[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



samedi 16 septembre 2017


Vietnam
posté par Professor Ludovico

Oyez, oyez braves gens ! Le cirque Burns est en ville avec son nouveau spectacle, Viet-NAAAAAM ! Neuf heures d’amusement, de frayeur, et de rires pour toute la famille ! Découvrez les rives enchanteresses de la Nang River, le Siège de Khe San, la bataille d’Hamburger Hill ! Photo dézoomées, témoignages austères, gros plan sur des casques Born to Kill et joint de marijuana !!! Le Grand Orchestre du Cirque Burns est dirigé par Messieurs Trent Reznor et Atticus Ross !!

Ne manquez pas le spectacle ! Le Cirque Burns sera en ville à partir de mardi 20 heures jusqu’à jeudi, dernier délai, pour trois heures de spectacle formidables par jour !

Rentrez chez vous braves gens ! Allumez votre téléviseur ! Et regardez !!!

Vietnam, un documentaire de Ken Burns et Lynn Novick
Arte, du 19 au 21 septembre à 20h50




lundi 4 septembre 2017


Wolf Hall
posté par Professor Ludovico

Au moment où Peter Kosminsky revient sur Canal+ avec le provocant The State, Arte rediffuse Wolf Hall, ses Tudors minimalistes. La série date de 2015 et cette tanière du loup est une énième variation, adaptée des livres de Hilary Mantel, sur le grand événement fondateur de la monarchie anglaise : comment un pays profondément catholique, avec un roi marié à une princesse espagnole, Catherine d’Aragon, a basculé dans un régime totalement spécifique inspiré par la réforme.

Il y avait déjà eu la version glamour signée Michael Hirst, et beaucoup d’autres versions cinématographiques, il y a maintenant le Wolf Hall de Monsieur Kosminsky. C’est évidemment le premier atout marketing de cette mini-série de six épisodes. Sec comme un coup de trique comme Warriors, sans concession, comme La Promesse. Mais il y a aussi Mark Rylance, le Rudolf Abel du Pont des Espions, le père de Dunkerque. Il interprète ici un Cromwell de haute facture : silencieux, machiavélien, tour à tour terrifiant et terrifié.

On le comprend, ces Tudors-là sont à l’exact opposé des Tudors de Hirst. Pas de beaux costumes, pas de décors magnifiques, mais plutôt une sorte de reportage, caméra à l’épaule, dans de vrais décors. C’est la force et la faiblesse de la version Kosminsky. Sexy comme une bible de Martin Luther, il a pourtant tout pour plaire. Pour cette vision ultra réaliste des relations très particulières qu’entretiennent prince et conseiller, le premier toujours à quelques centimètres de planter la tête du second au bout d’une pique (ce qu’il fera quelques années plus tard)…

Rylance est tout simplement parfait dans le rôle, gardant dans le silence, plutôt que proférer d’inutiles dialogues, une relation distante avec ses maitres (Damian Lewis, tout aussi parfait en Henri VIII).

Pour tout amateur d’histoire : un must.




mercredi 30 août 2017


Manuel du Magicien
posté par Professor Ludovico

On cherche en vain à expliquer aux guèmemoftroneurs hardcore ce qui cloche dans notre série fétiche – et qui lui a fait perdre, depuis quelques saisons, tout espoir d’accéder au panthéon des séries parfaites. Mais on se heurte à un mur, car leur fanatisme est sans limite. « C’est agréable », « on ne s’ennuie pas », « c’est normal qu’on passe la seconde », et autres foutaises, alors que la série se débarrasse de son ADN, et, partant, son génie si particulier. Mais comme dit Matthieu (11:15), Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.

C’est alors que le Professorino nous donne la clef, le contre-exemple pédagogique qui permet d’expliciter notre dépit. L’arc narratif « Littlefinger » est une des réussites de cette saison, et montre en creux l’échec des autres. Cet arc (Littlefinger essayant de semer la zizanie chez les Stark) est installé depuis plusieurs épisodes (voire plusieurs saisons), alors que les autres arcs débarquent parfois aussi subitement que l’arrivée du train en gare de La Ciotat. Cet arc est cohérent avec le personnage concerné. Il est amené par des dialogues brillants et subtils. Cette intrigue progresse à petites touches, épisode après épisodes. Son dénouement intervient au bon moment, et ses conséquences sont logiques. En clair, ce qui manque à beaucoup d’autres arcs narratifs de cette saison 7. Et il n’y a aucune excuse à ne pas suivre la méthode ci-dessus.

