[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



samedi 28 novembre 2009


Into the Loop
posté par Professor Ludovico

Jamais croire la pub, c’est un pro qui vous le dit ! Le spin, le buzz, la hype était excellente : une page entière dans Télérama vantait le travail du doubleur (Harold Manning, avec raison, d’ailleurs…) :

« On rit tout le temps ! »

Il devait y avoir quelque chose de spécial, aujourd’hui aux Halles, car la salle était pleine, et ne riait pas. Peut-être qu’elle n’était pas « Into the Loop » (dans la confidence)…

Une bonne idée, au départ ; décrire comment une bourde d’un sous-ministre britannique aide le camp des faucons américains à lancer une guerre contre un obscur pays du Moyen Orient, toute ressemblance avec des événements existants ou ayant existé étant purement fortuite… Deuxième bonne idée : la caméra portée, le ton « reportage » du film. Troisième bonne idée, les dialogues, injurieux et plutôt rigolos. Quatrième bonne idée, de bons acteurs anglo-américains comme James « Tony Soprano » Gandolfini.

Ce qui ne marche pas dans le « Loop », c’est seulement la grosseur du trait. Les ficelles sont trop grosses, les situations trop caricaturales, les personnages trop cons pour qu’on y croie. On peut mépriser les politiciens pour beaucoup de raisons, mais les portraiturer tous comme des incompétents carriéristes, formidablement idiots, ne marche pas. C’est tout le problème entre réalisme et crédibilité, déjà évoqué ici.
Une formidable série, K Street, malheureusement morte-née, avant tenté l’expérience en 2003 : un vrai lobbyiste à Washington (James Caville), filmé avec de vrais politiciens, mais dans une fiction tourné comme un reportage. C’était très drôle, avec une petite couche de thriller politique en plus.

La production Clooney-Soderbergh ne dura malheureusement qu’une année, dix malheureux épisodes…




lundi 2 novembre 2009


Braquo (4)
posté par Professor Ludovico

Il fallait que ca arrive : Braquo dérape, Braquo vire gnangnan. La semaine dernière, à force d’épreuves accumulées, leur dénouement heureux n’en a paru que plus ridicule. Les enjeux (le DVD, le bébé, la séparation du couple), surmultipliés, les réactions, outrées, les sentiments, trop bons dans ce monde de brutes, ont coulé la série…

Espérons que tout ça sera rattrapé par un cliffhanger de fin de saison, ce soir…

Braquo
Tous les lundis sur Canal+, 20h45




dimanche 1 novembre 2009


Braquo (3)
posté par Professor Ludovico

Braquo continue sur la voie de l’excellence, même si des fissures apparaissent. Ces fissures sont-elles les failles de demain, annonciatrices de l’effondrement de la pyramide d’Olivier Marchal ? On ne sait.

Le traitement est toujours impeccable, froid comme l’hiver, souligné par une formidable musique (d’Erwann Kermorvant), une photo et un étalonnage sombre qui soulignent l’ambiance désespérée de Braquo. Mais comme le faisait remarquer la CineFasteuse Alex, back in black as always, ce formidable désespoir pourrait permettre de cacher les trous dans le scénario.

Car en copiant ostensiblement The Shield, Marchal hérite aussi des défauts. Ainsi, il charge dangereusement sa barque d’enjeux, et risque le naufrage pur et simple. Nos amis de la PJ, qui ont déjà l’IGS aux fesses, trois meurtres sur le dos, des petits problèmes de drogue personnels, des couples à la dérive, se rajoutent de l’action là où il n’en faudrait peut être pas. L’autre soir Caplan (Jean-Hughes Anglade) s’est pris une grenade, le lendemain il sort de l’hôpital pour sauver son pote, le soir, il protège la call-girl qui lui a fourni un alibi… C’est ce qui fait le malheur des séries de Shawn Ryan (Nip/Tuck et The Shield) : certes, la surenchère crée du rythme et accroche le spectateur dans les premiers épisodes, mais mène fatalement au ridicule à long terme.

