[ Les films ]



mardi 23 août 2011


Bienvenue à Zombieland
posté par Professor Ludovico

Bienvenue à Zombieland fait partie de ces films qui sont évidemment desservis par leur titre et leur thématique. Ne vous y trompez pas pour autant : Rhett Reese et Paul Wernick, ses auteurs et Ruben Fleischer (son réalisateur) iront loin. Le pourquoi du comment en 4 leçons :

– BaZ est magnifique : Ruben Fleischer fait à l’évidence partie de l’école Zack Snyder : chaque plan est magnifiquement cadré, éclairé, filmé. Les effets spéciaux sont particulièrement soignés.

– BaZ a le sens de l’humour. C’est rare dans les films de zombies, où le rire est plutôt du côté du spectateur, en pleine distanciation Brechtienne. Ici, l’humour est compris dans le prix, notamment via ses règles de survie en milieu zombie (Règle #17 : Ne pas jouer les héros)

– BaZ a de grands acteurs : les films de genre attirent rarement un tel cast : Jesse Eisenberg (The Social Network), Woody Harrelson (Tueurs Nés), Emma Stone (Supergrave), Abigail Breslin (Little Miss Sunshine)

– BaZ arrive à conjuguer action, dérision, émotion : pas facile au milieu des tronçonneuses et des shotguns…

Bref, mesdames, ne louez pas Bienvenue à Zombieland, mais surveillez les futures productions de ces trois messieurs…




lundi 22 août 2011


Put the bunny back in the box !
posté par Professor Ludovico

C’est l’histoire d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent connaître… Une Amérique pré Ben Laden, sûre d’elle même et dominatrice, qui produisait de la GCA sans complexe. Dimanche soir, TF1 diffusait Les Ailes de l’Enfer, Con Air en VO, Air Con pour les intimes*

Eh bien à ma grande surprise, ça n’a pas trop vieilli. Pas mal pour un film déjà pas terrible à l’époque. Loin derrière pourtant des autres productions du tandem roi de la décennie, Don Simpson-Jerry Bruckheimer ; loin derrière The Rock, Armageddon, USS Alabama

Mais bon, c’est peut-être le dernier bon Nicholas Cage, et c’est surtout le film d’une réplique, culte forever :

– « Repose le lapin dans la boîte »

*© James Malakansar




lundi 22 août 2011


Super8
posté par Professor Ludovico

JJ Abrams, c’est le type qui, à l’école, recevait toujours la mention « peut mieux faire« . C’était l’élève à potentiel, qui aurait pu être premier de la classe, mais qui ne travaillait pas assez. C’était vrai avec Alias, avec Lost, avec Star Trek, et c’est vrai maintenant avec Super8.

La première demie heure est excellente, comme d’habitude, car JJ a dégotté un sujet en or : Steven Spielberg lui-même. Le film, produit par l’intéressé, parle évidemment de la jeunesse du petit Steven, comme il l’a souvent raconté : sa vie avec un père divorcé et mutique, sa passion pour les maquettes, pour les trains, et pour les histoires terrifiantes d’extraterrestres qu’il racontait à ses sœurs…

JJ a dans la poche son Exile on Main Street ; c’est à dire une occasion unique de payer ses dettes artistiques, comme les Stones le firent avec le blues… Le film commence donc comme ça, une ode à l’enfance, au seventies (Electric Light Orchestra et Blondie à la BO), au midwest, et au cinéma. Et l’on sait qu’Hollywood n’est jamais meilleur que quand il parle de lui-même (Sunset Boulevard, Mulholland Drive, Ca tourne à Manhattan…) Super 8 donc part donc en beauté, car Abrams est doué pour lancer des films : trente minutes sans pyrotechnie, sans alien ou Projet Dharma, mais un drame intimiste, la mort d’une mère, le désespoir du père, l’amitié et l’espoir de l’enfance, et la magie du cinéma. Puis il nous lance, de manière époustouflante, dans l’action. Un train déraille, pourquoi, comment, cela va être le sujet du film…

Mais à partir de là, l’histoire, elle, va peu à peu décliner. De Stand by Me, on va passer aux Goonies… Tout les atouts qu’il avait en main, JJ va les laisser passer, comme un vulgaire beloteur débutant : l’analogie spielbergienne, le contexte 70’s (effleuré, mais pas réellement utilisé), le super8 (qui aurait pu être le McGuffin du film), tout ça est mis de côté, oublié, comme on en a malheureusement l’habitude avec l’élève Abrams. Il tisse même un incroyable problème familial, qui devait amener une montagne, et n’accouche que d’une souris.

