[ Les films ]



vendredi 21 janvier 2011


Quelques millions d’années… Et deux jours…
posté par Professor Ludovico

C’est le genre d’anecdotes qui fait le sel du CineFaster : en tout cas dans notre vie numérique, truffée de technologies…

Je tombe l’autre jour sur Voyage Aux Origines De La Terre, un docudrama du genre de ceux que je fuis habituellement, mais celui-ci est très beau, et sur une sujet qui m’intéresse : la création (- 4,6 millions d’années), puis l’évolution jusqu’à l’arrivée de l’homo sapiens (-10 000 ans) de notre chère planète. C’est pas mal, un peu tonitruant, un peu mélodramatique, mais intéressant… Mais voilà, j’ai raté le début, et je n’aime pas voir des bouts de films.

Je me mets alors en chasse de tout ce que le XXIème siècle a mis a notre portée pour nous éviter ces désagréments. D’abord, la catch-up TV : sur Pluzz, le service de rattrapage de France Télévisions, pas de Voyage Aux Origines De La Terre à l’horizon. Internet : le site de France 5 propose bien le film, mais quand on clique, pas de Voyage Aux Origines De La Terre, sans trop d’explications… Sauf une indication : prochaine diffusion le samedi 15 janvier 2011 à 22:02. Bon, très bien. On s’apprête à noter tout ça dans le Blackberry Agenda Outlook Gmail avec Rappel de Priorité 1, quand miracle ! le site nous propose « d’être averti(e) par email ». On s’inscrit donc bien volontiers en laissant notre adresse.

Pendant quelques semaines, pourtant, l’idée flotte dans notre esprit : « C’est quand que ca repasse, le bouzin avec les météorites en images de synthèse ? »

Et là, bingo, en zappant l’autre soir, on tombe dessus par hasard ! Et pile au même endroit ! Encore raté !

C’est deux jours après que survient la kafkaïenne, et néanmoins high tech, conclusion d’usage… Je reçois le mail suivant :

« Bonjour, Nous vous rappelons que le documentaire Voyage Aux Origines De La Terre sera diffusé le samedi 15 janvier 2011 à 22:02 »

Un mail daté… du 17 janvier.




mardi 4 janvier 2011


And the Winner is… Lady Gaga !!!
posté par Professor Ludovico

C’est la fin de l’année, le début d’une nouvelle, et c’est donc l’heure des bilans. Qui a percé cette année, qui s’est gaufré, bref, votre best of de l’année… Ces petites discussions de comptoir sont beaucoup moins futiles qu’il n’y paraît, beaucoup moins en tout cas, que les Oscars, les Césars, et la Palme d’Or des Alpes Maritimes réunis… Car en faisant votre bilan, votre Topten, votre Bottom Five (on y revient bientôt), c’est de votre cœur dont il s’agit : qu’est ce qui nous a ému, fait rire, ou profondément énervé… de vrais goûts en somme… Et il y a beaucoup plus de respect à avoir dans les goûts du public, qui plébiscite Bienvenue chez les Ch’tis, dans la rétrospective 2010 du Cercle (l’excellente émission de Beigbeder), ou dans les coups de cœur de Télérama, ou du Masque et la Plume… Parce que ce sont de vrais goûts, les goûts des gens, qui peuvent être discutables, mais qui n’en restent pas moins de véritables élans du coeur… L’opposé, donc des cérémonies professionnelles susnommés, où l’éclairagiste récompense le meilleur acteur dans un second rôle, et où le meilleur acteur est chargé de trouver la meilleure coutumière…

Donc voilà.

J’ai vu 30 films cette année, c’est peu. J’ai lu 42 livres, ce qui est beaucoup. Je me suis mis à lire des BD, aussi… J’ai vu 18 films à la télé, ce qui est énorme… L’effet Canal+, ou l’effet âge… J’ai vu plein de séries aussi, et ça, ça prend du temps…

Tout ça revient quand même annoncer un déclin du produit « cinéma en salle », de moins en moins moins attirant pour moi…

Mais surtout, quand je cherche très clairement à identifier ce qui m’a marquée cette année, c’est… Lady Gaga !

