[ Les gens ]



lundi 14 mars 2022


William Hurt
posté par Professor Ludovico

On a du mal à imaginer, si l’on n’est pas une femme de cinquante ans, ce que représentait William Hurt dans les eighties. En un film, Le Baiser de la Femme Araignée – où il incarnait paradoxalement un homosexuel – il avait brisé le cœur des cinefasteuses. Pour notre part, on l’avait découvert en avocat amoureux de Kathleen Turner, pris dans le piège floridien de La Fièvre au Corps. Il était aussitôt devenu un argument pour aller voir en salle ses autres films : Au-delà du Réel, Les Copains d’Abord, Voyageur Malgré Lui…

Mais cet acteur fin, capable de jouer les salauds comme les héros, a eu une carrière de bimbo hollywoodienne. Ce qui arrive tout le temps aux femmes – et rarement aux hommes – lui tomba dessus : ses grands rôles étaient liés à sa beauté. Celle-ci, une fois éclipsée, le cantonna dans des seconds rôles, même si ce fut de beaux seconds rôles (Smoke, ou le fabuleux Dark City d’Alex Proyas).

Et comme ses collègues féminines, il réapparut dans sa cinquantaine, au tournant des années 2000, souvent dans des rôles de méchants : A.I., Le Village, A History of Violence, Raisons d’État, Into the Wild, ou Avengers. Il eut aussi des rôles remarquables à la télé : le Duc Leto Atréides dans l’horrible série Dune, mais aussi Damages, Goliath, Condor

Il y promenait toujours sa grande carcasse, sa coolitude absolue, ses cheveux blonds et fins sur une calvitie précoce, mais surtout ce regard – doux ou cinglé, c’était selon.

Adieu Monsieur Hurt.




samedi 15 janvier 2022


Jean-Jacques Beineix
posté par Professor Ludovico

Jean-Jacques Beineix est mort, et le Professore se sent vieux.

Bien sûr, il ne faut pas revoir les films de Beineix. La cinéphilie, c’est beaucoup plus compliqué que ça. La cinéphilie, ce n’est pas un cerveau qui analyse, mais un cœur qui bat. Un cœur qui a battu très fort entre 1980 et 1987 pour les trois meilleurs films (les seuls* ?) de Jean-Jacques Beineix. Diva. La Lune dans le Caniveau. 37°2 le Matin. Trois films qui parlent directement au cœur adolescent : amours impossibles, désespoir tranquille et mort qui rôde. Mieux, trois films qui inventaient une nouvelle poésie, désormais la nôtre. Pas celle des profs, des parents, du Lagarde et Michard ou de Marcel Carné. Non, notre poésie eighties, rock, pour nous. Contre le monde.   

Diva était un choc esthétique, sentimental, le petit postier amoureux de la grande cantatrice noire**. Musique classique et polar. On voulait tartiner zen avec Gorodish et habiter dans le loft au néons bleus d’Alba.

La Lune dans Le Caniveau était un film raté ; nous le savions, mais c’était notre film maudit. Un port stylisé en studio, une maison sur la colline et une lune gigantesque. Et Nastassja Kinski dans sa Ferrari rouge, et Victoria Abril en robe orange sur sa balançoire. C’était nos Enfants du Paradis à nous, en couleurs : rouge rouille, rouge sang.  

Et puis vint 37°2 le Matin, LE film, NOTRE film. L’amour jusqu’à la folie, Béatrice Dalle, ses seins, ses dents écartées, et son regard perdu. Yves Duteil et un piano sur une remorque. Un chili con carne renversé sur la tête de Jean-Hugues Anglade. Et la belle Annie (Clémentine Célarié), en mal de sexe, en mal d’amour.

On le voit : il n’est ici pas question de cinéma, pas question de dramaturgie, pas question d’esthétique pubeuse, ou non. On est bien au-delà.

L’amour est aveugle.

*Roselyne et les Lions, IP5 : L’île aux Pachydermes, Mortel Transfert

** Banalité aujourd’hui, rareté à l’époque




vendredi 14 janvier 2022


Les Tontons Flingueurs
posté par Professor Ludovico

Dire du mal des Tontons Flingueurs ? Difficile exercice… Le film de Georges Lautner dialogué par Audiard est l’œuvre patrimoniale s’il en est, vénérée de génération en génération. Pour autant, il faut en finir avec l’idée que ces Tontons sont un chef-d’œuvre du 7ème art. Bourré de répliques culte, certes, mais un film très mal fait.

