[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



mardi 30 novembre 2010


Un Village Français, Saison 3
posté par Professor Ludovico

Que faut-il faire pour vous convaincre de regarder la meilleure série française du moment ? Il faut avouer qu’elle a peu d’atouts dans sa manche (pas de Président des Etats-Unis à sauver d’un complot islamique, pas de violence, pas d’hélico, pas de mafia, pas de sexe…)

Elle passe sur France3 (la hooooonte !), n’a pas d’acteur bankable ou de chaudasses à mettre dans Télé7jours. Même les habituels fans WW2 boudent leur plaisir : pas assez de porte-avions japonais, de Panzer IV, ou d’infirmière SS)

Non, Un Village Français, c’est juste la chronique la plus réaliste qui soit d’un village à l’heure allemande, ses petites compromissions (travailler, discuter, sympathiser, coucher avec des allemands) Des compromis qui, on le sait, deviendront de grandes fautes en 1944, quand le pays balaiera ses millions de lâchetés en tondant quelques femmes et et en épurant – quel joli mot – quelques milliers de collabos.

Comme le dit si bien François Delpla à propos de Marlene Dietrich dans son excellent Petit Dictionnaire Enervé de la Seconde Guerre Mondiale : on ne naît pas antinazi, pas plus qu’on ne naît nazi.

Un Village français parle très exactement de ça : la zone grise où tout le monde, oui, tout le monde, peut basculer, du communisme à la résistance, du commissariat de police à la collaboration, de la collaboration économique à la résistance.

Une leçon d’humilité à l’intention de ceux, à l’indignation souvent automatique, qui savent déjà ce qu’ils auraient fait dans de semblables circonstances.




vendredi 26 novembre 2010


A la Maison Blanche, saison 6
posté par Professor Ludovico

Quel talent ! Après avoir perdu « Magic » Sorkin*, on aurait pu croire A la Maison Blanche partie en déshérence, et pourquoi pas, partie « sauter le requin ». Il n’en est rien, mieux, la série réussit là où la plupart des shows échouent : elle mue.

Une série qui marche est toujours basée sur des concepts très forts, rédigés en dur dans une « Bible » qui n’a pas vocation à changer : Seinfeld déteste Newman, et ça durera neuf saisons. Mulder et Scully sont attirés l’un par l’autre, mais il ne se passe rien…

Sauf quand… les scénaristes en décident autrement. Et quand ils le font, c’est souvent parce que la série est en baisse… Or les téléspectateurs, s’ils aiment Seinfeld, c’est parce qu’ils trouvent que cette haine de Newman est géniale, et qu’ils sont titillées par la TSI (Tension Sexuelle Irrésolue) entre nos Agents du FBI. Si ça change, ça pose problème. Ce qui peut être très excitant (le baiser entre Mulder et Scully, (en fait un clone), peut aussi démolir une série (la fin gnangnan de Friends).

Mais là, dans A la Maison Blanche, les scénaristes négocient à la perfection des virages pourtant très serrés.

D’abord, il y a des changements hiérarchiques ; un chef s’en va, qui le remplace ? Le nommé ne fait évidemment pas l’unanimité, mais surtout, il fait partie des personnages principaux. Ça pose donc un problème à la Maison Blanche (la vraie), mais surtout un problème, ça pose un problème dans la série : nous étions habitués à une bande d’amis idéalistes, au service de l’Amérique, de la démocratie, du président Bartlet, et les voilà jaloux, divisés, carriéristes, alors que la reforme de la santé patine, et toujours pas de paix au Moyen-Orient ! De même, la fin du deuxième mandat Bartlet approche, et les persos doivent placer leurs pions, penser à leur avenir : soutiendront-ils l’aile droite du parti, chez ce cowboy de Vice-Président ? Où succomberont-ils aux sirènes d’un autre candidat ? Toutes ces questions, qui rendent soudain la série plus noire, plus grave, auraient eu raison de n’importe quel drama de seconde zone. Mais l’Air Force One d’Aaron Sorkin est si bien conçu qu’il continue de voler parfaitement sans pilote, et même en zone de turbulences…


