[ Les films ]



dimanche 25 mai 2008


Spiderman 3
posté par Professor Ludovico

J’avais boudé le troisième épisode à sa sortie, sur les mauvais échos que j’en avais eu (si, si, le Professore est un garçon influençable). Pour faire plaisir à mon fils, je l’ai loué ce week end, et je me suis surpris à aller jusqu’au bout.

Ce qui fait la force de la franchise est toujours là : une mise en scène impeccable, « classique », au sens où elle ne cherche l’épate visuelle que lorsque cela le mérite, i.e. les combats.

Un casting impeccable, qui humanise Spiderman, mais aussi Sandman et le fils du Bouffon vert, et des combats fort bien chorégraphiés, chose rare dans le cinéma contemporain, où l’on cache le manque de talent par des plans hachés et des caméras portés (Troy, le Seigneur des Anneaux, etc.)

Une agréable surprise, donc.




vendredi 23 mai 2008


Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal
posté par Professor Ludovico

Difficile de dire du mal d’un film qui nous a bien fait rire ! Le plus simple, c’est peut-être de dire la vérité : Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal est un mauvais film. Les bons moments (nombreux) qu’on y passe ne sont que le reflet, en creux, de nos vertes années de l’Arche perdue. Et comment se résoudre que cette Arche (notre jeunesse à tous) soit perdue à tout jamais ? Indy IV gère intelligemment ce patrimoine, en le déclinant à chaque plan : clins d’œil, répliques culte, scènes identiques aux trois précédents opus (poursuite, piège, insectes, reptiles)…

Mais bon, tout ça ne fait pas un film. Le scénario est indigeste, incompréhensible. Malgré trois ou quatre versions du scénario, (qu’on imagine pires !), on voit bien que David Koepp (l’un des grands manitous du scénario US (Spider Man, Panic Room, Jurassic park, Snake Eyes, L’Impasse)) ne sait pas quoi faire d’Indy, des russkoffs, de la zone 51 et de ses extraterrestres mayas.

Il y avait de quoi faire pourtant. Le film propose même des piste intéressantes :

– Il y a d’abord un film sur le temps qui passe, l’âge, la maturité. David Koepp l’esquisse, puis finit quand même par retomber dans l’équation « coup de poing + cascade » qui peut passer quand le Dr Jones a quarante ans, pas quand il en a soixante.
– Il y ensuite un film politique : la Guerre Froide, le Maccarthysme, c’est même la partie la plus intéressante du film, une partie presque noire et désespérée. Mais encore une fois, le film retombe sur ses pattes.
– Il y a enfin le côté pulp, à la Captain Sky et le Monde de Demain, qui est LE fonds de commerce d’Indy depuis toujours, et qui aurait bien sonné bien avec l’espionne russe, son look bondage, rapière à la ceinture. Mais là aussi, on ne pousse pas cette logique jusqu’au bout.

Car ces alternatives ne peuvent mener qu’à des impasses, car elles sont inenvisageables dans le business plan d’Indiana Jones. Tout est fait pour que le film marche, qu’il ne déçoive pas les fans de la franchise : c’est parce qu’on veut tellement que ça marche que ça ne marche pas ! On voudrait retrouver la magie, et donc, elle disparait.

Pire, ce qu’il y a de terrible dans cet échec, c’est qu’il finit par révéler la faiblesse ontologique d’Indiana Jones, sa pitoyable recette de cuisine depuis 25 ans : poursuite+ romance + squelettes + trésors + énigmes… Ça…. Et seulement ça ! Essentiellement, la franchise reposait sur le charisme ravageur d’Harrison Ford. Il faut bien avouer que cette partie-là a disparu : le sourire en coin est essoufflé, ses cascades sont ridicules, et pire, c’est que l’on voit bien qu’il s’ennuie !! On aurait pu jouer sur la passation de pouvoir à Shia LeBeouf, comme avait si bien réussi le duo Sean Connery-Harrison Ford du troisième épisode, mais là aussi, ce n’est qu’esquissé. On pense alors aux James Bond de trop (Jamais plus Jamais, A View to a Kill), aux John Wayne de trop (Les Bérets Verts), aux Burton de trop (Les Noces funèbres)…

