[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



jeudi 20 août 2009


Lost, cinquième année au bagne
posté par Professor Ludovico

Sans prévenir, dans la torpeur du 15 août, les gardes-chiourmes de TF1 viennent vous arrêter sur votre lieu de vacances, vous jettent dans une diligence cadenassée, direction Cayenne, ou ce qui s’en rapproche le plus : Lost, saison 5. Nous voilà repartis à casser des cailloux sur l’île, essayant, en vain, de comprendre ce que nous avons bien pu faire qui nous a valu de finir ici.

Le premier épisode est rocailleux, et on se dit que ça va pas le faire. Mais TF1, décidé à se débarrasser de Lost le plus vite possible (diffusion en catimini, à 23h10, on voudrait tuer la série qu’on ne s’y prendrait pas autrement, une véritable incitation au téléchargement illégal), a choisi dans sa grande sagesse, de nous passer trois épisodes d’affilée : et là, la lumière fut.

En amplifiant leurs petites galéjades sur le voyage dans le temps (quelques lectures mal comprises sur la Relativité Générale dans Wikipedia ?), les scénaristes ont trouvé un filon en or.

Aujourd’hui ? Il y a trois ans ? en 1954 ? Pendant la saison 1 ? Ou juste avant ? On ne savait pas où on était, maintenant on ne sait plus quand on est… à ce niveau d’escroquerie, ca devient de l’art, surtout de la part de JJ Abrams, le Gentleman Cambrioleur de la télé américaine, avec du charme et de l’humour.

Au milieu de l’épisode deux, Hurley finit par révéler à sa mère qu’ils ne sont pas les seuls rescapés de l’Oceanic 815, et se met à lui raconter la « vérité » : oui, ils se sont crashés sur l’Ile, où ils ont rencontré d’étranges fumées noires, mais aussi les Autres, qui ne sont pas si méchants que ça, puisque d’autres sont venus les attaquer sur un cargo qui depuis a disparu, parce que l’Ile a justement été déplacée. Réaction de la mère : « Je te crois. Je n’ai rien compris, mais je te crois »

Voilà ce que nous sommes devenus : des True Believers. Des Born Again Christian. Nous attendons l’arrivée imminente de Dieu sur terre. The Second Coming. La Vérité. La Vérité !!!

Non vraiment, une série qui se moque de sa propre intrigue ne peut pas être complètement mauvaise.




samedi 8 août 2009


The Wire, finale
posté par Professor Ludovico

Au moment d’écrire ces lignes – il me reste un épisode de Sur Écoute (saison 5, épisode 10) à regarder – une drôle de sensation m’étreint, ce sentiment d’abandon si spécifique aux séries : nous allons, enfin, savoir la fin. Qui est le No 1 ? Qui dirige l’Ile des Disparus? Que va devenir Tony Soprano ? Scully va-t-elle épouser Mulder ? Dans les grandes séries, le cœur se serre, car l’on sait avec certitude que l’on se reverra plus.

C’est le cas de Sur Ecoute : adieu Major Colvin, Bunk et Greggs, adieu Omar et Mc Nulty, Daniels et Rawls, Barksdale, Stringer et Marlo. Vous êtes peut être déjà mort, en tôle, au chomedu, mais vous nous avez accompagné ces cinq dernières années…

Et bravo à HBO d’avoir réussi ce qui restera comme l’une des plus grandes séries réalisées, tout du moins LA série symbole des USA des années 2000.




lundi 20 juillet 2009


Mad Men
posté par Professor Ludovico

Dommage que personne – à part la critique – ne veuille s’intéresser à cette série, car elle est tout en haut du panier. Réalisation sobre mais irréprochable, reconstitution nickel, acteurs parfaits.

C’est justement côté acteurs qu’on est éblouis, car comme il n’y a que très peu d’intrigue dans Mad Men (on n’est pas dans Lost !), tout tient dans la prestation des comédiens. Et tout particulièrement celle du couple central, Don et Betty Draper, interprété tout en retenue par Jon Hammet et January Jones (vue dans le rôle inverse dans Good Morning England).

