[ Les films ]



mercredi 4 mars 2015


Le Héros du Pacifique
posté par Professor Ludovico

Drôle de film, découvert par un pitch très vendeur sur TCM. La vie de l’Amiral Halsey, qui, comme chacun sait, est le vainqueur de Guadalcanal. Un film de guerre, mais… sur la stratégie. C’est à dire un film de guerre dans lequel on ne tire pas un seul coup de feu. Bref un truc qui n’existe pas. Tout se passe dans la cabine de l’amiral sur l’USS Enterprise (pas celui de Spock). On y assiste aux dilemmes du commandement : envoyer les hommes se faire tuer au combat, sur la base d’un simple bout de papier….. Faire tuer son fils, ses amis, sans jamais subir le feu soi-même. Deviner les pensées d’un ennemi qu’on respecte et pourtant le tuer. N’en tirer aucun plaisir, alors que c’est la guerre…

Voilà un mélange très étonnant et pour tout dire unique dans le cinéma de guerre…

Bien sûr, comme son nom l’indique, Le Héros du Pacifique est très hagiographique, un film à la gloire de l’amiral, et à celle de la coolitude généralisé du soldat US (face à des japs secs comme des coups de triques, évidemment tirés à quatre épingles (c’est-à-dire des allemands du Jour Le Plus Long deux ans plus tard) …

Mais en fait c’est le James Cagney (qui produit le film et interprète l’Amiral) qui tient ce Héros du Pacifique de bout en bout et le rend si passionnant.

A découvrir….




mercredi 18 février 2015


La littérature, les bons sentiments, les scénarios gentillets, et tout ça…
posté par Professor Ludovico

« C’est l’histoire d’une jeune fille très vertueuse qui vient au confessionnal. Le prêtre l’écoute. Mais elle ne dit rien.

– « Je vous écoute, mon enfant. Qu’avez-vous à confesser ? »
– « Mais rien mon Père, je n’ai rien fait de mal ! »
– « Et bien revenez quand vous aurez quelque chose à raconter…
 » »

C’était au Masque et la Plume, la semaine dernière.




dimanche 8 février 2015


Foxcatcher
posté par Professor Ludovico

Pour une fois on est d’accord. Foxcatcher est d’ores et déjà l’un des meilleurs films de ce début d’année. On avait oublié d’aller voir Le Stratège en salle, malgré Brad Pitt, malgré Aaron Sorkin. Et notre dernier film sur la lutte gréco-romaine, c’était Le Monde Selon Garp.

Mais on court voir Foxcatcher, malgré le consensus critique et la Palme des Alpes Maritimes.

Et on n’est pas déçu. Foxcatcher est fin et subtil. C’est un BOATS réussi parce qu’on ne connait pas cette histoire et aussi parce que Bennett Miller a choisi de décentrer son histoire. C’est le biopic de John E. du Pont, l’héritier des Dupont de Nemours, l’une des plus grosses fortunes des USA* grâce a la chimie. Mais Miller fait mine de s’intéresser aux deux frères Schultz, Mark et Dave, champions olympiques de lutte que du Pont veut prendre sous sa coupe (formidables Mark Ruffalo et Channing Tatum)

Petit à petit, le réalisateur du Stratège et de Truman Capote révèle son jeu. Le personnage principal, c’est évidemment ce Houellebecq dégénéré et fin de race (Steve Carrell) qui règle ses comptes personnels au travers de ce curieux mécénat. La face obscure du rêve américain, again and again. Ce que l’argent permet d’obtenir (tout), ce que l’argent pousse à faire (à peu près n’importe quoi), ce que l’argent n’achète pas (l’amour, la reconnaissance, la rédemption…)

Steve Carrell est impérial là-dedans, même si le maquillage est trop énorme pour être honnête, même si le comique joue trop au tragédien. Il décrochera l’Oscar, on avait compris la manoeuvre.

