[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



dimanche 29 décembre 2013


Où s’arrêtera Mad Men ?
posté par Professor Ludovico

Après une saison 5 étincelante, Mad Men réussit l’exploit de se surpasser dans cette sixième saison. Avec un final lumineux, où l’on rebat les cartes comme peu de séries oseraient le faire, tout en respectant la timeline : on est en 68, l’année du grand chambardement. Tout est possible : refaire sa vie, changer de boulot, arrêter l’alcool, dire enfin d’où l’on vient.

Le tout à la manière Mad Men : sans esbroufe, sans coup de théâtre, ni effet de manche.

Bravo l’artiste. Bravo Matthew Weiner.




mardi 24 décembre 2013


L’intelligence du spectateur
posté par Professor Ludovico

On dit parfois d’un film ou d’une série qu’elle parle à l’intelligence du spectateur. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? C’est simple : le scénariste pense (ou sait) que le spectateur va remplir les blancs entre deux scènes. Le meilleur exemple de ce phénomène est sûrement Mad Men. L’équipe de scénaristes réunie autour de Matthew Weiner ne s’embarrasse pas d’explications superflues : Machine passe du temps avec Truc, un bébé naît : Truc est donc le père. Aucune ligne de dialogue ne viendra confirmer cela, aucune scène lourde de sens ne viendra certifier cela. De même, on attaque souvent les scènes in media res, c’est à dire au milieu de l’action, car le spectateur de Mad Men sait que le dialogue a peu d’importance dans la série ; nos pubeux sont sûrement en train de parler de la dernière campagne Sunkist, et de toutes façons, on va sauter du coq à l’âne dans quelques secondes, car c’est bien dans le style Mad Men.

A l’opposé, un cop show façon Esprits Criminels ne joue pas sur l’intelligence du spectateur ; il lui prémâche tout, de manière à ne jamais perdre personne en route. Le méchant est évidement méchant-arrogant-procédurier. Et le dialogue va venir expliciter le développement de l’intrigue, et surtout son dénouement.

Ne nous méprenons pas : il ne s’agit pas de mépris du spectateur mais bien de marketing. Mad Men, Game of Thrones, Sur Ecoute sont des produits de luxe qui servent des objectifs marketing précis ; ainsi The West Wing fut conservé dans les dernières saisons par ABC malgré des scores décevants parce que le show était très apprécié des CSP+. Nos politiciens de la Maison Blanche tiraient la chaîne vers le haut, et c’est aussi important qu’un bon rating. C’est toute l’histoire d’une émission comme C’est Pas Sorcier. Les scores ont souvent été mauvais, mais le show pédagogique de Jamy Gourmaud était inamovible car garant d’une certaine image « service public » pour France 3.

En restant abscons, Mad Men flatte l’intello qui sommeille en nous ; on n’a pas tout compris mais on est fiers de faire partie de ces spectateurs haut de gamme. A contrario, Esprits Criminels est un produit basique de la télévision ; il doit fournir la part de marché qu’il s’est engagé à délivrer. Donc pas question de faire dans le subtil. On ne doit perdre aucun spectateur en route, fut-ce au prix d’une intense simplification des intrigues et des situations. C’est ainsi que les plots et sub plots sont quasi standardisées, avec révélation d’indice programmée toutes les dix minutes, avant les pubs. Et que nos inspecteurs favoris expliquent à la fin de l’épisode – via un dialogue convenu – ce qu’il fallait comprendre.

Ce peut aussi être un plaisir régressif, non ?




dimanche 22 décembre 2013


La Grande Scène
posté par Professor Ludovico

Comme il n’y a pas de grand groupe sans grand slow (Stairway to Heaven pour Led Zeppelin, Angie pour les Rolling Stones, Don’t Look Back in Anger pour Oasis …), il n’y a pas de grande série sans La Grande Scène.

C’est quoi La Grande Scène ? C’est une scène dans un épisode quelconque ; à un moment quelconque de la saison, dans n’importe quelle saison. Car la Grande Scène, on ne peut pas l’écrire ; elle émerge par hasard, c’est le coup de génie, par définition imprévu. Une scène qui, soudain, définit la série et dont on se souvient encore vingt après, des larmes dans les yeux et des frissons dans le dos. C’est le moment où l’on tombe amoureux de la série.