Dans ce couple symbolique des fifties, avec mâle dominant qui travaille, et femme poupée a la maison, l’irruption des sixties créé un séisme imperceptible mais définitif. La fin de l’ère républicaine, l’espoir incarné par le couple JFK-Jackie, l’arrivée d’autres aspirations née de la contre-culture naissante, tout cela passe au travers d’une mâchoire serrée, ou d’un regard furtif de biche apeurée, mais combative.

Rien que pour ça, Mad Men vaut le détour.




mardi 16 juin 2009


Mad Men, saison 2
posté par Professor Ludovico

C’est reparti pour nos « hommes fous », ces publicitaires square de Madison Avenue, au tournant d’une génération. Le vieux monde des années cinquante est entrain de s’écrouler, mais ils ne le savent pas encore.

A ne pas rater…

Mad Men
Tous les dimanches soir, 22h35, sur Canal+




samedi 13 juin 2009


Un Village Français, part deux
posté par Professor Ludovico

Bon, Un Village Français confirme : c’est fait à la française, justement, mal joué, mal mis en scène, pas une once de scénographie ; mais c’est toujours aussi bon coté propos : les collabos se mettent à collaborer, mais doucement, les résistants, à résister idem, mais on voit que rien est simple. Faut-il sacrifier un villageois, ou plutôt un espagnol que personne ne connaît ? Faut-il faire des poutres pour les allemands, ou mettre tous les ouvriers au chômage ? Même les communistes sont paumés, mais exprimer le doute, c’est « rompre avec la doctrine du Parti », comme le dit un personnage du film.

Les persécutions antisémites commencent, tout doucement : une directrice d’école est renvoyée, et on essaie de tirer un maximum de blé des juifs qui essaient de passer la Ligne… c’est la triste de France de 1940, ça fait du mal d’entendre ça, et en même temps, ça fait du bien de l’entendre, enfin, à la télé…

Un village français,
2 épisodes tous les jeudi, 20h35
France 3




mercredi 10 juin 2009


Un Village Français
posté par Professor Ludovico

On allait ce qu’on allait voir. Une Révolution dans la fiction à la Française. Un sujet difficile. Un traitement mesuré. Bien écrit, bien réalisé, bien joué. Deux objectifs atteints sur trois, c’est déjà pas mal, non ?

Parce que bien écrit, bien réalisé, bien joué, on repassera. Parce que malgré l’Innovation (cinquante ans après, les français découvrent l’atelier d’écriture (au lieu des monoscenaristes, la belle affaire), ça reste mal joué, et mal filmé. Ça a l’air bien écrit, mais c’est mal retranscrit à l’image.

Un exemple ? Judith Henry égare son fils pendant l’exode. Tatataaa ! Dramaturgie ! Enjeu ! Cliffhanger ! Le retrouvera-t-elle d’ici la fin de l’épisode ? Re-TatatatAaaa ! On le retrouve ! Climax ! Mélo ! Larmes ? Que nenni ! Qualité Française, monsieur ! Plan fixe, et basta : « oh mon chéri, je suis content de te retrouver » ; scène suivante.

Néanmoins. Néanmoins. Néanmoins.

Ne gâchons pas notre plaisir et encourageons les efforts là où ils sont. Un sujet difficile. Soixante après, la débâcle reste un sujet mal traité et mal compris. Les gentils résistants. Les méchants pétainistes, et pas grand chose sur la zone grise, les quarante millions de français qui ont fait confiance à Pétain, pour mieux se jeter dans les bras de de Gaulle et des communistes quatre ans plus tard. Vaste tâche que de s’attaquer à ça (Lacombe Lucien), et c’est ce que fait Un Village Français, avec un subtilité certaine, toute en demi teinte. De la résistance à la Collaboration, il n’y a qu’un pas dans la série.

Dernier atout, on y va franco. On y tue des enfants, et même des bébés (ce que le cinéma US ne sait pas faire). On y vole des nouveaux nés. L’occupant exécute des gens, et en même temps, fait dans la galanterie.

Rien que pour ça, je regarde la suite.

