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Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



jeudi 9 octobre 2008


Bobby
posté par Professor Ludovico

L’enfer est pavé de bonnes intentions, et Bobby en est la démonstration.

Bobby, c’est d’abord la réunion de tous les acteurs hystériquement démocrates d’Hollywood : Sharon Stone, Demi Moore, Martin Sheen, et Emilio Estevez, le fils de Martin Sheen, qui réalise. Objectif (louable) : réaliser un film choral sur ce 5 juin 68 où le Bob se fit descendre. « Où étiez vous ce jour-là ? » semble demander le film. Et d’aligner numéros d’acteurs sur numéros d’acteurs, ce qui fait le sel du film : Sharon Stone en coiffeuse trompée, Demi Moore en starlette alcoolique, Shia Lebeouf en drogué débutant, le tout étant censé fournir une fresque représentative des sixties.

Mais le film, justement, pêche par là ; trop lourdement démonstratif, trop appuyé, pas assez subtil sur le racisme, la libération sexuelle, le consumérisme.

Et aussi, a-t-on a rarement vu film aussi hagiographique sur son sujet, démontrant par là-même, l’espoir fantastique qu’avait suscité sa candidature, et la fascination tenace des américains pour la famille Kennedy, même 40 ans après. « Notre Famille Royale », disait fort justement Jamais Ellroy. Rien dans Bobby sur le côté obscur des Kennedy : les liens avec la mafia, le père nazi, les deux frères queutards, non, rien de rien : Saint Bobby meurt dans les bras de son épouse, comme le précise le très respectueux générique de fin, illustré de photos de la Sainte Famille. S’il n’était pas mort, il aurait évité le Vietnam, résolu les conflits raciaux et amélioré la situation économique, rien de moins…

Malheureusement, comme disait Kubrick, « la vie n’est pas comme dans les films de Frank Capra »…




lundi 6 octobre 2008


The Wire, saison 3, suite et fin
posté par Professor Ludovico

Ca y est c’est terminé ! The Wire (Sur Ecoute) réussit là où beaucoup échouent : faire fin, faire subtil. Il y a des arcs dans cette série, des enjeux, des cliffhangers, mais sans panneau « attention, cliffhanger ! » tous les 3 mètres.

Sans musique. Sans plan à la louma pour « faire comprendre » quoi que ce soit. Tout est dans le scénar, les comédiens, et surtout dans une terrible envie, celle des auteurs, de peindre leur ville.

Paint it, Black

Non, The Wire, c’est la classe.




dimanche 28 septembre 2008


Terre, Champ de Bataille
posté par Professor Ludovico

Dure vie que celle du CineFaster ! Obligé de se colleter deux heures de Terre, Champ de Bataille, le pensum scientologue de Travolta ! Probablement le plus mauvais film jamais tourné : histoire clichée, scénario confus, acteurs pathétiques…

Une telle plantade ne laisse d’étonner : où est l’intention ? L’adepte Travolta voulait-il, en adaptant l’oeuvre de L. Ron Hubbard, faire don de son vitrail scientologue, comme preuve de sa foi ? Ou, au contraire, exécuter bassement une corvée pour payer ses dettes ? Quand on sait que la spécialité de la secte est de recruter des stars en les sortant de très mauvais pas, tout est possible !

Toujours est-il que le film, si irrémédiablement mauvais, reste pour autant un objet d’analyse filmique.

D’abord, la technique : l’image est d’excellente qualité, mais bizarrement, tous les plans sont inclinés à 45°. Message ésotérique ? Les plans s’enchaînent toutes les deux ou trois secondes, ce qui est souvent mauvais signe : par ce faux rythme, on cherche à cacher une faiblesse, scénaristique ou autre. Et les faiblesses, elles ne manquent pas : si on comprend vite l’argument (la Terre est tombée sous le joug d’un peuple extraterrestre particulièrement méchant (les psychlos), et l’humanité est retournée à la barbarie), il est très difficile de suivre l’intrigue qui enchaîne péripétie sur péripétie. Ainsi, le grand méchant psychlo joué par Travolta utilise des esclaves humains (les héros) pour extraire de l’or, et leur confie sans s’inquiéter outre mesure technologie extraterrestre, vaisseaux spatiaux, armes… Ce qui causera évidemment sa perte…

