[ Les gens ]



lundi 4 mai 2009


David Lachapelle
posté par Professor Ludovico

S’il est un photographe hollywoodien, David Lachapelle est de ceux-là : stars (Di Caprio, Angelina Jolie, Eminem) et starlettes (Anna Nicole Smith, Pamela Anderson) ont leur place derière l’objectif.
Mais le génie de David Lachapelle, ce n’est pas la perfection nacrée des couleurs, la provoc’ comme fond de commerce, non, c’est l’adéquation du médium au message. Représenter Courtney Love en Pieta de Kurt Cobain, Bowie en masque de papier, la guerre comme saint « holy » et le saint comme guerre « war », tout est finalement subtil chez lui.

Et il a formidablement saisi l’époque : le porno, la chirurgie esthétique, le racisme, le fétichisme des marques, la société de consommation…

Et pour une fois, je ne m’y prends pas trop tard, donc vous n’avez aucune excuse pour ne pas y aller….

David Lachapelle
MONNAIE DE PARIS
11, quai de Conti – 75006 Paris




jeudi 30 avril 2009


Ca c’est une bonne question !
posté par Professor Ludovico

Pascal Thomas, que – c’est le moins qu’on puisse dire – ne boxe pas dans la même catégorie que Kubrick, Spielberg, ou Ozu, a fait néanmoins des déclarations fracassantes dans Le Devoir, un journal québécois.

Il y fustige le cinéma français, toujours à la course aux subventions (« Depuis dix ou quinze ans, le cinéma français décline. Avec des gens couchés dans l’attente de la subvention » : 1 point), incapable de peaufiner ses films (« Aujourd’hui, les films soignés se cherchent » : 2 points) et s’interroge sur le Festival des Alpes Maritimes (« Primer trois fois les films des frères Dardenne, c’est pas normal ! » : partie gratuite + Extra-balle)

On se pose les mêmes questions, mon cher Pascal.




jeudi 30 avril 2009


Le Seigneur des Anneaux
posté par Professor Ludovico

Il y a un âge pour tout, et 7 ans, c’est l’âge pour mon fils de voir Le Seigneur des Anneaux.

Est-ce bien nécessaire, après tout ? C’est la question des pères quadra, qui ont lu le livre, attendu le film pendant vingt ans, et qui voient leurs enfants inondés de culture fantasy sans en avoir lu une ligne.

Mon fils joue déjà à des jeux de société Seigneur des Anneaux, il sait ce qu’est un orque, qu’il y existe deux Gandalf, le Gris et le Blanc, et qu’il suffit d’un anneau pour les gouverner tous. Qu’est-ce que je peux lui apprendre encore ?

Plein de choses en fait, puisqu’après avoir vu le Seigneur des Anneaux, mon fils dit préférer Tolkien à Lucas : « Dans Star Wars, y’a quand même moins de trucs ! » Brave petit !

L’occasion était donc belle de revoir, en version longue, le Peter Jackson (pour la troisième fois), le temps faisant son œuvre.

La première impression, c’est d’abord le renforcement des premières impressions : si on doit reconnaître à Peter Jackson la beauté de l’effort (il a réussi là où beaucoup avaient échoué),
Le Seigneur des Anneaux
n’est pas le plus grand film de tous les temps. Certains personnages sont massacrés (Legolas, Gimli, Elrond) et frôlent le ridicule. Certains passages se révèlent kitschissime (les elfes, la plupart de la musique…) L’intrigue, revue et corrigé pour des besoins compréhensibles de dramaturgie, va parfois jusqu’à changer le sens du livre ; on y reviendra plus longuement dans Le Retour du Roi. Et puis il y a cette orgie de combats, parfaitement ineptes, pour satisfaire les besoins des ados Donjons & Dragons ciblée par le marketing. Moralité : ces combats sont mal filmés, (caméra à l’épaule, je pourrais faire aussi bien) et rendent, par exemple, la mort de Boromir Monty Pythonesque.

