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Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



jeudi 31 mars 2016


Inherent Vice
posté par Professor Ludovico

Paul Thomas Anderson est un bien étrange garçon. Grand formaliste, plutôt à l’aise dans le drame, il s’est lancé deux fois dans la comédie, une fois avec Punch-Drunk Love (et c’était raté), et cette fois-ci avec Inherent Vice, adapté de Thomas Pynchon.

Le film est donc bizarre, basé sur un matériau de départ tout aussi bizarre. On sent que PTA veut rendre hommage à un auteur qui lui est cher. Mais cela donne un film à moitié entre Chinatown, les livres de Chandler, et les frères Coen. Un privé un peu crétin, le Doc (Joaquin Phoenix), abruti par les drogues (on est en 1970), mais qui va quand même survivre à toutes les aventures, parce que comme le Big Lebowski, il est plus fort, finalement, que les autres.

Doc est à la recherche d’un mystère invraisemblable, très Grand Sommeil ; la disparition du copain de son ex-petite amie (entre parenthèses, la magnifique et très sensuelle Shasta (Katherine Waterston*)), une secte étrange (The Golden Fang), un bateau, des bikers Aryens, la corruption immobilière, des dentistes. Et un flic facho hénaurme, Josh Brolin, d’abord persécuteur du Doc qui devient peu à peu son allié. Comme dans Chinatown, comme dans Le Grand Sommeil ou Le Faucon Maltais, on ne comprend rien. Ce n’est pas grave, car comme d’habitude chez Paul Thomas Anderson, la place est belle pour les performances d’acteur.

Et on rigole gentiment. Il y a de meilleures façons de passer deux heures dans un canapé, mais il y en a de bien pires.

*Mme Jobs dans Steve Jobs




lundi 28 mars 2016


Adaline
posté par Professor Ludovico

Dans les avions, on fait d’étranges rencontres. Par exemple, on peut rencontrer la magnifique Blake Lively. Au hasard d’un film en version française dont le pitch a l’air intéressant. L’histoire d’une femme qui a un accident de voiture dans les années 20 et qui, mystérieusement frappée par un éclair, ne vieillit plus.

Ce qui pourrait sembler une bénédiction, pour la plupart des femmes, est évidemment une malédiction. Ne pas vieillir, c’est voir ses amants mourir, et ses enfants devenir vieux. Horrible. Adeline a eu autre idée : tous les vingt ans, elle disparaît. S’installe ailleurs, dans une autre ville. Recommence sa vie. Et essaie de ne plus rencontrer personne. Jure de ne plus tomber amoureuse. Difficile quand on a le physique de Mrs Lively.

Jusqu’au moment où évidemment on rencontre un beau gosse, riche et gentil (Michiel Huisman, pas mal non plus**). Que faire ? On n’en dira pas plus, car l’histoire réserve quelques rebondissements très malins.

Même si Adaline reste un peu convenu, tournant autour des formes classiques du mélo et de la comédie romantico-dramatique, ça reste un film fin et extrêmement sympathique. Et ça permet surtout de découvrir une actrice émouvante, Blake Lively, que nous croyions cantonnée* aux rôles de blondes bitchy et sans saveur d’une Gossip Girl.

* Nous avions oublié – et surtout pas reconnu – son immense prestation de Kris dans The Town, en pilier de bar et ex de Ben Affleck
** Il fait craquer la Khaleesi du Trône de Fer




mardi 15 mars 2016


American Sniper
posté par Professor Ludovico

American Sniper, c’est le genre de film qui pose problème. Pas complètement réussi, mais au propos (très) ambigu. Et qui le rend le film illisible.

American sniper est en effet à la fois une dénonciation de ce que la guerre fait aux hommes (stress post traumatique, « addiction » à l’adrénaline, impacts familiaux), à la fois un plaidoyer pro domo pour les hommes, les vrais, qui la font. A la fois, l’apologie d’une forme de justice immanente (tu me tues, je te tue), et à la fois, le réquisitoire contre cette guerre-là. Eastwood est un libertarien, c’est à dire quelqu’un qui considère que les Etats-Unis ne devraient s’occuper que d’eux-mêmes. C’est un peu ce qu’exprime Taya, la femme du héros (Sienna Miller) quand elle lui rétorque que s’il veut s’occuper de USA, il ferait bien de commencer par elle, et ses enfants…

On l’a vu dans ses derniers films, Eastwood est de moins en moins subtil dans la réalisation. American Sniper sera donc très loin de Mémoires de nos Pères ou d’Un Monde Parfait, mais il propose quelques moments de bravoure. La scène de la tempête de sable, par exemple.