Dans ces circonstances (scénar indigent, acteurs peu convaincus, producteur (Lucas) aux abonnés absents, on laisse le film aux mains de cet enfant farceur qu’est Steven Spielberg. Et là, gare à la porcelaine ! Il fait littéralement joujou avec le film, le triturant dans tous les sens, pour le meilleur (la zone 51) et pour le pire (le reste du film)… Donc soit vous êtes fan de la franchise, et vous pouvez y aller, vous passerez un bon moment. Si vous êtes juste cinéphile, passez votre chemin…




mercredi 14 mai 2008


Indiana Jones IV : fragile comme du cristal ?
posté par Professor Ludovico

Il se passe quelque chose de bizarre à une semaine de l’Evénement du Mois de Mai (je ne parle pas du festival de Cannes). En effet, la faible promotion d’Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal laisse augurer du pire.

Rien à voir, en effet, entre la promo de Star Wars Episode One en 1999, et celui du quatrième opus du Docteur Jones. Le film serait-il mauvais ? Universal aurait-elle fait le choix de minimiser le budget pub/promo, vu l’échec attendu ? Ou joue-t-elle au contraire profil bas, comptant sur l’effet gratuit de Cannes ?

Réponse, pour le meilleur ou le pire, dans une semaine.




lundi 12 mai 2008


Iron Man
posté par Professor Ludovico

Voilà un film-démonstration : comment, avec un thème riche (un vendeur d’armes, alcoolo, jouisseur, pris de crise de conscience va devenir superhéros au service de l’humanité), on peut faire une daube… Alors qu’avec un argument quasi nul (des robots, déguisés en camion de pompier et en radio cassettes, envahissent la terre) on peut faire un mini-chef d’œuvre !

La différence est très simple : le talent ! Talent des scénaristes, quasi nul dans Iron Man (qu’on prétend pourtant être le héros le plus intéressant de Stan Lee). Ici, les scénaristes (ils sont quatre), se contentent de dérouler les chemins balisés du film de héros en collant : première baston, deuxième baston, baston finale, redux…

Et talent de mis en scène : on aime bien Jon Favreau (acteur culte d’un personnage de Friends, millionnaire adepte du Freefight), mais on ne peut pas dire qu’il nous ait convaincu comme metteur en scène…




dimanche 13 avril 2008


Darjeeling Limited
posté par Professor Ludovico

Bon, Wes Anderson, c’est un peu le chouchou. On a aimé La Famille Tannenbaum, on a adoré La Vie Aquatique, et quand il produit les copains (Les Berkman se Séparent), c’est toujours sur le même thème : la famille, la famille, la famille ! On aime bien ses marottes : le rock 70’s, la France (Joe Dassin, Jacques-Yves Cousteau), ses acteurs fétiches (Schwartzman, Wilson, Murray), bref, Wes Anderson est un cinéaste sympathique.

Darjeeling Limited, c’est bien. C’est formidablement joué, monté, mis en scène, décoré, etc. C’est toujours aussi barré, burlesque que le reste, mais à mon goût moins émouvant et moins drôle que La Vie Aquatique, et peut-être un peu moins profond, mais c’est bien.

Wes Anderson est un esthète Voltairien : il faut profiter de la vie, cultiver son jardin, et ressortir d’une salle de cinéma le sourire aux lèvres : mission accomplie.

Allez donc vous débarrasser de quelques bagages inutiles à bord du Darjeeling Limited…




samedi 29 mars 2008


Disco
posté par Professor Ludovico

J’ai vu la bande annonce de Disco, et je crois que je vais y aller. Je sais, j’ai honte.




samedi 29 mars 2008


Formidable Juno !
posté par Professor Ludovico

Autant le dire : ceux qui n’auront pas vu Juno n’auront pas le privilège de dire quels seront les dix meilleurs films de l’année 2008. Car Juno concourt en bonne tête de ce premier trimestre.