Rappelons le contexte : il y a quelques mois, dans mon bar favori, retentit une étrange mélodie… P-P-P-Poker face… De la dance classique, mais avec un petit truc en plus… Mais quand la Professorinette m’a poussé à regarder sur Youtube « Telephone », de madame Gaga (vous savez que vous êtes vieux quand ce sont vos enfants qui se mettent à vous conseiller des choses !), c’est là que j’ai compris. Lady Gaga, la nouvelle Madonna, mais aussi le futur du cinéma… Pour reprendre la belle formule de Libé, citant Bowie : « Lady Gaga a compris que les yeux étaient plus affamés que les oreilles… » Tout est dit.

Lady Gaga, ses textes, ses provocs, mais surtout ses clips, ont balayé toute la concurrence. Ce n’est que du clip, mais pour obtenir un tel déferlement, il fait être sacrement douée ! Tout en piquant à droite et à gauche (Madonna, Marilyn Manson), mais aussi dans tous les arts (tableaux de Hopper, Néons façon Las Vegas, expressionnisme allemand), le tout au service d’une musique qui n’a rien d’original, pire, dont les références sont plutôt cheap (Queen, Boney M, le disco…) mais qui est incroyablement efficace.

Lady Gaga est l’artiste total, comme d’autres avant elle (Bowie, bien sûr, mais aussi Gwen Stefani plus recemment), elle ne propose pas des chansons, mais un univers. Et Lady Gaga, ce n’est pas l’album de l’année (qui achete encore des albums ?), c’est l’événement de l’année. Si elle maintient ce niveau, Stefani Germanotta deviendra une grande artiste, mais sinon, elle aura révélé les futurs Fincher des dix prochaines années. La perfection pop de Telephone, ou le glamour glacé et lynchien de Paparazzi (Jonas Åkerlund), l’esthétique décadence de Alejandro (Steven Klein), voilà de quoi piocher à Hollywood pour les prochains blockbusters…

Mais Hollywood n’est-il pas mourant ? Ce sera l’objet d’une prochaine chronique…




jeudi 30 décembre 2010


Skyline
posté par Professor Ludovico

Il est des films qui laissent sans voix ; c’est le cas de Skyline, incroyable GCA que nous propose Hollywood en conclusion de cette année 2010. Les frères Strause – pourtant auteurs d’unAlien vs Predator Requiem de bonne facture – atteignent là un sommet qui ne sera jamais surpassé…

Le Professore se sent obligé de préciser qu’il s’agit bien d’un sommet de nullité, jusque-là jamais atteint. Skyline fait pourtant partie d’une chaîne montagneuse déjà très élevée : les grands 8 000 de la GCA, Independance Day, Invasion USA, et consorts ; en clair, Los Angeles est envahi par les aliens, une bande de pauvres clampins tente de survivre… Mais à côté de Skyline, Invasion USA c’est Citizen Kane, et Independance Day, c’est 2001, l’odyssée de l’Espace. Car Skyline est incroyablement con, mal écrit, mal joué, mal réalisé, bref c’est un film ridicule. S’il ne faisait qu’aligner les poncifs : « Everything’s gonna be alright » « Come on, let’s move » et autres « What the hell is going on!!?? », on serait dans la GCA.

Mais là, on est en dessous, très en dessous. Et l’idée qu’il y ait quelque chose en dessous de la GCA est une révélation très troublante pour le Professore, qui croyait que la GCA était la base de toute chose.

Dans Skyline, pas de second degré (on serait plutôt même légèrement en-dessous du premier degré, 0,7 ou 0,8 selon les estimations de James Malakansar), pas d’exercice artistique (La Guerre des Mondes), pas de background politique, à lire entre les lignes (à la Armageddon), pas de mélo sous-jacent (façon 2012 ou Deep Impact), pas d’action hard-boiled (Transformers) ou de sidekick rigolo (Independance Day)… Non, rien de rien, seulement la fin du monde… Mais pas La Route, non plus. Le monde est terminé, mais a) on part en petite jupette dans la Ferrari en oubliant de prendre des vivres et une couverture (venez pas vous plaindre quand il neige !) et b) il faut pas fumer parce que Madame est enceinte…

Tout ça se terminera à coups de poing dans la gueule de l’alien (qui fait pourtant 3m de large et vient de pêter une Mercedes), et… par l’Amour, toujours l’Amour !