Les auteurs le savent, mais comme dit Cersei, Knowledge is not power. Power is power.




mardi 22 août 2017


Où sont passés les magiciens ? Dans le Player’s Handbook !
posté par Professor Ludovico

Dans le Manuel du Joueur de Donjons et Dragons, Première Edition, il est dit qu’un magicien septième niveau n’a le droit de lancer que deux boules de feu par jour. En gros, la magie c’est bien, mais il ne faut pas en abuser.

Cette « septième » qui, par ailleurs, renoue avec la qualité des premières saisons, notamment du côté des dialogues, montre quand même les limites de notre couple de magiciens, Benioff & Weiss. Très bons adaptateurs, tant que George R. R. Martin, l’auteur du Trône de Fer leur fournissait matière à foison, et qu’il s’agissait de trier, piocher, réorganiser ce tas de fiction. Mais mauvais inventeurs ; depuis la cinquième saison, les voilà obligés de créer (et de conclure) et on voit bien que c’est là que ça cloche.

D’où cette subite accélération des transports en commun de Westeros (bateau, marche à pied, dragon) où tout ce qui était compliqué prend maintenant cinq minutes. D’où ces réunions d’anciens ennemis (parce-que-finalement-quand-on-y-réfléchit-on-est-du-même-côté) qui touchent parfois au grotesque. D’où ces deus ex machina qui viennent subitement sortir nos héros d’un triste sort, parce que oui, on ne tue plus les têtes d’affiche dans Westeros. Tout ça pour dire qu’on a plus l’impression d’être dans un scénario de Donjons&Dragons, où les gentils gagnent à la fin, que dans la superbe mécanique nietzschéenne, toute de noire carrossée, des débuts.

La faute peut être, à la maladie de la production télé : on le sait, les magiciens Benioff & Weiss ont déjà changé de cirque, et se préparent à proposer un nouveau tour, dans une autre ville : Confederate, la dystopie Guerre de Sécession qui fait déjà couler beaucoup d’encre. Autant dire que nos amis, comme le JJ Abrams de la fin d’Alias, ont autre chose en tête que de peaufiner le dernier chapitre de leur opus.

Tant mieux pour eux. Tant pis pour nous.




dimanche 20 août 2017


Twin Peaks saison 3
posté par Professor Ludovico

Il y a une justice finalement. Avec 250 000 spectateurs à chaque épisode aux États-Unis, Twin Peaks est un énorme flop. A titre de comparaison, la série réunissait 15 millions de spectateurs lors de sa première saison, en 1990.

A part les quelques francs-tireurs habituels, – Libé-Télérama*, you name it – qui ont cru bon s’extasier (et encore, seulement quelques journalistes au sein de ces rédactions), le reste du monde libre a compris que David Lynch était mort depuis longtemps en tant que cinéaste. Depuis Inland Empire, exactement, auquel cette saison fait paraît-il penser. Mais c’est si mal écrit, si mal joué, à un point qui serait inacceptable pour Joséphine Ange Gardien, que ça en devient une insulte. Une provocation, puérile et futile de la part d’un aussi grand cinéaste.

Bien sûr, il y a eu l’épisode huit – extraordinaire moment de cinéma expérimental à une heure de grande écoute sur une télé américaine – sur le Thrène pour les Victimes d’Hiroshima de Kristof Penderecki. Mais pour dire quoi ? On ne sait toujours pas, quatre épisodes plus tard. Lynch se moque du monde, mais cette fois-ci ce n’est pas drôle.

Une série, ce n’est pas un film. Une série, c’est avant tout des personnages auxquels on s’attache, qui font partie de la famille, que ce soit Columbo, Dr House ou Bobby, Audrey, Norma, et Dale Cooper. Ces fantastiques personnages, créés il y a vingt-cinq ans, c’est eux qui sont ridiculisés, humiliés, et insultés. Par leur propre créateur.

Alors que Lynch avait réussi quelque chose de magnifique en réunissant à l’écran ces acteurs, et qu’il avait l’incroyable opportunité de raconter à nouveau l’histoire de cette ville, deux décennies après le drame**, il se perd à filmer en noir et blanc des phonographes et des îles battues par le vent.

