[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



samedi 10 septembre 2011


Platane
posté par Professor Ludovico

J’ai beau me forcer, Eric et Ramzy ne me font pas rire. Je vois le principe dans H, mais je ne ris pas. Je comprends l’absurdité qui préside à Steak, mais je n’ai pas envie d’y aller.

L’humour, c’est vraiment une question de génération. Pierre Dac ne nous fait pas rire, et mes enfants ne comprendront pas Desproges. C’est aussi pourquoi le rire, et les comiques en général ne sont pas artistiquement reconnus comme les tragédies : ils ne sont pas éternels, ils n’auront jamais la postérité pour eux. Pourtant c’est très difficile de faire rire, beaucoup plus difficile que de faire pleurer.

J’ai donc essayé Platane, sous l’influence de la méga promo, et pour les beaux yeux cendrés de Monica Bellucci au Grand Journal.

Malgré les efforts louables (qualité technique, originalité), je n’ai pas marché… L’argument est louable : au moment où Eric et Ramzy lance une suite à H, Eric percute un platane et sombre dans le coma. Il se réveille un an après, la série a continué sans lui (et l’intérêt de Platane est bien dans la satire de Canal+ et du monde du cinéma) Le voilà obligé de se trouver un nouveau projet… Mais évidemment, ce n’est pas une sinécure, car Eric n’est pas si sympa qu’il en a l’air…

Je tenterais une deuxième incursion, mais je ne vous promets rien…




lundi 18 juillet 2011


A la Maison Blanche, season finale
posté par Professor Ludovico

Voilà, c’est fini. (Je ne sais pas ce qui m’arrive, j’ai l’impression que Jean-Louis Aubert a pris le contrôle de mon cerveau). Mais c’est vrai, The West Wing, c’est fini, après sept années de bons et loyaux services, deux mandats Bartlet, et 155 épisodes : la Maison Blanche a occupé 108h de nos vies.

C’est la force des séries.

Un film peut vous envahir, vous suivre toute la vie, mais c’est rare. Une série est là chaque semaine, et les personnages deviennent vos amis, vos frères, vos amants. Tant et si bien qu’on reluque Dona Moss, qu’on admire CJ Cregg, et qu’on voudrait faire le même boulot que Josh Lyman, mais qu’on a du mal à citer les comédiens (Janel Moloney, Allison Janney, Bradley Whitford)…

Si A la Maison Blanche est immense succès, c’est d’abord parce qu’elle a su durer, et surtout se terminer en beauté, ce qui distingue le chef d’œuvre télé du vulgum pecus, comme nous l’avions expliqué ici.

Ce dernier épisode en est l’exemple même. Sans abuser de sa position de force : en 42 mn, comme les autres épisodes, (pas d’épisode double comme dans d’autres séries), A La Maison Blanche va tirer son bouquet final. Au menu, l’arrivée d’une nouvelle administration (un candidat a gagné, je ne vous dirais pas qui !), et le départ de l’administration Bartlet. Il y a déjà de quoi dire, dans cette transition extrêmement brutale, où l’on enlève toute trace de l’ancien président en quelques heures, et où une équipe s’installe, cartons à la main, pendant le même temps. Mais A La Maison Blanche ne perd pas son côté Cheese Burger extra large, puisqu’il y associe d’autres intrigues : l’adaptation de la famille du nouveau président (et les consignes de sécurité afférentes) et une dernière et douloureuse décision à prendre pour le Président Bartlet. Mais surtout, l’épisode joue avec la nostalgie. C’est nous aussi qui quittons l’aile ouest de la Maison Blanche, et la série, très malignement, nous repasse dans toutes les pièces, et nous représente une dernière fois les personnages, mêmes les plus insignifiants…

Un dernier épisode beau et triste à la fois, qui vient clôturer une histoire d’amour qui dure depuis sept ans, entre le public américain et cette série. Car même si les audiences ont fini par chuter, The West Wing est restée une valeur sûre auprès des CSP+, et donc un aimant à spots publicitaires.