Quand aux deux frères, plus subtils, ils sont incroyables. Mark Ruffalo s’enlaidit pour jouer l’aîné, mais c’est surtout Tatum qui – sans prothèse – délivre la prestation la plus convaincante. Lui, l’ancien chippendale qui jouait quasiment son propre rôle dans Magic Mike, semble tout droit issu du monologue de Richard III (« Moi qui suis démuni de cette harmonieuse proportion, privé d’avantages par la trompeuse nature« ). Primate, autiste, des jeans trop grands pour lui, le front constamment plissé : Mark Schultz. Il faut beaucoup de talent pour faire ça.

On finira sur une séquence nostalgie : Anthony Michael Hall joue dans Foxcatcher ; on vous laissera deviner quel rôle, car on ne l’a pas reconnu. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la star de Breakfast Club avait dix-sept ans en 1985 et en a facilement quarante-six aujourd’hui.

Time waits for no one.

* On ne paye pas de taxes dans le Delaware parce que Dupont les paye déjà ; information courtesy of Mrs Ludovico, en direct de Wilmington, Delaware.




lundi 2 février 2015


Welcome to the jungle (of Endor)
posté par Professor Ludovico

On vous l’avait dit, le rachat de la licence Star Wars est une bonne nouvelle pour vous, les fans du space opera wagnérien de George Lucas, ses princesses en slip et ses épées qui brillent, ses combats au firmament, et ses amiraux de la flotte recrutés chez les escargots*…

Une bonne nouvelle, oui, parce que votre série fétiche est enfin entre les mains de professionnels : scénaristes, monteurs, réalisateurs diplômés.

Et qu’est-ce qu’on apprend cette semaine ? George « 12 milliards de dollars » est déçu. Oui, vexé, même. Disney n’aurait pas retenu ses idées. Il aurait volontiers réalisé Star Wars VII, et Disney a refusé. Eh oui, George, c’est des pro, on te dit ! Disney, ils savent faire des films. Et ils préfèrent confier la franchise à la pire feignasse d’Hollywood, J-J. « Je ne finis jamais un film » Abrams, plutôt que te faire travailler, toi.

Peut-être qu’ils ont regardé tes autres films avant de te répondre ? peut-être ont-ils essayé de lire les scenarios de la première trilogie ? peut-être n’ont ils pas été convaincus par ta direction d’acteur sur ces pauvres Liam Neeson et Ewan McGregor.

Désolé George. Welcome to the jungle.

*L’amiral Ackbar serait, selon nos informations, de la race des Helix Pomatia. Comment est-il arrivé de Bourgogne, nul ne le sait…




dimanche 25 janvier 2015


Les Quatre Cents Coups
posté par Professor Ludovico

Toutes les motivations sont bonnes pour regarder un film. Même les plus mauvaises. Je ne m’intéresse pas beaucoup – à tort – au cinéma de François Truffaut. J’en ai pourtant vu quelques-uns, et ils m’ont tous plu : La Femme d’à côté, Le Dernier Métro, La Mariée était en Noir, La Nuit Américaine

Mais là, c’est encore une fois l’écoute du fabuleux podcast des entretiens Hitchcock Truffaut qui m’incite à voir Les Quatre Cents Coups.

Truffaut y analyse, sous l’œil sévère du maître, le découpage de la scène où Antoine découvre l’adultère de sa mère.

Truffaut est fier, car pour la première fois, c’est Hitchcock qui s’intéresse à son travail et non l’inverse. Mais, las ! « J’aurais préféré que rien ne soit dit » : Truffaut fait dire aux personnages (cette maladie française) ce qui aurait du rester silencieusement filmé.

Peu importe, on regarde Les Quatre Cents Coups avec un grand plaisir, et on comprend l’influence qu’a pu avoir le film sur le Nouvel Hollywood. Filmé dans un style reportage (particulièrement instructif d’ailleurs sur les conditions de vie des enfants parisiens, et du niveau de vie des employés dans les années cinquante.)