Avec Skyline, c’est en fait un voyage dans le temps auquel on assiste, car c’est un film digne des débuts du cinéma : une lune en carton, des comédiennes déguisées en extraterrestres, et des pétards pour les explosions… Il est assez fascinant de voir Skyline juste après avoir vu Monsters, un film qui, lui, a assimilé toutes les leçons de la GCA, Cloverfield compris…on peut continuer de faire rêver les gens, mais il faut a minima intégrer notre héritage cinématographique…




jeudi 23 décembre 2010


Moon
posté par Professor Ludovico

« Check ignition… Put your helmet on, tell my wife I love her very much, she knows »: bon sang ne saurait mentir. En écrivant ces paroles en 1967, David Jones sait-il que quarante ans plus tard, son rejeton Duncan va réaliser Moon ? Sûrement pas. Mais voilà, la filiation est trop étonnante pour ne pas être notée. Si le fils d’un certain David Bowie nous relate lui aussi les aventures d’un astronaute, seul dans sa station lunaire, et un peu barré (Sam Rockwell, bon comme d’habitude), il y a comme des similitudes. Elles s’arrêtent là : David Bowie a révolutionné le rock, Duncan Jones fait un cinéma plutôt sage. Ce qui n’empêche pas son Moon d’être intéressant.

Le pitch : sur la Lune, on récolte un minerai miracle grâce à quatre moissonneuses automatiques baptisées (ironiquement ?) John, Luke, Paul et Matthew. Pour surveiller ce travail, Sam (Sam Rockwell) est seul, floating in a tin can, embauché pour trois ans. Ça tombe bien, il arrive en bout de contrat, il va retrouver femme et enfant, dès qu’une navette le ramènera sur Terre. C’est en tout cas ce que lui assure son robot à tout faire, GERTY. Max devrait se méfier, car son HAL 9000 à lui a la voix de Kevin Spacey… Et justement, les embrouilles commencent. Sam a des visions : une fille, puis son propre sosie envahissent la station. Que se passe-t-il ?

C’est à cette question que le film va répondre, en une petite heure et demie. Ne cherchez pas le chef d’œuvre, il n’y en a pas, sauf peut-être la performance époustouflante de Sam Rockwell. Moon, c’est juste un petit film de SF bien foutu, et avouons-le, ça ne court pas les rues.




jeudi 23 décembre 2010


Frost/Nixon, l’Heure de Vérité
posté par Professor Ludovico

Ça commence pas mal, et le final est un peu plus faible ; mais vous pouvez regardez Frost/Nixon, l’Heure de Vérité !

Ron Howard est un grand cinéaste, le genre de type qui peut filmer trente minutes deux types assis dans des fauteuils (l’interviewer, l’interviewé) sans vous ennuyer. Ici, il ne s’agit pas de n’importe qui, puisque c’est l’interview de Nixon par David Frost en 1977. Historique ! Vous ne le saviez pas ? Moi non plus. Destitué en 74, Nixon devient l’homme le plus détesté des États-Unis, à cause du Vietnam, mais aussi du Watergate, l’immeuble où il fit espionner des démocrates.

Autre problème, Nixon ne voulut jamais reconnaître la moindre faute. C’est justement ce qui motive David Frost, une sorte d’Arthur seventies, un beau gosse anglais, animateur de jeux télévisés et de talk-shows en Grande-Bretagne, en Australie, et aux États-Unis. Il se met en tête d’interviewer Nixon, et de lui faire cracher sa Valda. Sauf qu’il ne sait pas sur qui il est tombé. Voilà le pitch de Frost/Nixon, l’Heure de Vérité.

Le film est passionnant de bout en bout, mais chute sur une trop petite fin. Oui, Frost arrive enfin à faire tomber Nixon, mais c’est tellement subtil que Ron Howard est obligé d’appuyer ses effets, par un commentaire d’un des journalistes de l’équipe. Probablement aussi, que cette histoire est beaucoup plus référentielle pour l’américain moyen que pour tout autre citoyen de la planète.

On retiendra néanmoins deux performances exceptionnelles Michael Sheen (Frost), déjà excellent Tony Blair dans The Queen ou The Deal, et Frank Langella en Nixon, qui ne cherche pas la ressemblance ou l’imitation : Langella est Nixon, tout simplement…




vendredi 17 décembre 2010


Michael Clayton
posté par Professor Ludovico

On devrait toujours écouter ses amis. Quand mon Phiphi à moi m’a dit « Michael Clayton, ouais, c’est pas mal. Ca te plairait ! » J’aurais dû l’écouter. Et y aller. Right away. Peut-être qu’il aurait du être plus dithyrambique, le Phiphi, à la façon des ados, ou donner une note sur dix à la façon des critiques de cinéma télé, mais, en fait, il a raison, on a passé l’âge.