C’est l’incroyable coup de poker tenté par Aaron Sorkin : faire une série pédagogique, haut de gamme, démocrate, à une heure de grande écoute sur une des Big Four : NBC. Et ce, en plein règne républicain, 11 septembre, War on Terror, Irak et Afghanistan. On peut même avancer que cette série fut un baume au cœur des démocrates pendant ces huit années. Une autre présidence était possible : là, à la télé ! Martin Sheen, l’homme, fut parmi les premiers à dénoncer la politique de Bush, comme s’il incarnait, dans la réalité cette fois, le Président Bartlet. Ce coup de poker, Sorkin l’a réussi en attaquant l’Amérique par son point faible : le feelgood movie.

Car ce qui peut apparaître insupportable au néophyte, dans les premiers épisodes de The West Wing, c’est en fait sa force : cette insupportable naïveté, cette beauté, tant intérieure qu’extérieure, des personnages. Dans The West Wing, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Comme par hasard, A la Maison Blanche se positionne comme l’anti-24, la série réac et républicaine de la Fox. Le Président est têtu, et colérique, mais il est juste et brillant. Ses collaborateurs sont beaux et idéalistes. Tellement travailleurs qu’ils n’ont même pas le temps de baiser leur secrétaire (ça viendra) Il n’ont pour idéal que la République et l’Amérique. Même les républicains sont des gens bien.

On pourrait sourire, nous les français sarcastiques, devant tant de patriotisme niais. Mais est-on si différent ? Le Professsore se permet d’avancer ici sa théorie fétiche sur les rapports USA-France : si l’on se déteste et l’on s’apprécie autant, c’est peut-être qu’on est pareils, non ? Car en cette période de 14 juillet, comment nier l’évidence ? Qui continue (seul pays en Europe, à notre connaissance) à faire défiler ses soldats le jour de la fête nationale ? Qui fait un drame quand une politique en conteste le bien-fondé ? Ou que trois footballeurs ne chantent pas la Marseillaise ? Qui veut exporter dans le monde entier son TGV, son paquebot France, son Rafale, son Minitel, ou sa filière hippique ? Qui est aussi fière d’elle-même, de son histoire, même la plus ténébreuse (Napoléon) ? Qui ? L’Amérique évidemment, qui croit dur comme fer en sa « Destinée Manifeste ». Il y a cent ans, nous gouvernions le monde, avec les anglais. Qui croit encore pouvoir le gouverner ? Nous, pas les anglais.

Sorkin, en jouant à la fois de la fibre patriote, et du mélo, s’est tout simplement ouvert les portes d’une des plus grandes chaînes US. Ensuite, il a braqué l’épicière et fait tout ce qu’il voulait, c’est à dire une formidable leçon de politique, de diplomatie, d’économie, étalée sur un cursus de 7 ans, en 155 leçons de 40mn.

Prix du pétrole, rôle du sénat, liens sordides avec l’Arabie Saoudite, 11 septembre, obstruction parlementaire, Israël, Minutemen, Filibustering, Projection Mercator, 5ème amendement, Cour Suprême, Primaire du New Hampshire, manipulation des journalistes… Dans chaque épisode, A la Maison Blanche abordait au moins deux de ces sujets, parfois très ardus, et les rendait simples. Une formidable leçon de télévision.

Au delà de l’ambition énorme de The West Wing, sa réussite s’explique par une maestria incroyable des codes télévisuels, maîtrisés aussi bien par le père géniteur (Aaron Sorkin), que la famille d’accueil (John Wells, devenu showrunner après le burn-out de Sorkin)

En créant ces personnages formidables (les 5 « Bartlet Men » d’origine (Leo, Josh, Toby, CJ, Sam), en sachant gérer les départs de stars (Rob Lowe, pourtant l’As de cœur de la saison 1, par Joshua Malina), en sachant faire monter ou descendre alternativement des personnages (Charlie et Zoey), A La Maison Blanche a réussi là où beaucoup ont échoué (Lost, 24…)

Mais surtout, ultime tabou, les producteurs/scénaristes de The West Wing ont osé briser le moule originel de la série, respectant en cela le rythme des institutions américaines. Puisque Bartlet ne pouvait être réélu, son personnage devait céder la place à un autre personnage principal, le candidat démocrate Matt Santos (formidable Jimmy Smits revenu d’entre les morts de NYPD Blue) et son tout nouveau conseiller, Josh Lyman. Oser propulser un des seconds rôles sur le devant de la scène, créer un nouveau personnage principal, mettre dans l’ombre (tout en les conservant à proximité) le reste du cast, voilà le chef d’œuvre de mécanique de précision qu’a réussi A la Maison Blanche*.

