les volontés scénaristiques de George Martin.

Le cahier des charges de Benioff/Weiss est donc très clair : finir en deux ou trois saisons ; pour cela il faut inventer une fin et donc réorienter les arcs narratifs existants vers cette direction. Et c’est là, on le voit bien, que nos scénaristes sont à la peine. Les intrigues créées sont peu probables (Jaime qui va chercher seul sa fille) ; les raccourcis se voient (les changements en un tournemain des pouvoirs religieux à Port Réal) ; les personnages sont caricaturées (La relation entre la Khaleesi et ses dragons ne déparerait pas chez Disney) ; et même s’ils sont effectivement tués dans le livre, les personnages meurent trop rapidement dans cette saison.

Si les scénaristes n’y croient pas, comment un comédien pourrait le faire ? Les dialogues sont creux, et les plus grands personnages en deviennent faibles (Jaime, Tyrion). Pire, voilà soudain une pléthore des dialogues explicatifs censés faire progresser l’intrigue rapidement : péché mortel au cinéma, et habituellement apanage des NCIS et autre RIS : Police Scientifique : les personnages expliquant ce qu’ils vont faire et pourquoi. Cette incapacité d’expliquer les choses autrement que par le dialogue, c’est la défaite du cinéma, et c’est bien la défaite du Trône de Fer saison cinq, la série ayant su brillamment échapper à ces facilités jusque-là ! De sorte que l’on est bien en peine*, de citer une ou deux grands dialogues de cette saison. Pas de « Knowledge is not power ; power si power ! » ou autre « You know nothing, Jon Snow ! ».

Autre défaillance : la construction ratée des arcs narratifs de cette saison. Tout semble s’être concentré sur les derniers épisodes, laissant en jachère la majeure partie de la saison, bien ennuyeuse par moments. Le syndrome episode nine a-t-il frappé ? HBO est-il phagocytée par le marketing de sa série phare ? On se sait.
Il est compréhensible – voire souhaitable – que les auteurs de raccorder plusieurs histoires et trouver enfin cette voie divergente aux romans. Mais encore faut-il que ce soit bien fait. Il reste donc deux saisons pour finir en beauté ; être Six Feet Under plutôt que Lost, c’est ce qui reste comme espoir à l’aficionado.

* à part une exception ici.




mardi 9 juin 2015


Girls s03e03, une fille seule dans la foule
posté par Professor Ludovico

Il suffit d’un plan pour démontrer le talent incroyable de Girls, surtout après Girls Only. Et celui, partant, de Lena Dunham. Un plan, extrait de cet épisode trois de la troisième saison, toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort. Un épisode doux amer au milieu de trois saisons de rigolade permanente qui se passe du sucré à l’acide en moins de vingt minutes. Évidemment sans dialogue superfétatoire, sans explication, un rebondissement inattendu, comme la vie en procure d’amers. Une jeune femme seule dans la foule newyorkaise.

Girls c’est ça : une jeune femme seule et géniale, perdue dans la foule de la médiocrité environnante du cinéma américain.




dimanche 31 mai 2015


Game of Thrones, s05e07
posté par Professor Ludovico

« Un roi est un boucher. Sinon, c’est lui la viande. »

Ça y est, Game of Thrones est de retour.




vendredi 22 mai 2015


Game of Thrones, saison 5 : is winter coming ?
posté par Professor Ludovico

Cette saison 5 serait-elle celle du déclin ? Après cinq épisodes – et déjà deux ratés – il est temps de se poser la question. Qu’on se rassure, la série n’a pas encore sauté le requin, ce bond fatal dans les incohérences qui tuent les séries. Mais il subsiste quelques indices qui font peur.

Le Trône de Fer se met aux rebondissements inexpliqués, un défaut qui a plombé les meilleures intentions des meilleures séries, Lost ou Six Feet Under en tête : on envoie un personnage dans une mission suicide dont les motivations tentent d’être expliquées par un dialogue lourdement explicatif. Pas le genre de la maison Lannister.