Un Village Français
2 épisodes tous les jeudi, 20h35
France 3




lundi 1 juin 2009


The Wire, dernière saison
posté par Professor Ludovico

Le CineFaster, comme à Auteuil, renâcle soudain devant l’obstacle, au moment de mettre le DVD#1 de la cinquième et ultime saison de Sur Écoute, la meilleure série des années 2000. En tout cas, c’est ce que le monde finit par découvrir, grâce à un certain Barack Obama, déclarant soudain que son personnage de série favori est Omar.

Omar ? Un dealer, noir, pédé, et un tueur… Pour ceux qui n’auraient pas compris, on est au XXIème siècle. Mannix, c’est fini. Jack Bauer aussi.

L’angoisse, donc. Et si ce n’était pas aussi bon que les quatre premières saisons ? Et s’ils nous tuaient Mc Nulty, Carcetti, Bunk ? Pas de risque, en fait. Des les premières images, on a compris, rien n’a changé dans The Wire.

C’est ce qui fait la force de Sur Écoute : sa sobriété. Format carré, plans fixes ou quasi immobiles, champ/contrechamp, pas de fioriture, si ce n’est une image toujours parfaite. Pas surtravaillée comme les Experts, non. Simple, et parfaite. Et pas de révolution non plus, d’idée foireuse pour entretenir artificiellement l’intérêt. Pas de terrible menace sur les personnages. Pas de cliffhanger. Pas d’épisode « décalé », pas d’épisode comédie musicale (comme dans Oz). Pas de rêve éveillé (les Sopranos), pas d’épisode parodique (X Files).

Non, la même histoire, quotidienne et définitive, des petits trafics, des magouilles politicardes, des gamins à la ramasse, et des flics-éboueurs de la bonne ville de Baltimore.

Il est encore temps d’acheter votre billet.

PS pour cette série « maudite » (2 saisons, puis, suite à la plus grosse pétition de tous les temps aux États Unis, 3 saisons supplémentaires), un coffret intégral vient de sortir. Il doit y avoir aujourd’hui plus d’acheteurs dudit coffret que de spectateurs sur Canal Jimmy, il y a cinq ans, qui, comme votre serviteur, se scotchèrent sur l’unique diffusion française, le samedi au plus profond de la nuit.




mardi 19 mai 2009


Hellogeekette
posté par Professor Ludovico

Êtes vous un « geek » ? Si vous ne l’êtes pas, c’est que vous l’êtes sans le savoir ! Vous avez vu le Seigneur des Anneaux ? Vu Batman dimanche soir sur TF1 ? Lu une fois X-Men ? Etiez fans de Drôles de dames, des Mystères de l’Ouest, avez joué à Donjons & Dragons, ou à Zelda sur Gameboy Advance (cochez les mentions inutiles) ?

Aujourd’hui, comme l’expliquait très bien un récent documentaire de Canal+ « Suck my geek », la culture « jeune » a gagné ; elle est partout ! Nos enfants savent ce qu’est un stormtrooper, et qu’il faut un anneau pour les gouverner tous. Dans les années 80, combien de filles avons nous ratées à cause de Star Wars, Strange et Marvel ?

Aujourd’hui, les trucs des puceaux d’hier, la SF, les jeux de rôles, les superhéros, les ordinateurs, les jeux vidéos, toutes ces malédictions qui ont ravagé notre sexualité sont devenues la réalité d’aujourd’hui. Geek is mainstream. Grâce à Peter Jackson, George Lucas, Sam Raimi, et – geek of the geeks – Bill Gates ! les anciens tricards sont les maîtres du monde. Et chez nous, c’est pareil : Alexandre Astier, rôliste, fait un carton avec Kaamelott, et Ubisoft est un géant mondial.

C’est dans ce contexte, ami non geek, qu’Hellogeekette t’est précieux. Cette websérie, t’éclairera sur les us et coutumes de la Geek Nation. Le pitch : une geekette cohabite avec un mec normal. Leurs aventures (4’30 », montre en main) vous apporteront les réponses que vous attendez aux grandes questions philosophiques d’aujourd’hui : Farscape ou Star Trek ? Second Life ou Wow ? Subprimes ou Livret A ? Derrière l’esprit court-metrage entre copains, un vrai travail de série, une ambiance potache qui sert le propos, et un bon esprit… C’est quand vous voulez, sur Hellogeekette.com.