Aura-t-on le courage, un jour, de revoir tout The West Wing ? On ne sait.

Il le faudrait, pourtant.

*On imagine les négociations interminables avec les acteurs, si chatouilleux de leurs précieuses secondes d’apparition à l’écran.




lundi 27 juin 2011


A La Maison Blanche
posté par Professor Ludovico

Formidable A La Maison Blanche ! La dernière saison brille de mille feux… Avant-hier, un épisode sur… le serrage de mains !!

Pendant la campagne, les candidats serrent des milliers de mains… Jusqu’à l’accident ! Comment gérer ça ? Pas de soins (le candidat avec un plâtre, ça ferait infirme), silence complet (pour éviter les sarcasmes du camp d’en face) : A la Maison Blanche a beau être une série gentillette, elle ne zappe pas les absurdités, et les compromissions, d’une campagne.

Ainsi hier, un autre épisode, sur le rythme frénétique, absurde, des derniers jours de campagne: pour gagner le candidat doit enchaîner 5 états le même jour. Et ânonner les mêmes messages (la Santé, c’est important, bla bla…), répéter les mêmes encouragements (neutre, évidemment) aux deux équipes de Baseball qui vont s’affronter ce soir-là, et réfléchir à la blague qu’il fera au Tonight Show plutôt qu’à la situation au Kazakhstan…

On comprend mieux le parti pris « idéaliste » de The West Wing : même dans le meilleur des cas, la démocratie oblige aux compromissions, aux à-peu-près, au trivial…

A La Maison Blanche, une leçon de démocratie…




dimanche 26 juin 2011


Peter Falk
posté par Professor Ludovico

L’autre jour, en instruisant une classe de troisième sur les finesses de la Sitcom, j’ai fait remarquer qu’une des différences entre ciné et télé, c’est que le star de ciné, c’était l’acteur, et la star de la télé, c’était le personnage.

Un raisonnement qu’on peut appliquer à Peter Falk, qui vient de disparaître. Plus connu sous le nom de Columbo que de Falk, il aura pourtant fait son trou à Hollywood (Cassavetes, Wenders, Princess Bride…), et au théâtre… Mais bon, être immortalisé sous le personnage de Columbo, il y a pire comme destin.

Car c’est un incroyable succès – tant critique que populaire – que Columbo, la série, et le personnage, ont accompli en 69 épisodes, de 1968 à 2003*.

Modèle absolu du Formula Show, Colombo n’a fait pourtant que populariser les théories hitchcockiennes, mais avec quel talent !

Peu importait en effet les péripéties de l’enquête, on s’était attaché pour toujours au petit inspecteur rital, son chien et sa 403, et sa femme invisible**. L’enjeu posé dès le début (un crime se déroule devant nous, Columbo l’élucidera), censé détruire tout suspense, ne faisait au contraire que l’exacerber.

La formule aurait pu devenir répétitive, mais les auteurs, les réalisateurs (dont quelques futures pointures (le premier épisode de la saison 1 fut écrit par Steven Bochko (NYPD Blue) et dirigé par Steven Spielberg…) ont pu tisser à chaque fois des intrigues passionnantes, et une étude de mœurs angeleno aux petits oignons.

Photographes branchouilles, vieux beaux hystériques, capitaines d’industries trompant (et tuant) leurs épouses, les méchants de Columbo ont évolué au gré de la mode, mais la comédie humaine n’a jamais changé : les hommes tuent les femmes, les puissants se moquent des pauvres***, et l’inspecteur Columbo, armé de sa seule intelligence, nous venge de tout ça.