Un autre personnage a une promotion et, dans le même épisode, doit effectuer un choix cornélien. Dans des temps plus lointains, GoT aurait distillé cela sur plusieurs épisodes. Rappelons que final de la saison quatre était déjà de cet acabit, en précipitant le destin de plusieurs personnages en un seul épisode, alors que cela aurait fait un parfait cliffhanger de fin de saison et une excellente reprise de saison 5.

Benioff et Weiss aurait-il perdu la Magic Touch ? Ont-ils des contraintes extérieures (finir en saison 7, comme le veut la rumeur ?) Y’a-t-il du tirage dans l’équipe ? C’est le lot de toutes les séries, bonne ou mauvaises, comme le narre brillamment Des Hommes Tourmentés*.

Espérons que tout cela n’est qu’un dérapage ponctuel.

* Des hommes tourmentés, le nouvel âge d’or des séries, Des Soprano et The Wire à Mad Men et Breaking Bad, par Martin Brett (Ed. La Martinière)




mercredi 20 mai 2015


Mad Men, 7 saisons en Ligue 1
posté par Professor Ludovico

Hier c’est terminé la grande saga de Don Draper. 1963-1970, sept saisons des Mad Men : le portrait d’une décennie, mais bien plus que ça, évidemment. Pas seulement la déconstruction des fifties trop idéalisées, ou le deuil des sixties, mais un autoportrait. Celui de nos parents, et de leurs vies coincées de l’après-guerre, mais surtout le portrait de nous-mêmes, le portrait de toutes les vies. Car, comme nous l’avions dit, ces Hommes Fous sont nos frères.

À l’heure où une série tire sa révérence, une question subsiste : avons-nous vu une grande série ? Elle peut nous avoir fait vivre des émotions considérables (comme Lost) et rester une œuvre peu importante (comme Lost). Ce qui décide de cela, c’est le final. La fin du dernier épisode doit être en cohérence avec les valeurs intrinsèques de la série. C’est important dans un film, mais c’est très important dans une série. Par ce que l’investissement consenti par le spectateur est énorme. 92 heures à imaginer ce qu’il va arriver à Don. Va-t-il enfin coucher avec Peggy ? Va-t-il se suicider ? Ou pire, monter sa boîte ? Selon la réponse, le spectateur sera satisfait ou déçu pour toujours.

Seules les grandes séries atteignent cet objectif. Elles savent proposer une fin en tout point conforme avec la destinée que nous imaginions pour chacun des personnages.

Avec les Mad Men, l’enjeu est énorme. La série a depuis toujours, comme on dit, fait « appel à l’intelligence du spectateur » ; pas question d’y déroger aujourd’hui.

Respectant les règles de la dramaturgie Matthew Weiner a fait lentement monter la sauce dans cette saison 7. En plaçant subtilement tous ses personnages sur des trajectoires que l’on a pu deviner (Pete) ou qui ont créé la surprise (Betty).

De même, Weiner a gardé les enseignements de son mentor, David Chase, en proposant une fin ouverte, laissant toute place à l’interprétation.

Maintenant, Mad Men est-elle la plus grandes des séries ? En tout cas elle rejoint l’Olympe : moins engagée que Sur Ecoute, moins dramatique que Six Feet Under, moins drôle que Ally McBeal, la grande qualité de Mad Men est de n’avoir jamais chuté, (contrairement à ce que laissait entendre son générique) : pas d’épisode fantasque (comédie musicale des X-Files), pas de saison ratée (Six Feet Under), pas d’intrigue bizarroïde (Sur Ecoute saison 5). Une fois qu’on a dit ça, il ne reste qu’un seul véritable adversaire aux hommes de Madison Avenue : une autre sorte de mafia new-yorkaise, les Soprano. Et comme Matthew Weiner a appris le métier sous la férule de David Chase, on acceptera volontiers que nos publicitaires et nos mafieux soient premiers ex æquo.




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