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Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



dimanche 8 septembre 2013


Snatch
posté par Professor Ludovico

Et si Guy Ritchie était le Michel Audiard anglais ? Le chroniqueur des petits gangsters cockney des années 2000, leur dialoguiste de surdoué ? C’est particulièrement vrai dans Snatch, parfaitement drôle et bien écrit.

Certes, Snatch est moins réussi au niveau de la (dé)construction de l’histoire, plus brouillon, moins pur que Arnaques, Crimes et Botanique. Certains défauts apparaissant désormais au grand jour, comme la Loi d’Olivier, par exemple, qui interdit au metteur en scène d’être le dieu omniscient de son univers : dans Snatch, il n’est pas possible au spectateur de prévoir certains événements, comme le plan final de Mickey, le gitan. Ça passait dans Arnaques, Crimes et Botanique, parce que l’histoire, circulaire, mettait le spectateur en connivence avec le réalisateur : vous allez voir ce qui va se passer, les gars, Vinnie va en prendre plein la figure ! Et d’attendre avec jubilation la prochaine scène avec Vinnie.

Dans Snatch, ce défaut est certes amoindri par la voix off permanente (que l’on retrouve dans les 3 films (Arnaques, Crimes et Botanique, Snatch, Layer Cake)). Mais la voix off, c’est le signe d’une certaine défaite cinématographique : je n’arrive pas à raconter cette histoire avec le film, donc je vous offre l’audioguide.

Cette jubilation-là n’est plus dans Snatch : au bout d’une demi-heure, le spectateur à renoncer à comprendre quelque chose à l’arnaque dans l’arnaque. Évidemment c’est confortable pour le réalisateur, désormais libre de faire n’importe quoi. Mais le spectateur sent ce n’importe quoi, et se désintéresse un peu de l’intrigue, il « sort » du film. Et dans ce genre de film-puzzle, où le principal plaisir le spectateur est de démêler l’intrigue, c’est un crime.

Mais bon, Snatch reste un délicieux bonbon sucré grâce à ses gueules (Jason Statham, Brad Pitt, Alan Ford, Dennis Farina, Vinnie Jones), ses répliques qui tuent, et une réalisation ambitieuse, complexe, graphique, qui – c’est une rareté – ne tourne pas à vide mais sert à chaque fois le propos.




jeudi 5 septembre 2013


Generation War
posté par Professor Ludovico

Rarement a-t-on vu aussi mauvaise traduction. On pourrait croire que Generation War est un nouveau documentaire de Ken Burns, ou une série américaine sur la guerre en Irak. Mais cette mini-série en trois épisodes est allemande et s’appelle en réalité Unsere Mütter, Unsere Väter (nos mères, nos pères). Son sujet : un groupe de jeunes allemands confrontés à la guerre sur le front de l’est.

Un peu d’histoire : en juin 41, tout réussit à Hitler ; il a conquis l’Europe sans difficulté, il s’étend au Moyen Orient, l’Amérique n’est pas entrée en guerre et les généraux allemands sont encore sous le charme de son « génie » stratégique. Il est temps pour lui de s’attaquer à son véritable objectif, la Russie. Des plans sont établis depuis longtemps, camouflés sous le pacte de non-agression germano-soviétique. Seule ombre au tableau : il faut attaquer les russes vite, car ils sont encore affaiblis économiquement et militairement. Au plus tard fin avril – début mai, pour avoir le temps de parcourir les 2000 km jusqu’à Moscou. Après ce sera l’automne, saison des pluies et des pistes boueuses. Les plans sont prêts, mais la logistique patine, et finalement ce sera juin. On sait déjà que c’est trop tard, mais on y va quand même… Le Reich vient de sceller sa chute, mais il ne le sait pas encore.