Juno est une jeune fille de 16 ans, qui tombe enceinte dès son premier rapport sexuel. Que faire ? L’annoncer à la meilleure copine, aux parents, au père (16 printemps aussi) ? Avorter ? Garder l’enfant ? Lui trouver des parents adoptifs, de préférence aimants, chaleureux, voire … riches ? Juno est une fille de son temps, un peu dessalée peut-être, pas vraiment pom pom girl, mais toute sa tête sur les épaules. Elle va trouver une solution.

Dans ce film plein de bon sens et de bons sentiments (dans le sens noble du terme), on ne s’ennuie pas une seconde, on rit, on pleure et on réfléchit. Filmé simplement, mais avec élégance, Juno ne fait aucune faute ; Double-boggey, Strike, Fanny au comptoir ! Jason Reitman, réalisateur, confirme l’essai de Thank You For Smoking. Il bénéficie en plus d’un casting parfait, tiré de la Première Division de la Série Américaine : le père J.K. Simmons, vu dans Oz, la mère, Alison Janney, attaché de presse dans A la Maison Blanche, Jason Bateman le père (adoptif) et Michael Cera, le père (biologique), stars d’Arrested Developpement, et Jennifer « Alias » Garner dans le rôle de la mère adoptive. C’est évidemment sans évoquer la performance d’Ellen Page, Miss Juno herself.

Le film a fait un carton en France, et un carton aux USA.

Que demande le peuple ?




samedi 29 mars 2008


Wild Wild West
posté par Professor Ludovico

Dans un genre plus léger, j’ai enchaîné sur Wild Wild West, film que j’avais détesté à sa sortie. Et bien, sur TF1, il ne s’en est pas mal tiré (comme quoi il existe bien un format télé pour certains films, qui ne méritent pas la salle, mais passent très bien le dimanche après-midi devant votre canapé).

Au rang des réjouissances, quelques scènes d’anthologie : le discours du lynchage de Will Smith devant une assemblée de blancs médusés, la parodie de la Voix de Son Maître Pathé Marconi, la paire de fesses hallucinantes de Miss East* (Bai Ling), la performance hallucinée de Kenneth Branagh en Arliss Lovelace (et un brit’ de plus dans ma liste des méchants de cinéma américain !).

J’ai même finit par trouver que WWW respectait au moins la lettre de la série : humour et délires steampunks. Je dis bien « à la lettre », car je ne leur pardonnerai jamais d’avoir remplacé Robert Conrad, l’Homme le Plus Sexy du Monde, par Will Smith, sexy mais PAS James West. James West est BLANC, les gars ! On peut faire beaucoup de choses contre le racisme, mais ça c’est vraiment du politiquement correct de bas étage…

Et puis ils n’ont utilisé la formidable musique qu’une fois…

Et puis globalement, le fim était assez nul, non ?

* qu’on comparera avec plaisir à la demi-seconde de nichons de Salma Hayek dans Frida. Comme quoi 12 images de film peuvent suffire à la plupart des spectateurs mâles de ma génération…




samedi 29 mars 2008


Ben Hur
posté par Professor Ludovico

C’est toujours bien de revoir des vieux films. En ce Lundi Pascal, cloué au lit pour des raisons que je ne peux détailler ici, je tombe sur Ben Hur. Tiens, je vais zapper les nunucheries cathos en attendant la Course de Chars ! Et puis on s’attarde, on batifole, et on se finit par regarder tout le film.

Car Ben Hur est un grand film. D’abord c’est du William Wyler, qui n’est pas la moitié d’un imbécile, un pilier de Hollywood, même : Vacances Romaines, Funny Girl, La Maison des Otages

Mais surtout, Ben Hur dépasse le péplum habituel, étant au contraire porteur d’un message pour le moins complexe, aussi complexe que l’itinéraire de Judas Ben Hur, son héros. Ce message, quel est-il ? Rien de moins que le passage de l’Ancien Testament au Nouveau Testament…

Ben Hur est un jeune juif conducteur de char, ami d’un romain, Messala. Mais Messala doit réprimer les révoltes juives, et ne fait pas dans lé détail : il emprisonne la famille de Ben Hur (mère et sœur), et envoie Ben Hur aux galères.