Le seul truc drôle, c’est que les méchants sont sympas (Travolta et Forrest Whittaker) : bêtes, alcoolos, et un peu obsédés par le pognon et les filles. (Les filles psychlos ont des attraits particuliers, comme une langue trèèès longue, mais à part ça, elles sont habillées comme Mylène Farmer)

Le pire, c’est que ce n’est même pas de la propagande scientologue : les humains se libèrent d’eux mêmes, sans l’apport des habituels accessoires vendus à prix d’or aux gogos pour « s’autoaméliorer ».

C’en est presque décevant…




mardi 23 septembre 2008


The Wire (Sur Écoute) Saison 3
posté par Professor Ludovico

Avec des séries à fort degré d’addiction comme Sur Ecoute, une petite appréhension nous saisit au moment d’attaquer la nouvelle saison : « Est-ce que ça sera aussi bien que la dernière fois ? »

La main tremblante, on introduit le DVD dans le lecteur… Logo HBO, nouvelle version du générique de Tom Waits, jusque là, tout va bien…

Et puis ça commence, lentement. Il faut dire qu’avec Sur Ecoute, on est dans l’anti-Lost : pas de révélation, pas de cliffhanger. Images propres, mais pas de mouvement de camera qui traîne… Les personnages sont installés, mais un rythme de sénateur : Barksdale, McNulty, Bodie… Et des petits nouveaux : l’ancien qui sort de taule, le politicard qui en veut… Au bout d’une heure on en saura pas plus, mais c’est comme ça, Sur Ecoute : ça met du temps à démarrer, et 12 épisodes plus tard, ça finit très fort.

Au moment où arrive enfin la reconnaissance critique (Entertainemnt Weekly qui parle de « meilleure série des années 2000 » (après 5 saisons), Télérama qui reconnaît « son erreur »), il est temps de voir Sur Ecoute.

Maintenant.

The Wire, saison 1,2,3 et 4 disponible en France, (au même prix que Joséphine Ange Gardien)




samedi 2 août 2008


Des Serpents dans l’Avion
posté par Professor Ludovico

Les recettes, à Hollywood comme ailleurs, ça ne marche pas. Tout le monde croit que ça marche, mais ça ne marche pas. Si ça marchait, on le saurait, et on ne raterai plus jamais un film. Top Gun, ça marche, et Jours de Tonnerre (Top Gun chez les Nascar), ça marche pas. Il en va de même pour Des Serpents dans l’Avion ; on croit qu’en mettant deux films catastrophes en un (des serpents, un avion), on fait un super film catastrophe. On croit aussi qu’en faisant dans la démocratie participative (les internautes pouvaient proposer des scènes qui ont été ajoutées dans le film), on écrit un scénario. Eh ben c’est pas vrai. Faut un type derrière, qui écrit. Et pas un cabinet de marketing.

Moralité, on ne sait pas avec Des Serpents dans l’Avion si on doit rire ou si on doit pleurer. Ca commence potache, avec critique adolescente et esprit slacker : tu baises dans les chiottes ? Tu te fais mordre ! Tu vas pisser, tu parles à ton petit serpent personnel pour l’encourager ? Tu vas t’en prendre un gros, de serpent ! Tout ça pourrait marcher, ou faire sourire, mais le film se prend aussi au sérieux et essaie de nous faire peur… Et là ça marche plus, parce que les serpents en 3D sont aussi peu crédibles que Samuel L. Jackson en acteur. Les rebondissements sont rigolos, mais on peut aussi regarder Airport pour rigoler. Non, Des Serpents dans l’Avion est une vraie perte de temps.




dimanche 20 juillet 2008


Le Beau-Père
posté par Professor Ludovico

Oh sombre révélation ! Je viens de réaliser, grâce à Imdb, que Terry O’Quinn, l’un des héros de Lost (Locke, pour être précis), n’est autre que Le Beau-Père, dans le film éponyme de 1987.