*Aaron Sorkin, créateur et – fait incroyable – unique scénariste de la série, showrunner surbooké et cocaïné, a été mis d’autorité en cure de désintoxication à la fin de la saison 4. C’est John Wells qui s’est occupé (scénario compris) des saisons 5, 6 et 7… Aaron Sorkin est aussi le scénariste de petits films méconnus : Des hommes d’honneur, Le Président et Miss Wade, La Guerre selon Charlie Wilson et The Social Network




mardi 2 novembre 2010


Battlestar Galactica et Dylan
posté par Professor Ludovico

Quand Battlestar Galactica se met à citer le Poète de Hibbing, on n’est pas loin du Saut de Requin. Mais pour vérifier cette intéressante hypothèse, il faudra regarder la quatrième saison.

On était dans les dernières minutes de Croisements, le double épisode final de la saison 3. C’est là qu’on s’est mis à se poser des questions : « There must be some way out of here… » Est-ce que Ronald Moore nous plaçait sa petite citation pour le fun, ou jouait-il simplement avec nos nerfs ? Nous, à qui l’on reproche de voir « trop de choses » dans les films ? Mais non, ça se confirmait, c’était même la solution de l’énigme qui traînait depuis deux ou trois épisodes, relançant BSG, par le plus grand cliffhanger depuis sa création, pour une quatrième saison qui promet d’être apocalyptique.

La troisième était à vrai dire un peu creuse (selon les standards BSG évidemment) : 4 premiers épisodes fabuleux, 3 ou 4 épisodes moyens, et 4 derniers épisodes fantastiques. Dont ce final-procès, sorti du diable vauvert. Cliché US s’il en est – le film de tribunal -, le dernier épisode réussit la performance d’éviter les stéréotypes habituels, d’asséner les leçons de morale habituelles (que doit être une démocratie en temps de guerre ?) et de lancer la quatrième saison.

« There must some way out of here » peut aussi être vu comme le message crypté, le SOS de scénaristes au bout du rouleau… Drôle d’histoire en effet que celle de Battlestar Galactica : la chaîne Scyfy n’avait promis qu’une saison, puis devant le succès, en avait demandé cinq de plus, pour finalement demander à ses géniteurs de jeter l’éponge à la quatrième.

Plus qu’une, Boss ! says the Joker to the Thief. Too much confusion, I can’t get no relief…

On verra ça très prochainement, dans le lecteur DVD du Professore.




samedi 9 octobre 2010


Battlestar Galactica, saison 3
posté par Professor Ludovico

Galactica, c’est ça : par la grâce d’un simple épisode hier (S3, épisode 10 , « Le Grand Combat »), on perçoit la richesse de cet univers…

Dans cet épisode, huis clos autour de la boxe, les scénaristes revisitent deux ans et demi de BSG : amours impossibles, trahisons, loyauté, amitié… Et offre aux acteurs un écrin où s’exprimer, en dehors des combats spatiaux et autres mésaventures galactiques.

Bien sûr, dans l’épisode suivant, BSG retombait dans ses faiblesses ontologiques : tout d’un coup Les colons n’avaient plus rien à manger, et si l’on peut dire, ça tombait comme un cheveu sur la soupe…

Mais comme le dit El Baba, « dans Battlestar Galactica, il y a toujours quelque chose d’intéressant à voir… »




jeudi 30 septembre 2010


RIP Tony Curtis
posté par Professor Ludovico

On n’est pas très nécro dans CineFast, d’abord parce qu’un grand artiste ne meurt jamais. Cette chronique voudrait-elle dire que Tony Curtis n’était pas un grand comédien ? En tout cas, il est clairement dans la deuxième division Hollywoodienne…

C’est lui-même qui le dit dans Certains l’Aiment Chaud… Et Marilyn, sa biographie : il considère, à raison, Jack Lemmon comme un comédien bien supérieur.