Et si le rôle-titre est formidablement joué par Bradley Cooper, c’est au service de dialogues un peu trop direct pour être honnêtes. Quant à son antagoniste, le sniper irakien Mustafa (Sammy Sheik), il est réduit à un grand méchant façon Inspecteur Harry, alors que son personnage aurait pu être extrêmement intéressant (c’est un ancien champion olympique)… Ce qui faisait le génie de Lettres d’Iwo Jima n’intéresse visiblement plus Eastwood.

Mais surtout, c’est la fin – ou plutôt le générique – qui rend le film terriblement troublant. On y montre les images de l’enterrement du vrai Chris Kyle, avec démonstrations patriotiques afférentes (sirènes de pompier, bannière étoilée, minute de silence dans les stades de foot)

Qui est donc Chris Kyle ? Un vrai héros américain ? Un tueur en uniforme ? Un type bien, détruit par la guerre ? L’ambiguïté ne fait qu’obscurcir le message d’un film déjà pas très clair.




vendredi 4 mars 2016


Le Voyeur
posté par Professor Ludovico

Film mythique.

Sorti en même temps que Psychose, le Peeping Tom de Michael Powell causa la ruine de son réalisateur tandis que Psycho assurait la fortune d’Alfred Hitchcock.

Pourtant, les films sont très semblables. Précurseurs des slasher movies, les deux films sont aussi des performances graphiques. Mais là où réside une forme d’humour distancée chez Hitchcock, il y a une empathie glaçante chez Powell. Assez mal interprété par Karl Heinz Böhm*, le tueur est à l’image du film, un pur produit de l’ambiance puritaine de l’Angleterre des 50’s. Le propos (en dehors des meurtres) est parfaitement gnangnan ; sombres histoires de logeuses, de fifilles à sa maman et de gars vraiment bath’. Mais c’est pour mieux établir le contraste avec Mark Lewis, petit blond propre sur lui, mais à l’enfance traumatisée qui cherche sa revanche sur les prostituées avec une caméra bien étrangement bricolée.

C’est tout autant pour son propos incroyablement pervers et que pour ses innovations graphiques que Le Voyeur est un film séminal. Ses couleurs saturées préfigurent le giallo, et le film contient quelques plans séquences qui vont marquer le jeune Scorsese pour toujours**.

De plus le final est totalement pervers, ce qui n’est pas forcément le cas de Psychose.

Bref, c’est à voir.

* Oui, celui de Sissi Impératrice, et par ailleurs, fils du grand chef d’orchestre Karl Böhm.
** Le cinéaste le lui rendra bien, sortant le film de l’oubli par une ressortie en salles en 1978.




lundi 29 février 2016


Seuls les Anges ont des Ailes
posté par Professor Ludovico

Quand un film vous émeut encore quatre-vingt ans après, quand un film vous fait toujours rire ou pleurer, c’est que vous avez affaire à un vrai chef-d’œuvre*. Seuls les Anges ont des Ailes est de ceux-là ; un classique, en vérité, et le premier véritable film Hawksien du renard argenté d’Hollywood, comme le surnomme Todd McCarthy.

Seuls les Anges ont des Ailes, c’est la fin des brouillons, le début d’une œuvre. Une histoire qui aurait pu être inspirée par Saint-Exupéry, si l’auteur de Vol de Nuit avait consenti à glisser un peu d’humour à son anxiogène chronique de la Cordillère des Andes. Dans Seuls les Anges ont des Ailes, on suit ces casse-cous des années trente, cette époque glorieuse et hautement périlleuse de l’aviation, où des hommes risquent leur vie jour et nuit pour transporter du courrier (et de la dynamite !) sous les ordres d’un chef cynique et désespéré, Geoffrey Carter (Cary Grant), dans la petite ville portuaire de Barranca (Baraka ?)