Au final, je n’y suis pas allé ; trop de Djjjoordge, trop de bogossitude cool mâtinée de conscience sociale, trop de What else ?

Mais l’idée a fait son chemin, et quand Michael Clayton est passé sur la chaîne avec un +, je l’ai enregistré. Il traînait donc sur mon disque dur quand je suis passé à l’attaque avant-hier soir…

Eh bien, c’est très bien ! C’est une sorte d’Erin Brockovich à l’envers (décidément Soderbergh – qui produit – a un problème avec les multinationales !)

Ça commence donc par une grosse boite agrochimique qui a empoisonné des agriculteurs avec ses engrais, et qui fait face à une class action qu’elle est sûre de perdre. Un cabinet d’avocat, dirigé par le toujours génial Sidney Pollack (pourquoi n’a-t-il pas fait l’acteur dans plus de films !) essaie de leur sauver la mise. Mais un des avocats, et l’un des meilleurs, pète les plombs et se retourne contre ses employeurs, et son client.

C’est là qu’intervient Michael Clayton (George, bien sur !) : ancien flic, avocat freelance, qui intervient dans la zone grise pour gérer les mauvais coups. Le voilà chargé de ramener son collègue et ami à la raison.

Cette histoire, somme toute classique, Tony Gilroy* a le talent de la cacher dans une trame scénaristique complexe. Un scénario qui commence par la fin ; des images mystérieuses, un puzzle que le spectateur essaie de recomposer : Clayton jouant au poker, une femme en sueur dans les toilettes, un prêteur sur gages… Petit à petit, les pièces s’imbriquent, le sens prend forme, jusqu’à une conclusion qui reste classique, mais, de par ce traitement, se révèle brusque et inattendue.

Acteurs excellent, musique et cinématographie parfaite : on est sous le charme – doublement – de Michael Clayton. Et on peut reconnaît un bon réalisateur à son courage : celui, par exemple, de tout miser sur un plan séquence final, dans un taxi : sur le sourire énigmatique de George Clooney.

*Encore un monsieur qui a travaillé sur Armageddon (Adaptation du scénario)




lundi 13 décembre 2010


Monsters
posté par Professor Ludovico

Je devais être dans un bon jour. Oui, un bon jour, parce que sur le papier, Monsters a tout pour m’énerver : scénario simpliste dans un emballage musical et cinématographique parfait.

Pire, Monsters fait partie des offres qu’on ne peut pas refuser, comme dirait Don Corleone. Qu’on en juge sur le pitch : des formes de vie extraterrestres ont été ramenées accidentellement sur Terre, par une sonde US qui s’est écrasée au Mexique. Depuis, des créatures ont envahi le nord du territoire, créant une zone infectée entre les deux pays. Un couple Hawksien (un photographe divorcé, une riche héritière) doivent traverser la zone pour rejoindre le pays du coca-cola. Un must-have pour CineFaster, mais aussi un risque exponentiel de se prendre une grosse claque sur ledit site.

Mais voilà, sur cette base ultra-simpliste (couple mal appareillé, grosses bestioles, touristes ricains chez les basanés…), Gareth Edwards (pas le plus grand rugbyman gallois de tous les temps, mais bien le réalisateur de Monsters) Gareth Edwards disais-je, brode une petite musique plus subtile qu’il n’y paraît. Le gnangnan rode, mais il est tenu à distance par l’excellence des comédiens (Whitney Able et Scoot McNairy, vrai couple à la ville).

De fait, on y croit, on est avec eux, et on est prêt à lire entre les lignes. A savoir : à quoi sert ce Mur (métaphore !) qui empêche les aliens (métaphoooore !) de rentrer chez les mangeurs de McDo ? Ces bombardements, ces armes de destruction massive (métaphooooore !!!!!!²), sont-elles obligatoires ? Le mal n’est-il pas déjà à l’intérieur ? Et Au final, qui sont vraiment les monstres ?