On ne passera pas trop de temps sur le côté totalement anachronique des Tontons Flingueurs. Les colères de Fernand Naudin (Lino Ventura) nous semblent totalement incompréhensibles aujourd’hui, et surtout, totalement surjouées. Idem sur les dialogues connus par cœur, mais qui ont définitivement popularisé des mots aujourd’hui familiers : canner, défourailler, plombe, valoche, came, vioque

Mais côté cinéma, c’est autre chose. La construction du film est bancale et manque de rythme. Le film est long, très long, et très très lent. Les scènes d’action sont cheap, et le plus souvent ridicules, ce qui n’est pas toujours volontaire.

Mais c’est dans les détails que les Tontons pèchent. Si l’on admet l’idée générale de l’ancien gangster, fidèle au Mexicain au point de s’occuper de sa nièce, il y a beaucoup d’incohérences dans les détails. Par exemple, on a du mal à suivre le personnage de Tomate, dont on finit par comprendre qu’il fait partie des bouilleurs de cru. Sur le mode viril-mais-correct, Ventura donne des ordres à tout le monde, mais est prêt à conduire lui-même le camion de son ennemi (chargé de pastis frelaté) plutôt que de le confier à un sous-fifre. Les Volfoni sont présenté comme une grande famille du jeu, qui « œuvre à Vegas », mais en réalité ce sont deux branques dans une péniche. Etc., etc.

Donc oui, il y a un patrimoine Tontons Flingueurs, éparpillé façon puzzle dans la culture française. Mais ceux qui viendront me dire que c’est un chef d’œuvre finiront au Terminus des Prétentieux…




dimanche 9 janvier 2022


American Crime Story: Impeachment
posté par Professor Ludovico

Ryan Murphy est le plus fort. Une fois de plus, l’homme de Nip/Tuck, Glee, American Horror Story, Scream Queens, Feud, Hollywood, Ratched fait mouche avec sa troisième saison de American Crime Story, dédiée à l’affaire Clinton-Lewinsky.

Pourtant, il y a plein de raisons de renoncer. Clive Owen en Bill Clinton et Edie « Carmela Soprano » Falco en Hillary, vraiment ? Un gros nez en maquillage pour Bill et Paula Jones ? Une histoire qui ne touche pas forcément les Français ? Et le filmage très académique, la Murphy’s touch ?

Mais voilà, Ryan Murphy sait qu’une bonne histoire commence avec de bons personnages. Et ça, il sait faire. Au lieu du biopic traditionnel, (les-faits-rien-que-les-faits, puisqu’on vous dit que c’est-réellement-arrivé), Murphy commence par motiver ses personnages. Pourquoi Paula Jones dénonce-t-elle Clinton ? Parce qu’elle a un mari arriviste… Pourquoi Kenneth Starr s’entête sur le couple présidentiel ? Parce que les Républicains ne peuvent supporter ces jouisseurs de gauche au pouvoir… Pourquoi Linda Tripp, une employée du Pentagone décide de faire copine-copine avec une petite stagiaire rondouillette ? Pour se venger de sa carrière en pente douce…

Alors que le spectateur ne pense qu’à une petite robe bleue, le showrunner ne la sortira (et encore, furtivement) qu’à la cinquième heure…  Parce que Ryan Murphy est un formidable conteur, qui aime ses personnages et veut vous les faire aimer…  Et il les aime tellement qu’il prend toujours les mêmes acteurs, quel que soit la série, le genre, le rôle…

Mais au fait, où est Sarah Paulson, sa chérie, sa muse ? En fait elle est devant nous depuis quatre heures, métamorphosée en Linda Tripp, quinqua épaissie et gauche, et on ne l’a même pas reconnue !  L’immense Sarah Paulson, capable de tout jouer. Se pliant aux fantasmes de Murphy, elle a déjà incarné dans American Horror Story une journaliste, une sorcière, une freak bicéphale, une junkie, une actrice, une mère paranoïaque… Dans American Crime Story, la Procureure Marcia Clark, dans Ratched une infirmière folle…  