Arrive alors Bonnie Lee, une jeune fille qui fait escale. Immédiatement draguée par les pilotes, mais ignorée par leur chef. Pourtant, c’est Jean Arthur, et on a connu Cary Grant moins regardant. Mais on sait qu’on vient d’entrer dans le modèle Hawksien : Je te kiffe mais je te méprise, dirait la Jean Arthur d’aujourd’hui. Ou va, je ne te hais point, celle de 1637. Celle de 1939 ne dit que ça : Je t’aime, mais je veux que ce soit toi qui me désire**.

Quand cet enjeu a bien été créé, et qu’on a joué des astuces du casting à contretemps (Bonnie Lee est dragué par deux acteurs beaux mais inconnus ; où est donc la star masculine, se demande le spectateur), Hawks fait entrer… Rita Hayworth. La future Dame de Shanghai, la future Gilda, est l’explication de la dépression grantienne. Elle est partie, et il l’a laissé partir… Elle revient avec Bat (Richard Barthelmess), son mari, pilote au lourd passé.

Ces deux histoires d’amour contrariés vont se superposer au récit d’aventure proprement dit : les convoyages chaque jour plus dangereux, et une pression financière qui s’accroit sur la petite compagnie aérienne.

Des hommes courageux confrontés à des situations extrêmes, des femmes fortes qui n’ont pas leur langue dans la poche, on est donc dans le prototype du film Hawksien, le premier qui réussit son vol inaugural… Des hommes en danger, comme dans Tiger Shark (Le Harpon Rouge, 1932), des pilotes au bord de la crise de nerfs, comme dans La Patrouille de l’Aube (1930, déjà avec Richard Barthelmess), des femmes courageuses, dans un port noyé dans la brume, comme dans Ville sans Loi (Barbary Coast, 1935), mélangé à un peu de screwball comedy (L’Impossible Monsieur Bébé, 1938, avec Cary Grant). Et déjà des vieux, grincheux mais courageux, comme dans Rio Bravo.

Tous les acteurs sont excellents, mais c’est le dialogue, drôle, ciselé, mitraillette***, qui met le film largement au-dessus du lot de la production Hollywoodienne. Mais surtout qui l’inscrit dans une forme d’éternité, car ces anges-là volent encore.

* « Je ne dis pas que le cinéma soit un art, je ne l’ai jamais dit, mais parfois une œuvre cinématographique est suffisamment réussie pour que l’on puisse la considérer comme œuvre d’art. C’est rare. Il faut un Wilder, un Wyler, un Ford, un Hawks. Il ne fait pas de doute que Seuls les anges ont des ailes est une œuvre d’art. » Jean-Pierre Melville
**« I’m hard to get, Geoff. All you have to do is ask me »
***dont le fameux « he wasn’t good enough » pour parler du premier mort, qui restera dans les mémoires




jeudi 18 février 2016


Air Force
posté par Professor Ludovico

Avec Air Force on se trouve à l’intersection (comme en troisième, vous vous rappelez, A inter B), du film de guerre et du cinéma de propagande. Donc évidemment ce qui est bien dans Air Force, c’est qui vient de Howard Hawks. Ce qui n’est pas bien dedans, c’est ce qui est du domaine de la propagande.

Ce qui est étonnant, c’est que le film fait beaucoup penser à Pearl Harbor, l’un des plus mauvais films de Michael Bay. Dans les deux cas, le film commence par le traumatisme de la défaite, et se termine de la même façon, par un déluge de feu sur les Japonais: le bombardement de Tokyo, ou celui de la flotte japonaise dans Air Force. Dans les deux cas, les américains gagnent à la fin, et prennent leur légitime revanche.

Le seul intérêt d’Air Force est, à vrai dire, d’y chercher les traces du cinéma Hawksien. Les gars du B-17 Flying Fortress sont pointus, héroïques, rigolos. On ne s’ennuie pas dans Air Force, car, comme d’habitude, les dialogues sont écrits à la mitraillette.