On regrettera notre inspecteur (et aussi sa fabuleuse voix française, Serge Sauvion) ; mais, par la magie d’Hollywood, ils seront toujours là.

Faites l’exercice ce soir : vous aurez bien du mal à zapper avant la fin.


*rediffusion du dernier épisode ce soir sur TF1, 20h45

**une série avec Madame Columbo n’eut pas le même succès (2 saisons seulement), comme quoi le formula show n’est pas une science exacte.

***Dans cette contradiction américaine : dans un pays où l’argent est tout, le riche est pourtant toujours le méchant.




vendredi 3 juin 2011


A la Maison Blanche, le meilleur pour la fin
posté par Professor Ludovico

Comment rester au sommet ? Surtout, comme A la Maison Blanche, pendant 7 saisons, même en perdant son Père Fondateur, « Magic » Sorkin, devenu scénariste à succès Facebookien avec Mr Fincher ?

C’est le mystère intriguant d’A la Maison Blanche, dont j’ai fini par me résoudre à regarder la dernière saison. Résoudre, parce que c’est comme une friandise qu’on garde dans le frigo, sachant que c’est la dernière. Bon, mais une fois avoir fini les Tudors, Battlestar Galactica, le Tournoi des VI Nations, la L1, il faut bien se résoudre à visiter une dernière fois l’Aile Ouest, et se préparer à des adieux – forcément déchirants – avec la bande à Bartlet.

Le pitch de la Saison 7 : c’est la dernière année de la Présidence, et donc la campagne des candidats démocrate et républicain pour le remplacer.

Mais justement, qui oserait violer ce tabou, le tabou majeur des séries ? Qui, en effet, lâcherait la plupart de ses personnages principaux (Bartlet et ses conseillers) pour passer à de nouveaux personnages (les équipes de campagnes) ? À part Sur Ecoute, qui a joué à ça pendant cinq saisons, on ne voit pas.

Mais A la maison Blanche, c’est la Premiere league, et on n’a peur de rien : scénarios millimétrés, ultra complexes (mais avec cette pédago subliminale qui a fait le succès de la série), personnages attachants mais jamais simplistes, même quand il s’agit d’ennemis évidents (la droite chrétienne traditionaliste, par exemple).

Sur la même recette depuis sept ans, cette Maison Blanche n’en finit pas s’étonner…




mardi 10 mai 2011


Battlestar Galactica gagne la finale
posté par Professor Ludovico

Voilà, c’est fini. On tant ressassé les mêmes mélodies… Battlestar Galactica (BSG pour les intimes) s’est clos sur cet épisode interminable (deux heures et quelque, sans compter les sauts spatio-temporels), à l’image de cette quatrième et ultime saison, un peu longuette elle aussi.

BSG meurt comme elle a vécu : un anti-Lost. Une série ambitieuse, mais mal faite, versus une série parfaite, mais sans aucune ambition.

Mal faite, Battlestar Galactica l’est assurément, from Day One. Sans unité graphique (des épisodes sublimes, d’autres carrément flous), sans dramaturgie solide, sans suivi, le Battlestar de l’Amiral Adama a fini par d’échouer dans les marais des séries. La quatrième saison est à cette image : trop longue, cacophonique, au genre oscillant, à la trame hésitante. Pire, Ronald D. Moore donne parfois l’impression de s’attaquer à l’Himalaya avec un piolet, c’est à ça qu’on reconnaît les cons, ils osent tout.

Dans cette hypothèse, Moore est le plus gros con que la terre des séries ait porté : il ose absolument tout. Le mélo, la bataille spatiale, le combat de rue, la citation dylanienne, le débat philosophique, l’exégèse religieuse, l’herméneutique paléolithique, rien ne l’arrête. Mais voila, BSG a beau être mal faite, mal jouée, brumeuse et trop longue, la série – et ses personnages magnifiques – ont accumulé un tel capital de sympathie qu’on leur pardonne tout.