PS 1 A ne pas rater : le vrai-faux film d’entreprise hilarant de Transkom, la boîte de production (réelle, celle-là) qui produit et réalisé la webserie. Des gens qui citent John Hughes (Une Créature de Rêve) ne peuvent pas être mauvais.

PS 2 Et une performance d’acteur qui laisse pantois : notre ami Jean-Michel en fan de métal, lui qui ne fait pas la différence entre Yesterday et Yesterday’s Papers.




samedi 25 avril 2009


Le théorème de l’extension
posté par Professor Ludovico

Les BD Y : Last man on Earth etWalking Dead, subissent, comme l’éternelle loi des séries, l’usure due à l’allongement déraisonnable des saisons et des épisodes.

Partant de concept très forts (le dernier homme sur terre, les USA envahi par les zombies), ils sont condamnés (c’est la loi numéro un de la dramaturgie) à faire toujours plus, plus haut, plus loin, plus fort.

C’est ce qui guette Lost, c’est ce qui a tué Alias ou les X-Files, et, dans une moindre mesure, explique les coups de mous de Six Feet Under ou des Sopranos.

La raison est simple : ce qui gouverne la production US, c’est évidemment l’argent, pas l’art. Ce qui est positif ailleurs (des films bien faits, bien écrits), fait le malheur des séries, en les usant jusqu’à la corde.

Au départ, le créateur vend un concept : « Nice chick kicks ass » (Alias), mais ce concept doit à tout prix être le plus ouvert possible : si ça marche, on doit pouvoir délayer la sauce autant que faire se peut. D’où les monstruosités scénaristiques désolantes que le spectateur – qui, lui, a toujours foi à 100% dans le concept – doit subir, parfois dès la deuxième saison. Les extraterrestres dans Twin Peaks, le virage « clean » de Nate dans Six Feet Under, le complot dans le complot du complot (Alias, X-Files, bientôt Lost)… C’est la que les séries « sautent le requin »*

C’est dommage, mais c’est aussi la limite du cinéma US : pour quelques auteurs qui arrivent à maîtriser leurs œuvres (Seinfeld, David Chase des Sopranos, David Simon et Ed Burns de The Wire), le reste doit se plier aux contraintes du business…

*un petit mot pour dire que l’excellent site Jumptheshark n’est plus, gobé par TVguide, le Télé 7 jours US. Pourquoi, on ne sait…




vendredi 27 mars 2009


Les Rois Maudits
posté par Professor Ludovico

Je sais, j’ai trente ans de retard, mais chacun son chemin de Damas !

Redécouvrir Les Rois Maudits aujourd’hui, c’est accepter de se colleter 9 heures d’un style suranné, et d’une dramaturgie hésitante. Pour quoi au final ? Un superbe cours d’histoire…

Car si l’oeuvre ne passe plus la barre de nos critères actuels (décors minimalistes, costumes Star Trek, poses hiératiques…), elle reste éminemment regardable pour d’autres raisons. Fort bien écrite (les tirades de Mahaut d’Artois), fort bien joué (Hélène Duc, Jean Piat), elle reste un modèle, finalement, de docu-fiction avant l’heure.

Difficile en effet, de s’intéresser au problème de la succession d’Artois, qui pourtant plongera la France dans la Guerre de Cent Ans. Mais Druon et son adaptateur, Marcel Jullian, étale cette explication sur 9 heures, faisant réelle oeuvre de pédagogie. Mieux, ils évitent le piège – assez commun – de « moderniser » les personnages. Aucun sentiment amoureux, aucune explication psychologisante ne vient en effet justifier les actions des protagonistes. Ils ne se battent que pour de plus haut motifs, difficiles à comprendre aujourd’hui : l’intégrité du Royaume de France, la restitution d’un bout de terre, la suprématie d’un titre sur un autre, la nécessité absolue d’avoir un héritier mâle, etc. Quand la fille de Philippe le Bel vient se plaindre de son mari, le roi d’Angleterre, qui la néglige, elle se fait éconduire : « de quoi vous plaignez vous ? J’ai adjoint le royaume d’Angleterre au royaume de France. J’ai assuré la paix entre nos deux pays… »

Du ringard comme ça, on en redemande…




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