Pourquoi ? Parce qu’à partir de cette Grande Scène, qu’on va raconter et re-raconter à tous les collègues à la cafet’, on peut définir toute la philosophie de la série :

La Grande Scène du Caroussel, qui teinte pour toujours Mad Men de cette nostalgie douce-amère, celle d’un passé secret (celui de Dan Draper) ou celle, évidente, du monde doré des fifties en voie de disparaitre)…

La Grande Scène des échecs, dans Sur Ecoute où un damier de 64 cases devient la métaphore de la guerre de la drogue…

La Grande Scène du steak frites dans Un Village Français, qui illustre pour toujours la dualité de la France mi collabo, mi résistante (et qui n’arrive qu’à à la cinquième saison, 1943, évidemment)…

La Grande Scène de Game of Thrones, il y en a tant, mais disons, celle du cerf, ou Tywin Lannister, le père, fait la leçon à son fils Tyrion…

Et vous quelle est votre Grande Scène favorite ?




jeudi 12 décembre 2013


Et Tunnel chuta (comme beaucoup d’autres…)
posté par Professor Ludovico

On le sentait arriver mais on a espéré jusqu’au bout qu’il n’en fut rien. Mais si, Tunnel décline, Tunnel se plante. La faute à ces éternelles facilités scénaristiques qui tuent les meilleures intentions.

Quelles sont-elles, ces intentions ? Dépeindre la zone grise de Sangatte-Folkestone, symbole du déclin de l’Europe ? Ses migrants sans papiers, sa prostitution, ses trafics ? Ses flics, ses voyous, et ses saints ? Y superposer un tueur vengeur – façon John Doe de Seven – qui fait la leçon à tout le monde ?

Excellente idée en vérité, qu’il faut tenir jusqu’au bout.

Mais après un début fracassant, Tunnel s’essoufle.

Première erreur : l’assassin (The Truth Terrorist) est trop fort.
Il sait tout, a accès à tout. Il dispose de beaucoup de matériel (sites internet, explosifs indétectables, uniformes divers, planques à foison) ; il est toujours là quand il le faut. Certes, on comprend cette nécessité de multiplier les rebondissements mais un peu de réalisme de temps en temps ne fait de mal. C’est le syndrome House of Cards.

Deuxième erreur : On ne prend pas le temps d’installer les personnages ou les intrigues
C’est tout le plaisir de la série : on a tout le temps du monde. Pourquoi bâcler une histoire de vengeance adultérine en un seul épisode ? Pourquoi amener des personnages d’épiciers maghrébins venus de nulle part et les abandonner presque immédiatement ? Pourquoi lancer quelques milliardaires mystérieux et les oublier ensuite ? Tunnel lance ses filets, mais rejette immédiatement ses poissons à la mer. C’est le syndrome Un Village Français.

Troisième erreur : Tunnel recule devant l’obstacle
Tunnel est glauque, mais il y a un moment où la série sent qu’elle pourrait aller trop loin ; c’est pourtant là que ça devient intéressant. Malgré son courage politique affiché dans le pilote, Tunnel se déballonne quand il s’agit de tuer un flic ou gentil. Seuls quelques méchants y passent. C’est le syndrome Homeland.

Il nous reste encore beaucoup à apprendre des (bonnes) séries US.




dimanche 8 décembre 2013


Dans le visage de Dan Draper
posté par Professor Ludovico

« La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »

On pourrait appliquer le deuxième verset de la Genèse au visage de Dan Draper, qui impassible, est le dieu omniscient de Mad Men. Nous vivons depuis 6 ans au rythme de ce visage pourtant le plus souvent impénétrable. Cantonné dans le rôle de l’Homme au Complet Gris, selon le titre du livre oublié de Sloan Wilson sur l’Amérique consumériste des 50’s, Dan Draper apparait comme de plus en plus perdu dans ces sixties qui changent le monde.

Mais pourtant le génie créatif de l’agence Sterling Cooper Draper Pryce semble rester l’homme de marbre : macho viril, modèle de manhood quand il s’agit de s’adresser aux collaborateurs de l’agence, aux clients récalcitrants, à l’ex-épouse qui râle, à la femme qui pleurniche, ou l’amante qui supplie. Don Draper est un roc, et, en même temps, ce roc se fissure depuis le début.

Depuis toujours, nous calquons nos réactions sur ce visage, car nous savons (depuis le célèbre épisode du Carrousel Kodak*) que ce visage n’est pas de marbre ; un cœur angoissé bat sous cette pierre. Dans l’épisode s06e07, il aura suffi d’un fond d’œil qui rougit pour que nous soyons pris par les tripes.