Je n’ai rien contre la violence au cinéma, mais elle doit servir l’intrigue, pas l’inverse. Ici, on dénature l’esprit de Tolkien – dont on sait que l’influence principale fut son expérience des tranchés -, très éloigné de cette perpétuelle violence. C’est ce qui manque le plus dans la version Peter Jackson. Le livre était une ode à la marche, à la nature ; il ne reste que des fonds d’écrans, splendides au demeurant, mais simple faire-valoir d’aventures trépidantes… A tel point qu’un ami, (Vincent), croyait que le film se déroulait sur sept jours, alors qu’il s’étend sur cinq mois…

Et puis il y a les scènes d’exposition, qui frisent le ridicule en permanence, notamment lors du Conseil d’Elrond, avec l’effet « Blake et Mortimer » : action à l’image, plus description de l’action ! Un exemple : la Compagnie de l’Anneau quitte Fondcombe. Réplique d’Elrond : « La Compagnie quitte Fondcombe. » Puis plans sur le nain, l’elfe, le hobbit. Elrond, toujours : « Quant à vous, les espoirs des nains (plan du nain), des elfes (plan de l’elfe), et des humains»… vous avez compris.

Des détails ? Sûrement pas ! Ces péripéties à répétition : combat, scène d’exposition, combat, ne laissent pas de place à l’émotion, le silence, la réflexion. Et c’est dommage, car ces moments-là sont formidables : la sortie de la Moria, en larmes, est l’un des plus beau plans du film.

Il y a d’autres motifs de satisfaction : la déco est impeccable et très respectueuse de l’ambiance des livres (on se demande qui aurait pu faire mieux), Elijah Wood en Frodon est formidable de bout en bout, tout comme Viggo Mortensen. L’humour ajouté par Jackson ne fait pas de mal non plus…

A suivre, donc :

Les Deux Tours
Le Retour du Roi




vendredi 27 mars 2009


Archives Kubrick
posté par Professor Ludovico

C’est une histoire assez drôle, et en même temps, terriblement Kubrickienne. En 1996, un jeune documentaliste anglais, Jon Ronson, est approché par un mystérieux interlocuteur, intéressé par ses photos prises dans les camps de concentration. Devant l’insistance du documentaliste, on finit par lui dire qui est son mystérieux commanditaire : Stanley Kubrick. Immédiatement, il souhaite rencontrer le génie. Refus, évidemment.

Kubrick travaille alors sur l’adaptation de Wartime Lies, un film sur l’holocauste. Vexé par le succès de La Liste de Schindler, comme l’a brillamment raconté Frederic Raphael*, Kubrick passera à autre chose : Eyes Wide Shut, et il mourra.

Quelques années plus tard, nouveau coup de fil à Jon Ronson : « Toujours intéressé par visiter la maison Kubrick ? »

Évidemment, oui.

Et l’un des adjoints de Stanley de faire visiter les archives Kubrick, dans sa propriété d’Hertfordshire : la maison, depuis 30 ans, est emplie de boîtes de rangement, et ça déborde : on a utilisé toutes les écuries, et on a même construit des Algeco. Car Kubrick archive tout : scénarios, mémos, note de lectures, encarts publicitaires, lettres de fans, lettres d’insultes…

Maniaquerie, comme le veut une légende tenace ? Plutôt une méthode, hallucinante, pour organiser le chaos. Un exemple, parmi d’autres. Un type de Kingman, Arizona envoie une lettre d’insultes à la sortie de 2001 : il n’a pas aimé le film, et le fait savoir. Pourquoi garder ce courrier, vingt ans plus tard ? Ce type, on le contactera en 1987, à la sortie de Full Metal Jacket, pour vérifier la copie qui passe au cinéma de Kingman.

Toute sa carrière, Kubrick a travaillé ainsi : avec un réseau de correspondants, parfois bénévoles. Lecteurs, documentalistes, superviseurs de diffusion TV, de doublage, de pages de pub. Partout dans le monde se trouvaient des collaborateurs à la constitution de l’œuvre Kubrickienne : un type pour trouver des brosses à dent XVIII° siècle, un type pour doubler en français Shining (Michel Deville), un gendre pour repérer des pas de porte pour Eyes Wide Shut, un collègue américain qui s’aperçoit que Dr Folamour a été amputé de 10mn par une télé, etc. Ce peut sembler délirant, mais c’est le pilier de l’œuvre de Kubrick.

La perfection, tout simplement.