C’est dans cet état d’esprit que commence Unsere Mütter, Unsere Väter. Cinq amis berlinois, un peu caricaturaux (l’officier honnête, le petit frère séditieux, la beauté qui veut percer dans la chanson, l’infirmière secrètement amoureuse, l’ami juif que l’on protège), cinq berlinois convaincus de la victoire prochaine, car qui peut battre désormais la Grande Allemagne ? Et qui a plus raison de se battre que l’Allemagne, menacée de l’intérieur comme de l’extérieur par les communistes et les juifs ? A noël, on se retrouvera pour fêter la victoire à Berlin. De ces caricatures, les acteurs tirent le meilleur et notamment Tom Schilling, excellent en petit frère antinazi qui finit par démontrer personnellement que « la guerre ne fait que révéler nos côtés les plus obscurs ». Pour cela, on pardonnera de menus défauts : un peu de naïveté, un montage racoleur, et des invraisemblances scénaristiques. Dans l’idéal, on mixerait Un Village Français et Unsere Mütter, Unsere Väter. L’intelligence et la subtilité du premier, le punch, la religion du cinéma du second.

Car c’est la reconstitution de l’ambiance du front russe qui est sûrement la plus grande réussite de Unsere Mütter, Unsere Väter. Une partie méconnue de la Seconde Guerre Mondiale, mise sous le boisseau de l’hégémonisme culturel américain de ces soixante-dix dernières années, où l’on nous a fait croire que la guerre avait été gagnée à l’ouest, par le débarquement de Normandie. Une nécessité de la Guerre Froide, appuyé par Hollywood, pas en manque d’épiques reconstitutions de l’héroïsme yankee : Le Jour le Plus Long, Les Canons de Navaronne (on y revient prochainement), Quand les Aigles Attaquent, etc. etc. Et donc, évidemment, très peu de films sur le front de l’est : une version française et allemande de Stalingrad, et le Croix de Fer de Peckinpah*.

A l’heure où – pour le meilleur et pour le pire – l’Europe se débarrasse de l’influence américaine, un nouveau regard est posé sur la guerre à l’est. Sans l’erreur d’Hitler, et sans l’engagement total des russes (53% des pertes alliées) qui « fixèrent » à la fois les troupes et les moyens économiques allemands à l’est, les nazis aurait annexé l’Europe.

Cette guerre à l’est fut exceptionnelle à plus d’un titre : immensité des moyens engagés, intensité des combats, mais surtout, sauvagerie absolue de part et d’autre. La non-signature par les russes de la Convention de Genève servit de prétexte aux allemands pour ne pas l’appliquer non plus, contrairement à ce qu’ils faisaient à l’ouest. D’où, évidemment, Shoah par balles pour les allemands et représailles anti-ukrainiennes de l’autre côté.

Ce que réussit à faire Unsere Mütter, Unsere Väter, c’est de filmer ça à hauteur d’hommes ; filmer l’enfer de la guerre, bien sûr, mais filmer aussi la spécificité de ce conflit qui marqua durablement les esprits allemands : non l’Allemagne n’était pas invincible, non l’Allemagne n’avait pas raison, non la Wehrmacht n’était pas le dépositaire du vieil honneur prussien.

* Mais évidemment, plein de films côté russe : La Ballade du soldat, Quand Passent les Cigognes, Ils ont Combattu pour la Patrie, L’Enfance d’Ivan, et récemment : Requiem pour un massacre ou Dans la Brume




dimanche 1 septembre 2013


Arnaques, Crimes et Botanique
posté par Professor Ludovico

Tout arrive à point à qui sait attendre. J’avais toujours rechigné devant Arnaques, Crimes et Botanique : trop clip, trop brit spirit, trop montage-haché-sur-une-musique-hip, bref, trop Dannyboylic.

Il a fallu une fatwa lancée d’Annonay par Notre-Dame-de-l’Ardéchoise, sur le thème tu me rends mon coffret Guy Ritchie ou je t’atomise, pour que le Professore se mette au travail. En insérant le DVD, il s’est rappelé – comme pour se donner du courage – qu’il avait bien aimé le Sherlock Holmes de Monsieur Ritchie…

En fait, nul besoin. Arnaques, Crimes et Botanique est tout ce qui est écrit ci-dessus, mais c’est parfaitement mené. Un film d’arnaque comme il y en a plein, version La Ronde de Max Ophuls, où des bandits A tentent de voler des bandits B qui ont volé aux bandits C ce dont les bandits A voulaient s’emparer. Ce qui pourrait être totalement artificiel s’avère particulièrement brillant, servi par des dialogues witty et les « gueules » du cinéma anglais.