Pendant tout le film – et c’est son grand malheur – on pense à son inspirateur : qu’aurait fait Spielberg d’une telle mine d’or ?




lundi 15 août 2011


Cars 2, une question d’éthique
posté par Professor Ludovico

On a beau dire qu’il n’y a rien d’autre à faire à l’Ile d’Aix, que c’est les vacances et que tous les voyants sont au vert (places pas chères, enfants motivés, grasse mat’ garantie), on se refuse à aller voir Cars 2. On veut bien faire un effort pour aller voir la Fontaine de Jouvence, mais Cars 2, jamais !

Même la critique commence à s’échauffer, beaucoup de journaux ne recommandant pas franchement le film, et pourtant, ce ne sont pas les plus rudes (Le Parisien, par exemple)… Comme nous l’avions déjà dit ici, Pixar est devenu Disney : scénario tire-larmes, photocopiés en dix exemplaires, gag foireux et jeu de mots de rigueur (cf. Campagne publicitaire dudit film)…

La 3D n’est plus une révélation, elle est désormais présente partout, et on peut déduire sans trop de risques le déclin probable de ces productions stéréotypées…

En tout cas, l’espoir fait vivre…




lundi 15 août 2011


Hollywood Crime Stories
posté par Professor Ludovico

Tout le monde ne peut pas lire la bible, c’est à dire Hollywood Babylon, le chef d’œuvre introuvable de Kenneth Anger. Hollywood Babylon racontait les anecdotes les plus crues, les plus trash, les plus violentes de l’usine à rêves pendant son âge d’or, c’est à dire les années 20-30. Un livre vient de sortir en français sur le même sujet, moins bien écrit, mais qui vaut le détour. D’autant plus que Hollywood Crime Stories ajoute quelques chapitres français à cette histoire : Max Linder et son suicide en couple, Jean Seberg et son suicide en R5, les mauvaises fréquentations d’Alain Delon (l’affaire Markovic) ou de Gérard Lebovici.

Lecture donc indispensable au CineFaster, qui se passionne pour les coulisses, ou pour l’historien, qui adore les mises en perspectives. Ici, on notera que Lady Gaga ou Paris Hilton passeraient pour des bonnes soeurs face aux turpitudes des people californiens : détournement de mineures (Charlie Chaplin), viol, orgies (Fatty Arbuckle, sorte de John Goodman années 10), meurtre (William Desmond Taylor), drogues (Olive Thomas)… On suivra aussi avec intérêt l’histoire de John Holmes, star du porno américain, dont la déchéance criminelle inspirera deux films, l’un médiocre (Wonderland), l’autre un chef d’œuvre instantané (Boogie Nights)

Hollywood Crime Stories, sexe, mensonges et violences dans le monde du cinéma, de Vincent Mirabel, éditions First Document




vendredi 12 août 2011


Pirates des Caraïbes IV, La Fontaine de Jouvence
posté par Professor Ludovico

C’est mystérieux le cinéma, c’est souvent une affaire de contexte. Qu’est-ce qu’on vous a dit de ce film ? Qu’est-ce que vous avez lu ? Lors d’un voyage décevant au Canada, un Bed and Breakfast nous avait ouvert les yeux : « Qu’est-ce que vous êtes venu chercher ? Un voyage réussi, c’est quand vous trouvez ce que vous êtes venu chercher… »

Le cinéma, c’est pareil.

Ludo Fulci, Le Beauf avaient beau nous avoir violemment découragé, on est allés voir Pirates des Caraïbes IV, La Fontaine de Jouvence. Il faut dire qu’après Le Gamin au Velo, Les Tuches, Les Femmes du 6ème étage, Switch, nous étions en forte demande de GCA.

Ceci expliquant cela : ce Pirates-là n’est pas très bon, mais il n’est pas déshonorant par rapport au 2 et 3 qui se prenaient un peu le melon. De toutes façons, aucun n’égalera l’heureuse surprise que fut le premier opus.