Mais surtout, Les Quatre Cents Coups c’est une intense liberté scénaristique, à l’image du personnage fétiche de Truffaut, Antoine Doinel, cet autre lui-même qu’il promènera de film en film. Le film lancera la Nouvelle Vague, et changera le cinéma français à tout jamais, pour le meilleur et pour le pire.




mardi 20 janvier 2015


La Bataille de Rio de la Plata
posté par Professor Ludovico

Dans la collection seconde guerre mondiale du Professore Ludovico, qui compte bon nombre de perles, il manquait La Bataille de Rio de la Plata. Pour le béotien, rappelons qu’il s’agit de la poursuite et de la destruction par la Marine britanniques du Graf Spee, un cuirassé allemand aux premières heures de la guerre, le 13 décembre 1939. Et malgré son immense culture sur le sujet (Opérations Jupons, Torpilles sous l’Atlantique, Coulez le Bismarck !) le Professore n’avait jamais vu La Bataille de Rio de la Plata. Et surtout, il n’avait jamais vu ça.

Car cette Bataille est un drôle de film. Une sorte de tragi-comédie sur une bataille navale, qui alterne honneur militaire allemand et humour très british. On assistera ainsi à des choses très étonnantes. Deux mini intermèdes musicaux (les allemands qui chantent noël pour leurs prisonniers anglais, ou de la bossa nova à Montevideo). Un capitaine allemand qui dévoile toute la stratégie de la Kriegsmarine (au mépris de tout réalisme mais – cinématographiquement – une excellente introduction aux enjeux dramatiques du film). Ou encore l’alternance très incongrue de naturalisme maritime (et pour cause, ce sont les vrais bateaux qu’on voit dans le film) et de décors en carton tout à fait hollywoodiens.

Le tout dans des couleurs sucrées, très Michael Powell. Et pour cause, c’est lui qui réalise la film avec son compère Emeric Pressburger…

Une curiosité, donc.




mercredi 14 janvier 2015


Sin City : J’ai Tué pour Elle
posté par Professor Ludovico

Après avoir regardé Sin City dans l’unique but de voir celui-ci, et l’avoir trouvé très bien, il était intéressant de voir ce quoi s’était passé avec la licence en dix ans.

Bonne nouvelle : rien. C’est comme si les deux films sortaient à la suite, les acteurs n’ayant même pas vieilli. On pourrait donc décalquer la critique de l’autre Sin City : les deux sont aussi bons dans l’esthétique, l’hommage au film noir, le Gore mi-rigolo mi-tragique.

On est toujours loin du chef d’œuvre mais suffisamment près de ce qu’on attend d’une couple d’heure au cinéma, en résumant la phrase de David Lynch : partir, rêver, mourir et revenir.

Et c’est déjà pas mal.




lundi 12 janvier 2015


20 000 Jours sur Terre
posté par Professor Ludovico

Oui. Bon. Bof. Ici, on aime beaucoup Nick Cave, mais ces 20 000 Jours sur Terre (piqué à Maurice Genevoix ou à Françoiz Breut ?) auraient pu être mieux.

On vous l’accorde, l’idée est intéressante : faire un documentaire qui ne serait pas un documentaire. Une sorte de performance : moitié doc, moitié fiction. Le vingt millième jour sur terre de monsieur Nick Cave. Ce qui aurait pu être l’exploration du monde onirique foisonnant des Bad Seeds, ses tueurs en série romantiques, ses éclairs de tonnerre bibliques au-dessus de Tupelo, ses chants de marins morts

Mais ça ne marche pas, quelque part à cause de Nick Cave lui-même. Héros de son film, il parle trop. La séquence chez le psy est rigolote, mais trop longue. Les interviews croisées dans la voiture sont sympas, mais trop convenus.

Il y a une idée au début du film qui dit ce qu’aurait pu être 20 000 Jours sur Terre : Nick Cave entre dans sa voiture, et l’autoradio se met en route : « Can’t get you out of my head, lalala, la-la-la.. ». Le chanteur des Bad Seeds éteint la radio d’un air rageur.

Et là le spectateur se met à gamberger. Est-ce une blague, les goûts musicaux de Cave étant assez éloignés de Kylie Minogue? Ou Nick Cave est-il en froid avec celle qui lui permit pourtant de décrocher son unique n°1 ? Ou encore, est-ce la réaction d’un amant frustré, la blonde l’ayant quitté ?