Quant à Guy Ritchie, qui signait là son premier film avant de devenir clippeur – puis bien plus – de Madonna, il montrait son sens parfait du timing, aucune scène ne s’embarrassant de secondes inutiles. Ce qui peut s’avérer gadgetique ailleurs, notamment chez les derniers Danny Boyle, est parfaitement maîtrisé ici, jusqu’à son cliffhanger final.

Passons à Snatch.




dimanche 25 août 2013


Le Messie de Dune
posté par Professor Ludovico

Le Professore, défenseur du monde libre, avait échappé aux griffes de Karl Ferenc Scorpios dans l’épisode précédent. Ce qu’il ne savait pas, c’est que l’agent du SPECTRE lui avait implanté sous hypnose un mot-commande dans les profondeurs de son cerveau. Dès que Ludovico entendrait les mots « Parle-moi de ton monde natal, Usul », il ne contrôlerait plus ses actes.

C’est ainsi que je me retrouvais, tout jugement suspendu, à introduire dans mon lecteur Blu-Ray Sony dernier cri, le DVD de Children of Dune. Oui, la suite de la série TV honnie, l’adaptation au scandaleux succès du plus grand livre jamais écrit*.

J’étais resté abasourdi devant le premier chapitre, Dune, ses cadrages improbable, sa déco à deux francs, ses acteurs en plastique et ses images de synthèse réalisées sur Amiga. Hors de question de voir la suite, malgré les exhortations d’un ami de Montreuil, DAF d’une grande société informatique française. Mais quelqu’un avait fait sauté mon conditionnement impérial, et j’étais bien en train de regarder la suite. Impossible de faire demi-tour. Susan Sarandon était là, dans un fauteuil Conran, sur une Salusa Secundus en 3D dans le rôle de Wensica Corrino. Trop tard pour faire demi-tour…

Mes pensées se troublèrent de plus en plus quand je me mis à penser que certes moche, ce second chapitre, Le Messie de Dune, était diablement fidèle au livre. Pas seulement à l’intrigue, mais aussi à l’esprit du Messie de Dune. Un livre qui torpille l’idée de héros. Paul Atréides, devenu Muad’ Dib, a lancé ses Feydakin dans l’univers ; ils mettent ces planètes à feu et à sang et les convertissent l’une après l’autre à cette dictature théocratique.

Qu’est-ce que ça fait de passer de libérateur à tyran, c’est le sujet du livre, diablement bien illustré dans ce Messie de Dune TV. Il faut juste éviter de regarder les images, atroces. Car cette adaptation télé a – sciemment – pris le contre-pied du film de Lynch, qui avait été un atroce bide aux Etats Unis. Elle a respecté le livre à la lettre, mais au passage, a parfaitement raté le look du film, ce qui était – et reste – le principal atout du film de Lynch.

Me voilà en tout cas obligé de regarder Les Enfants de Dune.

* C’est ce que croyais à quinze ans, en tout cas.




lundi 19 août 2013


Hatfields et McCoys
posté par Professor Ludovico

C’est une histoire peu connue de ce côté-ci du Pecos*, l’affrontement terrible qui opposa deux familles pendant près de quarante ans, le long de la Tug Fork, une rivière qui délimite la frontière entre le Kentucky et la Virginie Occidentale.

Ces Horaces et ces Curiaces US, c’est tout simplement – selon Kevin Costner – l’histoire de l’Amérique elle-même : la lutte entre le bien et le mal, la religion et la laïcité, l’esprit pionnier (qui se meurt) et l’Etat (qui se construit). Deux amis courageux partent défendre le Sud pendant la Guerre de Sécession, mais vont en revenir ennemis à jamais. Anse Hatfield (Kevin Costner) déserte une guerre ingagnable qui n’est plus la sienne, et bâtit un empire dans l’exploitation du bois ; son ami Randall McCoy (Bill Paxton) revient en héros, mais brisé par la guerre et la trahison. De l’assassinat d’un « traître » de la famille McCoy passé Nordiste, à un vol de cochon, va naître la plus grande vendetta des Etats-Unis.