Mais dans un Murphy, tout le monde est bon, car tout le monde a quelque chose à jouer… Il semble d’abord que ACS:I tourne autour de Tripp, mais à mi-parcours, Monica grandit, sort de son rôle de jewish american princess et devient l’héroïne, avant d’être supplantée par Hillary. Si tous ces personnages sont chargés (assoiffée de vengeance, nunuche sentimentale, cocue résignée), elles sont aussi mises en valeur (Tripp utilisée puis rejetée dans les poubelles de l’histoire, Lewinsky petit bout de femme capable de redresser la tête, Clinton lancée dans la course politique)…

Il en va de même pour tous les rôles annexes, de l’agent du FBI (Colin Hanks), à la journaliste ultra-droite Ann Coulter (Cobie Smulders), ou la mère de Monica (Mira Sorvino)… La véracité des personnages permet d’envisager tous les points de vue, tout en permettant à Murphy de soutenir le sien : la sexualité ne devrait rien avoir à faire avec la politique…

Continuez, Mr Murphy. On en redemande…




jeudi 6 janvier 2022


Léa Seydoux (défense et illustration)
posté par Professor Ludovico

La France aime se tirer dans le pied. Qu’a fait Léa Seydoux pour mériter un tel mépris ? De la part des cinéphiles (« J’irais bien, même s’il y a la Seydoux »), et de la critique (« Y’a-t-il un film sans Léa Seydoux ? »*)

Mais que lui reproche-t-on exactement ? Elle est jeune et belle, mais d’une beauté particulière, masculine. Premier défaut. Elle n’a pas le charme rassurant, maternel, d’une Deneuve, ou d’une Efira. Au contraire, c’est ce regard perçant, intimidant, qui fait peur aux hommes et énerve les femmes, qui la met plutôt du côté d’Isabelle Adjani.

C’est la fille de son père ? Erreur commune. Le père travaille dans la hitech (il fabrique des drones). C’est son grand père, Jérôme, qui co-dirige Pathé. Pour autant, Léa Seydoux n’est pas la première fille à papa qui travaille dans le secteur. Le Professore peut en citer un paquet qui n’ont pas son talent (Lou Doillon, Marylou Berry, Nicolas Bedos), et, tout autant qui se débrouillent plutôt bien (Charlotte Gainsbourg, Eva Green, Louis Garrel…)

Mais pour juger, restons factuels. Qui a aujourd’hui la filmographie de la Seydoux, a fortiori à son âge (36 ans) ? Quelle actrice française a joué dans deux James Bond et un Mission Impossible ? Qui a travaillé pour Ridley Scott, Arnaud Desplechin, Abdellatif Kechiche, Wes Anderson, Quentin Tarantino, Woody Allen ? Qui a interprété des rôles aussi différents que Belle dans La Belle et la Bête, Karole de Grand Central,  Sidonie Laborde dans Les Adieux à la Reine, Tanya Kalekov dans Kursk, et Emma dans La Vie d’Adèle ?

Personne.

La France méprise le talent, et le vrai succès.

*Sempiternelle blague de Jérôme Garcin au Masque et la Plume




samedi 1 janvier 2022


Grichka Bogdanoff
posté par Professor Ludovico

C’est un temps (X) que les gens de vingt ans ne peuvent pas connaître : 1978, rien à la télé, à part les éternelles série policière des années 60 (Cannon, Mannix, L’Homme de Fer, Les Incorruptibles…) Et puis voilà, par un beau matin d’avril 1979, l’OVNI Temps X débarque sur TF1. En sortent deux beaux extraterrestres dans leurs combinaisons métalliques, qui nous invitent à monter à bord.

Au programme, plongée dans l’hyperespace, et initiation à tout ce qui fait la SF. Les jumeaux Bogdanoff nous racontent des séries bien plus excitantes (La Quatrième Dimension, Star Trek, Cosmos 1999, Au-delà du réel, Doctor Who, Les Envahisseurs…) qu’ils essaient de faire diffuser ou rediffuser*… mais aussi diffusion de making of de Dune, Shining, Alien, Star Wars

Ils initient ainsi à la science-fiction des centaines de milliers de gens, et qui découvrent le programme totalement par hasard, au beau milieu de CHIPS, Les Mystères de l’Ouest, Garcimore et Denis Fabre, et « le Kaléidoscope ou l’Image ». Et en même temps, les frères métalliques vulgarisent (à coup de fictions en super8) des grands concepts scientifiques comme l’intelligence artificielle, le Test de Turing, les trous noirs, les manipulations génétiques, la robotique, etc.