Ce qui nous attriste, (plutôt que ce qu’il nous inflige à nous – victimes masochistes et consentantes, incapables d’abandonner et préférant boire le calice jusqu’à la lie), c’est de voir cet immense créateur brûler sa propre toile, sans être capable de trouver la moindre explication à ce massacre.

* L’hebdo met encore cette semaine deux T à la série de Lynch, et un seul à L’Année du Dragon. Ça me fait penser à ce que disait récemment Michel Ciment au Masque et la Plume à propos de T. Malick : « La critique française descend son dernier film parce qu’il est incompréhensible, mais s’extasie sur un film roumain filmé dans le noir pendant 90mn. »

** Lynch se contente d’esquisser cette possibilité : Norma et Shelly fidèle au poste du Double R Cafe, Bobby devenu flic, etc. Ces moments nous font toucher ce du doigt ce que Twin Peaks, The Return, aurait pu être, et ne sera jamais.




jeudi 10 août 2017


La Servante Ecarlate
posté par Professor Ludovico

Cette série, hautement recommandée par le Snake – qui aurait, paraît-il, fait quelques sous-titres – puis par le Rupélien, n’est pas une inconnue. Il y avait déjà eu une adaptation par Volker Schlöndorff avec la magnifique Natasha Richardson (le film n’était pas magnifique, lui).

Le pitch est donc connu : dans un futur proche, la pollution a réduit la fertilité humaine à une peau de chagrin : seules quelques femmes sont en mesure d’enfanter et sont devenues des richesses très convoitées. Réunies dans un ordre religieux, ces Servantes Écarlates sont mises à la disposition des nouveaux maîtres, les Commandeurs, pour créer, comme de bien entendu, une nouvelle race de seigneurs.

Le génie de cette version 2017, orchestrée par Bruce Miller (The 100), est de lui donner les couleurs du temps. L’époque s’y prête, entre l’Amérique réactionnaire de Donald Trump et le califat de Daech. Mais Bruce Miller fait mieux, en utilisant ce qui est déjà en germe dans le livre de Margaret Atwood. Ces servantes écarlates sont bien sûr une allusion à La Lettre Écarlate, où deux protoaméricains tentent de s’aimer dans l’Amérique puritaine du Mayflower.

L’action de Handmaid’s Tale se déroule donc au même endroit, Boston, dans quelques années. Et c’est là qu’opère la magie noire de la série ; en 7 ou 8 ans, l’Amérique n’a pas beaucoup changé, même si elle a basculé dans une dictature théocratique. Les riches roulent en 4×4, dans des banlieues tranquilles comme il en existe tant en Amérique (ou en France). Seulement voilà, on ne voit que cela, parce que l’héroïne, Kate, n’a plus le droit de sortir de ce minuscule univers : la maison, (sa chambre et celle du couple, où elle doit effectuer la Cérémonie, c’est à dire le viol qui permette d’enfanter une descendance au Commandeur), le magasin de fruits et légumes, et parfois, une place, où les servantes lapident une consœur désobéissante.

L’effet de transfert est terrifiant : nous sommes tellement habitués à ces décors, ce mode de vie américain qui est devenu le nôtre : leurs banlieues riches sont les mêmes, leur voitures aussi. Mais voilà, dans ce décor occidental, on vit comme en Arabie Saoudite ou à Mossoul. Oui, soudain, par l’effet de magique de la fiction, cela devient possible, plausible.

Dans l’Amérique de Donald Trump, où pour certains, les dinosaures n’ont pas existé, et où certaines souhaitent garder leur virginité pour le mariage ; où, en France même, on se met à contester l’avortement (et pas dans les fractions islamistes de la population), oui, cela devient subitement possible.

Et la série est très brillante là-dessus, en transférant des images connues dans ce contexte tout aussi connu, par exemple des églises détruites par le nouveau pouvoir (car les chrétiens modérés sont chassés et pendus, sur une grue, comme en Iran). Par un ingénieux système de flashback, on torture le spectateur en montrant les bonheurs simples d’aujourd’hui (draguer en achetant des hot dogs) et la terrifiante vie de demain, où les femmes sont soit des pondeuses, soit des bonniches, et où les hommes doivent se restreindre de tout désir.

Les flashback permettent aussi d’économiser une fastidieuse mise en situation. Par ces retours pointillistes, on découvrira comment, sous couvert de terrorisme, on verrouille progressivement les libertés individuelles. Comment s’installe, jusque dans les esprits, cette théocratie fondamentaliste. Au travers notamment du terrifiant personnage de Serena (magnifique Yvonne Strahovksi, nouvelle Cersei Lannister). Cette femme forte, intelligente, épouse du commandant incane une Lady Macbeth impuissante, symbole de l’ambiguïté du nouveau régime.