C’est ce que propose de raconter le biopic fleuve Hatfields & McCoys, une mini-série de 5 heures qui a cartonné sur la chaîne History** et co-produite par le revenant Kevin Costner. L’ex wonderboy des années 85-95 s’est trouvé une forme de reconversion dans une exploration revisitée du western. Avec Open Range, puis aujourd’hui via Hatfields et McCoys.

La bonne nouvelle, c’est qu’il s’est réconcilié avec Kevin Reynolds, son meilleur ami devenu meilleur ennemi sur le naufrage Waterworld. Kevin Reynolds, ce n’est rien de moins que le plus grand gâchis de l’histoire récente d’Hollywood. Deux premiers films peu connus mais géniaux (Fandango, La Bête de Guerre), un carton Hollywoodien (Robin des Bois : Prince des voleurs), une des plus belles séquences de Danse Avec Les Loups (les bisons), et puis plus rien. Idem pour Kevin Costner, le plus grand acteur de sa génération, héros des plus gros succès de la décennie 1985-1995***. Deux hommes détruits par un seul film, Waterworld, un bide abyssal que méritait le film mais sûrement pas les deux intéressés.

Les revoilà donc aux affaires, plutôt en forme dans leurs métiers respectifs (acteur et réalisateur). Mais si Hatfields et McCoys passionne pour l’Histoire avec un grand H, la série est ratée côté dramaturgie : l’histoire des deux familles est tellement connue aux USA que Costner et Reynolds ne font qu’en illustrer les images d’Epinal : l’amitié virile, au temps de la Guerre de Sécession, le retour difficile, après la guerre, le meurtre de Harmon MacCoy, la vengeance de la mort de Harmon, la vengeance de la vengeance de la mort de Harmon, etc. Auquel s’ajoute cette fâcheuse mode americana du moment. Les acteurs passent ainsi leur temps à cracher leur chique et à imiter un accent redneck du plus bel effet (Ain’t gonna be my time, sir ! For sure !) L’équivalent de nos reconstitutions médiévales ampoulées de la télé française… La même obsession misérabiliste de montrer « qu’à l’époque c’était comme ça. »

On préférerait que Hatfields et McCoys s’attarde sur les personnages, construise des enjeux, un destin, mais on sait que le biopic castre rapidement ces commandement scénaristiques.

Hatfields et McCoys reste néanmoins hautement regardable, notamment pour la toile de fond qu’elle propose ; rien de moins que la fin de l’ère « sauvage » des Etats-Unis, la fin de la conquête de l’Ouest et de la Destinée Manifeste. Derrière ces gars lourds, taillés à la serpe, défendant leur propriété à coup de Winchester, c’est un nouveau monde qui apparaît : la loi, l’état, la justice fédérale… Un pays en train de se construire.

* Quoique Lucky Luke s’en soit emparé avec les O’Hara et les O’Timmins, dans Les Rivaux de Painful Gulch
** En ce moment sur Canal+, bientôt en DVD/VOD ?
*** Allez, on ne résiste pas : Fandango Silverado, Les Incorruptibles, Sens Unique, Danse avec les Loups, Robin des Bois, Prince des Voleurs, JFK, Bodyguard, Un Monde Parfait…




vendredi 9 août 2013


Astropia
posté par Professor Ludovico

Astropia est une recommandation de longue date de l’ami Ostarc, qui m’avait également fourni le matériel nécessaire : un magnifique fichier .avi contenant ce film islandais et son doublage approximatif en français. Malgré son insistance, et un sujet auquel on ne résiste pas (le jeu de rôle) je n’avais jamais eu le temps de regarder le film en question. C’est chose faite depuis hier.

Au début, on se demande si Ostarc avant de s’attaquer à sa propre version de l’Enlèvement des Sabines (huile sur toile, 800×1200), n’a pas fini quelques bouteilles d’aquavit. Mal filmé, mal joué, à l’évidence produit avec 3 francs islandais et six sous finlandais, Astropia semble loin des exigences fellinieno-hitchcockiennes du Maître de Puteaux.