Ronald D. Moore a aussi le génie, et ce n’est pas du tout négligeable – à l’aune de toute l’histoire de la télé – de proposer une solution très originale à son postulat de départ. Trouveront-ils la Terre ? Beaucoup auraient répondu bêtement à cette question eschatologique. Par un procès (X Files). En pétant le bouzin (Le Prisonnier). La Vie, la Mort et le Reste (Lost).

Non, Moore s’est au contraire creusé la tête pour trouver autre chose, que je vous laisse découvrir. Une conclusion originale, ambitieuse : à l’image de la série, donc. Mieux, il prend son temps pour l’exposer, cette solution, alors que beaucoup aurait torché le final en cinq minutes.

Tout ça pour dire qu’il sera beaucoup pardonné à BSG, qui restera comme un événement, tant télévisuel que SF : une série aura prouvé, après toutes ces années de disette, qu’on peut faire intelligent à la télé, intelligent avec de la science fiction, intelligent avec peu d’argent, et même avec peu de talent. Regarder BSG reste donc un must, quatrième saison comprise.

C’était le Professor Ludovico, reporter embedded à bord du Battlestar Galactica. A vous Caprica…




samedi 30 avril 2011


Inflation du nylon
posté par Professor Ludovico

Abondance de biens ne nuit pas ? Je ne suis pas sûr ! Par exemple, prenez le déluge actuel de films de superhéros : déjà vus, prêts à sortir ou en préparation… Thor est sorti cette semaine (dirigé par Kenneth Branagh, tout un symbole !), et on nous prévoit Captain America, les Avengers, un prequel aux X Men,un troisième Batman « Nolan », un premier Superman « Snyder » et même une nouvelle franchise Spiderman

Personne ne nous force, me direz vous… Mais sincèrement, cette programmation m’écœure (ou simplement m’éloigne) du cinéma. J’ai l’impression d’être dans un fast food où l’on me propose que quatre produits distincts : comédie américaine « Un Gars, Une Fille« , film d’animation avec des animaux « Rango&Rio, les Cars de l’Age de Glace« , film français « J’irais manger quelque part si tu ne m’embrasses pas » et… film de super héros.

Je n’ai jamais aimé les superhéros. Tandis que mes copains se jetaient sur Strange, un cousin imprimeur m’amenait des pelletées de Pif Gadget. Et dans Pif, il y avait certes Pif et Hercule, Placid et Muzo, mais surtout Glop! Glop! : Hugo Pratt, La Ballade la Mer Salée. Je ne veux pas frimer, je lisais aussi Battler Britton, et ses spitfires en flammes au dessus de la Manche.

Tout ça pour dire que je suis un cas assez unique chez les quadra : un réfractaire à la nostalgie en nylon. J’aimais bien L’Araignée en dessin animé, donc j’ai bien aimé le premier Spiderman de Sam Raimi. Mais pour le reste, le concept d’un type qui se déguise en justaucorps bien moulant m’a toujours paru absurde. Mettre un masque pour cacher son identité tout en choisissant une cape bien flashy, et, en général, d’un goût douteux, ma toujours laissé dubitatif… sans parler de cette propension à vouloir sauver le monde parce qu’on a un trauma familial (père tué, mort sur Krypton, ou dieu du Valhalla)…

Très logiquement, j’ai aimé les films destructeurs de cette mythologie : Incassable de Shyamalan, ou Hancock, de Mr Berg : pourquoi as-tu quitté le projet Dune, mon petit Peter ?? Oui, pourquoi ? Pour faire un autre film de Superhéros ?

Parce que le drame est là, en fait : Hollywood se mord la queue en tournant toujours les mêmes films, alors que des milliers de sujets géniaux attendent une adaptation ; Dune, confié à un tâcheron, Lovecraft, toujours pas de film à l’horizon, et les centaines de chefs d’œuvre de la SF toujours pas adaptés : le Cycle des Epées de Leiber, Elric de Moorcock, Ubik, de K. Dick, Demain les Chiens, de Simak, Les Monades Urbaines, de Christopher Priest, l’Orbite Déchiquetée de Brunner, les Princes d’Ambre de Zelazny, et à peu près tous les Frank Herbert…

Non, le cinéma Hollywoodien, depuis l’éclosion de Spielberg-Lucas à la fin des années soixante-dix, a décidé de ne s’adresser qu’au gosse qui est en nous.