Pour quelqu’un qui n’a fait que 12 films en quarante ans, il fallait bien faire œuvre absolue. D’abord dans le choix des sujets, le casting, la préproduction : trouver les bons sujets (des centaines de lecteurs envoient des fiches de lecture), les bons extérieurs (le véritable Overlook Hotel, l’usine anglaise transformé en capitale vietnamienne). Ensuite, perfection du tournage (15 prises) ; enfin perfection de la vie du film, après. Et c’est peut être là que Kubrick est le plus étonnant. Là où finalement les autres abandonnaient leurs films aux exploitants (salles, TV, DVD), Stanley Kubrick s’est toujours préoccupé de la vie de ses films, de la qualité, et de l’intégrité de leur projection. Faire repeindre une salle à New York parce que les murs sont brillants, interdire une diffusion de Folamour parce que le film est coupé, renégocier en Australie les tarifs publicitaires parce que l’on s’est fait escroquer de quelques millimètres… C’est ça le système Kubrick, et qui fait que son œuvre est diffusée telle quelle, sans altération, et que c’est toujours le cas aujourd’hui. Ca n’a l’air de rien, mais c’est rarissime dans le domaine artistique, et encore plus dans le cinéma. Si Kubrick est vénéré par ses collègues, c’est parce qu’il a tracé une voie unique : Spielberg, Lucas, Cameron ont depuis suivi cette méthode avec succès.

Tout l’intérêt du documentaire, Stanley Kubrick Boxes (Stanley Kubrick – Archives d’une Vie) qui passe en ce moment sur TCM, c’est de montrer, au travers l’étendue des archives, un bout du cerveau du génie.

Et qui dit génie, dit aussi folie, thème Kubrickien par excellence. L’alignement de tous ces cartons, tous semblables (avec un prototype de carton conçu par Kubrick lui-même !), ne peut manquer de faire penser aux si nombreuses images de la folie dont Kubrick a parsemé ses films : le labyrinthe de Shining, les mémoires défaillantes de HAL dans 2001, l’application rigide des consignes dans Folamour

D’où la question fondamentale que pose tout Kubrickophile, et Michel Ciment le premier** : Kubrick était-il fou ? Ou a-t-il fait du cinéma pour éviter de le devenir ?

Merci à Alexandra, qui m’a conseillé ce documentaire. Il était -inexplicablement- passé sous mon K-Radar.

Stanley Kubrick Boxes, un documentaire de Jon Ronson sur TCM
Lundi 30 Mars 2009 – 14:40
Jeudi 9 Avril 2009 – 04:20
Dimanche 12 Avril 2009 – 05:44

* Frederic Raphael : Deux ans avec Kubrick, chez Plon . Dans cet excellent livre, qui raconte la gestation d’Eyes Wide Shut, le scénariste revient sur l’anecdote suivante : Kubrick, trop lent, s’est fait grillé par Spielberg (un ami) sur l’Holocauste. Après le succès phénoménal de La Liste de Schindler, Stanley Kubrick savait que tout autre film serait jugé à l’aune du Spielberg.

Un jour, n’y tenant plus, Kubrick lance le sujet, sournoisement.

– Vous l’avez vu, La Liste de Schindler ?
– Oui, Stanley.
– Et vous en pensez quoi ?
– C’est Hollywoodien, mais c’est pas mal pour un film sur l’Holocauste…
– un film sur l’Holocauste ? Vous trouvez que c’est un film sur l’Holocauste ?
– Ben oui, fait Frederic Raphael, décontenancé. Pour vous, ce n’est pas un film sur l’Holocauste… ???
– Un film sur l’Holocauste avec une happy end ? C’est plutôt un film sur le succès, non ?

** auteur de la bible sur le sujet : Kubrick, chez Calmann-Levy




jeudi 19 mars 2009


François-Xavier Demaison
posté par Professor Ludovico

Je vais rarement au théâtre, encore plus rarement voir des one-man shows. Mais j’ai eu lundi dernier l’occasion de voir le spectacle de François-Xavier Demaison, et c’est l’illustration basique, essentielle, de ce que peut faire un bon acteur.

Sur un texte extrêmement basique, pour ne pas dire simpliste (sa conversion de fiscaliste en théâtreux, une galerie de portraits assez convenue au final), Demaison incarne une dizaine de rôles. Que du classique, me direz-vous. Mais il s’efface parfaitement derrière ces personnages. Gestuelle, accent, mimique, faciès : on s’y croirait. Déjà, dans Coluche, il se collait littéralement à l’humoriste, et on oubliait totalement l’acteur derrière le personnage.