C’est ça la force de la fiction, et c’est à ça que nous, nous aurions aimé jouer.

* ou le jour où nous nous rencontrâmes, sur une route tortueuse de montagne, au détour de l’épisode Duane Barry des X-Files




samedi 10 janvier 2015


A Most Violent Year
posté par Professor Ludovico

Après les vampires de la finance, les porte-containers, les mafieux… JC Chandor poursuit son exploration du capitalisme et des tréfonds de l’âme humaine. Pour lui, aujourd’hui, ces deux-là ne font qu’un. Qui suis-je dans ce monde de compétition féroce ? Qu’est-ce que je peux faire ? Comment survivre au naufrage quand on est dans le bateau (Margin Call) ? Quand on est LE bateau (All is Lost) ? Ou qu’on croit être le seul capitaine de ce bateau (A Most Violent Year) ?

Même si Margin call reste de la preuve la plus évidente du talent et du génie de JC Chandor, cette année très violente n’est pas mal non plus.

Pendant longtemps, on croit avoir affaire avec un de ces merveilleux films sur la mafia dont nous a gratifié le cinéma US depuis les années 70 : Le Parrain, les Affranchis, Scarface, Les Sopranos. Des hommes qui essaient d’échapper à leur destin criminel, mais qui sont condamnés à la violence.

Mais ici, c’est plutôt le dilemme d’un Macbeth hispanique et new-yorkais. Abel Morales (Oscar Isaac) n’est pas encore le Thane de Brooklyn, mais il est sur un gros coup. Il est sur le point d’acquérir le terminal pétrolier au bord de l’East river, qui lui permettra de développer son entreprise de fioul livré aux particuliers. Mais voilà, nous sommes en 1981, a most violent year in New-York, et ses camions se font régulièrement agresser et dévaliser, probablement par la concurrence.

Pressés par sa femme, une Lady Macbeth frustrée (Jessica Chastain), et ses créanciers, Abel basculera-t-il dans l’illégalité ? C’est à ce cliché du film mafieux que s’attaque JC Chandor. Il préfère proposer un personnage qui veut à tout prix atteindre la réussite par le rêve américain, alliance de travail, de succès, et d’honnêteté. Mais autour, les autres immigrés (juifs, noirs et irlandais) semblent susurrer à l’oreille de ce Macbeth moderne, la leçon coppolio-scorsesienne : ce pays s’est construit dans le sang et la violence.

Si le film a tout pour être magistral (couple Davis-Chastain en or massif, les nouveaux Pacino-Pfeiffer, images sublimes, musique subtile), il manque juste le peu de muscle qui faisait la perfection de Margin Call.

Mais Chandor a tout d’un grand.




dimanche 4 janvier 2015


L’Evadé d’Alcatraz
posté par Professor Ludovico

Voilà des années que je voulais voir L’Evadé d’Alcatraz, multi rediffusé à la télé, souvent le signe d’un bon film, ou au moins d’un film dont le succès ne se dément pas, c’est-à-dire, d’un bon film.

Et puis, L’Evadé d’Alcatraz, ça sent bon la GCA, style années soixante… Années soixante ? Après un petit tour sur IMDB, le Professore s’est bien emmêlé les crayons : le film se passe en 1962 et est sorti en 1979. Il faut dire qu’on croit toujours Clint Eastwood très vieux (il a 49 ans quand il joue et produit L’Evadé d’Alcatraz).

Mais surtout, le film lui aussi est horriblement daté. L’action avance à deux à l’heure avec des scènes très nunuches (le peintre)… heureusement qu’il y a Patrick McGoohan*…

Et ce que Wikipedia nous apprend (merci Internet !), c’est que L’Evadé d’Alcatraz, c’est un… biopic : la seule véritable évasion réussie d’Alcatraz. Enfin, on n’a pas retrouvé les évadés, donc réussie, on ne sait pas vraiment.

Bref, je vais aller me refaire The Rock, je crois.

* A chaque fois qu’il y avait une scène avec lui, je repassais en VF pour entendre la douce voix du Prisonnier




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