C’est bien dommage.

*Hier soir, mon ami Philippe m’a proposé en avant première de voir Le Trône de Fer, la saga brillante de George Martin adaptée par HBO. Visuellement, scénaristiquement, ce pilote est une réussite : ambitieux et pédagogique à la fois, pour un livre aux intrigues multiples, complexes, et adultes. Un prototype de cinéma adulte inenvisageable désormais sur grand écran.




mardi 15 mars 2011


Les Tudors en finale
posté par Professor Ludovico

Malgré des critiques plutôt acerbes, la saison 4 du docudrama softporn de la famille royale britannique tient plutôt la route. Bien sûr, c’est « dukudukudku » comme disait le Alain de Greef des Guignols, mais c’est aussi cette – toujours impeccable – trajectoire historique. Façon Rois-Maudits, les personnages des Tudors sont poussés par des motivations qu’il nous est difficile de comprendre (héritier mâle, épouse vierge, etc.) mais qui prennent tout leur sens dans le contexte, très pédago, que nous propose la série. Leur créateur, Michael Hirst, est un passionné d’histoire élisabéthaine (il est aussi le réalisateur de Élisabeth, l’Age d’Or) ; il ne nous fait pas l’injure de les affubler de passions modernes, il n’essaie pas de nous les rendre sympathiques en les rapprochant de nous. Les motivations de ces personnages nous restent étrangères, et pourtant, on les aime.

Peut-être parce que les anciens sont toujours aussi bon (Jonathan Rhys Meyers, of course, et Henry Cavill, futur Superman), et les nouveaux pas mal du tout (Torrance Coombs, impressionnant proto-Brad Pitt, David O’Hara, déjà vu en irlandais dans Les Infiltrés)…

Non, Les Tudors ça se finit et c’est bien que ça finisse : on sent les auteurs concentrés, allant à l’essentiel. La dernière saison, mélancolique, politique, termine en beauté sur l’impression subtile qu’on ne peut qu’être terrifié par ce roi, impressionné par ce qu’il a achevé, mais aussi ému par cette trajectoire dramatique.

On ne regrettera pas notre voyage au XVIème siècle, et on attend avec impatience le nouveau projet Showtime, « Tudors-like » : The Borgias, qui affrontera Les Borgias, sur Canal+, réalisé par Tom « Oz » Fontana.




jeudi 6 janvier 2011


Battlestar Galactica, saison 4
posté par Professor Ludovico

Je me faisais la remarque récemment : depuis quelques années, le concept de Saison est devenu commun et assimilé de tous. La tendance « feuilletonnante », et la vente des séries par coffret y sont évidemment pour beaucoup. De sorte que, les fans s’étripent aujourd’hui autour de la qualité non des séries, mais des saisons à l’intérieur de celle-ci. Je soutiendrai par exemple que la seule saison potable de 24, c’est évidemment la première. Ce qui nous amène à Battlestar Galactica.

Car saison après saison, le niveau ne se maintient pas : il s’améliore. Après une saison 1 (cheap mais tellement juste, coup de poing), une saison 2 mieux réalisée, plus aboutie, une saison 3 révolutionnaire, la Saison 4 – et dernière – place la barre encore plus haut. Bien sûr, je n’en suis qu’à la moitié, il y a encore des déceptions en vue (la fin ?), mais une série qui pose autant de bonnes questions ne peut être que louée.

Résumons : saison 1 : comment survivre à l’extinction en gardant ses valeurs ? Saison 2 : peut-on faire la guerre en démocratie ? Saison 3 : collaborer ou périr, tous les moyens sont-ils bons pour résister ? Et enfin, dans cette saison-ci, la paix est-elle possible avec un génocidaire ?

C’est sans compter les innombrables autre questions, plus quotidiennes – et plus classiques aussi – qui sont posées au cours des épisodes… Par exemple, dans cette dernière saison, les auteurs posent la question de l’émergence du Christianisme (au travers d’une métaphorique religion monothéiste), et de la destruction afférente du paganisme. Ne vous frottez pas les yeux, vous êtes bien en train de regarder Battlestar Galactica !