Alors on pourra dire tout ce qu’on veut : faux scientifiques perchés, addicts à la chirurgie esthétique, mythomanes égarés à la télé, mais on n’oubliera pas qu’Igor et Grichka Bogdanoff furent de sacrés passeurs**.

*Déja mythomanes, ils annoncent ainsi l’arrivée prochaine de Star Trek sur TF1. Ce sera Battlestar Galactica.

**Le Professore Ludovico en profite pour signaler leur extraordinaire biographie, signée Maud Guillaumin, Le Mystère Bogdanoff, sur fond de russes blancs, de grand-mère mythomane, de mère abandonnée puis absente…




samedi 25 décembre 2021


On n’arrête pas l’Eco(nneries)
posté par Professor Ludovico

« Il va falloir sortir de cette économie de l’attention. Cette addiction, il faut nous dire comment on s’arrête. » C’était sur France Inter ce matin, dans On n’arrête pas l’Eco, l’émission a priori sérieuse d’Alexandra Bensaid.

On avait pris la phrase en cours ; on se disait donc qu’on parlait encore des effets désastreux des réseaux sociaux sur la jeunesse*.

Point du tout. On parlait de séries télévisées. Valérie Martin, qui a écrit un livre sur le sujet**, venait nous expliquer combien les séries étaient formatées par le marketing : on cocha donc toutes les cases habituelles du Bingo Bullshit : Addiction, Neuro Marketing, Showrunners dictatoriaux et scénaristes esclaves***…

On s’apprêtait à pleurer devant le niveau pathétique du débat, imaginant les mêmes, en 1844, vilipender Alexandre Dumas et son Monte Cristo trop addictif.

C’est alors qu’un grand éclat de rire nous sauva. La spécialiste des séries nous offrait une solution pour éviter cette terrible addiction : arrêter la lecture au milieu de l’épisode (sic), pour éviter le terrible Gliffhanger. (Resic)

Après le MEUPORG, le Gliffhanger est le nouveau symbole du niveau journalistique. AEn anglais, et, en l’occurrence, de la Dramaturgie.

Voilà nous rassura immédiatement sur le sérieux de l’émission.

C’était en direct de l’Esprit de Noël, Live sur CineFast.

* Il est d’ailleurs toujours plaisant de voir ces boomers s’inquiéter de ce sujet, eux-mêmes rivés sur leur compte Twitter ou Instagram…

** Valérie Martin Le charme discret des séries

*** Valérie Martin expliqua ainsi que Orange is the New Black était une idée sortie d’un focus group. Elle oublia que c’était avant tout l’adaptation de l’autobiographie de Piper Kerman.




mercredi 1 décembre 2021


Kelly Reichardt
posté par Professor Ludovico

On réalise qu’on a oublié de vous parler des films de Kelly Reichardt, que Le Grand Action a pourtant la bonne idée de diffuser en intégralité depuis la rentrée. On avait jusque-là eu accès uniquement aux quatre films de la réalisatrice sortis en salle depuis 2010 : La Dernière Piste, Night Moves, Certaines femmes et First Cow.

Mais là, c’est l’occasion de redécouvrir les premiers films fondateurs de ce style Reichardtien si particulier, totalement indépendant et féministe. Des films low fi, tournés avec des amis d’Hollywood (Todd Haynes à la production,  et Jesse Eisenberg, Michelle Williams, Kirsten Stewart, Laura Dern comme acteurs)

Au programme : River of Grass (1994), Old Joy (2006), Wendy et Lucy (2008). On y revient. Et on parlera aussi de l’excellent dernier : First Cow.




mercredi 17 novembre 2021


Ninotchka
posté par Professor Ludovico

Il y a des cinéastes avec qui on n’est pas en affinité, sans vraiment savoir pourquoi. Dans les années 80, nous arrivions à Paris, tel un Rastignac des Yvelines. Le célèbre IUT-Paris V Communication d’entreprise était infesté de jeunes garçons du XVIème arrondissement qui n’avaient pas réussi à intégrer Dauphine, ou de filles (du même arrondissement) qui n’avaient pas – encore – trouvé de mari. En tout cas, c’étaient des parisiens qui fréquentaient les cinémas du Quartier Latin depuis leur tendre enfance, dès que leur grand mère avaient pu les emmener voir Les Aristochats. De sorte que la cafétéria de l’Avenue de Versailles bruissait des rétrospectives vachement bien qu’il fallait absolument voir : Hitchcock et Lubitsch…