Quoi, vous n’avez pas vu Le Beau-Père ? Mais quel genre de CineFaster êtes-vous ? L’un des meilleurs films d’horreur des années 80 ! Le pitch est simple : Le Beau-Père est un homme bien sous tout rapport, affectueux, paternel, travailleur, a decent american people, qui séduit des veuves ou des divorcés, et les massacre consciencieusement, ainsi que toute leur famille !

Parce qu’il évitait le gore, mais se concentrait sur l’effroi pur généré par ce contraste, Le Beau-Père me fait encore des frissions dans le dos… Il doit être dur à trouver, mais si vous tomber dessus…

*c’est un film de Joseph Ruben, qui a réalisé depuis Mes Nuits avec Mon Ennemi, Money train, The Good Son (Le Bon Fils), et The Forgotten (Mémoire Effacée)




dimanche 20 juillet 2008


La réplique de la semaine
posté par Professor Ludovico

« On rapporte qu’il y a trois mois de cela à Hagensville, la Vierge Marie est apparue dans une plaque de moisissure sur les murs d’une vieille résidence. La nouvelle était à peine connue que déjà la ville était envahie par plus de cinq mille personnes venues contempler son visage.

Votre avion est venu s’écraser sur cette île, et vous avez quand même survécu. A votre départ, vous êtes en fauteuil roulant, et à votre arrivée, vous faites des cabrioles ! Si cinq mille personnes sont capables de se déplacer pour contempler une moisissure, combien se déplaceront pour vous voir, vous ? »

C’était hier soir, vers 23h45 sur TF1, au beau milieu du sixième épisode, deuxième saison de Lost… Y’a-t-il une plus belle définition de notre incroyable besoin de mysticisme, de fantastique, d’imaginaire ? Quelle meilleure réponse pour l’artiste à qui on dit « c’est idiot ce que vous faites ! », sinon la réponse suivante « Si c’est idiot, pourquoi me regardez vous ? »




dimanche 20 juillet 2008


Mad Max
posté par Professor Ludovico

Si un film mérite le qualificatif de séminal, c’est bien celui-là. Un film séminal pour CineFast, et un film séminal pour le cinéma, tout court. Pour Cinefast, ce n’est pas compliqué, nous avions quinze ans, et le cinéma c’était ça : une sorte de chose rare (trois chaînes de télé, ma bonne dame !), un loisir cher, et peu accessible (15 km pour le cinéma le plus proche) ; mais surtout, c’était interdit. Nous n’avions pas 18 ans, et nous nous cachions au premier rang du Rex à Rambouillet, espérant que les flics avaient mieux à faire. Mad Max serait l’un des piliers de notre cinéphilie, avec Shining, Alien, Blade Runner… Il nous inciterait à faire ce qui est le fondement de CineFast, c’est-à-dire questionner les films, parfois bien au-delà des intentions de leurs auteurs…

Pour le cinéma, l’affaire est entendue depuis longtemps : il y a un avant Mad Max et un après Mad Max. Philippe Manœuvre, Métal Hurlant, ont beaucoup écrit là-dessus, mais il est vrai que ce film fut au cinéma ce que le punk fut à la musique : une libération. Si un médecin du Queensland nommé George Miller pouvait se mettre au cinéma avec 350 000$, et réaliser ça du premier coup, alors n’importe qui pouvait le faire. Surtout quand ça rapporte 100 M$.

Mad Max ressort aujourd’hui en salle, 30 ans après. Bien sûr vieilli, pas toujours très bien joué, mais qui reste toujours ce diamant noir d’énergie brute. Punk, en un mot. Au début du film, il y a cet acteur falot, et à la fin du film, il y a Mel Gibson. A tel point que Mad Max sera le moule de la carrière de Gibson, justicier solitaire, détruit par une détresse interne.