La filmographie de Curtis est à vrai dire bizarre, sans chef d’œuvre absolu (le concernant). Il l’explique aussi dans sa bio ; les acteurs ethniques n’avaient pas la cote à l’époque. Le pauvre Bernard Schwarz eut beaucoup de mal à se placer dans des rôles de séducteurs face aux WASP à la Montgomery Clift… Ce qui ne l’empêchera pas d’enregistrer un tableau de chasse conséquent : Billy Wilder (Certains l’Aiment Chaud), Stanley Kubrick (Spartacus), Blake Edwards, Richard Fleischer (L’Etrangleur de Boston, sûrement son meilleur rôle).

Mais il jouera également dans des nanars incroyables, dont l’ineffable Homme Homard Venu de Mars, que je me rappelle avoir vu à la grande époque du Festival Fantastique du Rex.

Mais en fait, Tony Curtis restera pour toujours le Danny Wilde d’Amicalement Vôtre, même si c’est basé sur un malentendu. C’est Bernard Roux, son doubleur, qui imprima en effet un humour que le personnage n’avait pas dans la VO des Persuaders.

Salut Danny, va jouer au base ball dans les rues de New York




mardi 28 septembre 2010


The Pacific, finale
posté par Professor Ludovico

The Pacific, c’est fini. Dommage, ça commençait à devenir bien. L’horreur d’Okinawa, les femmes kamikazes, le désespoir japonais, les américains qui s’enlisent… Et la difficile réinsertion des boys, une fois revenus au pays : The Pacific prenait son envol.

Mais grâce aux dix dernières minutes on a pu résoudre le mystère The Pacific. Pourquoi tant de talents (Hanks, Spielberg, George Pelecanos (The Wire), Tim van Patten (The Sopranos)) avaient-ils accouché d’une souris ? L’explication nous fut fournie par le générique de fin, chargé de pathos comme seuls les américains savent (osent) le faire : dessins sépia, violons, fondus enchaînés : « Après Iwo Jima, décoré de la Purple Heart, Tim « Hoosier » a ouvert une quincaillerie près de Mobile, dans le Tennessee » Pitié ! Aucun n’est devenu serial killer ? Ou Banquier d’affaires ? Personne n’a raté son permis auto ?

Voilà, The Pacific n’était pas une fiction, mais un horrible biopic, un BOATS porte-avions de la pire espèce, comme me l’avait déjà fait remarquer Captain Jipé. C’était donc ça. Coincé par la mémoire de nos pères, de nos grands pères, The Pacific n’était qu’un hommage de plus réservé aux héros de la Guerre du Pacifique. Un hommage, une hagiographie, qui ne pouvait se permettre aucun écart, aucune fantaisie dramatique, aucune motivation psychologique, tenu à l’étroit dans le Corset Serré de la Vérité.

Tant pis. Ca sera pour une autre fois.




dimanche 19 septembre 2010


Mad Men, The Wire, c’est reparti !
posté par Professor Ludovico

Deux séries dont vous tannent le Professore depuis le début sont à nouveau à l’affiche ; branchez le magnétoscope !

Les pubards classieux de M. Weiner – devenu phénomène de mode (depuis le temps qu’on vous dit que les fifties sont trop classes pour ne pas revenir à la mode) – entament leur saison 3 sur Canal : femme enceinte, promotions, nouvel actionnaire : ca va charcler sec sur Madison Avenue.

Et la meilleure série de tous les temps, Sur Ecoute (The Wire) est entièrement rediffusee sur France O ! Au boulot, mofos !