L’Invasion de la Guerre des Mondes des Profanateurs Cloverfield de Sépultures est un film à message : fallait oser.




lundi 6 décembre 2010


Morse
posté par Professor Ludovico

J’avais zappé Morse jusqu’à ce qu’une bonne âme ne m’éclaire sur son sujet ; ce que je ne ferais pas ici, de peur de vous gâter le plaisir. Sachez simplement qu’il s’agit d’un serial killer qui rode, pas loin d’une école, et notamment auprès d’un petit blondinet, tête de turc de sa classe.

Morse réussit la gageure de réunir intrigue simple (on pourrait même dire simpliste, voire amerloque si on est grossier), traitement complexe, et perfection stylistique.

Car si l’intrigue est effectivement basique, on ne s’en rend compte qu’à la fin. Entre-temps, on aura apprécié avancer de découverte en découverte, Tomas Alfredson, le réalisateur suédois, jouant avec nos nerfs (et nos réflexes cinéphilique) pour faire avancer l’histoire.

Et, cela ne gâche rien, Morse est beau, très beau : chaque plan, chaque mouvement semble étudié, épuré comme une photo. La musique est parfaite, les acteurs aussi. Que demande le peuple ?




lundi 29 novembre 2010


Police Python 357
posté par Professor Ludovico

Direct 8, la chaîne de télé qui émet en direct des années 70, diffusait hier un des films cultes du Professore : Police Python 357. Pour être franc, je n’ai pas eu le courage de le regarder en entier, à cause d’actualités cinéphilique très chargée (2 épisodes de The West Wing, et OL-PSG qui passait sur Comédie!* Mais bon, je zappais, arrêtant régulièrement le DVD pour voir le score, en réalité pour ne pas rater les moments cultes de Police Python 357 : le meurtre de Stefania Sandrelli, Signoret en larmes dans sa Mercedes, l’acide sur le visage de Montand.

Ah Montand, le roi sauvage des années 70… Il est difficile d’imaginer aujourd’hui l’emprise qu’avait Montand sur le public de l’époque. Une emprise morale, de par son passage au PC, puis sa rupture avec icelui, une emprise comique, en signant les grands succès de la décennie (La Folie des Grandeurs, le Sauvage, Le Grand Escogriffe), une emprise scénique par la chanson, et une emprise sexuelle, parce que, même vieillissant, il continuait d’affoler les gonzesses.

Dans ce film-là, il est impérial, sous la coupe d’une inexplicable solitude (si ce n’est celle des véritables loners américains), et sous le poids des non-dits bourgeois qui ont tué l’autre couple (François Perrier- Simone Signoret). Dans ce polar à la fois traditionnel (dans le fond) et moderne (dans la forme), Corneau tire le meilleur des deux mondes : histoire tirée au cordeau de Daniel Boulanger et modernité narrative de Corneau (c’est son deuxième film). En cela, il est proche d’un Melville, cieux sous les lesquels Montand passa aussi de bons moments…

Un jour je vous parlerai du Juge Fayard, dit Le Shérif

*(1-2 à la 83eme, 2-2 trois minutes plus tard).




vendredi 26 novembre 2010


Goncourt-Oscars, même combat
posté par Professor Ludovico

Pour la première fois de ma vie, je lis un Prix Goncourt. Peut-être parce que c’est Michel Houellebecq, et que j’ai tous ses livres sauf un. J’ai adoré Houellebecq, quand je l’ai découvert à ses débuts, avec Extension du Domaine de la Lutte et Les Particules Élémentaires. J’ai été déçu, puis énervé, par le systématisme porno de Plateforme… et je n’ai pas lu (ni vu) La Possibilité d’une Ile.

La Carte et le Territoire, pour sa part, est un livre distrayant, bien écrit, mais pas un chef d’œuvre. Pourtant, c’est lui qui a le Goncourt cette année. Ce qui me ramène à CineFast et qui valide ma théorie sur les prix – quels qu’ils soient -, ces autocélébrations professionnelles à qui l’on donne l’apparence de compétitions définitives.

On peut avoir son panthéon personnel (mon film préféré c’est Apocalypse Now…), un panthéon Critique (les films de l’année pour les Inrocks…) ou populaire (nos lecteurs ont voté, c’est Mes Amis, Mes Amours, Mes Emmerdes…) Mais l’idée qu’une bande de vieux croûtons (l’académie Goncourt), de starlettes (le « Jury » de Cannes) ou de techniciens et d’acteurs yankees (les Oscars) me disent qui est le meilleur livre, film, acteur, ou costumière de l’année me consterne.




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