S’il trouve les bons rôles au cinéma, François-Xavier Demaison a un boulevard devant lui.




dimanche 1 mars 2009


Dany ne Boone plus
posté par Professor Ludovico

Bon finalement, le dany s’est dégonflé. Devant d’amicales pressions, il s’est rendu à la soirée potache de George Cravenne, pour autocélébrer – comme les autres – le cinéma français avec cet humour lourdingue qui fait le succès de cette soirée.

Dommage, cette rébellion-là était intéressante.




mercredi 25 février 2009


Fais pas la tête, David !
posté par Professor Ludovico

3 Oscars techniques ? Mais c’est une bénédiction ! C’est le sort réservé au grands : Welles, Kubrick ! 3 Oscars techniques, c’est ce qu’a eu Barry Lyndon ! Benjamin Button, ça sonne presque pareil… Allez, pour te consoler, j’irai voir ton film cette semaine…




dimanche 15 février 2009


Vive Danny Boon !
posté par Professor Ludovico

Bon, j’ai très peu de considération pour Bienvenue chez les Ch’tis, et encore moins pour les Césars. C’est pourquoi je soutiens chaleureusement le boycott de ladite cérémonie par le comique, et également son idée d’un César de la comédie.
Ce qui éviterait la surreprésentation des drames et autres « performances d’acteurs » qui empoisonnent ce genre de remise de décorations : Darling, My Left Foot, Le Scaphandre et le Papillon, etc. Jouez un aveugle, un estropié, un schizophrène profond, un cowboy pédé, et c’est l’Oscar/César/Ours berlinois/Palme maritime garantie. Et quoi qu’on en dise, la plupart de nos comédiens ne rechignent pas devant les récompenses, et décorations. C’est ainsi que Robert Evans convainquit Mia Farrow de dire non à Sinatra et oui à Polanski (décision risquée, vu les petits amis du rital) : « Si tu finis Rosemary’s Baby, je te garantis l’Oscar ! »

Si les Oscars ne valent pas mieux que les Césars, ils ont au moins le mérite (ils sont américains, après tout !) d’être plus près des goûts du public. Et s’ils encensent My Left Foot ou Brokeback Mountain, il couronnent aussi systématiquement les gros succès publics (Autant en Emporte le Vent, Titanic).
Mais, comme les Césars, pas les comédies…

Genre maudit depuis toujours, faire rire n’est pas noble. Au panthéon des comédiens, pas d’humoriste, pas d’imitateur, pas d’acteur comique, mais uniquement des tragédiens. Pire : quand ces derniers s’aventurent dans la comédie, c’est instantanément salué (Deneuve, de Niro…), mais quand les comiques attaquent l’Everest de la Tragédie, ils sont attendus au tournant (Jim Carrey, Coluche).

Sociologiquement parlant, il faut comprendre que le jury des Césars (3500 votants) est composé essentiellement de professionnels du cinéma, en majorité âgés. C’est eux qui nominent les films, et ensuite votent pour ces films.

C’est pourquoi, évidemment, ils dédaignent Le Grand Bleu (un film qu’ils ne sont probablement même pas allés voir à l’époque) ou, aujourd’hui, Bienvenue Chez les Ch’tis, Mesrine, « films de jeunes », réalisés par la nouvelle génération de cinéastes français, qui n’ont pas les appuis qu’il faudrait pour susciter un maximum de votes.

Donc oui à un César de la meilleure comédie, mais pas pour Bienvenue chez les Ch’tis ! Cette année, je donnerais plutôt la statuette à Un Conte de Noël, où j’ai bien ri, ou mieux encore, à Burn After Reading




dimanche 15 février 2009


La Folle Journée de Ferris Bueller
posté par Professor Ludovico

Étrange destin que celui de John Hugues, le Citizen Kane de la teen comedy. Et très hollywoodien, en même temps : ancien pubeux, rédacteur de blagues (c’est un métier, là-bas !), scénariste, John Hughes explosa vraiment dans les années 80 en créant un genre à lui tout seul (la teen comédie intelligente) et en révélant toute une génération d’acteurs, le brat pack (Emilio Estevez, Rob Lowe, Bill Paxton, Charlie Sheen, Kevin Bacon, Robert Downey jr).