De même, la noirceur du propos, mais aussi la noirceur esthétique (blousons noirs, pulls noir, cafés noirs), peuvent finir par devenir grandiloquents et finalement dévaloriser l’ensemble.

Mais on n’en est pas la : ne boudons pas notre plaisir et regardons Braquo

Braquo
Tous les lundis sur Canal+, 20h45




dimanche 25 octobre 2009


Un Village Français, saison 2
posté par Professor Ludovico

Un Village Français, c’est reparti. Rien que le titre de cette chronique pique les yeux, sachant qu’il s’agit de notre propre histoire : je doute que nos parents aient eu conscience d’attaquer la saison deux de l’occupation allemande en janvier 1941.

C’est tout le génie de cette merveilleuse série : un point de vue impeccable, inédit, sur cette période. Par ailleurs, la mise en scène est quelconque, les acteurs aussi, mais le scénario, le texte, les dialogues, sont aux petits oignons.

Un exemple dans le premier épisode de la Saison 2, on traite de la spoliation de juifs de manière presque anecdotique : on offre au fils de Marcel – le militant communiste – un jouet d’occasion à la brocante, qui pose les bonnes questions au collabo qui lui offre : d’où vient ce jouet ? Où est le petit garçon qui le possédait ? S’il revient, devrais-je lui rendre ? Le flic a du mal à lui répondre, car il n’en est pas très sûr lui-même… le tout traité sans pathos, sans pédagogie lourdingue, sans manichéisme aucun…

De même, on se met à résister par dépit : comme dit une pute : « Faut bien que quelqu’un fasse quelque chose ! »… Et quand un habitant du village parle de De Gaulle, les gens ricanent… C’est à ces petits détails qu’on reconnaît une grande ambition, celle de J.-P. Azema, consultant sur la série, qui, visiblement, n’était pas seulement chargé de choisir les Lüger chez l’accessoiriste…

Ne ratez pas la suite, et la fin de la saison 2 mardi prochain…

Un Village Français,
2 épisodes tous les mardi, 20h35
France 3




mardi 13 octobre 2009


Sons of Anarchy, le pilote
posté par Professor Ludovico

On a retrouvé Drea di Matteo ! On avait laissé l’épouse – vulgaire mais splendide – de Christopher Moltisanti disparaissant dans un sous-bois, abattue par les primo capo de Tony Soprano.

En fait, elle est vivante, enceinte et divorcé du beau Jax, le futur « President » des Sons of Anarchy, et elle a pris vingt kilos. S’il n’y avait que ça ! Sa belle-mère veut sa mort, elle se came à la mauvaise héroïne que lui vendent les néonazis du coin (dirigés par Mitch Pileggi, le Directeur Adjoint Skinner, qui, probablement lassé de toutes ces histoires d’extraterrestres,s’est lui aussi réfugié en Californie).

Vendredi, c’était donc le premier épisode de Sons of Anarchy, et on attendra la suite pour se faire un jugement. Ça a l’air bien fait, bien joué, avec plein d’intrigues annexes, mais on ne sait pas encore si on tient le nouveau Sopranos, ou si Sons of Anarchy joue juste aux Sopranos…

Sons of Anarchy
M6, 23h10




mardi 13 octobre 2009


Braquo (2)
posté par Professor Ludovico

Aïe aïe aïe !!! Mea culpa, mea maxima culpa ! Errare humanum est ! J’ai dégainé trop vite et j’ai abattu Braquo, sans sommations. Or, c’est très bien Braquo ! Y’a bon Braquo ! J’avais promis de jeter un œil, j’ai même jeté les deux.

Certes, la parenté avec The Shield est évidente, mais Braquo est ce que The Shield aurait du être : moins hystérique, moins dans la surenchère, plus sobre…

Le pitch ? Quatre flics borderline arrêtent des voyous avec des méthodes de voyou : intimidation, torture, extorsion de fonds… Le Bien et le Mal confondus, dans une PJ de toutes façons dirigée par la politique et les statistiques.