Mais on est quand même un submergé par la propagande, comme par exemple avec le méchant (John Garfield) qui refuse de servir son pays mais qui finira par le faire, convaincu par le patriotisme de ses camarades et la sauvagerie des japonais.

En tout cas, on est étonné par le contraste techniques entre quelques maquettes d’avions bricolées (qui rappellent celles de Seuls les Anges ont des Ailes, 4 ans plus tôt) et l’utilisation, par ailleurs, de vrais avions. Le début en fait, d’une fructueuse collaboration avec entre Hollywood et le Pentagone*. Une stratégie que va industrialiser Don Simpson, Jerry Bruckheimer et… Michael Bay.

* Comme décrit dans le livre de Jean-Michel Valantin : Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d’une stratégie globale
Editions Autrement, 2003




lundi 15 février 2016


Un Homme Très Recherché
posté par Professor Ludovico

Que dire d’Un Homme Très Recherché ? Qu’il est filmé par Anton Corbijn qui n’a rien fait de bien depuis Control, son premier film ? Qu’il y a des acteurs que nous adorons comme Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Willem Dafoe, Robin Wright, Daniel Brühl ? Que c’est adapté d’un livre de John Le Carré ? C’est-à-dire, en deux mots, le seul espionnage que nous goûtons, sans gadget, sans fusillades, sans effets spéciaux mais à base de manipulation et de psychologie…

Malheureusement, cet Homme Très Recherché est surtout très banal. Un migrant arrive clandestinement à Hambourg. Est-ce un terroriste en devenir, ou quelqu’un qui cherche une terre d’asile ? Entre ces deux solutions, le cœur balance entre le maître espion (Philip Seymour Hoffman), et l’avocate au grand cœur (Rachel McAdams).

À part la fin, très étonnante et parfaite, le reste est ennuyeux au possible. Malgré la patine moderne (caméra au poing, maîtrise graphique dans des décors réels, acteurs crédibles), on a l’impression de se promener très lentement dans un film des années soixante-dix. Le scénario, les dialogues semblent peser des tonnes, malgré le talent des comédiens qui essaient de l’alléger. Les situations sont ultra convenues, à l’image de la relation crypto-amoureuse entre le réfugié et l’avocate.

C’est paradoxal, car le propos est très contemporain : les islamistes, les conflits entre l’Europe du renseignement et la CIA, et la politique du résultat qui gâche le travail de fond d’infiltration, dont les acteurs de cette tragédie seront les victimes directes ou futures…

« To make the world a better place ». Rendre le monde meilleur, dit à un moment l’agent Bachmann (Philip Seymour Hoffman). Cette phrase est très belle, car elle est dans sa bouche à la fois ironique et totalement sincère.

Ironique et totalement sincère, c’est ce qu’est cet Homme Très Recherché.




vendredi 12 février 2016


Under the Skin
posté par Professor Ludovico

Pourquoi Scarlett Johansson fascine-t-elle autant les cinéastes ? Elle est très belle, bien sûr. Mais sa beauté est légèrement étrange, pas totalement dans les canons classiques de la beauté hollywoodienne du modèle mondial (Jennifer Lawrence, Anne Hathaway, au hasard).

C’est surtout, on peut le penser, l’extrême plasticité de Scarlett Johansson qui en fait un rêve de metteur en scène. Capable d’une beauté éclatante (la Kay Lake du Dahlia Noir chez de Palma), ou plus modeste, plus vulgaire, de la fille d’à côté chez Joseph Gordon-Levitt (Don Jon), ou encore d’incarner fantasme redhead absolu : La Veuve Noire des Avengers.

D’où vient que bien souvent, l’on a vu Mrs Johansson errer à tous les étages de la maison cinéma ; le blockbuster à haut degré d’octane (Avengers, The Island, Lucy), le cinéma indépendant top crédibilité (Lost in translation, Her, The Barber), la romcom (Ce que Pensent les Hommes, Nouveau départ, #Chef), sans oublier (deux fois) l’inévitable passage chez Woody Allen où elle était parfaite en fille légèrement pompette (Match Point), l’un des meilleurs crus récents du cinéaste newyorkais.