Sans parler du pitch : Hildur, sorte de cagole islandaise, blonde décolorée, une raggare diraient leurs voisins suédois, vit avec Jolli, un concessionnaire du même tonneau : blond et con. C’est aussi un escroc. Le voilà donc sous les verrous et la blondasse sommée de se trouver un emploi. Ce qu’elle finit par trouver, dans une boutique (l’Astropia du titre) spécialisée dans la geek attitude : comics, collectors Star Wars, et… Jeux de Rôle.

Sur ce schéma très américain (la rédemption par le travail, la découverte de soi-même via la découverte de l’autre), Gunnar B. Gudmundsson brode un joli conte drôle, voire TRÈS drôle pour qui connaît la chose rôliste. Car soit Gunnar est un rôliste, soit il mérite de l’être, soit il s’est très bien documenté. En tout cas, il propose un regard à la fois tendre et cruel sur ces monomaniaques des mérites comparés du Système du Conteur ou de la licence OGL.

Côté cinéma, l’aspect non professionnel du film lui donne bizarrement encore plus de cachet. Mais peut-être n’étais-je pas absolument impartial…




jeudi 8 août 2013


Iwo Jima
posté par Professor Ludovico

Des conneries patriotiques, le Professore en a vu. Des tas, même. Mais comme Iwo Jima, jamais. À côté, L’Ouragan Vient de Navaronne, c’est du Jean-Luc Godard. Et Un Pont Trop Loin, c’est Téchiné.

Car Iwo Jima enchaîne les moments de bravoure, dans le mauvais sens du terme, chaque scène surpassant en ridicule la scène précédente, au bord de sa propre parodie. On est dans Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ?, dont le héros, d’ailleurs, s’appelle Stryker. Et Stryker, ici, c’est John Wayne, le héros du film, sergent évidemment acariâtre, alcoolo, mais dans le fond, un bon gars.

Le pitch : des copains s’engagent dans les Marines, et tombent dans la section du sergent Stryker. Les voilà propulsés à l’entraînement, où l’on découvre l’habituel aréopage du film de guerre : le petit juif rigolo, les jumeaux bagarreurs du Midwest et l’antimilitariste qui s’est engagé dans l’armée parce que son père, colonel, l’a forcé. On découvrira au passage que Stryker est au bord du divorce, qu’il n’a pas vu son fils depuis longtemps et c’est pour ça – évidemment – qu’il est alcoolo.

Puis (enfin !), on attaque Tarawa, et Iwo Jima, ce qui permet à Allan Dwan de caser 1) les vraies images de l’assaut, ça coûte moins cher en figurants et 2) les soldats du fameux drapeau (Rene Gagnon, Ira Hayes, John Bradley) dans leur propre rôle. On restera pourtant très loin de Mémoires de nos Pères*.

Et là, bing, John Wayne se fait tuer. On lit la lettre de Stryker à son fils, et les autres gars pleurent. Même l’antimilitariste. Qui du coup, repique au truc : « La guerre n’est pas finie pour nous, les gars ! »…

Merde. Je vous ai raconté la fin.

*Le film date de 1949, c’est sa seule excuse. Et il fallait un film de propagande pour les Marines, qui menaçaient d’être dissous…




samedi 3 août 2013


The Rocker
posté par Professor Ludovico

The Rocker, comme beaucoup de films américains, a tout pour plaire sur le papier, mais sombre vite dans la facilité, le grandpublicisme qui caractérise malheureusement la production US.

Le pitch est pourtant alléchant : en 1986, un groupe de heavy metal signe l’habituel pacte avec le démon : Vesuvius vend son âme contre son batteur, Fish (l’incroyable Rainn Wilson, échappé de The Office). Vingt ans plus tard, Vesuvius s’est couvert de gloire alors que Fish végète de petits boulots en petits boulots, ruminant encore sa vengeance… un pitch qui ne peut que titiller l’amateur de rock, de Brian Jones à Dave Mustaine, de Vince Clarke à Pete Best, ces grands perdants du rock sont une matière inépuisable à de formidables histoires.

C’est tout le sujet de l’intro de The Rocker, plutôt décapante, tout en ironie vintage sur cette vague British Heavy Metal des années 80. La suite semble prometteuse : Fish est appproché par son neveu, qui a soudain besoin d’un batteur, dans son groupe de lycée. Va-t-il replonger ? That is the question.