Ici, plus de Kheira Knightley, dommage. Mrs Cruz est pas mal, l’intrigue ne tient pas forcément debout (trois équipes cherchent au même moment la légendaire Fontaine de Jouvence !), il y a beaucoup de trous dans le scénario, mais on sait qu’on est chez McDo : on a demandé un Double Cheese Bacon, et c’est exactement ce qu’on a : duels rigolos, magie, et pirates super size (mention toute particulière à Geoffrey Rush)… On notera également, qu’une fois de plus, nos amis anglais s’en prennent plein la tronche : ridiculisés pendant les vingt premières minutes, et une petite couche vers la fin : « Ça va marcher ? Je ne sais pas, ça a été fabriqué par des anglais… »

On ne s’est pas ennuyés, c’est déjà ça…




jeudi 11 août 2011


Les Femmes du 6ème Étage
posté par Professor Ludovico

Que dire d’un film comme Les Femmes du 6ème Étage ? Qu’il est pétri de bonnes intentions ? Soit. Qu’on ne peut être que touché par cette histoire de nanti (Luchini), qui découvre l’existence misérable des femmes de ménage espagnoles ? Également.

Mais bonnes intentions ne veut pas dire bon film. Les Femmes du 6ème Étage est trop gentil, trop mièvre, trop peu crédible pour que son message passe… On s’interrogera peut-être dans vingt ans sur cette étrange propension au conformisme qui envahit le cinéma français des années 2000. Cette impression tenace de se retrouver devant une dramatique de France 2… A part Desplechin, Amalric, qui secoue le cinéma hexagonal aujourd’hui ? Quelque soit le type de cinéma, comédie, ou drame (à part peut être celui du film de genre (Horreur, zombies et action)), on a l’impression tenace de se trouver devant les Dossiers de l’Ecran

Philippe Le Guay a lui l’intelligence de déplacer l’intrigue en 1962, quand l’avant-garde de l’immigration était féminine et espagnole. Malin, car on ne peut s’empêcher de transposer la situation, vers celle, actuelle, des maghrébins, africains, et autres chinois en situation irrégulière… Mais contrairement à Mad Men, il ne profite pas de ce décalage pour accentuer son récit, vers plus de drame ou plus de comédie.

Un film qui ne comblera pas notre appétit de CineFaster… Pirates des Caraibes IV remplira peut-être ce rôle ce soir, qui sait ? On nous a bien prévenus de ne pas y aller, mais rappelons que nous sommes à l’Ile d’Aix…




mercredi 10 août 2011


Woody, Paris-New-York, New-York-Paris
posté par Professor Ludovico

Dans le TAL (Trucs à Lire) qui traîne aux pieds du lit vacancier un Nouvel Obs de juillet. Vieux réflexe d’attaché de presse, je lis tout, même le magazine bobo moralisateur à demeures de charme …

Et là, p.21, l’info toute crue qui ravit le Professore. Midnight in Paris*, le dernier Woody Allen, est devenu le plus gros succès du cinéaste New-Yorkais, dépassant Hannah et ses soeurs : 4 millions de dollars de recettes.

Que d’infos en une si petite brève ! D’abord, parce qu’on nous signale au passage que Woody, enchaînant les flops, était obligé de trouver ses financements à l’étranger, d’où sa période anglaise (Match Point), espagnole (Vicky Cristina Barcelona) et francaise… Grâce aussi aux déductions fiscales que propose la vieille Europe… Quoi ? L’Amérique, Land of Opportunity, serait odieusement taxatrice ??? Cela ne surprendra que les contempteurs habituels des impôts-qui-écrasent-l’initiative-individuelle, et qui me connaissent les fonctionnements US en la matière.

Ensuite, on notera qu’un succès de Woody aux USA, ce n’est que 400 000 personnes…

Enfin cela vient corroborer notre théorie des amours contrariés franco-americains : si les américains privilégient Midnight in Paris, c’est probablement parce que le Woody y livre une vision carte postale de la capitale, tout comme le plus gros succès français de Woody en france est évidemment… Manhattan.

*J’ai failli y aller, selon le syndrome aixois, mais j’ai renoncé, grâce à une belle fièvre.




lundi 8 août 2011


Les Tuche
posté par Professor Ludovico

No comment.