C’est là que ça se corse. Comme dans tout bon film de gladiateur, Ben Hur est doté d’une impressionnante musculature huilée, qui tape dans l’œil d’un général romain, qui le fouette, pour le mater. Mais lors d’une bataille, où Ben Hur est mystérieusement détaché de son banc de rame, le bateau coule. Le jeune juif, qui ne rêvait que de se venger, plonge à la surpise générale et sauve la vie du centurion. En échange, celui-ci l’affranchit, le convie à son triomphe à Rome et l’adopte !

Devenu « civilisé », Ben Hur finit néanmoins par retourner en Judée, au moment même où un certain Ponce Pilate y est nommé Procurateur. Ben Hur y trouve l’instrument de sa vengeance, dans un épisode grotesque où un cheik arabe (joué par l’improbable acteur gallois Hugh Griffith, maquillé au Nutella) lui propose de défier Messala à la course de char, et où il le tue accidentellement. C’est aussi le moment où il retrouve mère et sœur, lépreuses, et Esther, son amour d’antan récemment converti à la parole d’un certain Jésus de Nazareth.

Refusant le pardon, s’ancrant dans la vengeance old school (œil pour œil, dent pour dent, bref l’Ancien Testament), Ben Hur est incomplet. C’est en acceptant le pardon, en tendant la joue, que le miracle s’accomplit : Christ est mort, Christ est ressuscité et, au cours d’une dernière scène d’anthologie sous l’orage qui gronde sur le Golgotha, la mère et la sœur peuvent enfin guérir de la lèpre, tandis que le sang du christ, qui ruisselle au pied de la Croix, devient ruisseau et rivière, prêt à inonder le monde.

On le voit, Ben Hur (le film) mélange, au coeur d’un incroyable imbroglio, métaphores psychanalytiques (plonger dans l’eau en orphelin juif et en ressortir baptisé et fils de romain, tuer le père pour renaître juif), et messages philosophico-religieux : passer du judaïsme à l’Ancien Testament, de la Loi à la Philosophie, du primitif au civilisé, des dieux romains au Dieu Unique… Ben Hur dépasse largement le seul périmètre de sa course de char.

NB : Ben Hur, c’est aussi le grand film juif de Charlton Heston. Une ode au judaïsme, voire au sionisme. Etoile de David en boucle de ceinturon, nostalgie du pays une fois à Rome, phylactère dans la porte, etc. Charlton Heston est le plus mauvais acteur du monde, et en grand juif aux yeux bleus, il pique les yeux, mais on s’y fait, on finit même par oublier le gugusse de la NRA. Car Charlton est jeune, et Charlton est beau.




samedi 15 mars 2008


La Môme et la Marseillaise
posté par Professor Ludovico

Il y a quand même une très belle scène dans La Môme, chroniquée ci-avant. C’est celle où Piaf, enfant, chante la Marseillaise et vole la vedette à son père. D’abord, pour un peu, la caméra de Dahan s’arrête de virevolter, et l’émotion peut s’installer. Parce que la Marseillaise, ça marche toujours. « Allons enfants ! », et c’est reparti. La question, c’est le rythme : où couper ?

Dahan aurait pu le faire dès le premier couplet, mais il sait, même si c’est long pour un clipeur comme lui, qu’il faut continuer jusqu’au refrain. On ne coupe pas l’hymne national.

Bien lui en prend, car la petite actrice (Pauline Burlet) fait bien le boulot. Et Jean-Paul Rouve, en père jaloux, aussi. Et enfin, le public de ces artistes de rue, qui se laisse gagner par l’émotion. Là aussi Dahan évite la faute de goût classique de ce genre de reconstitution : le cliché. On sort de la Guerre de 14, et les français sont très patriotes. Dahan ne commente pas, n’ironise pas. Très bien.

Le message est passé : l’artiste c’est Piaf, pas son père.




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