Mais le Professore Ludovico, pauvre mais déjà snob, n’avait absolument pas envie, selon le mot fameux d’un comparse, de « pointer au chef d’œuvre »… Peut-être parce qu’il y décelait, indistinctement, une forme de choix bourgeois, et de pure convention sociale : voir des vieux films plutôt que plonger dans l’excitant cinéma eighties : Birdy, Blade Runner, ou La Fièvre au Corps

Quarante ans plus tard, voilà Ninotchka sur OCS, un des waypoints obligatoires de la cinéphilie, de surcroit recommandé par le Rupellien. Poussé uniquement par le nom du film et la présence de Garbo, (et sans comprendre qu’il s’agit d’un Lubitsch), on se jette donc sur Ninotchka.

En deux mots, trois russes (sosies de Lénine, Trotsky et Staline), sont à Paris pour vendre des bijoux de l’aristocratie tsariste. En face, le Comte d’Algout (Melvyn Douglas), playboy parisien, cherche à récupérer ces bijoux pour le compte de sa maÏitresse, la Grande Duchesse Swana.

Vite distraits par les plaisirs de la vie parisienne, les trois russes sont vite rappelés à l’ordre par l’envoi du commissaire politique Ninotchka (Greta Garbo), inflexible héraut de la révolution prolétarienne. Mais évidemment, la camarade Nina Ivanovna Yakouchova va tomber dans les bras du comte, puis se laisser séduire par les charmes du capitalisme.

Si le début avec les 3 stooges russes est plaisant, le film est très vieillot et l’histoire d’amour est tout sauf plausible. Greta Garbo a été belle, mais ne l’est plus en 1939*, Melvyn Leroy encore moins… Le rythme se traine à la vitesse du transsibérien et le film est affreusement pataud dans son anticommunisme primaire – et c’est un fan de Michael Bay qui vous le dit !

*C’est d’ailleurs son avant-dernier film.




samedi 30 octobre 2021


Stardust
posté par Professor Ludovico

Bowie aime les biopics. Ou les biopics aiment Bowie. Après Velvet Goldmine, ce sont des inconnus avec peu de sous qui s’y collent. Précédé d’une note catastrophique et d’une réputation ad hoc, Stardust débarque directement sur OCS. Pourtant il est loin d’être nul, le film de Gabriel Range, surtout si on le compare aux autres biopics musicaux (Ray, Bohemian Rhapsody, All Eyez on me)

Stardust remplit toutes les cases de ce que devrait être – et n’est jamais – un biopic. D’abord, il a un point de vue : David Bowie devient David Bowie pour ne pas devenir fou comme son frère, grand schizophrène. Bowie sera un schizophrène de scène, camouflant le vrai David Robert Jones sous des identités changeantes : Ziggy Stardust, Major Tom, Thin White Duke, Alladin Sane. Sûrement pas un scoop pour la Bowiesphère, mais néanmoins un bon point…

En se centrant sur la période pré-Ziggy, et en particulier sur une tournée calamiteuse aux Etats-Unis, Range dresse un portrait assez fin de Bowie (très bon Johnny Flynn) et de sa relation compliquée avec Angie (Jena Malone, qui explose ensuite dans Too Old To Die Young).

Certes, on a droit à la happy end conventionnelle : Bowie sauvé par sa transformation en Ziggy, le personnage-concept qu’il est le seul à défendre. L’éternelle héroïsation « seul contre tous » du biopic, comme si l’art se faisait tout seul.

En réalité, l’histoire de David Bowie commence, et Ziggy est loin d’être une happy end. Mais pour cela, il faudra voir (ou revoir) l’excellent Velvet Goldmine de Todd Haynes, qui reprend la saga Bowiesque là où Stardust se termine, sur un ton beaucoup plus fictionnant et mystique.

Stardust n’a pas cette ambition, ou, en tout cas, son ambition est toute petite. Mais dans cadre, il réussit.

 



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