Restons dignes.




vendredi 5 août 2011


Le Gamin au Vélo
posté par Professor Ludovico

Allez, ça continue ! Malgré la Fatwa lancée par Faram el Keeper, St Jérôme, dit « le Serpent du Tout-Puissant » Michel le Vaillant, Maître du Temple de Saint-Jean d’Acre depuis 1213, je brave l’interdit : je vais voir mon premier Dardenne.

Que les choses soient bien claires :

– Je n’ai rien contre le cinéma français ; malgré les chroniques comminatoires, injustes, à charge, vachardes, méprisantes, condescendantes dont j’ai pu l’affubler ici, j’aime le cinéma français. Celui de l’Age d’Or des années 30-40, (Quai des Brumes, Les Enfants du Paradis, Le Jour se Lève, …), celui des classiques des années 50 (Les Diaboliques, La Traversée de Paris…) Ou pas classiques (Godard and co…), celui des années 60-70 (Rappeneau, Boisset…), des années 80, ou d’aujourd’hui (Desplechin, Audiard, Klapisch…)

– J’aime le cinéma d’auteur : Fellini, Antonioni, Welles, Kubrick, Despleschin, Lynch, Fincher…

– J’aime la Belgique : Hergé, Brel, Simenon, Poelvoorde, Eddy Merxcx…

Mais voilà, il faut le dire, le cinéma des frères Dardenne (sur la base d’un seul film, je le reconnais) est proche du degré zéro de la performance artistique.

Prenons un exemple extérieur, pour mieux nous faire comprendre; imaginons que l’on demande à des artistes de nous représenter un vélo. Oui, un vélo.

Gainsborough* magnifierait la campagne anglaise en posant le vélo le long d’un chemin du Sussex. Roger van der Weyden ne peindrait que sept rayons au vélo, voulant symboliser par là même les Sept Vertus Cardinales, tandis que Georges de la Tour les peindrait tous, pour montrer comment le reflet d’une bougie les affecte chacun différemment. Picasso dessinerait des roues carrées, pour montrer l’absurdité de la vie, et Damien Hirst détruirait au bulldozer un vélo par jour, pour dénoncer la société de consommation…

Tout ça, que vous l’aimiez ou non, c’est de l’Art. C’est un message, une position face à la vie.

Et les frères Dardenne, dans tout ça ? Les deux belges achètent un jetable chez l’épicier du coin, prennent le vélo en photo devant l’épicerie et se barrent avec la caisse en hurlant « Nous filmons la réalité !!! »

Ce qui prouve qu’ils n’ont rien compris à leur devoir d’artiste. Si on filme la réalité, c’est qu’on fait du documentaire, ce qui est un autre – et noble – métier. Comme le disait Emmanuel Krivine, le créateur du Village Français, «On ne va pas au cinéma voir comment les choses se sont exactement passées. ».

Aucun point de vue, aucun message, aucune espèce de travail sur l’image, le son, le cadrage, le jeu d’acteur : le cinéma des Dardenne, c’est en fait une ode à la fainéantise. Je déteste habituellement cette phrase, mais ici elle s’applique parfaitement : « N’importe qui pourrait faire pareil ». Essayez ! Prenez votre iPhone, trois-quatre copains, un vélo, un gosse, je vous jure que vous faites le même film.

Il y a pourtant de quoi faire dans le sujet : l’abandon d’enfant, le désir maternel, le recrutement des petites mains par les caïds des banlieues… Il y a aussi des pointures (Cécile de France, Jérémie Régnier) mais non, les frangins posent leur caméra, ça tourne, elle est bonne…

Ce cinéma de l’inutile que nous propose les frères Dardenne ne vise en réalité qu’un seul public, celui du cinéma lui-même, celui qui s’accorde des subventions (« banlieue »-« enfance »-« rédemption » étant les mots de passe pour accéder à l’Avance sur Recettes), et qui s’autocongratule dans le monde clos des célébrations professionnelles (César des Ours de la Mostra des Alpes Maritimes)… Un monde où l’on peut donner deux palmes déjà aux frères Dardenne, mais zéro à Kubrick, zéro à Welles, Bergman, Truffaut, etc.

Pas de quoi s’énerver, donc, car justice est déjà faite : les films des frères Dardenne n’ont jamais rencontré de succès public, ne passent pas à la télé (odieux complot contre la Culture), et seront vite oubliés comme de mauvais jambon-beurre de supermarché…

Les artistes officiels finissent toujours à la poubelle…

*Je sais, Gainsborough n’avait pas de vélo…




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