Ici, dans Under the Skin, (la même année que Lucy !) Scarlett Johansson se met à nu, physiquement et moralement.

En n’ayant pas l’air de faire grand’chose : simplement promener ce visage d’habitude si souriant, et cette fois-ci énigmatique, voire terrifiant, et sa coupe de cheveux brune, dans les causses désertiques des Highlands ou dans un Glasgow surpeuplé.

Adapté du livre de Michel Faber, Under the Skin est une histoire de chasse. Une extraterrestre séduit les hommes et les tue. Il n’y a pas d’autre histoire. Tout est dans le traitement de cette idée basique. Que peut penser un alien dans un corps de femme qui tue sans morale tout ce qui tombe à sa portée ? Et qui essaie de comprendre ce corps, cette planète et ces insectes qui rampent à sa surface ? Cette inquiétante étrangeté trouve un réceptacle parfait dans le visage impassible de Scarlett Johansson.

Si le thème a souvent été traité, des Envahisseurs à Predator, c’est la première fois qu’un film s’y attelle de façon sérieuse et artistique. Placé sous le haut patronage de 2001 et de David Lynch, le film est une extraordinaire performance artistique. Beaucoup ont invoqué les mânes de Kubrick et de Lynch, peu ont atteint les maîtres. Mais ici tout est parfait, à commencer par la photographie qui est capable de passer du reportage de rue à l’expérimentation graphique pure, et servi par une musique entêtante, étrange elle-même, parfait support des émotions – si jamais elle en a – de l’alien Scarlett Johansson.




dimanche 7 février 2016


Hitchcock/Truffaut, le doc
posté par Professor Ludovico

L’idée était très excitante a priori : mettre en image le chef d’œuvre de Truffaut sur les chefs d’œuvres d’Hitchcock. On avait le texte, les photos, et – miraculeusement retrouvé – la bande son. Illustrer les grands principes du Maître à base des séquences cultes de ses films, voilà qui allait avoir de la gueule. Et en plus, sous le haut patronage de réalisateurs connus et respectés : James Gray, Martin Scorsese, Paul Schrader, Wes Anderson, David Fincher, Arnaud Desplechin, et Olivier Assayas.

Malheureusement, le résultat est assez convenu. Seules quelques séquences sont illustrées (Vertigo, Les Oiseaux) et pas très analytiques, pas très pédagogiques. Par contre les stars parlent beaucoup, comme dans le moindre making of du marché, pour dire que Hitch était un génie.

Ce n’est pas toujours inintéressant, mais malheureusement, Hitchcock est plus passionnant.




dimanche 17 janvier 2016


Le Cousin Jules
posté par Professor Ludovico

Le Cousin Jules est un film étonnant. Ce doc, réalisé en 1972, ne sort vraiment qu’aujourd’hui (avant l’été en fait, mais on a du retard à CineFast).

Dominique Benicheti, enfant, allait en vacances chez son cousin Jules, un vieux paysan bourguignon. Devenu cinéaste, il lui demanda (entre 1969 et 1972) l’autorisation de le filmer.

Le résultat, c’est ce Cousin Jules, un documentaire sur un monde disparu : la France éternelle, qui n’existe plus et qui pourtant continue de faire fantasmer les français. Une France rurale dans laquelle rien n’a changé depuis le Moyen Âge. Dans cette ferme, vivent en effet Jules et sa femme : deux octogénaires qui doivent s’occuper des travaux de la ferme. Ils n’ont pas d’enfants ni d’ouvriers. Dans ce monde-là, on ne va pas chez Conforama acheter un lit; on le fait. On a besoin d’une ferronnerie ; on la forge. On mange une nourriture que l’on a élevé ou fait pousser, tuée ou épluchée, et cuisinée soi-même.

Le film tourne donc autour de cela. Cela pourrait être ennuyeux, c’est sublime. Par un montage très simple (mais très rigoureux), par des images magnifiques de la campagne environnante, Le Cousin Jules reconstitue parfaitement la vie de ces vieillards, et leur tragédie.

Il passera sûrement un jour à la télévision, ne le ratez pas.




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