C’est la magie de Mad Men, la série la moins putassière du PAF. Toute la dramaturgie est pourtant basée là-dessus : un héros imparfait – comme le spectateur – chargé de tares – comme le spectateur – qu’on peut justement « aimer » pour cela. Selon les règles antiques du conte, notre « héros » rencontre divers obstacles dont on espère qu’il va les surmonter, et combat divers « antagonistes » qu’il va défaire en combat singulier. Dans les Sopranos, on réprouve les actions de Tony, mais on a peur pour lui et on veut qu’il se tire des griffes de la police comme de la mafia ; dans Six Feet Under, on est Nate et ses errements de trentenaire sont les nôtres ; dans The Wire on craint pour la vie du flic McNulty comme pour celle du bandit Stringer.

Rien de tout cela dans Mad Men. Des choses se passent. Des évènements se déroulent. Les personnages sont ce qu’ils sont. Nous n’avons pas de réelle empathie pour eux, car Matthew Weiner n’a rien fait pour la créer. Mais quels qu’ils soient, grands (Draper) ou misérables (Campbell), moches (Peggy) ou magnifiques (Joan), nous sommes tristes quand il leur arrive malheur.

Car ces mad men sont nos frères.

* « La nostalgie.
C’est subtil, mais très puissant…
Teddy m’a appris qu’en grec, nostalgie signifiait littéralement une blessure ancienne qui fait toujours mal.
C’est un pincement au cœur, teinté de regrets, et bien plus puissant qu’un simple souvenir.
Grâce à cette machine, on ne vole pas dans l’espace. On remonte le temps.
D’une pression on recule, on avance.
Elle nous ouvre les portes d’une époque perdue que l’on rêve de retrouver.
Cette chose n’est pas une roue.
C’est un carrousel.
Grâce à lui on voyage comme un enfant sur un manège.
On tourne, et on tourne, et on retourne au point de départ, ce lieu magique où on se sait aimé
. »




samedi 7 décembre 2013


Mad Men saison 6, y’a quand même un défaut…
posté par Professor Ludovico

Ben oui. Un seul. Il faut bien en trouver un dans la Cathédrale de Chartres de Matthew Weiner ; un petit bug très franco-français.

Si vous suivez la série, vous savez que Don est désormais marié à son ex-secrétaire, la délicieuse canadienne Megan. (Si vous ne suivez pas la série, tant pis pour vous. Votre identifiant et votre mot de passe CineFast ont été effacés automatiquement).

Bref. Megan a des parents bien frappés, un père prof et communiste, qui se paie le luxe de se faire ridiculiser par cette petite merde de Kartheiser, et une mère nymphomane, Marie, qui se tape n’importe qui, dès qu’elle a un verre dans le nez.

Fidèle à son positionnement haut de gamme, Mad Men se paie le luxe de faire parler ses personnages en français. Fait rare, comme on sait, dans les films US. C’est là que le bât blesse : Megan est jouée par Jessica Paré, qui propose un accent québécois parfait. Sa mère, censée être française, est jouée par l’excellente Julia Ormond. Problème, elle est anglaise, et, si elle parle un très bon français, elle ne peut faire illusion.

Petite faute de goût, qui sera aisément pardonnée.




lundi 2 décembre 2013


Mad Men saison 6
posté par Professor Ludovico

Mad Men, c’est le PSG des séries, le truc qui te met 4-0 tous les dimanches quel que soit le sujet que tu mets en face. Problèmes de l’adolescence ? Place des femmes dans l’entreprise ? Discrimination raciale ? Matthew Weiner aligne Hamm et Moss en attaque, Kartheiser comme deuxième milieu récupérateur et gagne le match.

Quel est le secret de cette régularité ? Y’a-t’il une méthode Sopranos* ?

En tout cas, on ne cherche pas la rentabilité immédiate ; pas plus chez les pubards de Madison Avenue que 10 miles plus à l’ouest, chez les mafieux du New Jersey.

Samedi, à la mi-temps d’une partie de poker chez le Professore qui a mal fini pour lui, l’un de ses adversaires lui expliqua qu’il avait décroché de Mad Men parce qu’il ne voyait pas « où la série allait ».

Mais c’est ça le secret, petit !

Weiner ne s’embête pas avec les contraintes des autres séries, pas d’île mystérieuse à expliquer, pas de Numéro 1 à démasquer, pas de meurtrier de Wisteria Lane à mettre sous les verrous.

Mad Men ne mène nulle part parce que Mad Men, c’est la vie elle-même.