Malheureusement, la suite va s’avérer calquée comme d’habitude, directement du schéma directeur de la comédie américaine. Acceptation, puis renoncement, il est temps de grandir, it’s time to move on, etc., etc. Chacun à la fin, aura trouvé sa chacune, et Fish se sera vengé de Vesuvius. Tous ces passages obligés de la comédie familiale américaine, heureusement dynamités, encore une fois, par un acteur exceptionnel, Rainn Wilson.




vendredi 2 août 2013


Game Change
posté par Professor Ludovico

Sur les conseils de La Lengua, je profite de l’été pour me pencher sur Game Change, le téléfilm HBO basé sur la campagne 2008 de John McCain/Sarah Palin. Et je réalise l’indicible : regarder un film sur un netbook ! Oui, sur un écran minuscule de 12″ avec un casque sur les oreilles. Avouons que dans le confort d’une terrasse provençale, une fois les cigales parties se coucher, ça le fait.

On peut donc se pencher tranquillement sur l’extraordinaire performance de Julianne Moore interprétant Miss Palin. Extraordinaire, oui, pesons nos mots. Car la bombe rousse de Magnolia, The Big Lebowski, Boogie Nights, Short Cuts réussit à disparaître littéralement sous le charme MILF, Alaska et chasse à l’élan, de Madame Palin. L’actrice réussit quelque chose d’extraordinaire au cinéma : jouer la bêtise, sans jamais la surjouer.

Car c’est bien de cela dont il s’agit : comment, par opportunisme politique, Steve Schmidt (Woody Harrelson) – stratège politique – pousse John McCain (Ed Harris) à se choisir comme co-listière (et potentielle vice-présidente des Etats-Unis) une parfaite inconnue, séduisante tout autant physiquement que politiquement, mais parfaitement incompétente à un tel poste, la Sénateur de l’Alaska Sarah Palin.

Évidemment, ils vont enfanter un monstre, car, comme le dit McCain, « il y a une face sombre au populisme américain » et Palin va l’incarner : si la sénatrice semble d’abord respecter la feuille de route (incarner la droite du parti, tout en soutenant le réformisme de McCain), elle va vite sortir du cadre imposé (anti-Obama, anti-avortement, créationniste…)
Si Moore brille tant, c’est qu’elle sait aussi donner une perspective à ce personnage, qui ne peut être aussi noir : mère de famille, femme amoureuse, mais aussi femme blessée par les attaques, notamment la fameuse imitation de Tina Fey.

Et une fois de plus, la loi du biopic fonctionne. C’est en décentrant le héros (le conseiller, pas Palin) que nous nous intéressons à cette histoire. C’est bien le conseiller que nous suivons, son enthousiasme, puis ses doutes et enfin ses regrets. Palin n’est qu’une toile de fond de sa propre biographie, ce qui permet au spectateur toutes les spéculations… Et deuxième recette mise en œuvre par HBO : avoir un propos, une opinion, un point de vue. Produit par Tom Hanks, le film est évidemment à charge, ce qui ne le rend pas moins intéressant.

Bien au contraire.




dimanche 21 juillet 2013


Black Death
posté par Professor Ludovico

Black Death fait partie de ces films qui se la pètent, les films d’ados, comme les appelle le Professore. Des films où on pourrait entendre « Oh là mais euh » à chaque plan. Mais où veut-il en venir, le Prof ? A ceci, jeunes skywalkers : à un cinéma qui se la joue auteuriste (caméras portées, déco impeccablement médiévale, réalisme à tout crin… choses éminemment respectables, mais qui exigent un scénario à la hauteur. c’est là que le bât blesse, car on retombe vite sur les plus vieux clichés du monde : le templier implacable parce qu’il a perdu femme et enfant, l’ordure brute mais courageuse dans le fond, le héros martyrisée par les braillards qui l’accompagnent mais qui vont venir à son secours à la fin, la méchante très méchante, etc.

Le casting est idoine, Sean Bean se la joue Ned Stark et Candice Van Houten a évidemment une tête de sorcière…

Mais à la surprise générale, Christopher Smith délaisse à la fin son film d’horreur médiévalo-gore pour un final pour le moins inattendu, sombre et réaliste à souhait.

Donc, finalement, ça se regarde…




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