Et puis il y a ces intuitions troublantes, pour un film qui prétend se passer « dans quelques années » (on est en 1979) : dans quelques années, l’essence est chère, et on la vole au cul du camion, dans quelques années, les accidents de la route sont si fréquents que les dépanneuses se font une concurrence acharnée pour ramasser les voitures cassées en premier, dans quelques années, la justice n’a plus de moyens, et doit se bricoler une justice, forcément expéditive… et réservée, selon le Capitaine MacCaffee « seulement aux héros »

Donc, pour le souvenir ou redécouvrir Mad Max, pour savoir où nous en serons « dans quelques années », foncez en salles…




dimanche 20 juillet 2008


Broadway Danny Rose
posté par Professor Ludovico

Et voilà ! On s’emballe ! On va à New York, on fait le pèlerinage au Carnegie Deli (grosse bouffe pas terrible), et en rentrant, on offre Broadway Danny Rose à sa chérie. Pire : on propose de le regarder ensemble !

Bon, les filles, c’est quoi votre truc avec Woody Allen ? Qu’est ce qu’il a de plus que Stanley Kubrick ou Jerry Bruckheimer ?

Broadway Danny Rose, comme 90% de la production allenienne, c’est de la merde ! Une heure vingt une de dialogue speedés, pour une histoire épaisse comme du papier à cigarettes ! Le pitch : Danny Rose est un loser, agent minable pour artistes minables, tapdancers unijambistes et crooners italiens à la ramasse. Sa mission du jour : amener discrètement la maîtresse dudit crooner au concert. Pour cela, il devra triompher des portes-flingues d’un mafioso jaloux… Et en sera piètrement récompensé.

Voilà, c’est tout ! 10 €, 1h20. Où est le fameux talent du bonhomme ? Dans les dialogues ? Une fois qu’on a éclusé ses sempiternelles blagues juives, il ne reste pas grand’chose… On est loin de Seinfeld, par exemple, auquel on pense souvent en s’ennuyant très fort devant Broadway Danny Rose. C’est mieux écrit, il y a une histoire, c’est plus court, en clair : y’ a pas photo….

Au final, qu’est ce qu’il a fait de bien Woody Allen ? Manhattan ? Prends l’Oseille et Tire Toi ? Match Point ?

Non, Woody Allen est une escroquerie française. Il ne marche qu’ici, faisant plus d’entrées Paris-Surface que dans tous les Etats-Unis réunis… A chaque fois, la critique s’extasie, tout en critiquant, a posteriori bien sûr, mais de manière de plus en plus affirmée, les films précèdents du « Maître ».

C’est irritant, mais avouons-le, rassurant : le temps fait aussi son oeuvre sur Woody Allen.




mercredi 2 juillet 2008


Rome
posté par Professor Ludovico

Le film historique est placé, comme le biopic, sous le signe de la malédiction. Après les Tudors, mais avec beaucoup plus de talent, Rome succombe en partie à cette malédiction.

En partie seulement, car il y a beaucoup à sauver. Les acteurs d’abord, qui sont tous excellents, à commencer par Ciaran Hinds dans le rôle de César, qui a déjà interprété une palanquée de gueules au cinéma (La Somme de Toutes Les Peurs, Miami Vice, Munich, et même Excalibur).

Rome se distingue ensuite par la qualité de sa production. On pourrait même dire que c’est là le vrai projet de la série : reconstituer, dans ses moindres détails, la vie romaine sous l’Empire. On sent chez les initiateurs du projet un véritable amour de Rome : John Milius (Conan, Apocalypse Now), Michael Apted (Gorky Park, Coeur de Tonnerre, Le Monde ne Suffit Pas), et Bruno Heller (scénariste de la BBC), et c’est peut-être ce qui les perd.

Car s’il y a, comme dans toute bonne série, enchevêtrement d’intrigues, il n’y a pas ici d’enjeu centré sur les personnages ; et l’on n’arrive pas à se passionner pour le sort de l’un ou de l’autre. Il y a des pistes, mais elles ne sont pas assez assumées comme véritable ligne directrice. On pourrait ainsi suivre les deux légionnaires et leur amitié indéfectible, ou s’attacher au charismatique César, on pourrait suivre les hésitations de Brutus, formidablement joué par Tobias Menzies, mais Rome ne s’attarde pas assez sur ces personnages pour nous les rendre aimables.

Reste une splendide fresque pédagogique en 12 leçons sur la chute de la République, suffisamment passionnante pour qu’on en redemande une deuxième saison !




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