*Matthew Weiner a commencé chez David Chase




dimanche 1 décembre 2013


Un Village Français, saison 5, finale
posté par Professor Ludovico

Fantastique Village Français ! Cette saison 5, déjà consacrée comme la meilleure des aventures de Villeneuve sous l’Occupation, finit en apothéose. On parlera peut être un jour du s05e12 « Un sens au monde » comme d’un certain épisode de Game of Thrones. Même sens de la dramaturgie, même conclusion logique des fils scénaristiques amenés depuis très longtemps, cette conclusion de l’année 1943 restera dans les annales de la série, et peut-être même de la télévision française, puisqu’on commence à dire que ce Village-là fera peut-être du panthéon du de l’audiovisuel français.

Non contente de donner un sens à la sous-intrigue – un peu ridicule il faut l’avouer – du théâtre dans le Maquis, le dernier épisode apporte une conclusion extrêmement réaliste aux divers agissements des personnages, résistants ou collaborateurs.

Un Village Français reste donc un mystère après 48 épisodes ; une série capable de massacrer consciencieusement le personnage du collabo « Révolution Nationale » Chassaigne (faisant jouer Philippe Résimont comme un pied depuis deux saisons), et lui fournir une rédemption artistique en 3 scènes extraordinaires dans cet épisode final.

L’année 44 s’annonce passionnante.




samedi 16 novembre 2013


Tunnel
posté par Professor Ludovico

C’est la bonne surprise de la rentrée : la « série événement » de Canal+ est bien foutue, accrocheuse, novatrice ; un coup d’air frais (voire même glacial) dans le PAF des séries policières françaises. C’est en fait un remake d’une série suédo-danoise, mais peu importe.

Le pitch : un corps est découvert dans le tunnel sous la manche, pile à mi-parcours entre la France et l’Angleterre ; c’est donc un duo de flic franco-anglais qui mène l’enquête. C’est la première réussite de Tunnel : entre le british sympa (Stephen Dillane, Stannis Baratheon revenu du Trône de Fer) et la très spéciale inspectrice française Élise Wassermann (Clémence Poésy, Harry Potter), c’est un duo inédit de cinéma qu’on nous propose. Car Poésy incarne un personnage exceptionnel, dans le premier sens du terme : un glaçon odieux, déprimé et psychotique mais flic obstiné.

Tunnel est aussi malicieusement mis en scène, le pilote étant un chef d’œuvre du genre (surtout quand on vient de regarder celui de Luck). Dominik Moll (Harry, Un Ami Qui Vous Veut Du Bien) lance toutes ses lignes, prêt à pêcher ce gros poisson de spectateur plus tard : le meurtre, le politicien menacé de mort, l’étrange protecteur de prostitués, la jeune femme qui vole les médicaments des petits vieux… Tout cela donne un furieux goût de revenez-y.

Ensuite, respectant en cela un pilier fondamental du polar, Tunnel est avant tout la description d’une réalité sociale sordide ; on a rarement vu une telle description de cette zone fantomatique qu’est le Pas de Calais de Sangatte, et les abords de Folkestone: prostitués, abattoirs, rue glauques et grands champs déserts, zones portuaires… la mise en scène est-elle même glaciale : nuits verdâtres, lumières dans le lointain, et même quand il fait beau, l’impression qu’il fait moins dix.

Mais surtout, c’est le sous-texte de la série qui est passionnant : Tunnel est le lieu de toutes les désillusions européennes ; les français et les anglais qui se détestent, les espagnols qui s’insurgent à quelques milliers de kilomètres de là, les théoriciens du complot anti-européens et les politiciens qui les encouragent en crachant sur l’Europe pour mieux cacher leurs faillites nationales.




lundi 11 novembre 2013


Un Village Français retourne en 1940
posté par Professor Ludovico

Plus d’excuses !

Un Village Français, ça repart, saison 1, ce soir sur France 5 !!! Retrouvez nos héros de Plus Belle la Vie chez les Nazis : M. Larcher, le maire sympa qui veut aider le Maréchal à redresser la France, son frère Marcel qui milite au PC et ne sait plus trop de quel côté du Pacte Germano-Soviétique il habite, les enfants, perdus au milieu de tout ça, la sulfureuse Mme Larcher, la coincouille institutrice et son directeur franc-maçon, le flic un peu facho et son patron qui aime la directrice juive… bref retrouvez les délices de 1940, le goût du topinambour et le charbon hors de prix au marché noir, le vert de gris et les brassards FFI !

Un Village Français
Tous les mardis sur France 5, 20h35




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