Mais c’est sans compter la nouvelle performance hallucinante d’Elisabeth Moss, également coproductrice. La fille du Président Bartlet, la Peggy des Madmen, la Robin du Top of the Lake de Jane Campion réalise une de ses plus belles prestations en Defred, la Servante Écarlate du Commandeur.




dimanche 9 juillet 2017


O.J.: Made in America
posté par Professor Ludovico

C’est l’histoire d’une injustice. C’est l’histoire de plusieurs injustices. Un horrible ping-pong entre noirs et blancs, dans un pays qui n’en finit plus de régler l’esclavage, la Guerre de Sécession, la ségrégation.

C’est tout cela que raconte O.J.: Made in America, le documentaire oscarisé qui raconte non pas seulement le procès du siècle, mais cette histoire de l’Amérique. Los Angeles, le LAPD, les émeutes de Watts de 1965, celles de 1992 et Rodney King, et le procès d’O.J. Simpson, le footballeur noir qui a tué sa femme et que tout accable, mais qui sera acquitté, comme une revanche de toutes les injustices précédentes.

Injustice sur injustice, plus exactement : O.J. Simpson perce grâce au foot dans le monde des blancs, car, comme le dit Johnnie Cochran, son avocat, il doit « courir plus vite, sauter plus haut » qu’un blanc pour atteindre les mêmes objectifs.

Lui qui ne s’intéresse qu’aux blancs, ne sera jamais présent auprès des noirs, sera pourtant sauvé par eux : deuxième injustice. Grace à un jury totalement acquis à sa cause, il s’en tirera malgré les faits, l’ADN, le mobile.

Puis parce qu’on délocalisera le procès, perdra 30M$ au civil, devant un jury parfaitement blanc. Dettes qu’il ne règlera pas… injustice, injustices.

Et dans un dernier rebondissement, ironie divine (parfois, contrairement à ce que disent les suédois, Dieu ne punit pas tout de suite), O.J. Simpson prendra trente ans de prison pour avoir menacé, bousculé, volé des collectionneurs d’objets sportifs… Là où nimporte qui prendrait deux ans.

Simpson avait échappé de son pire crime grâce à une justice à deux vitesses, parce que les blancs ne le considéraient pas comme un noir, et parce qu’il était riche. Redevenu pauvre, O.J. est soudain redevenu noir.

C’est ce que raconte O.J.: Made in America, incroyable documentaire, où, malgré la durée, on reste fasciné de minute en minute*. Tout en étant conscient que progressivement, l’Europe en général et la France en particulier glissent vers les mêmes tentations délétères…

O.J.: Made in America
En Replay sur Arte+7

* Et démontre au passage l’excellence de la fiction de Ryan Murphy, The People vs OJ Simpson




lundi 26 juin 2017


The Night of
posté par Professor Ludovico

Quand on voudra analyser les années 2000, les historiens se pencheront sur HBO. Pour comprendre l’histoire des Etats-Unis post-11 septembre, ou de l’Occident en général, il suffira de regarder les Soprano, Sur Ecoute ou The Night Of. En huit épisodes, la série – sous le faux prétexte d’une enquête policière* – trace le plus précis des portraits de notre monde actuel. Un monde gangréné par la peur du terrorisme, la drogue, le racisme, et le fric.

En huit épisodes d’une subtilité incroyable (on est sûr que Nazir n’a pas tué la fille, alors qu’aucune preuve ne vient étayer cette idée ; la série va jouer avec ce préjugé), The Night of traitera tous ces sujets, la vidéosurveillance partout, les avocats des riches et les avocats des autres, Rikers’ Island, le dur boulot de flic ou de la procureure, miné par l’obsession du résultat, la médecine à deux vitesses, etc., etc.

Porté par le meilleur du casting d’HBO, John Turturro, qu’on ne présente plus, Riz Ahmed (Rogue One), Michael K. Williams (Omar de Sur Ecoute), Bill Camp (The Leftovers, Twelve Years a Slave), Peyman Maadi (Une Séparation, A Propos d’Elly), J.D. Williams (Sur Ecoute, Oz), chaque scène est un merveille de réalisme, de subtilité, d’intelligence, portée par des comédiens extrêmement sobres.