Mais le talent de Braquo, c’est la mise en scène : parfois épurée (les interrogatoires vicieux de l’IGS), parfois ultra-moderne : (la course poursuite caméra portée, sur une musique élégiaque)

Ce n’est pas super bien joué, mais c’est tenu par des dialogues réalistes et peu conventionnels (on reconnaît Olivier Marchal aux commandes)

Donc on y retourne, dès lundi prochain…

Braquo
Tous les lundis sur Canal+, 20h45




lundi 12 octobre 2009


Braquo
posté par Professor Ludovico

Les préjugés, c’est pas bien. Juger une série française sous prétexte quelle est française, c’est du racisme. Mais quand même ! Braquo, si ce n’est pas une resucée de The Shield, c’est quoi ?

Des flics corrompus, entre le bien et le mal? Qui veulent venger leur copain ? Qui plantent un crayon dans l’œil d’un prévenu ! On essaiera d’y jeter un coup d’œil, (justement) mais on ne promet rien !

Braquo
Tous les lundis sur Canal+, 20h45




vendredi 9 octobre 2009


Lost, Saison 5, finale
posté par Professor Ludovico

A quoi décèle-t-on le déclin ? A de toutes petites choses, comme ces méchantes petites rides qui viennent d’apparaître sur votre visage, ce matin, en vous rasant.

Dans Lost, qui terminait hier sa saison 5, also knowed as « Le Début Du Commencement De La Révélation, Part One », de petites rides sont apparues. Saison 4, il y avait déjà des signes avant-coureurs : le Gouvernail, ridicule, la disparition de Juliet et de Sawyer de l’intrigue, la poussivité générale.

Et puis on appris que c’était la fin. ABC avait mis les pouces à Desperate Housewives et à Lost, avec mission de terminer les séries en deux ans, avec des saisons raccourcies (information copyright L. Fulci).

La saison 5 a donc embrayé sur la solution du puzzle de 5 000 pièces de Monsieur Abrams, résolution d’autant plus difficile que celui-ci était parti Star Trekker, avec le résultat que l’on sait

Cette saison fut donc pédagogique, et la pédagogie, c’est chiant. On apprend des trucs, mais c’est toujours plus marrant de poser des questions.

Hier, cette lassitude était prégnante, particulièrement dans les détails car, comme on dit, c’est là que se niche le diable.

En deux épisodes, on a soudain relié tous les principaux personnages au mystérieux Jacob. Quatre saisons résumées en deux heures : le procédé était pour le moins expéditif, car 1) c’était la première fois qu’on voyait le fameux Jacob et 2) cette révélation eut pu être saupoudrée plus subtilement tout au long de la saison (ce qui était d’habitude le cas).

Ensuite, des modifications radicales vinrent affecter certains personnages, viol majeur des conventions d’une série. (On définit d’habitude le personnage dans la bible de départ, et il ne change jamais. Mulder et Scully s’aiment, mais il ne se passe rien en eux. Ou quand il se passe quelque chose, c’est exceptionnel, et au contraire, les créateurs jouent un moment avec cette idée, mais reviennent vite à la situation initiale). Là c’est Juliet, qui s’est transformé en gentille desperate housewife. Crime de lèse-majesté pour un des plus beaux personnages de méchant que la télé nous ait donné ces dernières années.

Autre indice : le collage. On cherche à rabouter tout Lost, alors évidemment, les coutures se voient. Hier, c’était l’apparition inopinée de Rose et Bernard, couple improbable de retraités Robinson-Crusoë.

Malgré cela, la saison a fini sur de jolis cliffhangers, c’était bien le moins, et on attend donc la Saison 6 avec impatience…

Mais la magie est partie…




vendredi 9 octobre 2009


Sons of Anarchy
posté par Professor Ludovico

Précédé d’une réputation à tout casser, Sons of Anarchy, la série « Hamlet chez les Bikers » débarque ce soir sur M6. N’écoutant que son courage, le Professore s’est acheté une Harley et prend l’avion pour Charming, Californie, afin de vérifier si la création M. Sutter est bien le Sopranos des années 2010.