Disons le : ces films, nous les avons adoré : Breakfast Club, Une Créature de Rêve, La Folle Journée de Ferris Bueller, She’s Having a Baby), John Hugues a accompagné notre adolescence, nos émois amoureux, nos premières responsabilités…

La Folle Journée de Ferris Bueller est le chef d’oeuvre, le climax de cette période : plus haut, plus loin, plus fort. Breakfast Club était la révélation intimiste, Une Créature de Rêve, le délire le plus parodique…. La Folle Journée de Ferris Bueller, c’est la synthèse : les autres seront biens, mais moins bons.

Le pitch, pour ceux qui ont plus de quarante ans ou moins de trente ? Ferris Bueller est le petit chouchou d’une famille bourgeoise de Chicago, et tout lui réussit : ses parents l’aiment, sa fiancée est magnifique et intelligente (Mia Sara), et il est l’idole du lycée. Aujourd’hui, il a décidé de prendre sa journée : il simule la fièvre, et évidemment, on le croit. Son odyssée dans Chicago va l’amener d’aventures en aventures, manquant à plusieurs reprises de se faire prendre par ses parents, le proviseur, ou sa sœur jalouse, mais passant à chaque fois, au culot. Ce ne serait qu’un film ado de plus, s’il n’y avait la Hughes’ touch. Plus on avance dans le film, et plus la comédie enfle, plus le propos devient paradoxalement sérieux : mariage, dépression, père abusif…. John Hughes a toujours eu le génie d’aborder des thèmes sérieux (la dépression des ados) au travers de films drôles, clairement marketés pour eux (il fut l’un des premiers à utiliser des groupes indépendants dans la BO de ses films).

Ainsi, voilà un cinéaste américain qui cite Molière (dans Breakfast Club) ou Seurat (dans La Folle Journée…) Des citations jamais gratuites : le gros plan sur la petite fille d’un tableau du maître pointilliste, utilisé en alternance avec le visage défait du copain dépressif de Ferris, reste le plus beau moment du film.

Après cette décennie prodigieuse, John Hughes réalisa des films de plus en plus mièvres, jusqu’à l’insupportable Curly Sue. Puis il sombre du côté obscur de la Force, en réalisant la trilogie Maman J’ai Raté de l’Avion, de sinistre mémoire… Depuis ces succès colossaux, qui aurait dû lui tailler une place de choix dans le panthéon hollywoodien. Au contraire, et inexplicablement, John Hughes préféra retourner à l’anonymat du métier de scénariste, sur des projets peu glorieux (la série des Beethoven). Il signe actuellement sous le pseudonyme d’Edmond Dantès. Tout un programme !




samedi 17 janvier 2009


Bilan 2008, vu de là-bas
posté par Professor Ludovico

La lecture de la presse US est indispensable quand on aime le cinéma américain ! Pourquoi, me direz-vous, alors que la France dispose d’un arsenal critique conséquent, avec ses Studio, ses Première, et son trio de comiques troupiers Libé-Inrocks-Canard Enchaîné ?

Et bien tout simplement pour se décrasser les yeux, et enlever la grosse couche de promo que les filiales européenne de la Warner, la Fox, ou d’Universal, ont déposé sur la marchandise, pas toujours aussi reluisante qu’il n’y paraît.

Qu’apprend-on dans cet article du Time ? Eh bien que les blockbusters ont connu un regain d’intérêt au Pays du Soleil Couchant, tandis que les films indépendants buvaient la tasse.

Succès pour Iron Man, par exemple, ou Dark Knight, qui incluaient à la recette habituelle (baston-explosifs-happy end) un supplément d’âme indie, avec critique politico-sociale sous-jacente, et un peu de pessimisme. Je n’ai pas aimé Iron Man, mais je souscris à cette hypothèse, formulée sur d’autres films (Le Royaume, Hancock).

En même temps, la formule Indie-Weinstein-Sundance s’essouffle, à l’image de The Visitor, film « à message » mais tristounet, qui ne réunit que 10M$, ce qui est peu pour un succès, même indépendant.

Autre élément intéressant : l’irruption du box office dans les choix des spectateurs. Avant, les entrées étaient une denrée rare, réservée aux professionnels, lecteurs de Variety. Aujourd’hui, grâce à Internet, les chiffres et le bouche à oreille circulent beaucoup plus rapidement et facilement. La promo a plus de mal à cacher qu’un film s’écroule dès la première semaine, et le monde entier le sait immédiatement. Les spectateurs vont voir les films qui marchent, et les films qui marchent font beaucoup plus parler d’eux.

Un encouragement supplémentaire pour CineFast ?




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