Malgré le manque de moyens, et la faiblesse ontologique des scénaristes (on a beau vénérer Battlestar Galactica, on reconnaît aussi que c’est loin des séries comme les Soprano en terme d’écriture, ou même de Lost), la série reste le véhicule parfait de ce genre de débat. On va ainsi revivre, en quelques épisodes, la Passion du Christ, la guérison des malades, les marchands du Temple, etc.

C’est le côté unique de Battlestar Galactica : comme les cons d’Audiard, elle ose tout.




vendredi 17 décembre 2010


Un Village Français, pour le pire et le meilleur
posté par Professor Ludovico

On a déjà dit ici, et répété, tout le bien que l’on pense de Un Village Français, le « Plus Belle La Vie chez les nazis ». Point de vue historique impeccable, histoires intéressantes, et tutti quanti.

Mais voilà, même les plus grands peuvent chuter. Rien de grave, vous pouvez rester à Villeneuve jusqu’à la fin de 1941, pas besoin de s’enfuir en zone libre, mais il faut le dire, quand ça ne va pas. Sur le banc des accusés : certains personnages, et une brusque montée, inexplicable même si elle est expliquée, de la dramaturgie.

Côté personnages, si certains se bonifient de saison en saison (Marcel, le militant communiste, Daniel, son frère le maire, Heinrich, le nazi terrifiant, qui l’espace d’un dîner, bascule dans l’émotion), il faut avouer que d’autres sombrent dans le ridicule. En premier lieu, Hortense, la femme du maire. Si on est ravi de découvrir la plastique irréprochable de la rouquine (Audrey Fleurot), on a du mal à accepter son soudain basculement en chaudasse qui couche avec les nazis. On aurait aimé un peu plus de subtilité, de tiraillements, qui font par ailleurs le sel de Un Village Français. Idem pour l’institutrice (Marie Kremer), dont l’amourette avec un soldat allemand tourne au grand guignol, avec une scène ridicule, ce qui nous amène au second point : l’augmentation brusque de la dramaturgie. Voulant conquérir un public plus jeune (sic Frédéric Krivine dans Télérama), la prod’ a rajouté des cliffhangers de ci, de là, oubliant parfois qu’un cliffhanger se place… à la fin !

De même, comme cette scène lors de la fête des Catherinettes, la série oublie parfois son réalisme foncier. Ici, le directeur de l’école accuse la directrice de la scierie, Madame Schwartz admiratrice du Maréchal, d’envoyer des lettres de dénonciation aux allemands. Pourquoi pas ? Mais le gag, c’est qu’il le fait en public, en criant très fort (« Voudriez-vous, madame, que tout le monde sache… ») : bon ben voilà, c’est fait…

Cette scène aurait été parfaite dans le huis clos d’un bureau, et encore plus intense et terrifiante, vu la réponse de ladite Madame Schwartz.

Enfin, ce n’est pas nouveau, mais la prod’ ne sait pas bien investir ses moyens là où il le faut. Par exemple, un très beau travelling arrière sur un groupe de résistants dans la forêt, et nous voilà tout tourneboulés ; y’a-t-il des allemands pas loin ? Non, rien. Ce plan étonnant, couteux, ne sert à rien. Par contre, à la fin du même épisode, quand résonne La Java Bleue, et que, prenant son courage à deux mains, l’institutrice invite son amant allemand à danser, la caméra aurait pu décoller là, figeant dans un même momentum les personnages face à leur destin, si opportunément réunis ; le préfet sombrant dans la collaboration, le mari volage au bord du gouffre, le directeur transi d’amour, et la chanteuse juive, dont la présence n’est plus la bienvenue, funeste présage de ce qui va suivre….

A la place, Un Village Français a opté pour un cliffhanger, qu’elle s’est empressée de détruire (façon Lost), dans la séquence générique, en révélant la suite : « La semaine prochaine, dans Un Village Français… »




février 2026
L M M J V S D
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
232425262728