La mise en scène est au diapason : jamais spectaculaire, totalement au service du scénario. La base du cinéma, tout simplement : show, don’t tell. Un regard, et Turturro décide d’aider ce gosse perdu dans sa cellule du 21th precinct. Le visage fermé du flic remplissant sa déclaration de retraite : pas besoin d’une ligne de dialogue pour comprendre qu’on ne met pas trente ans de boulot aussi simplement aux archives. Ou la transformation visuelle de Nazir qui vient jeter l’ambigüité sur le personnage et nous obligent tout à coup, peut-être, à réviser nos préjugés sur l’innocence du héros.

The Night of est simplement l’une des plus grande séries de ces dernières années…

* Un jeune américain d’origine pakistanaise a-t-il ou non sauvagement assassiné son coup d’un soir ? Le spectateur comprend vite que ce n’est pas le sujet de The Night of




lundi 19 juin 2017


Missions
posté par Professor Ludovico

Bonne nouvelle : les Français se mettent à la série TV SF. Mauvaise nouvelle : les Français se mettent à la série TV SF. Bah oui, comme d’habitude, c’est très beau : générique splendide, décors incroyables (les images de Mars, on ne sait pas où ils les ont tournées*) et les vaisseaux en 3D, parfaits. La musique techno, French touch, magnifique.

Qu’est-ce qui cloche, alors ? Comme d’habitude : le moins cher. Les dialogues, écrits par une classe de cinquième. Et les acteurs qui les jouent : une classe de quatrième**. C’est dommage parce que les idées sont bonnes, à savoir une sorte d’anthologie-clin d’œil de tout ce qui fait la SF depuis 100 ans.

* dans le désert marocain, merci internet.
** malgré le génial Mathias Mlekuz, disparu depuis Nos Enfants Chéris




dimanche 18 juin 2017


Twin Peaks, s03 e1234
posté par Professor Ludovico

On aurait dû s’en douter quand on a appris, en mai, qu’à la projection des deux premiers épisodes, David Lynch avait été ovationné à Cannes. Les mêmes ayant probablement poussé des cris d’orfraie en 1990 contre La 5 et le pouvoir destructeur de la télé, qui venait d’absorber le plus grand cinéaste de sa génération. Cannes se trompe toujours d’une guerre.

Donc si elle applaudit le reboot Twin Peaks « 25 years later », c’est qu’il y a un problème. Et il y a un problème. Ce que les Alpes Maritimes applaudissent aujourd’hui, c’est la veine auteuriste de David Lynch. Et c’est tout ce qui ne va pas dans Twin Peaks.

Le génie de la série en 1990 était d’injecter au sein du format ultra classique du soap opéra, le poison d’un auteur, et pas n’importe lequel, le plus freak d’entre eux, l’homme d’Eraserhead et des courts métrages The Alphabet ou The Amputee. Le poison était dans la machine, et allait changer la machine pour toujours.

Aujourd’hui la télé a bien changé, mais elle reste toujours un média relativement conformiste. Lynch voit bien le parti qu’il peut tirer de ce retour tant attendu ; faire ce qu’il veut sans le moindre contrôle de la chaine. C’est à dire le contraire de 1990 où le rapport de force était inversé ; Lynch était à la ramasse, business-wise, et se remettait péniblement de l’échec dantesque de Dune, tout en conservant une aura critique (Blue Velvet, Sailor et Lula).

Aujourd’hui, il n’a plus rien à prouver, ne fait plus de cinéma, et donc peut se permettre n’importe quoi. Il a imposé ses choix à Showtime, menaçant de partir s’il n’était pas entendu. Il sait qu’il a des millions de fans derrière lui. Et Showtime s’en fout ; Twin Peaks ne booste pas l’audience, mais les abonnements, et c’est ça qui compte.

Lynch peut donc s’amuser avec les trucs de mise en scène expérimentalo-sixties de ses vingt ans. Tant pis pour le fan, tant pis pour le spectateur. Quatre premiers épisodes interminables, filmés à l’envers, gags étendus à l’extrême (« heeellllooooo ! »), drame raté (Bobby revoyant l’image de Laura à vingt ans), pas un plan de Twin Peaks, la ville. Pas de Badalamenti, qui a tant fait pour la série. Pas une goutte d’humour, pas une goutte d’amour.

Que du poison.




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