dimanche 15 février 2009


La Folle Journée de Ferris Bueller
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Hollywood Gossip -Les films -Les gens ]

Étrange destin que celui de John Hugues, le Citizen Kane de la teen comedy. Et très hollywoodien, en même temps : ancien pubeux, rédacteur de blagues (c’est un métier, là-bas !), scénariste, John Hughes explosa vraiment dans les années 80 en créant un genre à lui tout seul (la teen comédie intelligente) et en révélant toute une génération d’acteurs, le brat pack (Emilio Estevez, Rob Lowe, Bill Paxton, Charlie Sheen, Kevin Bacon, Robert Downey jr).

Disons le : ces films, nous les avons adoré : Breakfast Club, Une Créature de Rêve, La Folle Journée de Ferris Bueller, She’s Having a Baby), John Hugues a accompagné notre adolescence, nos émois amoureux, nos premières responsabilités…

La Folle Journée de Ferris Bueller est le chef d’oeuvre, le climax de cette période : plus haut, plus loin, plus fort. Breakfast Club était la révélation intimiste, Une Créature de Rêve, le délire le plus parodique…. La Folle Journée de Ferris Bueller, c’est la synthèse : les autres seront biens, mais moins bons.

Le pitch, pour ceux qui ont plus de quarante ans ou moins de trente ? Ferris Bueller est le petit chouchou d’une famille bourgeoise de Chicago, et tout lui réussit : ses parents l’aiment, sa fiancée est magnifique et intelligente (Mia Sara), et il est l’idole du lycée. Aujourd’hui, il a décidé de prendre sa journée : il simule la fièvre, et évidemment, on le croit. Son odyssée dans Chicago va l’amener d’aventures en aventures, manquant à plusieurs reprises de se faire prendre par ses parents, le proviseur, ou sa sœur jalouse, mais passant à chaque fois, au culot. Ce ne serait qu’un film ado de plus, s’il n’y avait la Hughes’ touch. Plus on avance dans le film, et plus la comédie enfle, plus le propos devient paradoxalement sérieux : mariage, dépression, père abusif…. John Hughes a toujours eu le génie d’aborder des thèmes sérieux (la dépression des ados) au travers de films drôles, clairement marketés pour eux (il fut l’un des premiers à utiliser des groupes indépendants dans la BO de ses films).

Ainsi, voilà un cinéaste américain qui cite Molière (dans Breakfast Club) ou Seurat (dans La Folle Journée…) Des citations jamais gratuites : le gros plan sur la petite fille d’un tableau du maître pointilliste, utilisé en alternance avec le visage défait du copain dépressif de Ferris, reste le plus beau moment du film.

Après cette décennie prodigieuse, John Hughes réalisa des films de plus en plus mièvres, jusqu’à l’insupportable Curly Sue. Puis il sombre du côté obscur de la Force, en réalisant la trilogie Maman J’ai Raté de l’Avion, de sinistre mémoire… Depuis ces succès colossaux, qui aurait dû lui tailler une place de choix dans le panthéon hollywoodien. Au contraire, et inexplicablement, John Hughes préféra retourner à l’anonymat du métier de scénariste, sur des projets peu glorieux (la série des Beethoven). Il signe actuellement sous le pseudonyme d’Edmond Dantès. Tout un programme !


Un commentaire à “La Folle Journée de Ferris Bueller”

  1. CineFast » In Memoriam John Hughes écrit :

    […] peut être le germe même de la CineFast Attitude. Puis vint Une Créature de Rêve, Rose Bonbon, Ferris Bueller Day Off : ses premiers films ont su saisir comme personne les ados des années 80, leurs problèmes, leur […]

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