Mad Men, le jeudi soir, 22h sur Canal+
The Wire sur France O




mardi 14 septembre 2010


The Pacific 4, 5, 6
posté par Professor Ludovico

The Pacific, c’est (enfin) parti. Avec l’assaut de Peleliu, petit atoll volcanique sans eau perdu dans les l’archipel des Palaos, la série-événement (sic) signé Spielberg-Hanks – a enfin tenu ses promesses. De l’info (et pas seulement des taratatatataaaaa interminables), du réalisme (la barbarie côté US, il était temps), mais tout ça reste des coups de baïonnettes dans l’eau, parce qu’à la fin, les américains ont toujours raison. Les marines méchants, les sadiques, les fous, ce ne sont pas les personnages principaux, ce sont des seconds rôles, qui entrent dans The Pacific pour faire leurs saloperies et ressortent, aussitôt leur forfait accompli.

Les héros, eux, font des bêtises (pipi dans la culotte par exemple, (re-sic)) mais bon, on les comprend : la guerre, c’est dur.

Ce qui nous ramène à notre conclusion de la semaine dernière : The Pacific, c’est la seconde guerre mondiale, non pas pour les enfants, comme nous l’avions écrit, mais pour les américains.

Dans l’excellent livre sur la Guerre de 14 « Retrouver la Guerre« , de Stéphane Audoin-Rouzeau et d’Annette Becker, les deux historiens rappellent « qu’il est plus facile d’accepter que son grand-père ait été tué au combat que d’admettre qu’il ait pu tuer lui-même. Dans la conscience mémorielle, mieux vaut être victime qu’agent de souffrance et de mort. Celle-ci, toujours reçue, toujours anonyme, n’est jamais donnée. On en est toujours la victime. »

C’est exactement qui se passe dans The Pacific. Les japs ne sont que des silhouettes nocturnes vociférantes, ou des corps ensanglantés au petit matin. Le GI n’attaque jamais en premier, où alors seulement la mâchoire serrée par l’émotion contenue. Il ne se laisse pas sombrer dans la violence aveugle, hormis quelques brutes sadiques ou pauvres types rendus fous par les japs.

Cher Steven, cher Tom, encore un effort pour regarder les choses en face…




jeudi 9 septembre 2010


The Pacific
posté par Professor Ludovico

Patatras ! Catastrophe ! Et si le Professore avait tort ? Et si les séries d’aujourd’hui était inférieures au cinéma ? Et si Spielberg n’était pas infaillible ?

C’est en tout cas ce que semble démontrer The Pacific, dont les trois premiers épisodes lundi ont été très décevants, à tous points de vue : dialogues ringards, histoire classique, et même, effets spéciaux de seconde zone.

L’argument : suivre une bande de grunts dans l’enfer du pacifique, de Guadalcanal à Okinawa. Le Band of Brothers oriental. Mais comme son aîné, The Pacific est englué dans les bons sentiments, les soldats-américains-courageux-et-patriotes, le colonel-au-grand-cœur-sévère-mais-juste.

Ce qui était acceptable dans les années soixante ne l’est plus aujourd’hui : comment présenter les Marines comme des boys scouts évolués, alors qu’on a vu Full Metal Jacket ? La guerre comme une épreuve initiatique, depuis Apocalypse Now ou Les Sentiers de la Gloire ? La Bataille du Pacifique comme une grande épopée héroïque depuis La Ligne Rouge, Mémoires de Nos Pères ou le terrifiant documentaire The War ?

The Pacific, c’est la seconde guerre mondiale pour les moins de douze ans…




mercredi 1 septembre 2010


Les Tudors Saison 3
posté par Professor Ludovico

Malgré la baisse de régime, on continue de regarder les Tudors. Plus d’argent, moins d’idées, moins de travail, c’est le lot des séries, mais comme on apprend en s’amusant, pourquoi décrocher ?

Ce qui est dommage, c’est qu’en script doctor amateur, on voit bien ce qui cloche : le complot anti-Cromwell, faudrait l’expliquer plus en amont ; et ce nouveau personnage, il vient d’où ?

Mais bon, le cast joue toujours aussi bien, malgré des dialogues faiblards, et le final est bien.

Poursuivez donc, maître…




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