Sons of Anarchy
M6, 23h10




jeudi 8 octobre 2009


Battlestar Galactica, bilan à mi-mandat
posté par Professor Ludovico

Après avoir visionné le pilote et un bon tiers de la saison 1, il est temps de revenir sur l’événement SF de ces dernières années, j’ai nommé Battlestar Galactica.

Rappelons d’abord qu’un film, qu’une série, c’est un pari. L’auteur te défie, camarade spectateur : « je vais faire la suite d’Alien, mais je vais révolutionner le concept ! » et à la fin, tu regardes si c’est réussi (Aliens), ou pas (Alien:Resurrection). Ici, Ronald Moore fait le pari suivant : « Je vais prendre une série, la plus ringarde de tous les temps, et je vais la en faire une série intelligente, politique, moderne ». Ou, selon ses propres mots : « Il y a là un géant endormi, son nom est connu de tous, sa voix rappelle quelqu’un. Pendant un bref moment, il a fait bouger la Terre, racontant de grandes histoires de choses qui n’ont jamais eu lieu, puis a trébuché sur son renom et s’est endormi dans un sommeil profond… »

Alors, pari réussi, ou pas ? Eh bien, on pourrait dire que le verre est à moitié plein… Ou à moitié vide, c’est selon.

A moitié plein, parce que le pari est tenu. Moore a réalisé l’exploit de lifter Battlestar Galactica, et de la transformer en série sérieuse, abordant de grands sujets de société. (Rien que ça, ça pique les yeux…)

Même au cinéma, ces thèmes sont rarement abordés ; pour parodier le générique de Star trek, Battlestar Galactica va où « personne n’était encore allé ». Terrorisme de survie, machiavélisme gouvernemental, choix politique cornéliens, Battlestar Galactica est la première série à poser ces questions dans le futur, et surtout, à imaginer l’impact d’un événement épique (la destruction de la race humaine) sur le quotidien des quelques survivants (Collaborer ou périr ? sacrifier les prisonniers de droit commun ou sacrifier des innocents ?)…

A ce titre, Battlestar Galactica est un peu la version démocrate de 24

Mais la série est aussi à moitié vide, aussi, parce qu’elle n’atteint pas le niveau du Golgotha sériesque (rappelons – pour les âmes simples -, la Sainte Trinité TV : The Wire, Les Sopranos, Six Feet Under.)

Battlestar Galactica est bien, même très bien, mais elle « n’a pas tout d’une grande ». Elle innove, mais ne va pas jusqu’à la révolution : les situations, les intrigues sont classiques (problèmes de couple, relations père-fils, aventures spatiales, tout cela est finalement commun, seul le contexte les rend exotiques).

Graphiquement, la série souffre des maux endémiques de la SF américaine : des moyens, mais pas d’ambition : le design, les décors, les costumes sont moches et sans saveur, pour ne pas dire peu crédibles.

A leur décharge, la qualité dans ce domaine, c’est l’exception : décors de Blade Runner, Alien, costumes de Dune, mais sinon, quoi d’autre ? Il faudra chroniquer ça un jour…

Enfin, il manque une touche personnelle. Ronald Moore a finalement peu de choses à dire à travers sa série, il fait de l’entertainment (et il le fait très bien). Mais il faut la rage et l’amour de Baltimore pour faire Homicide ou The Wire, il faut la grande frustration d’être homosexuel en Amérique pour écrire Six Feet Under, il faut l’humiliation d’être italo- américain pour faire les Sopranos. David Simon, Alan Ball, David Chase, mettent leurs tripes sur la table, et cela se voit.

Ronald Moore est juste là pour nous distraire (rien de mal à ça), et il nous fait en plus réfléchir : qui s’en plaindra ?




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